‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 62 sur 89 · Æ RENE · texte numérisé non relu

Æ RENE

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ls ne laissérent d'enimener de nos matelots, puisque la fortune leur avoit esté si favorable, leurs affaires ayant esté prévues dès l'Angleterre par le conseil, que ledit Jacques Michel leur avoit donné, qui ne se pouvant asseurer avoir en leur puissance des matelots qui estoient en la chalouppe qui prirent par cas fortuit : mais l’occasion se présenta de laquelle ïls se servirent, pour aider à conduire leur Flibot et patache. C’est une disgression que je faits sur ce que aucuns ne pensent réparer leur faute, quand les choses ne réussissent à leur soubait, et faut tousjours qu'il y aie un si, ce qui n'estoit point en ceste affaire : sur ce qu'aucuns ont dit, que si l’Anglois n'eust pris la chalouppe il n'eust monté à Québec si promptement qu'ils firent : ce sont contes faits à plaisir à des personnes quine sçavent comme ceste affaire s'est passée, et ne savent comment couvrir leur faute , sinon en blasmant autrui, chose de mauvaise grâce, Car ils avaient emmené le Flibot et les deux pataches, avec les hommes qui avoient esté audit cap de Tourmente , comme j'ai dit cidessus, à dessein qu'aussitost arrivez au moulin Baudé de les faire monter à Québec, craignant que si Leur eust fallu monter des barques à Tadoussac, que pendant ce travail une moyenne barque eût passé et donné secours à l'habitation, leur dessein

par cc moyen rompu : et quand mesme, comme

ls, puis-

le, leurs re par le roit don- ‘Ur puisalouppe n se préaider à disgresisent ré- ‘ussissent ae Un si, ce qu'aus la charompte- | plaisir à Le affaire rir leur de mau- ‘libot et L avolent i dit ci-

1 moulin dant que doussac, que eût * dessein

comme

DE CHAMPLAIN, 287 dit est, qu'ils n'eussent eu que des Sauvages du pays pour pilotes, qui eussent aussi bien pilotez comme ils l'avoient faits dés l'année passée audit ap de Tourmente, avec la plus grande barque que nous eussions à Tadoussac.

Revenons audit Émery, lequel après que Boullé fut parti avec sa chalouppe, il lève lanchre et met sous voilles pour gagner Québec an plustost, sans sçavoir aucunes nouvelles de l’Anglois, celles que lui dirent lesdits Desdames et Foucher, qui estoient en la petite barque de Boullé qu'ils avoient veu un canot où il y avoit des Sauvages avec de la marchandise angloise, qu'ils avoilent traitez avec eux, c’est ce que dit ledit Desdames, que de cet advis ledit Émery n’en fait conte, néantmoins cela lui devoit faire penser et s'asseurer mieux qu'il ne fit, pour la considération de son vaisseau , et ne tomber aux accidents comme il fit, car estant sur le travers de Leschemin il fut pris d’un temps de brune que l’on voyoit fort peu, il passa devant les Anglois, qui estoient à la Ralde du moullin Baudé, à la portée presque du canon, sans estre apperceus d'une part ni d'autre : pensant doubler la pointe aux Allouettes, ils eschouent sur lislet rouge comme le travers de Tadoussac où se voyant pensant estre perdus ils font une piperie pour se sauver à terre, voici que la brune s’abaisse où ils virent les Anglois, font tirer quelques coups de

Einery taselhie | guiguer Quebes

canons, pour leur demander secours, et les aller sauver du naufrage où ils pensoient se voir, ledit Jacques Michel dit au général, envoyez secourir ce vaisseau qui s'en va perdre, ou pour le moin: les hommes, ils tirent leur canon pour vous en advertir, vous en aurez bon marché, le général n'en voulut rien faire, disant : Il les faut laisser, et attendre un peu ils ne nous pourrons fuir. Ils sont bien despourveus de considération de venir passer à nostre veue, ayant vaisseaux devant et derrière eux : sans la brune il n'eut esté si avant, ct ainsi le laissa là, et douna grande faute audit

Le Angois Quer de n’y envoyer des chalouppes aussi tost

peu consilérez en ceci,

qu'ils ouirent tirer leur canon, et n’eussent perdu trois de leurs hommes, comme ils firent depuis en se battant avec ledit Émery, la marée commençant à monter sous le vaisseau fit que peu à peu il vint à floter sans estre que fort peu endommagé, ils prennent courage et se r'embarquent, laissent leur piperie, se mettent vers l'eau, vont mouiller l'anchre auprès du Chafaut au Basque, deux lieues de Tadoussac, où ils furent quelque temps : ils virent une chalouppe angloise qui venoit de Qué-

bec, et alloit treuver le général pour lui porter

nouvelle de la prise du fort, sur laquelle ledit

Émery fit tirer un coup de canon : voulant mouil-

ler l’anchre le pert met à la voille, et va mouiller

proche de la Malle-baye, où il vint quelques canots

s aller de Sauvages qui lui dirent que Québec estoit ‘endu, ce qu'il ne voulus! croire, et pour ce suject , ledit rend , CC > CLP

