‹ Voyages en AmériqueChapitre 12 sur 65 · PIZARRE · texte numérisé non relu

PIZARRE

1er droit h Tumbez, sons la direction de deux hommes de cette contrée, qu'il s'était attachés par ses caresses, et qui commençaient h savoir un peu d’espagnol.

11 prit sa rouie au sud-est, eik remontant la côte, et vingt jours d'une navigation pÀt^de le firent arriver sous une Ile située devant.i’ijaju|J < proche de Puna. 11 la nomma n'était Pas peuplée,

mais regardée d u pays voisin comme

un sanctuaire, par^^^^^^Ktains temps ils y faisaient do grands sacriti^^^^^^Ks idoles de (lierre, que les Espagnols ntjHH^^Bns sans étonnement. La principale avait d'homme de monstrueuse

forme. Mais ils remarquèrent avec joie que leurs guides ne les avaient pas trompés dans l’opinion qu’ils leur avaient donnée de cette côte. En plusieurs endroits de l'ile ils trouvèrent quantité de petits ouvrages d’argent et d’or, tels que des mains , des têtes, et surtout un vase d'argent d’une grandeur assez considérable. Ils trouvèrent aussi des couvertures de laine jaune fort propres et bien travaillées. Leur admiration fut extrême, et Pizarre ne pouvait se consoler du départ de ses premiers compagnons, avec lesquels il comprit qu'il aurait pu former quelque entreprise importante. Les habitants l’assuraient que tout ce qui s’offrait à ses yeux n’était rien en comparaison des richesses du pays. Le lendemain, ayant remis à la voile, il découvrit un radeau si grand qu’il le prit d’abord pour un navire. Bieîilôt il en découvrit quatre autres. Chacun était monté par des Américains. Pizarre leur fit dire que son dessein était de rechercher leur amitié, et qu’il les priait d’en avertir leur cacique.

On ne fut pas longtemps à voir paraître une foule d’autres Américains qui venaient admirer les barbes et les habits des étrangers. Le cacique arriva bientôt avec des provisions , et prit les Espagnols pour des envoyés du ciel. On vécut en bonne intelligence ; l’or et l’argent furent étalés avec profusion , et Pizarre. qui ne pouvait s-emparer du pays avec si peu de monde, se promit bien d’y revenir.

11 s’avança jusqu’au 5e degré de latitude méridionale, où il découvrit le port de Payta, si célèbre depuis dans toutes les relations de cette côte. Plus loin il trouva celui de Jangerata , vers lequel il mouilla sous une petite île où il trouva quantité de loups marins. Il doubla le cap qu’il nomma del Agura, et continuant de ranger la côte, il entra dans un port, auquel il donna le nom de Sainte-Croix. Déjà la renommée d’un petit nombre d’étrangers qui paraissaient pour la première fois dans cette mer s’était répandue par tous les pays voisins. On y publiait qu’ils étaient blancs et barbus, qu’ils ne faisaient de mal à personne, et qu’ils étaient pieux et humains. Cette réputation, qu’ils ne devaient pas conserver longtemps, fut d'un extrême avantage pour leur entreprise. Ils n’abordaient sur aucune côte que les peuples n’accourussent en foule , et ne les reçussent avec autant de confiance que de joie.

Plus loin au sud, un vent contraire jeta pendant quinze jours les Castillans dans le dernier embarras. Ils ne firent que tournoyer, sans pouvoir aborder à la côte qu’ils ne perdaient pas de vue. Le bois et les vivres commençaient à leur manquer. Enfin , s’étant approchés du rivage , à peine eurent-ils jeté l’ancre qu’ils furent entourés de radeaux chargés de toutes sortes de rafraîchissements. Pizarre fit descendre un de ses compagnons pour demander du bois ; mais dans l’intervalle les vagues devinrent si fortes qu’il ne put se dispenser de lever l’ancre. Le vaisseau fut porté par le vent jusqu’à Coluque, entre Tangara et Chimo, lieu où les villes de Truxillo et San-Miguel ont été fondées depuis , et où Pizarre trouva du bois et des vivres en abondance.

