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trer, car il n'en avoit point : aussi sa responce fut que les congers n'estoient nécessaires que pour avoir de l’argent à ceux qui les délivrent, et que pour lui il n’avoit point accoustumé d’en prendre, sur quoi ledit du May lui fit responce que lui qui avoit coustume d'aller en mer, ne devoit point ignorer les ordonnances de France, notamment celles de l’admiraulté qui déclare pour pirates et voleurs, ceux qui vont en mer sans congé ou passeport, et partant que le trouvant ainsi et ne le pouvant juger autre que forban, il arrestoit sa personne et son vaisseau pour l’amener en France, et icelui le faire juger de bonne prise, à quoi ledit Arnandel ne se pouvant opposer, supplia ledit du May de lui laisser achever sa pescherie et qu'il le retint prisonnier pour ostage : laquelle pescherie estant faicte il y auroït moins de dommages et intérests si la prise estoit déclarée injuste, et plus de proffit si elle estoit bonne, ce qui fut accordé par ledit du May, lequel aussitost se saisit de toutes les armes et munitions dudit vaisseau, qu'il fit porter en son bord avec ledit Arnandel.
Ce qu'’estant fait du May et Gallois retournent au vaisseau dudit Arnande! vec quelques uns de leurs gens, et comme üs' nt entrez dedans, ils appellèrent tous les gens de l'équipage de Arnandel qui estoient à terre, pour les advertir de l’accord et convention faicte entre leur capitaine et
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DE CHAMPTAIN. 373 /
eux, à quoi un de ces Basques fit responce, que la prise et détemption de leur capitaine n’estoit pas grand chose, et qu'ils pouvoient faire un autre capitaine d'un petit garcon de leur vaisseau, de quoi du May le voulant reprendre et remonstrer le tort qu'il avoit de parler si désadvantagcusement de son chef, ce Basque et tous ses compagnons se mettent tous en fougue, et comme ils ont la teste prés du bonnet, gaignent le bas du vaisseau; se saisissant de quelques picques et mousquets qui estoient restez, et qui n'avoient esté treuvez par ledit du May et Gallois, et avec ces armes se défendent et attaquent si courageusement ledit du May etses gens, qu'ils le contraignent de se retirer, avec quelques uns des siens qui furent blessez, lesquels il fit promptement embarquer avec lui dans sa chalouppe.
Et comme ces gens avoient desja la teste eschauffée, n° se contentants de ce qu'ils avoient faict, poursuivérent encores ledit du May, jusques à ce qu'estant retiré en son bord il fut contrainct de faire monter sur son tillac le capitaine Arnandel afin qu'il commandast à ses gens de cesser leurs violences : mais le capitaine se voyant libre se jetta promptement en l’eaue, et tout vestu qu'il estoit gagna à la nage une chalouppe, où estoient quelques uns des siens, et ainsi se sauva de ses ennemis, desquels il eust tost aprés unc bonne
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raison, Car estant rentré dans son navire, il commença à parler en capitaine et non pas en prisonnier : et par la faveur et assistance d’un antre vaisseau basque, driquel il envoya emprunter de la poudre et des armes, s'en vint fondre sur ledit du May, et lui tira deux ou trois coups de canon, et lui commanda de Ini renvoyer non seulement toutes ses armes et munitions qu'il lui avoit prises, mais encores celles qui estoient en son vaisseau, et de celui dudit Gallois, autrement qu'il s’en alloit les couler à fond, ce que voyant, furent contraints de ce faire n'ayant pas des forces pour résister, de façon qu'il se treuvèrent pris par celui qu'ils venoient de prendre.
En ces entrefaites ariva de Tadoussac la pinasse où commandoit Saincte Croix, lequ:1 avoit esté rencontré des Anglois, qui lui avoient osté ses péleteries, et lui en avoient donné un mot descrit de la qualité et quantité, afin de n'estre point obligez à en rendre d’advantage, attendu le traité de paix d’entre les deux couronnes, et Thomas Quer général de la flotte angloise, lui dist qu'il avoit charge du sieur chevallier Alexander de se saisir de toutes les péleteries qu'il trouverroit aux vaisseaux qui Contreviendroient aux commissions du Roy de la Grande Bretagne, à qui appartenoient ces lieux, ores qu'ils n’y eussent jamais esté que depuis trois ans qu'ils s’en saisirent, contre le
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Arrivant, comme dit est, à Miscou le jour mesme que se fit ceste rumeur d'entre le Basque et le capitaine du May, 1l se treuva encore pris du vaisseau basque, lequel parlant audit Saincte Croix lui {it commandement de le venir treuver en son bord, ce qu'ayant fait, d envrva quérir toutes les armes et munitions de ceste … asse, avec ces voiles, disant que tout appartenoit à un mesme maistre , et qu'il vouloit s’asseurer d'eux, et les empescher de le plus troubler n’y faire aucun tort, et Lout ce que peust faire ledit Saincte Croix fut de protester contre ce Basque de tous ses despents, dommages et intérests, de ce qu'il le troubloit ainsi en son traffic et sa traite, de quoi ledit Basque estant aucunement intimidé ,lui rendit imcontinent ses voilles, et lui enjoingnit de sortir du port de Miscou, ce que fit ledit Saincte Croix lequel s'en vint en l’habitation Saincte Anne treuver le capitaine Daniel,
ôù il arriva le 29 aoust pour lui donner advis de ceste procédure des Basques, afin d'y donner ordre, mais desjà trop tard, car les Basques d'ordinaire sont presque prest en ce temps là pour s’en relourner.
Ceste disgrâce fut encore suivie d'une autre,
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