‹ Voyages du Sieur de Champlain ou Journal ès découvertes de la Nouvelle France [microforme]Chapitre 83 sur 89 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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370 VOYAGES sonnier jusques à l'arrivée des vaisseaux, on s’il doutoit qu'il y eust de la difficulté de le faire à

cause des hommes de sa faction qui estoient en

ceste habitation, il devoit s'armer de patiencé, et

ce faisant il cust:treuvé que messieurs les directeurs de Paris y avoient donné ordre par leur prévoyance, car 1ls avoient enJoint au capitaine Daniel de repasser en France ledit Martel, et laisser ledit Gaude en sa charge, avec ceux qu'il choisiroit, tant des hommes de l'habitation que d'autres nouveaux que l’on lui envoyoit dans le vaisseau dudit capitaine Daniel, et ainsi il eust üré une honneste vengeance de son ennemi, sans se précipiter dans ceste déterminée résolution, qui ne lui peut apporter que du blasme et de la peine s'il est pris, et s’il n'eust treuvé les moyens de s’eschapper dans le pays, il eust couru risque de sa vie.

Cependant il estoit nécessaire que ledit capitaine Daniel mit ordre en ce lieu, sur ce qui s'estoit passé, pour tenir chacun en son devoir : il envoya son vaisseau à Miscou pour faire la pesche et la traitte, et en donna la conduicte à Michel Gallois de Dieppe, et en mesme temps il despescha une pinasse d'environ vingt tonneaux, qu'il donna à un appellé Saincte Croix pour la commander, et l'envoya à Tadoussac pour traitter avec les Sauvages : et estant ledit Gallois arrivé à Miscou,

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DE CHAMPTLAIN. 371

treuva deux vaisseaux basques, l’un de deux cents cinquante, et l’autre de trois cents tonneaux, et une barque d'environ trente-cinq tonneaux, où commandoit le frère du capitaine dn May, qui avoiL esté équippée au Havre de Grâce, lequel dit audit Gallois qu'il avoit commission de monseigneur le cardinal de faire la iraitte, visiter les vaisseaux qui alloient faire la pesche, et recognoistre les ports et hävres de ces lieux, pour lui en faire son rapport, sans toutesfois lui monstrer sa commission : à quoi ledit Gallois monstra bien qu'il estoit de légère croyance, d’adjouster foy sur des paroles, et partant demeurèrent bons amis, et donna du May advis audit Gallois, que les deux vaisseaux basques n'avoient aucun congé ni commission , et que s’il le vouloit assister en ceste affaire ils les iroient sommer de leur monstrer leurs passeports, ledit Gallois lui ayant accordé, furent de compagnie à bord de l’un des deux navires basques , ce que le maistre duquel leur monstra sa commission en trés bonne forme, en leurs offrant toutes sortes d’assistances et de faveurs.

Ce fait ils furent à l’autre vaisseau, où ils ne treuvérent que le capitaine nommé Joannis Arnandel de Sainct-Jean de Luz avec un petit garçon (ses gens estants pour lors tous à terre et en pescherie), auquel capitaine ils demandérent à voir son congé, mais il n'avoit garde de leur mons-

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