AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE
L’Amérique septentrionale, dont les côtes furent explorées pour la première fois par l’Anglais Sébastien Cabot en 1497, d’après les ordres du roi d’Angleterre Henri VIII, qui fit prendre possession de ces contrées pour les unir à l’empire britannique , s’étend depuis l’isthme de Panama , par 9° de latitude nord, jusqu’à la mer Glaciale, par 74° de latitude nord, pendant qu’elle est comprise entre le 15e et le 17e degré de longitude occidentale. Si l’on y joint le Groënland, la longitude s’étend jusque vers le 26e degré occidental.
Elle est bornée au nord par l'océan Glacial arctique, à l’est par l'océan Atlantique boréal et équatorial, au sud par la mer des Antilles et l’isthme de Panama, et à l’ouest par le grand Océan équinoxial, boréal , la mer et le détroit de Behring. Les grandes divisions politiques et géographiques sont , au nordouest, les possessions russes; au centre, les pays des Indiens; au nord-est, les possessions anglaises ; à l’est, au centre et à l’ouest, les Etats-Unis; au sud-ouest et au sud, le Mexique et Guatemala.
Elle renferme en terre continentale une superficie de six millions sept mille trois cent trente-sept lieues marines carrées de 20 au degré, avec une population de vingt-cinq millions d'individus , non compris les Antilles, qui, sur un développement de sept cent à sept cent cinquante lieues, avec une surface de huit mille trois cents lieues marines carrées, contiennent plus de trois millions d’habitants.
Dans les considérations générales sur l'ensemble de T Amérique, nous avons eu occasion d’indiquer les principaux accidents naturels de l'Amérique du nord. Nous répéterons donc surabondamment que ses trois principales mers ou baies sont celles de Baffin, d Hudson et du Mexique. Le golfe ou la mer de Baftin, qui reçut ce Dom de son découvreur, l’Anglais Guillaume Baffin, lorsque celui-ci , en 1616, cherchait un passage par le
nord-ouest, se trouve dans la partie la plus septentrionale de l'Amérique du nord, entre les 10'1 et 78" degrés de latitude, et entre les 80e et 60'' degrés de longitude occidentale. Ce golfe sépare l’Amérique propre du Groënland; de hautes montagnes régnent le long de ses côtes qui sont continuellement bordées de glace, et ne laissent qu'un étroit passage entre elles et les bancs de glace qui couvrent le milieu du golfe; la navigation s’y borne à quelques semaines. Les oiseaux aquatiques s’en éloignent avant la fin de juillet. 11 abonde en phoques, narvals, baleines et autres grands animaux marins. 11 communique avec l'océan Atlantique boréal par le détroit de Davis, et avec la mer Glaciale arctique par les détroits de Lancaster et de Barrow. Il paraît aussi qu’il communique avec la haie d’Hudson qui pénètre dans le littoral oriental des possessions anglaises.
La baie ou mer d'Hudson est située entre les 75e et 96e degrés de longitude occidentale, et 5 1 e et 63e degrés de latitude nord. Elle fut découverte en 1610 par le navigateur anglais Henri Hudson, qui y perdit la vie. Ses côtes sont stériles et hérissées de rochers escarpés ; le soleil ne réchauffe jamais ce sol que rendent inabordable des glaces et des amas de neiges pour ainsi dire perpétuelles; la navigation n'y est libre que depuis le commencement de juillet jusqu’à la fin de septembre, encore y rencontre-t-on alors bien souvent des glaçons très dangereux. La baie ou mer d Hudson communique avec le détroit de Davis par ceux de Forbisher, de Cumberland et d’Hudson.
Le golfe du Mexique est la partie de l’océan Atlantique avancée dans les terres méridionales de l’Amérique du nord ; il est situé par 84 et 110° de longitude occidentale, et par 20 et 30° de latitude nord; il se trouve donc sous le tropique du Cancer; il baigne la côte sud des Etats-Unis, et la côte est du Mexique; il reçoit les eaux de plusieurs fleuves, notamment du Mi’ssissipi et du Rio-del-Norte.
L’Amérique septentrionale offre encore le golfe de Californie et plusieurs autres que nous avons eu occasion de nommer, tant sur le grand Océan que sur la mer Glaciale arctique. Le golfe de Californie reçoit le Rio-Colorado, un des fleuves du versant occidental des Cordillières du Mexique. Dans le golfe de Mackenzie, au nord , débouche le fleuve Mackenzie, et dans le golfe de George IV, débouche le fleuve de Coppermine. Le golfe de Boothia, découvert par le capitaine Ross, communique avec la mer de Baffin par le canal du Prince- Régent et le détroit de Lancaster.