Ce capitaine entreprenant n’osa pousser plus loin ses découvertes avec si peu de monde, dont une partie commençait à se mutiner. Il avança un peu dans la rivière de* la Chica, il y prit quelques Américains pour les instruire et s’en faire des interprètes ; et,

bornant sa course à Santa , il céda aux instances de ses gens qui demandaient leur retour, en lui promettant de le suivre, lorsqu’il serait en état de se faire respecter dans une région qu’ils reconnaissaient comme la meilleure et la plus riche du Nouveau-Monde. Ils s’étaient accoutumés à la nommer liirou , du nom d’une rivière, et de là vient , avec quelques changements, celui de Pérou, sous lequel on a compris plusieurs ElaMuui portaient alors des noms différents, car les AmaKains n’en avaient pas de généraux pour cette vaste étendue de pays , telle quelle nous est aujourd’hui connue.

Quoique Pizarre n’ait pas fait une route si longue et si pénible sans en rapporter un peu d’or, il se trouvn plus pauvre en rentrant à Panama, vers la fin de 1326, qu’il ne 1 était en partant d’Espagne pour aller chercher la fortune dans le Nouveau-Monde. Ses associés, qui avaient été les plus riches habitants de la Castille d’or, avaient employé comme lui tous leurs biens à leur entreprise commune , et s’étaient même endettés fort au-delà de leurs fonds. Le gouverneur paraissant moins disposé que jamais à favoriser une nouvelle expédition, il ne vit point d'autre ressource pour le soutien de ses propres espérances que de faire un voyage à la cour. Etant passé en Espagne, il exposa ce qu’il avait entrepris et ce qu’il avait souffert, quel en avait été le succès, et les avantages qu’il se promettait d’en recueillir pour la couronne. En offrant de recommencer son expédition, il demanda le gouvernement du pays qu’il avait découvert, et qu’il espérait conquérir. Celte faveur lui fut accordée aux conditions qui étaient alors en usage, c’est-à-dire qu’il prendrait sur lui tous les frais, comme les peines et les dangers de la conquête : sur quoi plusieurs historiens observent avec admiration que ni Colomb, ni Cortez, ni Vasco Nugnez, ni Pizarre, ni tant d'autres aventuriers qui procurèrent à l’Etat plus de millions que les rois d’Espagne n'avaient alors de pistoles dans leurs coffres, ne reçurent jamais un sou du gouvernement pour les encourager , trop heureux quand, après un succès dont on était charmé de profiter, on leur lais^it une partie des avantages qui leur avaient été promis, et qu’ils avaient achetés si cher. Tels étaient alors les principes de la cour d’Espagne. Pizarre , muni des lettres qui l’établissaient gouverneur du Pérou , reprit la route de Panama , fortifié par la compagnie de ses trois frères , qu’il avait engagés dans ses grandes vues.

En partant pour Panama, il eut le crédit d’engager au même vovage quan ité de volontaires espagnols. La petite flotte mit à la voile de Panama en 1531. Le dessein de François Pizarre était de se rendre droit à Tumbez, où les observations de ses premiers compagnons lui faisaient espérer de grandes richesses ; mais ayant trouvé des vents contraires, il se vit forcé de prendre terre cent lieues au-dessous , et de débarquer ses gens et ses chevaux pour suivre la côte par terre. De larges rivières qu’il fallait traverser à leur embouchure, souvent hommes et chevaux à la nage, rendirent cette marche fort pénible. Pizarre trouva des ressources dans son adresse et son courage pour inspirer de la résolution à ses soldats. Il aidait lui-même à nager ceux qui se défiaient de leur habileté ; il les conduisait jusqu’à l’autre bord. Enfin ils arrivèrent sans perte dans un lieu nommé Coaque, situé au bord de la mer, et presque sous l’équateur. Outre les vivres qu’ils y trouvèrent en abondance, ils y firent un tel butin , que pour .donner une haute opinion de leur entreprise et faire naître l’envie de les suivre, ils renvoyèrent deux de leurs vaisseaux, l’un à Panama, l’autre à Nicaragua , dont la charge montait à plus de 30,000 castillans d’or. Il s’y trouva aussi quelques émeraudes ; mais les aventuriers en perdirent plusieurs en voulant les essayer. Ils étaient si mal instruits que, pour faire cas de ces pierres , ils croyaient qu’elles devaient avoir la dureté du diamant et résister au marteau : ainsi, craignant que les Américains ne

HISTOIRE DES VOYAGES

pensassent à les tromper, ils en brisèrent un grand nombre, qu’ils jugeaient fausses , et leur ignorance leur causa une perte inestimable. Cependant ils ne tardèrent pas à s’apercevoir que le butin dont ils avaient envoyé les prémices leur vaudrait des secours.

