‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 49 sur 89 · PS LT · texte numérisé non relu

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les peuples , qui nous eussent mesprisez comme

| 4 toutes les autres nations, prenant ceste audace à se l'advenir de nous avoir à desdain et lasches de

courage : car j'ai recognu en ces nations, que si ÊIX vous n'avez duressentiment des offences qu'ils vous font , et que leurs préfériez les biens et traittes aux vie des hommes sans vous ensoucier, ils viendront

4 un jour à entreprendre à vous couper la gorge, +. s'ils peuvent, par surprises comme est leur coustume.

Ce Sauvage Érouachy nous dit qu’il avoit passé

it en Lt du

ct de exerdudit s fait , parmi pomme ace à les de que si ls vous es aux adront Orge ; leur

LE passé

Dr

quelques mois parmi une nation de Sauvages qui eau fe sont comme au midi de nostre habitation environ‘

de 7 à 8 journées, appellés Obenaquiouoit, qui cultivent les terres, lesquels désiroient faire une

estroite amitié avec nous, nous priant de les se-

courir contre les Iroquois, perverse et meschante

nation entre toutes celles qui estoient dans ce

pays, croyants que comme intéressés de la mort

de nostre François, nous aurions agréable ceste

guerre légitime , en destruisant ces peuples, et te- Conseil à no08 Francois de

rions que le pays et les rivières seroient libres aux fire La guerre commerces. Les nations du pays sçachant nostre solution par ledit Érouachy, leur feroit sçavoir

qu'ils donneroient ordre à ce qu'ils auroient à

faire pour le suject de ceste guerre, soit que nous

y fussions ou que nous n'y fussions pas.

Je considérai que ceste légation nous pouvoit estre profitable en nos extrêmes nécessitez, qu'il nous en falloit tirer advantage, ce qui me fit résoudre d'envoyer un homme tant pour recognoistre ces peuples, que la facilité ou difficulté qu'il y auroit pour y parvenir, et le nombre de

terres qu'ils cultivoient, n'estant qu'à 8 journées Ce que nos gens pouvoient

ürer d'utilité de

ces peuples.

de nostre habitation : que ceste nation nous pourroit soulager, tant de leurs grains comme prendre partie de mes compagnons pour hyverner avec eux, par ce moyen soulager, au cas que quelque accident fust arrivé à nos vaisseaux, soit par nau-

frage ou par combat sur la mer, ce que j'appréhendois grandement, les attendant à la fin de mai au des Aug Plus tard, pour estant secourus, oster toutes les , prétentions, que les Anglois avoient de se saisir de 1: tous ces lieux comme ils s’estoient promis de faire, cela leur estant fort facile, n'ayant de quoi se sub-

1 M8 Le 2

stanter, ni munitions suffisantes pour se défendre | et sans aucun secours. Voila comme l’on nous avoit at laissez despourveus de toutes commoditez, etaban- "if: donnez aux premiers pirates ou ennemis , sans pou- | voir résister.

Cela arresté, je dis audit Érouachy que pour

Ce que l'au-

"à ju it à ceste année je ne pouvois assister ces peuples en En leurs guerres ; attendu la perte des vaisseaux qu'a- Eu vions faite avec l’Anglois, qui nous avoient grande- R ment incommodez des choses qui nous eussent fi esté nécessaires en ceste guerre, que néantmoins + arrivant nos vaisseaux, et y ayant des hommes assez, je ne laisserois d’y faire tout mon pouvoir de les assister dés l’année mesme, et quoi qu'il arrivast l’autre en suivant je les secourerois de cent NS | hommes, si je pouvois les accommoder des choses “1 inventions Qui lçur seroient nécessaires. Sur ce je lui fis voir des

y? , d a À © que lautheur

lui monstri MOYENS Et inventions pour promptement enlever

pour enlever la forteresse des

ennemis. la forteresse des ennemis : dont il fut très-aise de les voir, et les considéra avec attention. De plus, A 2 que pour asseurer davantage les peuples] y voulois envoyer un homme avec quelques présents

OU s en qu'andesent oins mes voir il arcent hoses ir des lever ise de plus, vouésents

pour estre témoin oculaire de tout ce que je lui disois, et pour plus grande asseurance je nr'offrois à leur envoyer de mes compagnons pour hyverner en leur pays, et au printemps se treuver au rendez-vous de la rivière des Iroquois, comme à toutes les nations leurs amis ,qui Les voudroient assister, aussi que si quelque année leur succédoitmal en la cueille de leurs grains, venant versnous nous les secourerions des nostres, comme nous espérions d'eux au semblable en les satisfaisant; le tout pour tenir à l’advenir une ferme amitié les uns avec les autres, et quoi que se fusse, si nos vaisseaux ne venoient nous ne laisserions pas d'aller à la guerre, y menant cinquante hommes avec moi, jugeant qu'il valoit mieux faire et exécuter ce dessein pour descharger l'habitation que mourir de nécessité les uns pour les autres, attendant secours de France, et ainsi j'allois cherchant des remédes au mieux qu'il mestoit possible. Tout ce discours pleut audit Érouachy, qui tesmoigna en estre grandement satisfaict, comme chose qui le mettoit en crédit avec ces nations.

