‹ Voyages du sieur de Champlain, ou Journal ès découvertes de la Nouvelle FranceChapitre 67 sur 74 · I.pur frme de »iTir · texte numérisé non relu

I.pur frme de »iTir

ont leur demeure arrestée comme les autres. Nous fasmes en sept autres villag^es leurs voisins et alliez, avec lesquels nous contractasmes amitié, et nous promirent de venir un bon nombre à nostre habitation. Ils nous firent fort bonne chère , et nous firent présent de chair et poisson pour faire festin, comme est leur coutume, où tous les peuples accouroient de toutes parts pour nous voir, en nous faisant mille démonstrations d'amitié, et nous conduisoient en la plus-part du chemin. Le pays est rempli de costaux, et petites campagnes, qui rendent ce terroir agréable. Ils commençoient à bastir deux villages, par où nous passasmes, au milieu des bois, pour la commodité qu'ils trouvent d'y bastir et les enclorre. Ces peuples vivent comme

les Attiojnouantants , ont mesmes coustumes , et

sont proches de la nation neutre, qui est puissante, qui tient une grande estendue de pays, à trois journées d'eux.

Apres avoir visité ces peuples, nous partismes de ce lieu , et fusmes à une nation de Sauvages , que nous avons nommez les cheveux relevez , lesquels furent fort joyeux de nous revoir, avec lesquels nous fismes aussi amitié, et qui pareillement nous promirent de nous venir trouver et voir à la dite habitation. En cet endroit; il m'a semblé à propos de les despeindre^

et faire une description de leur pays, mœurs, et façons de faire. En premier lieu, ils font la guerre ^f:;'^;^^,"* à une autre nation de Sauva^^^es, qui s appellent ^"ij!"^"^;^^'^*^ Asistao;noronon , qui veut dire gens de feu, es- ^'"• loignez d'eux de dix journées. Ce fait, je m'informai fort particulièrement de leur pays, et des nations qui y habitent, quelles elles sont et en quelle quantité. Icelle nation sont en grand nombre, et la plus-part grands guerriers , chasseurs, et pescheurs. Ils ont plusieurs chefs, qui commandent chacun en leur contrée. La plus grand' part sèment des bleds d'Inde, et autres. Ce sont chasseurs qui vont par troupes en plusieurs régions et contrées, où ils trafiquent avec d'autres nations esloignées de plus de quatre à cinq cents lieues. Ce sont les plus propres Sauvages en leurs mesnages que j'aie veus , et qui travaillent le plus industrieusement aux façons des nattes, qui sont leurs tapis de Turquie. Les femmes ont le corps couvert, et les hommes descouvert, sans aucune chose, sinon qu'une ^'/;^^;;|;^;;'' robbe de fourrure , qu'ils mettent sur leur corps, qui est en façon de manteau , laquelle ils laissent ordinairement, et principalement en. esté. Les femmes et les filles ne sont non plus esmues de les voir de la façon , que si elles ne voyoient rien , qui sembleroit estrange. Elles vivent fort <■„, bien avec leurs maris , et ont ceste coustume que uu.=>i

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lorsqu'elles ont leurs mo!s^ elles se retireui d'avec leurs maris , ou les filles d'avec leurs pères et mères, et autres parents, s'en allants en de certaines maisonnettes , où elles se retirent pendant que le mal leur tient, sans avoir aucune compagnie d'hommes, lesquels leur font porter des vivres et comraoditez jusques à leur retour ; et ainsi l'on sçait celles qui les ont , et celles qui ne les ont pas. Ce sont gens qui font de grands festins, et plus que les autres nations. Ils nous firent fort bonne chère, et nous receurent fort amiablement , et me prièrent fort de les assister contre leurs ennemis, qui sont sur le bord de la mer douce, esloignée de deux cents lieues; à quoi je leur dis que ce seroit pour une autre fois, n estant accommoda des choses nécessaires. Il y a aussi, à deux ou trois journées d'iceux, une autre nation de Sauvages, d'un costé tirant au sud , qui font grand nombre de petum , lesr"u''nMrn quelss'appellentla nation neutre, qui sont grand nombre de gens de guerre , qui habitent vers le milieu de la mer douce , lesquels assistent les cheveux relevés contre les gens de feu. Mais entre les Yroquoiset les nostres , ils ont paix, et voqHois. demeurent comme neutres. J'avois grand désir de voir ceste nation, mais ils m'en dissuadèrent, disants que l'année précédente un des nostres en avoit tué un, estant à la guerre des

