‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 65 sur 89 · ESA · texte numérisé non relu

ESA

"the PER LE al

eg 2 ge

EE IR — + - RE es

Ce que l'an theur dit üu geuéral,

nous lui portons de l'affection, ce que n'estant

nous n'aurions désir de le suivre en France, qui

fut le suject que j'en parlai au Général.

« Monsieur, vous me faites faveur, que vostre courtoisie s'estende à me monstrer ceste lettre, que si l'affaire est ainsi qu'il l’escrit, j'aurois tort de vous faire une demande inciville, en vous demandant permission d'emmener ces filles que j'aime comme si elles estoient miennes, vous me permettrez que je parle pour ces pauvres innocentes qui m'ont esté données par les Sauvages assemblez en conseil, sans que je les aïe demandez, mais au contraire comme forcé avec le consentement des filles et des parents , à telle condition que j'en disposerois à ma volonté, pour les instruire en nostre foy, comme ‘1 c’estoient mes enfants, ce que j'ai fait depuis deux ans le tout pour l'amour de Dieu, où j'ai eu un grand soing à les entretenir de tout ce qui leur estoit nécessaire, les désirant retirer des mains du diable, où elles retomberont si faut que les reteniez : je vous supplie que vostre charité soit telle envers ces pauvres filles de ne les violenter et souvenez-vous que Dieu ne vous sera point ingrat si vous faites quelque chose pour lui, il a des récompenses grandes, tant pour le ciel que pour la terre.

tant « Au reste je sçais trés asseurément que Marsolet fr ait , qui « a forgé en son esprit ce qu'il vous mande, n'ayant di «treuvé autre moyen pour perdre ces filles, et « jouir de sadésordonnée volonté s’il peut. Je sçais

ostr'e À « asseurément que les Sauvages estant au Conseil

ettre, « des Trois Rivières, il ne fut parlé aucunement de

urois | « ces filles, ni de ce que Marsolet vous à escrit,

e, en | « mesme je sçais que lors qu'estiez à Québec vous

filles « vous informastes si les Sauvages n’estoient point

, VOUS 1 « faschés de ce qu'elles s'en alloient, que Gros Jean

uvres | « de Dieppe qui s'est donné à vous, truchement

Sau- « des Alyommequins, vous dit au contraire, qu'ils

es aie « fussent faschés de ce que je les emmenois, qu'ils

8 AVEC «en estoient bien contents, que s'il y avoit du

\ telle | « danger de les emmener allant dans le pays

onté , « comme il alloit, il n’y eut pas esté pour beau-

Lc’es- « coup de choses, et Coullart vous dit aussi, Mon- je té deux « sieur, nous avons autant d’intérest que personne, PASERUINIE u un « à cause de ma femme et de mes enfants, que s’il i leur D « y avoit quelque risque je vous le dirois libre-

mains « ment; au contraire les Sauvages m'ont dit qu'ils e les | « en estoient bien aise, qu'elles estoient bien don-

té soit « nées, tout ceci est un tesmoignage suffisant , auenter « quel devez adjouster foi, plus qu'à ce que vous point « mande Marsolet, qui veut abuser de ces filles,

i, il a « les ayant mesmes sollicitées à s’en aller avec lui,

1 que de qu'il leur donneroit des présents : l'ayant ainsi

« dit aux Sauvages, vous vous en pouvez informer

300 VOYAGES « Sil vous plaist. » Mais recognoissant que tant plus je lui en parlois, et plus il se roïdissoit, je le laissai là sans parler dadvantage, il se lève de table tout fasché comme il sembloit, ce qui ne dura guéres : nous ne laissasmes de passer le temps attendant un jour plus propre à lui en parler, et rechercher les moyens pour l’inciter à penser à cela, j'employai à ma supplication ledit Jacques Legénératne Michel et Thomas Quer son frère, qui lui en par-

veut entendre à

ls ee lérent, il demeura obstiné, ce que sçachant ces

theur lui remonstre pour

ces deux files, deux pauvres filles, furent si tristes et faschées qu'ils en perdoient le boire et le manger en pleurant amérement, ce qui me donnoit de la compassion, en me disant, est-il possible que ce mauvais capitaine nous vucille empescher ‘aller en

Ce qu'elles dirent à l'au-

ue France avec toi, que nous tenons comme nostre pére, et duquel nous avons receu tant de biens faits, jusqu’à oster ce qui estoit pour ta vie, « du- « rant les nécessités pour nous le donner, et nous

«entretenir jusqu’à présent d'habits : nous avons

un tel desplaisir en nostre cœur que nous ne le

pouvons dire, n’y auroit-il point moyen de nous

cacher dans le vaisseau, » ou si nous pouvions te suivre avec un canot nous le ferions, te priant de demander encore une fois à ce mauvais homme qu'il nous laisse aller avec toi, ou nous mourrons de desplaisir, plustost que de retourner avec nos Sauvages, et si Lu ne peux obtenir que nous allions

de Lant t,je le le table e dura nps alrler, et enser à acques en parant ces aschées a pleua COne mauder en nostr'e e biens LL dudt nous $ AVONS is ne le è nous ions Le ant de nomme Durr'OnsS CC nos

allions

en France, au moins faits en sorte que nous demeurions avec la femme de Coullart, nous la servirons elle et tous ses enfants de tout nostre pouvoir en ton absence, attendant l’année à venir, et scachant de tes nonvelles aussitost nous prendrons un canot pour t'aller treuver à Tadoussac, ainsi me disoient leurs petits sentiments: je leur fis faire à chacune un habit de quelques robes de chambre et manteau que j'avois, pour ne les envoyer mal accommodées tant elles me faisoient de compassion,

Je faisois ce qu'il m'estoit possible pour sanver ces deux pauvres ames, je tasche de faire encore un effort, puisqu'il n’y avoit qu'à contenter les Sauvages par présent, quand mesme il iroit de beaucoup, je fais dire par Thomas Quer à son frère le général, qu'il y avoit un moyen de rendre les Sauvages satisfaits en leur faisant un présent, et leur dire que puisqu'ils avoient donné ces filles qu'ils devoient tenir leurs paroles, voyant qu'ils ne le faisoient pas, qu'ils n’auroient suject dese fier en eux, de ce qu'il leur pourroient dire, que néantmoins il leur faisoit un présent de la valleur de mil livres, en marchandises telles qu'ils voudroient, pour des castors qui estoient à son bord à moi appartenants, dont il m'avoit donné sa promesse payable à Londres, que je la mettrais entre

les mains de son frère, et feroit Le présent tel qu'il

SE RE re

Érvrs eTs

Page 1