Ce qu’estant treuvé bon d’un chacun j'eus désir d'envoyer mon beau-frère Boulay en ceste descouverture, d’autantqu'il estoit question que celui qui iroit fust homme de jugement, et s’accommodast aux humeurs de ces peuples, où tout le monde

n'est pas propre, et recognoistre exactement le

L'autheur en voie Lecognois

tre es lieux, avec présents

pour les Sau vages.

chemin que l’on feroit avec les autheurs des lieux,

{2 el plusieurs particularitez qui se rencontrent et ; qui sont nécessaires ; à Sçavoir à ceux qui vont des-

couvrir, Mais d'autre part la nécessité et confiance quej'avois de lui , si l’Anglois venoit, fist que je ne lui peus permettre ce qu'il désiroit, ce qui me fit é résoudre d'y envoyer un autre auquel je promis quelque gratification pour la peine qu'il auroit en ce voyage, lui donnant des présents pour les Sauvages, de nostre part, comme est la coustume en telles affaires , et furent aussi faits des présents aux «4 Sauvages qui lui servoient de guides et truche- | UE ( ment, et pour ce faict 1l partit le 16 de mai 1629. à TE it Cedit jour j'envoyai un canot avec deux François et un Sauvage qui avoit csté baptisé par le

à, Père Joseph Caron, Récollet, fils de Chomina, bon

Sauvage aux François, mais le fils retourna comme

“. auparavant avec les Sauvages, et par aiasi son HIT fruict fut comme inutile (il y a bien à considérer : 14 | premier que d’en venir au baptesme }, et il ya en

ceci des personnes trop faciles pour ces choses,

nur QUI Sont si chatouilleuses : mais le bon Père fut

Tadoussac pour attendre quel-

ii ques vaisseaux emporté de zèle. Je les envoyai à Tadoussac pour

AA francois, 4 attendre nos vaisseaux, et pour aussi-tost nous ÿ en venir donner advis, comme aussi si c'estoient p

S:# nos ennemis , leur donnant charge d'attendre jus- : É ques au dixiesme de juin pour commencer à don- il

ner l’ordre à nos affaires. Je leur avois donné

UX, t el desnce ene re fit omis it en Saune en LS AUX uche- Franpar le a, bon omme asi son sidérer yaen choses, ère fut ac pour bst nous 'estoien!t idre jusr à don-

s donné

lettres signées de moi et du sieur du Pont addressantes au premier vaisseau qu'ils pourroient descouvrir, suject de Sa Majesté, qui auroit voulu tenter le hazard de venir à la desrobée traitter avec les Sauvages contre les deffenses de Sa Majesté, comme ordinairement il y en va tous les ans; par laquelle nous leur mandions, que s'ils nous vouloient traitter des vivres au prix des Sauvages, on leur donneroit de la pelleterie de plus grande valeur pour eux, promettant prendre toutes leurs marchandises au mesme prix desdits Sauvages, et pour le plaisir qu'ils nous fcroient en ceste extresme nécessité, nous tascherions les gratifier envers messieurs les associez si leurs vaisseaux venolent. Ou venant pour le plus tard au dixiesme de juillet, qu'en repassant partie de nos compagnons en France, on leur promettoit de payer leur passage, et de plus la traitte libre en la rivière, et ainsi nous ne laissions passer aucune occasion qui nous venoit en l'esprit pour remédier en toutes choses, craignant une plus rude secousse que l’année d’auparavant si nos vaisseaux ne venoient point. Je fus visiter le Pére Joseph de la

< “e à à P Roche, trés bon religieux, pour sçavoir si nous»

pourrions espérer du secours de leurs grains, s'ils si

en avoient de trop, et que n’en eussions de France: il me dist que pour ce qui estoit de lui il le feroit et y consentiroit, qu'il en falloit donner advis au

Père Joseph Caron Gardien, et quil lui en par- À leroit.