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Eûtouhonorons, et qu'ils en estoient faschez : nous représentants qu'ils sont fort subjects à la vengeance, ne regardants point à ceux qui ont fait le coup; mais le premier qu'ils rencontrent de la nation , ou bien de leurs amis , ils leur font porter la peine, quand ils en peuvent attraper, si auparavant on n'avoit fait accord avec eux, et avoir donné quelques dons et présents aux parents du défunct ; qui m'empescha pour lors d y aller, encores qu'aucuns d'icelle nation nous asseurèrent qu'ils ne nous feroient aucun mal pour cela. Ce qui nous donna subject et occasion de restourner par le mesme chemin que nous estions venus : et continuant mon voyage, j'allai trouver la nation des Pisierinii, qui a voient pro- Nn:iondo5Pi. mis de me mener plus outre en la continuation de mes desseins et descouvertures : mais je fus diverti pour les nouvelles qui survindrent de nostre grand village, et des Algoumequins, d'où estoit le capitaine Yroquet, à sçavoir que ceux de la nation des Attignouantants avoient mis et déposé entre ses mains un prisonnier de nation ennemie , espérant que le dit capitaine Yroquet deust exercer sur ce prisonnier la vengeance ordinaire entre eux. Mais au lieu de ce , l'auroit non-seulement mis en liberté, ains l'ayant trouvé habille, excellent chasseur, et tenu comme son fils, les Attignouantants seroient entrez en ja-

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loiisie^ et résolus de s'en venger: etdefaictavoient disposé un homme pour entreprendre d'aller tuer ce prisonnier, ainsi allié qu'il estoit. Comme il fut exécuté en la présence des principaux de Ja nation Algoumequine, qui indi.f^nez d'un tel acte , et meus de colère , tuèrent sur le champ ce téméraire entrepreneur meurtrier ; duquel meurtre les Attignouantants se trouvants offensez, et comme injuriez en ceste action, voyants un de leurs compagnons mort;, prindrent les armes, et se transportèrent aux tentes des Wgoumequins (qui viennent hyverne-r proche de leur dit village ) ; lesquels offensèrent fort le dit capitaine Yroquet, qui fut blessé de deux coups de flesche ; et une autre fois pillèrent quelques cabannes des dits Algoumequins , sans qu'ils se peussent mettre en défense, aussi le parti n'eust pas esté égal. Néantmoins cela , les dits Algoumequins ne furent pas quittes , car il leur fallut accorder ^ et contraints pour avoir la paix , de donner aux dits Attignouantants quelques colliers de pourceline , avec cent brasses d'icelle ce qu'ils estiment de grande valeur entre eux : et outre ce, nombre de chaudières et haches , avec deux femmes prisonnières en la place du mort. Bref ^ ils furent en grande dissention ( c'estoient aux dits Algoumequins de souffrir patiemment ceste grande furie) et pensèrent estre tous tuez , n'es-

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tants pas bien ei) seureté , noncbslarit leurs présents, jusques à ce qu'ils se veirent eu un autre estât. Ces nouvelles m'affligèrent fort , me représentant l'inconvénient qui en pourroit arriver, tant pour eux que pour nous, qui estions en leur pays.

