‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 50 sur 89 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Rapport du combat faict entre les Francois et les Anglois. — HR Des François emmenez prisonniers à Gaspey. — Retour de Et: nos gens de guerre, — Continuation de la disette des vivres. sl — Chomina fidelle ami des Francois promet les advertir de toutes les menées des Sauvages. — Comme l'autheur lentretient.

LE 20 de mai vingt Sauvages forts et robustes venant de Tadoussac pour aller à la guerre aux Irocois, nous dirent le combat qui avoit esté fait Combst es. : . . : tre les François entre les Anglois et les François, qu'il y avoit eu‘ *"#°* des hommes tuez, que le sieur de Roquemont

avoit esté-blessé au pied : que les François avoient

esté pris et emmenez à Gaspey, qui depuis les avoient mis tous dans un vaisseau pour s’en re-

renvoient les

N'EE Le Age tourner en France, et retindrent tous les chefs en

0 Francois pri- | , tt jronniers en leurs vaisseaux et quelques compagnons, ils brus- Al lent une cache de bleds qui estoient aux Pères Jé- | suites à Gaspey, cela fait s’estoient mis sous un ‘4; voile pour s’en aller en Angleterre : ils nous dirent ae: aussi que quelques jours après le partement des Anglois vint un vaisseau qui s'estoit sauvé durant le combat auquel ils demandèrent une chalouppe pour nous venir advertir qu ils avoient des vivres assez, mais qu'ils ne leur voulurent donner : ils ne

ch me peurent dire le nom du capitaine qui com-

34! mandoit dedans, ne me pouvant imaginer pour sl quel suject ils estoient retournez audit Gaspey, où 1 il pouvoit rencontrer quelques vaisseaux de l’en- En nemi.

N'ayant encore nouvelles de nos vaisseaux, | j envoyai un canot pour aller à la chasse aux loups ré marins vers les isles du cap de Tourmente, afin

d'avoir de l'huile d’iceux pour mesler parmi le brai que nous avions amassé pour brayer nostre

barque.

sm

Le 50 du mois partie de nos guerriers revin-

Rapport des anse." drent de sans avoir faici aucune exécution, nous

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2 in

TE apportant nouvelles qu'ils avoient rencontré deux (Are canots des Algommequins, avec un prisonnier

lrocois, qu'ils emmenoient en son pays pour faire

la paix, emportant avec eux des présents pour leur donner ; que lesdits Irocois l'automne passée avoient tué un Algommequin, et pris quelques femmes et enfants qu'ils avoient remené depuis peu ausdits Algommequins, ce qui les avoit occasionnez d'envoyer ces deux canots avec ce prisonnier, et que la nation des Mahigan-Aticois désiroit traitter de paix avec lesdits Irocois, ayant sceu aussi par quelques Sauvages que des vaisseaux estrangers estolent arrivez aux Costes où estoient les Flamands qui désiroient faire une paix généralle de leur costé avec les nations qui avoient guerre entr’eux.

Le sixiesme de juin arrivèrent le reste des guerriers des Trois Rivières, qui furent proche du premier village des ennemis, ne voyant et ne pouvant faire plus d’effect que de tucr quelques femmes qui faisoient leurs bleds, ils en tuërent sept et un homme; en apportant leurs testes, et faisant une prompte retraitte, ils donnérent l'alarme au village, qui du commencement pensoient qu'ils fussent en plus grand nombre qu'ils n’estoient pour les venir surprendre.

Le unziesme dudit mois Le canot que j'avois envoyé à Tadoussac revint sans avoir aucunes nouvelles de nos vaisseaux, ce qui nous faisoit penser au sujet de ce retardement : car nos pois estants faillis, quelque mesnage que j'eusse peu apporter,

de et nous voyant si nécessiteux et desnuez de tout, ë 4 nous pensasmes à ce que nous aurions à faire du sou prisonnier soubçonné d'avoir meurdri nos hom- # ci mes, n'ayant plus rien pour lui donner à cause eh que nos vaisseaux n'estoient encore venus, et les | sl autendions de jour autre avec l'assemblée des Saur- 44 vages, pour parler à eux, et puis faire la justice sr de c: Sauvage. Mais comme nous prévoyons que

la mer n'estoit si libre que nos vaisseaux ne fussent pris ou perdus pour une seconde fois, je

» nr : Jugement du i: 4 nel retardé, 118 que l’on retarda le jugement de nostre prison- > oi nier, et que venant aux preuves manifestes et le

trouvant coulpable il ne falloit point temporiser, mais l’exécuter sur l'heure, si on en venoit là, ce qui estoit trop vrai, selon qu'un Sauvage appelé Choumina nous avoit dit, vrai et fidèle ami aux François, aussi en avions nous eu quelque tesmoignage. D'ailleurs nous considérions que si l’on venoit à l'exécution estant en la nécessité, que cela pour lors nous eust apporté quelque dommage, TE car comme ces peuples n’ont aucune forme de | justice, ils eussent cherché moyen en nos malheurs de nous faire du pis qu'ils eussent peu, et ne nous en pouvant passer, il fallut songer comme l’on le livreroit. Ledit Érouachy me vint treuver, me

Érouachy sollicite la déli- . . . . .

rate dé 60 priant que puisque les vaisseaux n’estoient point

Sauvage.

venus, et que nous n'avions aucunes commoditez pour vivre que nous eussions à délivrer le prison-

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