Pizarre, sans quitter la côte, s’avança dans une prorince qu i! nomma Puerto- FieJjo, oort vieux- De là il se proposait d'aller au port de Tombez ; mais se souvenant de la pelile île de Puna, qui est vis-à-vis de ce port , il crut que la prudence l’obligeait à commencer par s’y faire un établissement. Cette île a cinquante lièues de tour. Pizarre eut à y combattre les habitants, et il délivia cinq à six cents prisonniers de l’un et.de l’autre sexe, que ces insulaires avaient pris dans les combats partiels contre les habitants de Tombez. De là il partit aveC la plus grande partie de ses troupes, et se rendit à la m ière de Chica, à trente lieues de Tumbez. Il paraît que son dessein avait été de pénétrer jusqu’à Payta , et qu’il alla effectivement jusqu'à ce port ; mais quelques envoyés qu’il reçut de la ville de Ctisco, de la part d’un prince nommé IJuascar , qui lui faisait demander du secours contre Atahualpa. son frère, changèrent tout d'un coup ses résolutions. La mésintelligence de ces deux princes servit mieux encore les Espagnols au Pérou que les divisions desTlas- ' calans et de Montézuma n’avaient fait au Mexique. Les Péruviens avaient d’ailleurs des préjugés favorables aux Espagnols. 1 ans l’idée que la maison royale de Cusco était descendue d’un fils du soleil, ils donnèrent la même qualité aux Castillans.

La députation d’Huascar étant arrivée au port de Payta, Pizarre, qui reconnut aussitôt de quelle importance elle était dans ses desseins, se bâta de rappeler les troupes qu’il avait laissées à Tumbez, et s’occupa jusqu’à leur arrivée à jeter sur la rivière de Payta les fondements d’une ville qu’il nomma San-Miguel. Il voulait que les vaisseaux qui lui viendraient de Panama, comme il lui en était déjà venu quelques-uns, trouvassent une retraite sûre à leur arrivée. Ensuite ayant distribué entre ses gens l’or et l’argent qui étaient le fruit de ses expéditions, il ne laissa dans la nouvelle ville que ceux qu’il destinait à l’habiter.

Les députés d’Huascar lui avaient appris qu’Atahualpa était alors dans la province deCaxamarca. Ses troupes ne furent pas plutôt arrivées de Tumbez, qu’il se mit en marche pour aller trouver ce prince. Un désert de vingt lieues qu’il eut à traverser dans des sables brûlants, sans eau et sans secours contre l’extrême ardeur du soleil, fit beaucoup souffrir l’armée; mais, à l’entrée d’une province nommée Moteppe, il commença heureusement à trouver des vallons peuplés, où les rafraîchissements étaient en abondance. De là les Espagnols s'avancèrent vers une montagne , sur laquelle ils rencontrèrent un enyoyé d’Atahualpa, qui présenta au gouverneur des brodequins très riches et des bracelets d’or, en l’avertissant de s’en parer lorsqu’il se présenterait devant l’inca, auquel cette marque le ferait connaître. L’envoyé était lui-même inca, c’est-à-dire prince de la race royale, se nommait Tita Àutuclü. Son compliment roula sur la parenté des Espagnols et de son maître, en qualité d’enfants de Viracecha et du soleil. Les présents consistaient en diverses sortes de fruits , de grains, d’étoffes précieuses, d’oiseaux et d’autres animaux du pays, des vases, des coupes, des plats et des bassins d’or et d’argent, quantité de turquoises et d’émeraudes. L’abondance et l’éclat de ces richesses firent juger aux Espagnols que le prince qui les envoyait devait posséder des trésors. Ils en conclurent qu’il était alarmé du traitement qu’on avait fait aux habitants de Puua et de Tumbez, et cette conjecture élait juste; mais ils ignoraient encore que ces peuples les regardaient comme fils du soleil et comme exécuteurs de ses vengeances, y mêlaient un motif de religion, et que leur but était, non d'acheter 1 amitié d’une poignée d’hommes qu'ils pouvaient envelopper aisément, mais d'apaiser la colère du soleil, qu’ils croyaient irrité contre eux.