Ce fait , je rencontrai deux ou trois Sauvages de nostre grand village, qui me sollicitèrent fort d'y aller, pour les mettre d'accord, me disants quesi je n'y allois^ aucun d'eux nereviendroient plus vers les François,, ayants guerre avec les dits Algoumequins, et nous tenants pour leurs amis. Ce que voyant, je m'acheminai au plustost, et en passant je visitai lesPisierinijs poursçavoir quand ils seroient prests pour le voyage du nort, que je trouvai rompu pour le sujet de ces querelles et batteries, ainsi que nostre truchement me fit entendre , et que le dit capitaine Yroquet estoit venu à toutes ces nations pour me trouver, et m'attendre. Il les pria de se trouver à l'habitation des François, en mesme temps que lui , pour voir l'accord qui se feroit entre eux et les Attignouantants, et qu'ils remissent le dit voyage du nort aune autre fois. Pour cet effect , le dit Yroquet avoit donné de la pourceline pour rompre le dit voyage , et nous promirent de se trouver à nostre dite habitation au mesme temps qu'eux. Qui fut bien affligé, ce fut moi, m'at-fli-

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tendant bien de voir en ceste année , ce qu'en plusieurs autres précédentes j'avois recherché avec beaucoup de soing et de labeur. Ces peuples vont négocier avec d'autres qui se tiennent en ces parties septentrionales, estants une bonne partie de ces nations en lieu fort abondant en chasses, et où il y a quantité de grands animaux, dont j'ai veu plusieurs peaux : et m'ayants fi;;uré leur forme , j'ai jugé estre des buffles : aussi que la pesche du poisson y est fort abondante. Ils sont quarante jours à faire ce voyage, tant à aller que retourner.

Je m'acheminai vers nostre dit village le quinziesmejour de février, menant avec moi six de nos gens, où estants arrivez, les habitants furent fort aises , comme aussi les Algouraequins , que j'envoyai visiter par nostre truchement, pour sçavoir comme le tout s'estoit passé tant d'une part que d'autre, n'y ayant voulu aller pour ne leur donner ni aux uns ni aux autres aucun soupçon. Deux jours se passèrent pour entendre des uns et des autres comme le tout s'estoit passé ; ce faict^ les principaux et anciens du lieu s'en vindrent avec nous , et tous ensemble allasmes vers les Algoumequins , où estant en l'une de leurs cabannes, après quelques discours , ils demeurèrent d'accord de tenir, et avoir agréable tout ce que je dirois , comme arbitre

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sur ce subiect; et ce que je leur proposerols^ ils le mettroient en exécution. Coliigeant et recherchant la volonté et inclination de l'une et de l'autre partie^ et jugeant qu'ils ne deniandoient que la paix, je leur représentai que le meilleur estoit de pacifier le tout et demeurer amis , pour résister plus facilement à leurs ennemis^ et partant je les priai qu'ils ne m'appelass(?nt point g3„„p„f„ pour ce faire , s'ils n'avoient intention de suivre i,ede'iHu'.s de poinct en poinct l'advis que je leur donnerois sur ce différend, puisqu'ils m'avoient prié d'en dire mon opinion. Sur quoi ils me dirent de rechef qu'ils n'avoient désiré mon retour à autre fin. Moi, d'autre part^ jugeant bien que si je ne les mettois d'accord, et en paix, ils sortiroient mal contents les uns des autres, chacun d'eux pensant avoir le meilleur droict, aussi qu'ils ne fussent allez à leurs cabannes , si je n'eusse esté avec eux, ni mesme vers les François, si je ne m'embarquois, et prenois comme la charge et conduitte de leurs affaires. A cela je leur dis, que pour mon regard je n'avois autre intention que de m'en aller avec mon hoste, qui m'avoit lousjours bien traitté, et mal aisément en pourrois-je trouver un si bon , car c'estoit en lui que les Algoumequins mettoient la faute , disants qu'il n'y avoit que lui de capitaine qui fist prendre les armes. Plusieurs discours se passe-

ion t tant d'une part que d'autre, et la fin fut que je leur dirois mon advis, et ce qui m'en sembl croit.

Voyant qu'ils remettoient le tout à ma volonté, comme à leur pèrCç, et me promettants en ce faisant qu'à l'advenir je pourrois disposer d'eux ainsi que bon me sembleroit, je leur fis response que j'estois très aise de les voir en une si bonne volonté de suivre mon conseil, leur protestant qu'il ne seroit que pour le bien et utilité des peuples.

