‹ Voyages du sieur de Champlain, ou Journal ès découvertes de la Nouvelle FranceChapitre 46 sur 74 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Desfaite des Hiroquois près de remboucheure de la dite rivière des Hiroqaois.

L'an 1610, estant allé dans une barque et quelques hommes de Québec à l'entrée de la rivière des Hiroquois , attendre quatre cents Sauvages qui dévoient me venir trouver pour les assister en une autre guerre qui se présenta plus proche que nous ne pensions, un Sauvage Algoumequin avec son canot vint en diligence advertir que les Algoumequins avoient fait rencontre des Hiroquois , qui estoient au nombre de cent, et qu'ils estoient fort bien barricadez, et qu'il seroit mal aisé de les emporter , si les Misthigosches ne venoient promptement ( ainsi nous appellent-ils.)

Aussitost l'alarme commença parmi quelques Sauvages, et chacun se mit en son canot avec ses armes. Ils furent promptement en estât , mais avec confusion ; car ils se précipitoient si fort^

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qu'au lieu d'advancer ils se retardoient. Ils vindrent à nostre barque^ me priants d'aller avec eux dans leurs canots, et mes compagnons aussi, et me pressèrent si fort, que je m'y embarquai moi cinquiesme. Je priai La Routte , qui estoit ' nostre pilote, de demeurer en la barque, et m'envoyer encores quatre ou cinq de mes compagnons.

Ayant fait environ demi-lieue en traversant ,^^f, la rivière , tous les Sauvages mirent pied à terre, i" et abandonnants leurs canots prindrent leurs rondaches, arcs, flesches, massues et épées , qu'ils emmanchent au bout de grands bâtons, et commencèrent à prendre leur course dans les bois de telle façon que nous les eusmesbientost perdus de veue , et nous laissèrent cinq que nous estions sans guide; néantmoins nous les suivis- ,i.^u:"::;''sl.i mes tousjours. Comme nous eusmes cheminé'" environ demi-lieue par Tespois des bois, dans des pailus et marescages , tousjours l'eau jusques aux genoux, armez chacun d'un corcelet de piquier, qui nous importunoit beaucoup, et aussi la quantité des mousquites qui estoient si espoisses qu'elles ne nous permettoient point presque de reprendre nostre haleine , tant elles nou^ persécutoient , et si cruellement que c'estoiî; chose cstrange, et ne sçavionsoù nous estions, sans deux Sauvages que nous aperceusmes tra-

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