FOMESE envoya un canot de Sauvages avec deux François ROIS pour en sçavoir la vérité (qui n'estoit que trop PH ERR vrai), qu'ils eussent à faire le plus de diligence énéral qu'ils pourroient, il leur falloit faire vingt lieues, laisser,

et autant pour le retour, c’estoit perdre un grand

air. Ils | . pa Ê To temps, ayant peu éviter la prise des Anglois. Ces

VERS deux hommes promirent faire ce qu'ils pourroient, rant el l'un appellé Le Cocq Charpentier, et l’autre Froide- Din mouche, qui avoient esté en la barque de Boullé: : audit ces deux personnages estolent ignorants et mal SI ent propres à telles affaires, veu que les plus discrets perdu n'y sont pas trop bons. Ces deux adventuriers se en mettent en chemin , Vont au Cap de T ourmenite, es s'amusent à chasser ( c’estoit bien le temps) la nuict NA arrivez à Québecils ne voyoient point les vaisseaux 66) ils anglois, qui estoient déjà partis pour retourner à die Tadoussac, ils s’approchent des cabanes des Sau- DNAILeR vages, qui leur dirent que les Anglois estoient au hu Emery ApUEs fort et à l'habitation : les vaisseaux partis, et qu’ils Etain À Qué pe estoient dedans. Toutes ces nouvelles suffisoient e Que- pour s’en retourner promptement treuver ledit LL Hd Émery, et quelque diligence qu'ils eussent fait ils : ledit cussent treuvé le vaisseau pris des Anglois, mais moe au contraire ils vont passer contre le fort, entenouiller dent les sentinelles de l’ennemi, ils ne se contencanots

tent de se retirer, ils vont à la maison de la veufve TOME I. 11)

Hébert ou de son gendre, les voyant leur demandent ce qu'ils estoient venu faire. Nous venons, dirent-ils, de la part du sieur Émery voir si l’habi-

Ce que leur dit le gendre de la veufve Isbert.

lation estoit prise : hélas! leur dirent-ils, que vous estes simples et peu advisez, ne le voyez-vous pas 1 bien, fallait-il venir ici pour vous faire prendre, que dira on, sachant par les Sauvages que vous estes venus ici, et que je ne le dise, il y va de ma vie et de toute la ruine de ma famille, il faut que par nécessité si je me veux conserver, je dise que vous estes venus pour voir si le sieur de Champlain estoit ici, et comme tout alloit : allons treuver le capitaine Louis, 1l est galand homme , 1l ne vous a | p le eapitaine fera point de tort, ce qu’ils firent, lequel leur usa de quelques paroles et menaces fascheuses, les retenant pour les faire travailler.

Cependant la petite barque où estoit Desdames suivoit ledit Émery de Caen , mais ils s’arrestérent à une petite rivière pour prendre de l’eau, où ils furent deux jours à cause du mauvais temps. Sortant de la ils furent jusques au Bic, quinze lieues de Tadoussac, sachant au vrai par les Sauvages la prise de Québec, et que ledit de Caen ne pouvoit

éviter qu'il ne fust pris pour s’estre trop hasardé,

ils ne furent point incrédules, ils se délibérerent

de s’en retourner chercher passage le long des

costes, où estant vers Gaspey rencontrèrent Jou-

bert avec sa barque qui nous venoit secourir, mais

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nartons, aabivous s pas dre , vous le ma t que e que plain ver le vous ur usa es re-

dames térent où 11s s. Sorlieues ages la ouvoit sardé, rèrent g des t Jou- , Mais

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trop tard, et leur dit, qu'il avoit esté poursuivi

4 Anglais proche de Miscou, il leur dist aussi que

3 capitaine Daniel estoit parti pour mesme effect,

et une autre barque pour les Pères Jésuites, où estoient les révérends Pères l'Allemand et Noyrot.

IL s'embarque avec ledit Joubert, et s’en re-

Joubert se

perd aux costes

tourne en France sans faire plus grand progrez, si-« non que s’aller perdre à la coste de Bretagne près Benodet proche de Quinpercorentin , qui pensant au commencement que ce fussent quelques pirates, furent détenus jusqu'à ce qu'ils sceurent la vérité, et là ledit Joubert despendit plus qu'il n'avoit sauvé de son naufrage.

Veici un défaut en ce voyage, de ne partir suivant l'ordre qui avoit esté donné par les sieurs directeurs de Paris, de partir de droitte route de Dieppe pour la Nouvelle France. Au lieu de ce faire , les vaisseaux vont attendre le sieur chevalier de Rasilly, et ainsi laissérent perdre la saison, que s'ils fussent partis au 45, ou à la fin de mars, et que ledit capitaine Daniel partant de bonne 4 heure, comme dit est, il fust arrivé à Québec le 20, ou à la fin de mai pour le plus tard, près de deux mois premier que les Anglois , en nous secourant ils eussent joui des traittes, ce qui ne fnt effectué pour le retardement.

Les Directeurs de Bordeaux manquérent aussi, et empeschérent les pataches de partir si promp-

e Bretagne.

Ces malheurs

arriverentfaute

e n'avoir parti & saison.

NRC À

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