D'autre costé j'estois fort affligé d'avoir entendu d'autres tristes nouvelles, à sçavoir la mort de l'un de leurs parents et amis, que nous tenions comme le nostre, et que ceste mort avait peu causer une grande désolation^ dont il ne s'en fust ensuivi que guerres perpétuelles entre les uns et les autres, avec plusieurs grands dommages, et altération de leur amitié, et par conséquent les François privez de leur veue et fréquentation, et contraints d'aller rechercher d'autres nations, et ce, d'autant que nous nous aimions comme frères, laissant à nostre Dieu le chastiement de ceux qui l'auroient mérité.

Je leur remonstrai que ces façons de faire entre deux nations , amis et frères , comme ils se disoient, estoit indigne entre des hommes raisonnables, ains plustost que c'estoit à faire aux

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bestes brûles. D'ailleurs cju'ils estoient assez empeschez à repousser leurs ennemis qui les poursuivoient , les battants le plus souvent , et les prenants prisonniers jusques clans leurs villag^es : lesquels voyants luie telle division^ et des (>uerres civiles entre eux^ se resjouiroient et en feroient leur profit, et les pousseroienc et encoura(3;eroient à faire et exécuter de nouveaux desseins, sur l'espérance qu'ils aurolent de voir bientost leur ruine, du moins s'affoiblir par eux-mesmes , qui seroit le vrai et facile moyen pour les vaincre et triompher d'eux, et se rendre les maistres de leurs contrées, n'estants point secourus les uns des autres. Qu'ils ne ju^eoient pas le mal qui leur en pouvoit arriver. Que pour la mort d'un homme, ils en mettoient dix mille en danr^er de mourir, et le reste de demeurer en perpétuelle servitude. Qu'à la vérité un homme esloit de (grande conséquence, mais qu'il falloit re(3arder comme il avoit esté tué , et considérer que ce n'estoit pas de propos délibéré, ni pour commencer une guerre civile parmi eux, cela estant trop évident que le défunct avoit premièrement offensé, en ce que de p;uet-à-pens il avoit tué le prisonnier dans leurs cabannes, chose trop audacieusement entreprise, cncores qu'il fust ennemi.

Ce qui esmeutlcs Algoumequins : car voyant

un homme si téméraire d'avoir tué un autre en leurcabanne, auquel ils avoient donné la liberté^ et le tenoient comme un d'entre eux, ils furent emportez de la promptitude, et le sang esmeu à quelques-uns plus qu'aux autres, se seroient advancez, ne se pouvants contenir, ni commander à leur colère, et auraient tué cet homme dont il est question : mais pour cela ils n'en vouloient nullement à toute la nation , et n'avoient dessein plus avant à l'encontre de cet audacieux, et qu'il avait bien mérité ce qu'il avait eu, puis qu'il l'avoit lui-même recherché. Et d'ailleurs, qu'il falloit remarquer que l'Entouhonoron se sentant frappé de deux coups dedans le ventre, arracha le cousteau de sa plaie , que son ennemi y avoit laissé , et lui en donna deux coups , à ce qu'on m'avoit certifié : de façon qu'on ne pouvoir sçavoir au vrai si c'estoient Algoumequins qui eusseut tué. Et pour monstrer aux Attignouantants que les Algoumequins n'aimoient pas les prisonniers et que Yrocpiet ne lui portoit pas tant d'affection comme ils pensoient bien , ils l'avaieat mangé , d'autant qu'il avoit donné des coups de cousteau à son ennemi, chose néantmoins indigne d'homme , mais plustost de bestes brutes. D'ailleurs , que les Algoumequins estoient fort faschez de tout ce qui s'estoit passé, et que s'ils eussent pensé

