‹ Voyages du sieur de Champlain, ou Journal ès découvertes de la Nouvelle FranceChapitre 19 sur 74 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

grande aboii

Leur haniear loups marlns. Elles sont par la hauteur de quarante-trois degrez et demi de latitude, distantes de la terre ferme ou cap de Sable, de quatre à cinq lieues. De là l'on va à un cap que j'appelai

p.riFcurchu. 1^ Port Fourcliu, d'autant que sa figure est ainsi, distant des isles aux Loups marins cinq à six lieues. Ce port est fort bon pour les vaisseaux en son entrée , mais au fond il assèche presque tout de basse mer, hors le cours d'une petite rivière, toute environnée de prairies, qui renpe=ri,e de dcnt cc Ucu assez agréable. La pesche de mornes

morues.

y est bonne auprès du port j faisant le nort dix ou douze lieues, sans trouver aucun port pour les vaisseaux, sinon quantité tl'ances, ou baies très belles, dont les terres semblent estre propres B.:.i! 1res pour cultiver. Les bois y sont très beaux, mais il y a bien peu de pins et de sapins. Cette coste est fort saine, sans isles, rochers, ni bases : de sorte que selon mon jugement, les vaisseaux y peuvent aller en asseurance. Estant éloignez un quart de lieue de la coste, je fus à une isle, qui

i»ir Lcngne, s'appelle Tislc Longue, qui gist nord nordest , et sur surouest, laquelle fait passage pour aller dedans la grande baie Françoise , ainsi nommée par le sieur de Mons.

saion-ueur Ccste islc cst dc six lieues de long, et a en quelques endroits près d'une lieue de large, et en d'autres un quart seulement Elle est remplie

Abonde m bois et bouleaux.

de quantité de bois^ comme pins et bouleaux. Toute la coste est bordée de rochers fort dangereux^ et n'y a point de lieu propre pour les vaisseaux , qu'au bout de l'isle quelques petites retraites pour des chalouppes, et trois ou quatre islets de rochers, où les Sauvages prennent force loups marins. Il y court de grandes marées, et principalement au petit passage de l'isle, qui est fort dangereux pour les vaisseaux, s'ils vouloient se mettre au hazard de le passer.

Du passage de l'isle Longue, faisant le nordest deux lieues, y a une ance où les vaisseaux peuvent anchrer en seureté , laquelle a un quart de lieue ou environ de circuit. Le fond n'est que vase , et la terre qui l'environne est toute bordée de rochers assez hauts. Eu ce lieu il y a une mine d'arp;ent très bonne, selon le rapport m....- .'.argr ot

'•' '^ *■ dans une aiicc.

d'un n?ineur, appelé maistre Simon , qui estoit avec moi. A quelques lieues plus outre, est aussi une petite rivière, nommée du Boulai, où la mer monte demi-lieue dans les terres, à l'entrée de laquelle il y peut librement surgir des navires du port de cent tonneaux. A un quart de lieue d'icelle, il y a un port bon pour les vaisseaux, où nous trouvasmes une mine de fer , que le mineur jugea rendre cinquante pour cent. Tirant trois lieues plus outre au nord-est, y a une autre mine de fer assez bonne, proche de laquelle il Minodefer.

Terroir rouge comme sa

y a une rivière environnée de belles et agréables prairies. Le terroir d'alentour est rouge comme Dg-^' sang. Quelques lieues plus avant, il y a encore une autre rivière qui assèche de basse mer , horsmis son cours qui est fort petit, qui va proche du Port Royal. Au fond de ceste baie, y a un achenal qui assèche aussi de basse mer , autour duquel y a nombre de prez, et de bonnes terres pour cultiver, toutesfois remplies de quantité

Prairies plei- ' ^ ., ,.

li^^res' ^^"" de beaux arbres de toutes les sortes que j ai dit ci-dessus. Ceste baie peut avoir, depuis Tisle Longue jusques au fond , environ six lieues. Toute la coste des mines est terre assez haute , découpée par caps, qui paraissent ronds, advançants un peu à la mer. De l'autre costé delà baie, au suest, les terres sont basses et bonnes, où il y a un fort bon port, et en son entrée un banc par où il faut passer , qui a de basse mer brasse et demie d'eau, et l'ayant passé, on en trouve trois et bon fond. Entre les deux pointes du port, il y a un islet de cailloux qui couvre de pleine mer. Ce lieu va demi-lieue dans les terres. La mer y baisse de trois brasses, et y a force coquillages , comme moules , coques et bregaux. Le terroir est des meilleurs que j'aie Tort de Sic. veu : et nommai ce pori le portSaincte Margue-

Margumue. ^.^^^^ Toutc ccstc costc du sucst cst teiTC bcaucoup plus basse que celle des Mines, qui ne sont

lûUZ.

qu'à une lieue et demie de la coste du port Saincte Margueritte, de la largeur de la baie, laquelle a trois lieues en son entrée. Je pris la hauteur en ce lieu, et la trouvai par les quarantecinq degrez et demi et un peu plus de latitude, et dix-sept degrez seize minutes de déclinaison de la guide-aimant. Cette baie fut nommée la baie Saincte Marie.

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