Pizarre n’avait pour interprète qu'un jeune Américain de Puna', qui ne savait guère la langue de Cusco, qui > mit celle de la cour, ni celle des Espagnols, et il fut difficile de s’enu^ffre. Néanmoins Pizarre continua sa marche verMBjj^marca, et fut bien accueilli partout. En arrivaïTr’ÎKn^iÉPMta^tale , il fut ébloui dos richesses qui s’otr&|^H^^Bàs parts. L’inca tb'go. pour embrasser

1rs Espagnols, leur fit^^^^Rylenienl de sièges d’or. Doux princesses d’f^^^^Hghcauté présentèrent des liqueurs, et ces rqHp^Wpiîen'ts furent suivis d'un festin. Un frère de rizarre sè rendit à Cusco, et ne fut pas moins ébloui de la magnificence de cette ville. Enfin les deux princes péruviens ayant été tourà-tour égorgés par les menées directes ou indirectes des Pizarre, ceux-ci demeurèrent maîtres du pays et amassèrent des richesses immenses.

Le conquérant Pizarre ayant laissé ses deux frères, Jean et Gonzale, dans les provinces conquises, et sou autre frère don Diègue à Cusco, à titre de gouverneur, rêva d’autres conquêtes. Il alla fonder au bord de la mer, sur la rivière de Limac ou Lima, la fameuse ville à laquelle il donna le nom de Los Reyes, parce qu’il en fit jeter les fondements le 6 janvier, jour consacré à la fête des Rois.

Cependant Fernand Pizarre, frère de François Pizarre, apportait d’heureuses nouvelles d’Espagne, où celui-ci l’avait envoyé. Charles-Quint venait de conférer au découvreur du Pérou la dignité de marquis, et Almagro recevait la qualité d’adelantade du Pérou. Ce dernier voulut réunir Cusco à son gouvernement, et une mésintelligence entre lui et les deux frères du marquis, Jean et Gonzale Pizarre, qui se trouvaient à Cusco même, aurait causé beaucoup de désordres, si le nouveau marquis ne s’était hâté de les prévenir pai son retour. Il était alors à Truxillo, autre ville qu’il venait de fonder. Les Péruviens, charmés des espérances qu’il avait données à leur inca, le portèrent avec zèle sur leurs épaules, et lui firent faire en fort peu de temps cent lieues de chemin.

Assuré de sa domination à Cusco, le marquis revint dans son nouvel établissement de Los Reyes, après la défaite d’Almagro, qui fut étranglé dans sa prison et décapité sur la place publique. Le fils de cet Almagro voulut se venger à son tour, et conçut le projet d’assassiner le vice-roi en plein jour, au milieu de son palais de Cusco. Herrada était à la tête de la conspiration, qui n’eût jamais pu réussir, si le marquis, aussi aveuglé par la confiance que ses ennemis l étaient par la fureur, n’eût méprisé tous les avis qu’on lui donnait et négligé toutes les précautions. Le jour de Saint- Jean, au mois de juin 1541, Herrada, suivi de dix ou douze de ses complices, marche l'épée à la main vers le palais du vice-roi, en criant: «Meure le tyran .'meure le traître ! » 11 entre ; quelques domestiques sont égorgés, d'autres prennent la fuite. Le secrétaire du marquis saute par la fenêtre, tenant entre les dents son bâton de commandement. Quelques amis du vice-roi sont tués" à ses côtés. 11 reste seul, n’ayant pas, dans un trouble si imprévu , donné la moindre marque de crainte. Entouré d’assassins , il se défend avec une bravoure incroyable, en tue plusieurs, en blesse un plus grand nombre, et tombe enfin percé à la gorge d’un coup mortel

Telle fut la fin d’un des plus célèbres conquérants du Nouveau Monde. Nul de ceux que la fortune y distingua n’eut plus de grandeur d'âme, un courage plus extraordinaire, et ne fut p us élevé par la force de son caractère au-dessus de toutes les craintes, de tous les dangers, de toutes les épreuves. C’est à cette confiance inébranlable, qui sous ic poids des maux présents ose encore envisager ceux de l'avenir, que l’Espagne fut redevable de l'empire du Pérou. C'est le séjour de Pizarre dans l'île de Gdlgone qui livra à l’heureux Charles-Quint tous les trésors du Potose. Pizarre élait d’aulani plus digne de les conquérir, qu'il savait les prodiguer. La libéralité était en lui aussi extrême que la

riZARRE.

valeur; et; pour le faire connaître d’un mut, le maître du Pérou ne ai su n n en mourant. M 'prisanf\or et cherchant les péris, ii était né pour la gloire et pour commander. Son aseendanl naturi^guilijuguait jusqu’à ses rivaux, oQiqui rend plus oxc^BfcGa confiance qui le livra à ses cnncnih^^|f|^^H<!, humain,

. vi-‘

le moindre d’entre eu\«el domesli pies,

on re|e i l'Al.diaalpa,

qu'il permil et ijii il ^id de'oi^gi tant il est

diftieile ramhil^^^^HHrçr de l'injustice et de la cruauté!