que telle chose fust arrivée , ils leur eussent donné cet Yroquois en sacrifice. D'autre part , qu'ils avoient récompensé icelle mort et faute, (si ainsi il la fallait appeler) avec de grands présents^ et deux prisonniers^ n'ayants sujet à présent de se plaindre , et qu'ils dévoient se gouverner plus modestement en leurs déportements envers les Algoumequins , qui sont de leurs amis ^ et que puisqu'ils m'avoient promis toutes choses mises en délibération ^ je les priois les uns et les autres d'oublier tout ce qui s'estoit passé entre eux , sans jamais plus y penser , ni se porter aucune haine et mauvaise volonté , et ce faisant, qu'ils nous obligeroient à les aimer, et les assister, comme j'avois fait par le passé. Et où ils ne seroient contents de mon advis , je les priois de se trouver le plus grand nombre d'entre eux qu'ils pourroicnt à nostre habitation , où devant tous les capitaines des vaisseaux on confirmeroit davantage ceste amitié , et adviseroit-on de donner ordre pour les garantir de leurs ennemis, à quoy il falloit penser. Lors ils dirent qu'ils tiendroient tout ce que je leur avois dit, et fort contents en apparence s'en restournèrent en leurs cabannes , sinon les Algoumequins , qui dcslogèrent pour faire retraitte en leur village : mais selon mon opinion ils faisoient démonstration de n'estre pas

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trop contents, d'autant qu'ils disoient entre eux qu'ils ne viendroient plus hyverner en ces lieux : la mort de ces deux hommes leur ayant par trop cousté. Je m^en retournai chez mon hoste 5 à qui je donnai le plus de courage qu'il me fut possible , afin de Tesmouvoir à venir à nostre habitation^ et d'y amener tous ceux du pays.

de Pendant quatre mois que dura l'hyver , j'eus goumeqmns. ggscz dc loisir pour considérer leur pays, mœurs, coustumes , et façon de vivre^ et la forme de leurs assemblées, et autres choses, que je descrirai ci-après. Mais auparavant il est nécessaire de parier de la scituation du pays et contrées, tant pour ce qui regarde les nations , que pour les distances d'iceux. Quant à l'estendue tirant de TOrient à l'Occident , elle contient près de quatre cent cinquante lieues de long, et deux cents par endroits de largeur du Midi au Septentrion, sous la hauteur de quarante et un degré de latitude , jusques à qurante-huict et quarante-neuf. Geste terre est comme une isle , que la grande rivière Sainct Laurent enceiut, passant par plusieurs lacs de grande estendue, sur le rivage desquels il habite plusieurs nations , parlants divers langages, qui ont leurs demeures arrestées, les uns amateurs du labourage de la terre, et autres qui ne le sont pas,

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lesquels néantmoins ont diverses façons de vivre et de mœurs , et les uns meilleurs que les antres. Au costé vers le nort d'icelle grande rivière tirant au surouest environ cent lieues par delà vers les Attigoiiantans^ le pays est partie montagneux, et l'air y est assez tempéré , plus qu'en aucun autre lieu desdites contrées , sous la hauteur de quarante et un degrés de latitude. Toutes ces parties et contrées sont abondantes en chasses^ comme de cerfs, caribous, eslans, daims^ buffles^ ours, loups, castorS; reguards, fouines, martes, et plusieurs autres espèces d'animaux que nous n'avons pas par deçà. La pescbe y est abondante en plusieurs sortes et espèces de poisson, tant de ceux que nous avons, que d'autres que nous n'avons pas aux costes de France. Pour la chasse des oiseaux, elle y est aussi en quantité, et qui v viennent en leur temps et saison. Le pays est traversé de grand nombre de rivières, ruisseaux et estangs , qui se deschargent les uns dans les autres, eten leur fin aboutissent dedans le fleuve SainctLaurent, etdansles lacs par où il passe. Le pays est fort plaisant, estant chargé de grandes et hautes forests, remplies de bois de pareilles espèces que ceux que nous avons en France. Bien est-il vrai qu'en plusieurs endroits il y a quantité de pays déserté , où ils sèment des bleds d Inde : aussi ce pays est abondant en praiiies,

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