3 La crainte que nous avions qu'il ne fust arrivé quelque accident à nos vaisseaux, nous faisoit rechercher tous moyens de remédier à la famine extresme qui se préparoit, voyant estre bien avant en mai, et n'avoir aucunes nouvelles, ce qui donnoit de l’appréhension à la pluspart des nostres, qu'ayant passé de grandes disettes avec sept onces st de farine de pois par jour, qui estoit peu pour nous maintenir, venant à n'avoir rien du tout se seroit bien pis, ne nous restant des poix que pour

#i la fin de mai. Tout cela me donnoit bien à penser, 4 Pa bien que je donnasse le plus de courage qu'il fEs q J asse , p'u: age q PT . . . 4 n4! m'estoit possible à un chacun, considérant que 4 prest de 100 personnes malaisément pourroient Œ: ils subsister sans en mourir beaucoup, si Dieu A ; UE de 4 ‘ ‘ en 114 n’avoit pitié de nous : divers jugements se faisoient y .

fr sur le retardement des vaisseaux pour soulager 4 Là NW: un chacun en leur donnant de bonnes espérances, SIN ! afin de ne perdre le temps.

4 | Nous délibérasmes d’équiper une chalouppe de 1 Il envoie une Ait can leher. SIX matelots et Desdames, commis de la nouvelle V4 cher des grains. y kr :

V4 société, pour y commander, auquel donnions di © à procuration et lettres, avec un mémoire bien am- RULiN 4 >. . ACTES ; , à ? .

1 INPE ple de ce qu'il devoit faire pour aller à Gaspey :

UE les lettres s’adressoient au premier capitaine des

vaisseaux qu'il treuveroit audit lieu ou autres

ports et demand passages voir, et tendre « uendrio; feroit su qu'il ne :

de juille comme € de comm tard, La me donn qu'il em seau ils ne il n'y av( remédier j'en désir:

me conte

méritoien

car metta

ne consid

désirant q pâtir et en

tre en pei leur espér

Je change:

anciens h*

ports et rades des costes, par lesquelles nous leur demandions secours et assistance de leurs vivres, passages, et autres commoditez selon leur pouvoir, et pour les intérests qu'ils pourroient prétendre du retardement de leur pesche, que nous uendrions pour fait tout ce que ledit Desdames feroit suivant la procuration qu'il avoit, et au cas qu'il ne nous arrivast aucun vaisseau au dixiesme de juillet, n'en pouvant plus espérer en ce temps, comme estant hors de saison , n’estant la coustume de commencer alors un voyage pour y arriver si

tard. La chose estant délibérée, ledit Desdames

me donna advis qu'un bruit couroit entre COUX siens,

qu'il emmenoit, que rencontrant quelque vaisseau ils ne reviendroient , et que de retourner seul il n’y avoit nulle apparence, et que j'eusse à y remédier avant que cela arrivast. Ce que sçachant, j'en désirai sçavoir la vérité, ce que je ne peus, me contentant leur dire que telles personnes ne méritoient que la corde, qui tenoient ces discours : car mettant en effect leur pernicieuse volonté, ils ne considéroient la suitte ni la conséquence, ne désirant qu'ils fissent le voyage puis qu'il falloit pâtir et endurer , ce seroit tous ensemble se mettre en peine, bien faschez de se veoir frustrez de leur espérance, néantmoins pour remédier à cela je changea l'équipage, y mettant la moitié des anciens hyvernants qui avoient leurs femmes à

Faux bruit qu'on faiet cou rie parmi les

2922 VOYAGES l'habitation , avec l’autre de matelots, retenant le resle pour nous servir en temps et lieu : je les fis

a : apprester de tout ce qui leur estoit nécessaire, ÿ ETS ve ayant donné les despesches audit Desdames, et Le | A FREE mémoire pour sa conduitte, soit que par cas forge Luit il rencontrast nos vaisseaux ou ceux des ennc- I

\ | fi mis, et de plus le chargeasmes que s’il ne trouvoit aucuns vaisseaux sujects du Roy, il iroit trouver c je un Sauvage de crédit et ami des François, le prier y Œ de nostre part de vouloir recevoir de nos com- f pagnons avec lui pour hyverner, si aucuns vais- fc à) seaux ne venoient, et qu'on lui donneroit le BE printemps venu, une barique de galette et deux à ‘ “ At robes de castor pour chaque homme. Ils partirent ét F le 17 dudit mois de mai. di:

Ces choses expédiées je fis faire diligence de faire

faire le radoub à nostre barque, envoyant cher-

4 cher du brai de toutes parts pour la brayer car te

c'estoit ce qui nous mettoit le plus en peine,

comme chose très longue à amasser dans des bois,

\è nous espérions avec cette petite barque quelque | in LAS Résolutions 80 personnes pour aller à Gaspey ou autres lieux mo FA “renFrme, pour y treuver des vaisseaux, et avoir moyen NN 4 d'aller en France ,suivant la charge qu'avions don- nék