Cependant Vacc^^Hrnstr^r envoyé par la cour pour rétablir l’ordre, ^wivait à Panama. Sa commission lui déférait le commandement en cas que le viceroi mourût. Devenu gouverneur du Pérou par la mort de Pizarre, il se fit reconnaître des principaux commandants, et Ilolquin Gardas et Alphonse d'Alvarado se joignirent à lui avec l’élite des troupes espagnoles. Le jeune d’Almagro , sommé de reconnaître l’autorité rflyale , pour toute réponse fit pehdre»le député de Castro. Un se battit avec toute la fureur qu’annonçait ce premier acte de violence. La victoire fut longtemps disputée. Elle fut due principalement à la bravoure de François Carjaval, lun des officiers de Castro, et alors âgé de plus de quatre-vingts ans. Cet aventurie-, dont le nom est si fameux et si exécrable dans l'histoire du Nouveau-Monde, est peut-être de tous les brigands qui le dévastèrent celui qui commit le plus de forfaits et versa le plus de saug.

11 n'avait d’autre bonne qualité que la valeur, mais dans le plus haut degré. A cette journée de Chapas, si luneste au jeune d'Almagro, on le vit à la tête de l'infanterie royale, que foudroyait le canon ennemi, animer les soldais par son exemple et par ses discours. Il était épais de taille. « Ne craignez pas l’artillerie, leur disait-il, ce n’est que du bruit. Je suis aussi gros que deux de vous ensemble, et cependant combien de boulets passent auprès de moi sans me toucher! » Il jeta sa cotte de mailles et son casque, et, l’épée à la main, il marcha sur l’artillerie des rebelles, s’en rendit maître, la tourna eugj^nx et décida la victoire.

D’Almagro la déroute, etlaissale champ

de bataille co^^^^norts , après s'être battu luimême en désjjS^^HKTs les troubles de 1 Amérique frétaient pas èBWi^PBie, et les Pizarre, qui avaient dttnné le Pérou à l’Espagne , devaient tous y trouver leur tombeau.

Las Casas, sorti de sa retraite pour signaler en faveur des Péruviens le même zèle qui avait adouci le sort des peuples du Mexique, s’était fait entendre encore à la cour, et, sur ses représentations, elle avait accordé à ses nouveaux sujets des lois de douceur. Le nouveau gouverneur de Cusco et de Los-Reyes s'étant livré à des actes barbares, Gonzale Pizarre, qui gouvernait la province de Charcas, profita des mécontentements existants pour chasser ce gouverneur de Cusco et lui livrer bataille sous les murs de Quito. Vêla (tel était le nom de ce gouverneur) tombe frappé d’un coup de hache, et on lui coupe la tête. Dans le même temps, le féroce Carjaval, qui s 'était attaché à la fortune des Pizarre, se baignait dans le sang de ses prisonniers que le bourreau massacrait devant lui.

Pizarre victorieux revint à Los-Reyes, où il fut reçu avec tout l’appareil du plus magnifique triomphe. Bientôt lui-même, ébloui de sa prospérité, se rendit odieux par son orgueil et alla jusqu’à délier tout haut Charlés-Quint de lui disputer le Pérou. La cour lui envoya un successeur, et Pizarre se vit toutà-coûp abandonné par son armée qui passa tout entière sous les enseignes de La Gasca, nouveau gouverne^’. Carjaval et Pizarre, faits prisonniers, furent condamnés à morts ; le second eut la tète tranchée, et le premier fut écartelé. Gonzale Pizarre n’avait aucune des qualités de son frère François Pizarre, si ce n’est le courage guerrier.

La Gasca retourna en Espagne , rapportant à son

souverain la nouvelle de la pacification du Pérou et des trésors immenses. Mendoze, alors vice-roi du Mexique, fut nommé pour remplir la même dignité à Lima, en comprenant dans sa vice- royauté le Pérou proprement dit avec Cuseo et le Chili.

Terminons celle notice par quelques mots sur les premiers établissements européens d ns les terres du versant opposé au Pérou, c’est-à-dire au Brésil! et à Buenos-Ayres.

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