‹ Voyages du sieur de Champlain, ou Journal ès découvertes de la Nouvelle FranceChapitre 57 sur 74 · e di, P^8?°^^ ^^ trouve en peine, et eust voulu qu'ils · texte numérisé non relu

e di, P^8?°^^ ^^ trouve en peine, et eust voulu qu'ils

M.iePriJe. se tassent accordez. CJuoi que c en soit, ils payent à M. Themines , en vertu de l'arrest du conseil. Or c'est à faire à payer encore une autre fois , s'il y eschet (dirent-ils.) Au lieu que tous

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devToient contribuer à ce sainct dessein , on en este les moyens. Car les associez disent qu'ils ne peuvent faire aucun advancement au pays, si on ne les veut assister, et employer le peu d'argent qu'ils donnent annuellement , ou le donner aux religieux, pour aider à faire leur séminaire, lesquels perdirent ceste occasion envers mon dit seigneur le Prince.

'Estants pour lors em[)eschez à des affaires qui leur touchaient davantage que celles de ceste entreprise, ils ne s'y voulurent employer, disants qu'ils avoient assez d'affaires pour eux en France, sans solliciter pour celles de Canada. Ceci fut froidement sollicité , qui est le moyen de ne rien faire, si Dieu n'eust suscité d'autres voies.

En ceste mesme année arrive un autre assault des effects du malin esprit. Les envieux croyent qu'ils auroient meilleur marché pendant la détention de monseigneur le Prince, pour faire rompre sa commission, et par conséquent celle, de monsieur de Themines ; et font tant que messieurs des Estats de Bretagne tentent la fortune pour la seconde fois , afin de les favoriser, et de coucher en leurs articles celui de la traitte libre pour la province de Bretagne. Ils viennent à Paris, présentent leurs cahiers à messieurs du conseil, lesquels leur accordent cet article, sans

Ciififiix qui tascheLl j.-f:iire rompre la commission de r.in- (heur.

avoir ouï les parties , qui estoient engagées bien avant en ceste affaire. J'en parlai au feu sieur évesque de Nantes, député pour lors des Estats, et à monsieur de Sceaux, qui avoit les registres des Estât s de Bretagne, lequel me disant que c'estoit la vérité, je lui répartis : « Monsieur, » comment est-il possible que l'on ait octrové si » promptement cet article , sans ouïrpartiçs ? Il » me répondit : L'on n'y a pas songé. » Je fais aussitost présenter une requeste à messieurs du com..uc..i. conseil^ qui ordonnèrent des commissaires pour .lucon'eiipoùr juffer l'affaire. Cependant l'article est sursis,

iujîPr cnie af- J " ^

^'"'^' jusques à ce qu'il en ait esté autrement ordonné,

et que les parties seroient appelées et ouïes sur ce faict. J'escris aussitost à nos associez à Rouen, qu'ils eussent à venir promptement^ ce qu'ils firent, car la chose leur touchoit de près. Estants venus , les commissaires s'assemblent chez moncommisaires sieur dc Chastcauneuf . Messieurs les députez des

s'asseniMenl

riiez mo„-i.ur Estats ct moi s'v trouv CH t avec nos associez, pour décider de ceste affaire. L'on fut long-temps à débattre sur ce que les Bretons prétendoient la préférence de ce négoce aux autres subjectsde ce royaume, et plusieurs raisons furent agitées d'un costc et d'autre. Je n'y oubliai rien de ce que j'en sçavois , et avois peu apprendre par des autheurs dignes de foi. Le tout bien considéré , fut dit que

contmu«,irer l'articlc seroit rave, jusques à ce que plus à plein

il en fust ordonné, et cependant desfenses faites aux Bretons , de par le roy, de trafiquer en au- cnonsT uà^. cune manière que ce soit, de pelleterie avec les ''''^• Sauvages, sans le consentement de la dite société; et sans l'advis que j'en eus, l'affaire eust esté rompue pour lors. Car combien de querelles et procez se fussent-ils émeus, tant en la jNouvelle France^ qu'au conseil de Sa Majesté?