1 : née audit Desdames, et n’en trouvantaucun, lai- qu ge ser, comme dit est, partie de nos hommes avec de È ( | ledit Juan Chou capitaine sauvage, et s’ils treu- avd

voient du sel en ces lieux-là faire pesche de molue

de au lieu de Gaspey ou isle de Bonnaventure, que fis dans la barque il resteroit quelque 6 à 7 personnes re ; qui nous apporteroient ce qu'ils auroient pesché : le de poisson, qui eust peu se monter à quelque quaor- tre milliers, et ainsi nous aider au mieux qu'il nc- nous eust esté possible. | voit La déploration la plus sensible en ces lieux en iver ce temps de disette estoit de voir quelque paurier vres mesnages chargez d'enfants qui crioient à la OM faim après leurs père et mère, qui ne pouvoient vais- fournir à leur chercher des racines , car malaiséit le ment chacun en pouvoit-il treuver pour manger deux à demi leur saoul dans l'épaisseur des bois, à quairent tre et cinq lieues de l'habitation , avec l’incommodité des Mousquites, et quelquesfois estre harasfaire sez et 110lestez du mauvais temps. Les sociétez ne jommudicher- leur ayant voulu donner moyen de cultiver des qu rencon br Car terres, ostant par ce moyen tout suject d'habiter le ""* eine , pays , néantmoins on faisoit entendre qu'il y avoit bois, nombre de familles, il estoit vrai qu'estant comme ielque | inutiles ils ne servoient que de nombre , incomlicux modant plus qu’elles n’apportoient de commodioyen Fe tez, car l’on voyoit clairement qu'avenant quelque don- nécessité ou changement d'affaire , il eust fallu , laï- qu’elles eussent retourné en France pour n'avoir »s AVEC de la terre défrichée depuis 45 à 20 ans qu'elles y treu- avoient esté menées de l’ancienne société : il n'y

molue avoit eu que celle de feu Hébert qui s'y est main-

tenue, mais ce n'a pas esté sans y avoir de la peine, aprés avoir un peu de terre défrichée , le contraignant et obligeant à beaucoup de choses qui n'estoient licites pour les grains qu'il levoit chaque année, l’obligeant de ne les pouvoir vendre nitraitter à d’autres qu'à ceux de ladite société pour certaine somme. Ce n'estoit le moyen de donner de l'affection d'aller peupler un pays, qui ne peut jouir du bénéfice du pays à sa volonté, au moins leur devoient-ils faire valoir les castors à un prix raisonnable, et leur laisser faire de leurs grains ce qu'ils eussent désiré. Tout ceci ne se faisoit à dessein que de tenir tousjours le pays nécessiteux , et oster le courage à chacun d’y aller habiter pour avoir la domination entière , sans que l’on s’y peustaccroistre. Ce qui leur desplaisoit grandement c’estoit de ce qu'ils voyoient que si je faisois construire un fort , n’y voulant contribuer de leur volonté et blasmant une telle chose, bien que ce fust pour la conservation de leurs biens et sauve-garde de tout le pays, comme il se recogneut à la venue de l’Anglois , que sans cela dés ce temps-là nous eussions tombé entre leurs mains.

Les commis du sieur de Caen virent bien combien cela estoit nécessaire , quoiqu'ils ne les pouvoient confesser anparavant , encores qu'ils le sçeussent bien en leurs ames : mais ils estoient si

eine, cons qui chandre >ciété en de s, qui onte , astors re de eci ne e pays y aller , sans laisoit ue si Je ribuer e, bien ens et > recoela dès

e leurs

n comes pouqu'ils le toient si

complaisants qu'ils vouloient agréer à ceux qui avoient la bource. Davantage s’il y eust fallu des hommes en la place des femmes et enfants, il eust esté nécessaire de leur donner des gages outre la nourriture, ce qui estoit espargné par ce mesnage, et autant de profit aux sociétez, pour le peu d’ouvriers qui estoient à entretenir : car d'environ 55 à 60 personnes qui estoient pour la société iln”y en avoit pas plus de 18 pour travailler aux choses nécessaires, tant du fort de l’habitation qu’au cap de Tourmente, où la pluspart des ouvriers estoient empeschez à faucher le foin, le serrer, faner, et faire les réparations des maisons. Cela n’estoit pas pour faire grand ouvrage en toutes ces choses au bout de l’année quand nous eussions eu les vivres et autres commoditez à commandement : car tout le reste des hommes et autres personnes consistoit en trois femmes , l’une desquelles le sieur de Caen avoit amenée pour avoir soin du bestial, qui estoit le plus nécessaire , deux autres femmes chargées de huict enfants , quatre Pères Récollets, tous les autres officiers ou volontaires n’estoient pas gens de travail.

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