‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 6 sur 89 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L’autheur faict travailler au fort de Québec. — Voie asseurée qu’il prépare aux entrepreneurs des descouvertures, — Est expédient d’attirer quelques Sauvages. — Arrivée du sieur Santin commis du sieur Dolu. -— Réunion des deux sociétés.

CE n’est pas peu que de vivre en repos, et s’asseurer d'un pays, en si fortifiant et y mettant quelques soldats pour la garde d’icelui, qui apporteroit plus de gloire mille fois que n’en vaudroit la despence, et le Viceroy en recevroit du contentement, pour estre hors de danger de l'ennemi.

Les Sauvages nous assistérent de quelque eslan, qui nous fit grand bien, car nous avions esté assez mal accommodez de toute chose, hormis de pain, et d'huille ; les petites divisions qu'il y avoit eues entre les deux sociétés l'année d’auparavant, avoit causé ce mal : et estants bien réunies, il n’en pouvoit que bien arriver, tant pour le peuplement, que descouvertures, que augmentation du traflicq, ausquelles choses chacun y doit contribuer du sien en temps qu'il pourra.

L'une des choses que je tiens en ceste affaire, et pour l'augmentation d’icelle, est Les descouvertu-

Les Sauvages assistérent Îles nostres.

Mal que causa la division des deux socictés.

4h res, et comme elles ne se peuvent faire qu'avec

- nn

Ir de grandes peines et fatiques, parmi plusieurs hi de régions et contrées, qui sont dans le milieu des f; terres, et sur les confins d’icelle : à l’occident de nostre habitation, parmi plusieurs nations, aux humeurs et forme de vivre, desquels il faut que les Eatrepreneurs entrepreneurs se conforment. Il y a bien à consi-

se doivent con- Vu, ‘hr former aux hu- 4, .

HEC meurs des ma dérer d'entreprendre meurement, et hardiment

u tions des lieux qi deco cest affaire, avec un courage masle : mais aussi est

il bien raisonnable, que le labeur de telles personnes soyent recogneus par quelques honneurs et

bienfaits, comme sont les estrangers en telles af-

Larecognuis. faires, pour leurs donner plus d'affection et de sance du travail sement le courage d'entreprendre : et si on ne le fait, mal-

Y courage,

ETES aisément se peut il faire chose qui vaille.

Le Pour la société, ce seroit elle qui devroit autant y apporter du leur que personnes, car un grand ] L'anctenne bien leur en reviendroit, encores que ceux de gratte due. l’ancienne société jusques à présent, n'ayent ja- |

preneurs. . 5 d :

mais gratifié les entrepreneurs d'aucune chose : au

contraire ont osté le moyen de bien faire, en temps | Voie que l'au- qu'ils ont peü. Et pour ouvrir le chemin à cest

theur juge estre nécessaire aux

etrepreneurs, ALTAITE , J A VOIS pensé préparer quelque voie, qui Ç {üt seure et advantageuse, pour Les entrepreneurs, | l fs afin qu'avec plus de courage et asseurance, ils entreprinssent ce.dessein.

Auirer nom. Qui estoit d'attirer quelques nombres de Saubres de Sau-:

vages.

vages prés de nous, et y avoir une telle confiance,

re qu'avec 1 plusieurs milieu des ccident de ns, aux huut que les en à CONSihardiment Is aussi est les persononneurs et 1 telles afton et de fait, malle.

roit autant un grand > ceux de h'ayent jachose : au ,en temps nin à cest vole, qui Bpreneurs, ce, ils en-

s de Sauonfiance ,

que nous ne puissions estre desceus ni trompez

d'eux , et pour cet effect, j'avois pratiqué l'amitié pratique ai d'un Sauvage appelé Miristou , qui avoit tout plein Mouse d'inclination particulière à aimer les François, et recognoissant qu'il estoit désireux de commander, et estre chef d'une trouppe, comme estoit son feu père, il m'en parla plusieurs fois, avec tout plein de protestations d'amitié qu'il me dit nous porter, bien que je jugeasse que ce n’estoit en partie que pour parvenir à son dessein, mais il faut tenter la fortune, et me dit que si je pouvois faire en sorte qu'il peust obtenir ceste grade de capitaine, qu'il feroit merveille pour nous: je l'entretins une bonne espace de temps, depuis l'automne jusques au printemps, où conférant avec lui, je lui dis, Si tu es esleu par les François, j'y ferai consentir tes com- 4 ra. j 3 , theur lui pro:

pagnons, et te tiendront pour leur chef, mais aussi met. qu'au préalable, il devoit nous tesmoigner une parfaite amitié, ce qu'il promit faire.

Le 8 de juin arriva le sieur Santein, l'un des .amivée du commis de la nouvelle société, qui me donna advis de la réunion des deux sociétés, que l’ancienne Sneiétés réu aima mieux entrer en la société nouvelle, que | donner dix mille livres à la nouvelle ayant cinq douziesme, et la nouvelle pour les sept durant quinze années, et ainsi que le Conseil par arrest l'avoit ordonné.

La premiére chose que je dis à ce Sauvage, estoit

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Ce que l'autheur promit à Miristou, Sau vage,

Sauvages com:

mencèrent à défricher vers nostre habitation.

Miristou vint trouver fJ'au:

theur,

qu'avec ses compagnons ils cultiveroient les terres proche de Québec, faisant une demeure arrestée, lui et ses compagnons , qui estoient au nombre de trente, qu'ayant mis les terres en labeur, ils recueilleroient du bled d'Inde pour leurs nécessitez, sans endurer quelquefois la faim qu'ils ont, et par amsi nous les tiendrions comme frères. De plus nous monstrions un chemin à l’advenir aux autres Sauvages, que quand ils voudroient eslire un chef, que ce seroit avec le consentement des François, qui seroit commencer à prendre quelque domination sur eux, et pour les mieux instruire en nostre créance.

Il me promit de faire ainsi, et de fait il fit si bien avec ses compagnons (desquels il avoit gaigné l'affection) que pour monstrer un tesmoignage de sa bonne volonté, premier que d’estre reçeu capitaine. Ils commencérent à déserter tous ensemble au printemps, à demie lieue de nostre habitation, et s'ils eussent eu de bon bled d’Inde ceste année là, ils l’eussent ensemencé, ce qu'ils ne peurent faire qu'en une partie, laquelle contient près de sept arpents de terre, assez pour une première fois. Quelques jours après descendirent des Sauvages des Trois Rivières, où ils se trouvérent trois à quatre compétiteurs, qui prétendoient la mesme charge, et y eut beaucoup de discours et conseils entr'eux, sur ce fait Miristou me vint treuver, lui

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