En la mesme année 1618, les associez, craignants d'estre démis de la traitte de pelleterie , pour ne faire quelque chose de plus que ce qu'ils estoient obligez par leurs articles , comme de passer des hommes par delà pour habiter et des- ,„,^,„'^"°,yii "^ fricher les terres; à quoi je les portois le plus qu'dm'estoitpossible; etaudéfautdes personnes, s'offroient d'en mener, en leur accordant les mesmes privilèges qu'ils avoient. Que de moy j'avois à informer Sa dite Majesté et Monseigneur le Prince, du progrès qui se faisoit de temps ei] temps, comme j'avois fait. Que les troubles ordinan^es qui avoient esté en France, avoient empesché Sa dite Majesté d'y remédier, et qu'ils eussent à mieux faire. Qu'autrement ils pourroient estre dépossédez de toutes leurs prétentions, qui ne tendoient qu'à leur profit particulier, bien dissemblable aux miennes , qui n'avois autre dessein que de voir le pays habité de gens bie laborieux, pour desfricher les terres, afin de ne

jlona- ! Au-

point s'assubjectir à porter des vivres annuellement de France, avec beaucoup de despense, et laisser les hommes tomber en de grandes nécessitez, pour n'avoir de quoi se nourrir, comme il estoit jà advenu, les vaisseaux ayants retardé près de deux mois plus que l'ordinaire, et pensa y avoir une émotion et révolte à ce sujet les uns contre les autres.

A tout ceci nos dits associez disaient que les

affaires de France estoient si muables , qu'ayants

fait une grande despense, ils n'avoient lieu de

seureté pour eux, ayants veu ce qui s'estoit passé

Mom'''nWi3u sujet du sieur de Mons. Je leur dis qu'il y

ilaî.uènir en Qvoit bicu dc la différence de ce temps-là à ce-

'...ur coiilre

lui-ci, eu tant que c'estoit un gentilhomme qui n'avoit pas assez d'authorité pour se maintenir en cour contre l'envie dans le conseil de Sa Majesté. Que maintenant ils avoient un prince pour protecteur, et vice-roy du pays, qui les pouvoit protéger et défendre envers et contre tous, sous le bon plaisir du roy. Mais j'apercevois bien qu'une plus grande crainte les tenoit ', que si le pays s'iiabitoit, leur pouvoir se diminueroit, ne faisants en ces lieux tout ce qu'ils voudroient, et seroient frustrez de la plus grande partie des pelleteries , qu'ils n'auroient que par les mains des habitants du pays, et peu après seroient chassez par ceux qui les auroient installez avec

iiiujfii de se

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DE CHAMPLAl.v. ago

beaucoup de despense. Considératious pour ja^ mais n y rien faire, par tous ceux qui auront de semblables desseins ; et ainsi sous de beaux prétextes promettent des merveilles pour faire peu d'exécution , et empescher ceux qui eussent eu bonne envie de s'habituer en ces terres, qui volontiers y eussent porté leur bien et leur vie, s'ils n'en eussent esté empeschez. Et si cela eust réussi, jamais l'Anglois n'y eust esté, comme il a fait par le moyen des rebelles François.

A force de solliciter les dits associez, ils s'assemblèrent, et firent un estât du nombre d'hommes et familles qu'ils y dévoient envoyer^ outre celles qui y estoient : duquel estât j'en pris copie pardevant notaires, comme il s'ensuit.

Estât des personnes qui doivent estre menez et entretenues en l'habitation de Québec, pour Vannée 1619.

Il y aura quatre-vingts personnes, y compris le chef, trois Pères Récollets, commis, officiers, ouvriers et laboureurs.

Deux personnes auront un materas, paillasse, deux couvertes, trois paires de linceuls neufs' deux habits à chacun, six chemises, quatre paires de souliers et un capot.

Pour les armes , quarante mousquets avec

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