Nous venons de nommer plusieurs détroits qui se trouvent dans les parages de l’Amérique du nord ; les principaux sont : 1® le détroit de Davis, appelé ainsi du nom de John Davis, navigateur anglais, qui l'explora en 1595, lorsqu’il allait à la recherche d'un passage pour pénétrer par le nord de l’océan Atlantique dans le Grand-Océan; 2° le détroit de Lancaster, situé au nord-ouest de la mer de Baffin ; 3o le détroit ou canal de Barrow à l’ouest du détroit de Lancaster; 4° le détroit d’Hudson, situé sous le 61e degré de latitude nord, et qui lie la baie d'Hudson au détroit de Davis; 5° le détroit des Florides, ou canal de Bahama, qu4qrat24° de latitude nord sous 82° de longitude ouest, communique du golfe du Mexique dans l’océan Atlantique, et sépare des îles Lucayes la côte méridionale des Etats- Unis. Le courant perpétuel qu’on éprouve dans ce détroit vient du courant formé par la marée qui se répand entre Cuba et Yucatan, et de la masse des eaux du Mississipi avec celles des autres grands fleuves qui débouchent dans le golfe du Mexique. L’arrivée de la marée du sud au nord force les eaux du fleuve à se répandre le long des côtes de l'est de l’Amérique septentrionale.
Sur l'océan Pacifique nous avons eu occasion de citer le détroit de Behring, que le navigateur danois Behring, au service de la Russie sous Pierre-le-Grand. découvrit au commencement du xvme siècle , en voulant s’assurer si les terres à l’opposé du Kamtschatka
HISTOIRE DES VOYAGES
faisaient partie ou non de l’Amérique; on sait que ce navigateur échoua sur une île déserte où il périt misérablement.
Quant au canal de Géorgie, situé sur l’océan Pacifique, sous le 50e degré de latitude nord, et par 125 et 130° de longitude ouest, ce détroit baigne une partie des côtes des possessions anglaises et une partie de celles des Etals-Uni^.
Le système des montagnes de l’Amérique septentrionale forme deux longs versants , l’un occidental et l’autre oriental, et qui sont parallèles aux deux océans Atlantique et Pacifique. Le versant de l’ouest, qui s'étend le long des côtes baignées par le Grand-Océan , et à une distance qui varie d'un petit nombre de lieues jusqu’à quatre-vingts ou cent, présente une longue chaîne de montagnes qui, parlant des bords de la mer Glaciale arctique, se dirige vers le sud, jusqu’à l’isthme de Panama, où elle vient s'unir aux monts de l'Amérique méridionale. Le nom de cette chaîne dans les possessions russes et anglaises, et dans celles de l'Union ou des Etats-Unis, est celui de monts Rocheux ; elle prend celui de Cordillières dans les possessions mexicaines. Le versant de l’est, infiniment plus éloigné de l’Atlantique, a plusieurs rameaux dont la chaîne s’étend par le nord-est entre les 23e et 48e degrés de latitude nord, jusqu’au golfe de Saint-Laurent, sous les noms de monts Alleghany , de montagnes Bleues sur la côte, et de monts de Cumberland à l’ouest. Le plus haut pic des monts Rocheux au-dessus du niveau de la mer est de 5,800 mètres. Le pic d’Oribaza, au Mexique, a 5,400 mètres.
La chaîne qui unit les monts Rocheux aux Alleghany forme par 55° latitude nord les lignes de partage des eaux , 1° entre la mer polaire et la baie d’Hudson ; 2° entre la même baie, le golfe du Mexique, les lacs au nord et le cours du Saint-Laurent; 3° entre les lacs au midi et le même golfe du Mexique. A l’ouest de la chaîne principale se détachent d'autres rameaux qui s’étendent, les uns vers le rivage de la mer et du détroit de Behring, les autres vers la Californie. De ces différentes lignes de faîte, il résulte pour l’écoulement des eaux cinq bassins principaux : le premier à l’ouest, compris entre la chaîne des monts Rocheux et le Grand-Océan; le deuxième à l’est, resserré entre les Alleghany et l'océan Atlantique; le troisième, formé au nord par la ligne de faîte qui sépare le golfe d'Hudson des grands lacs canadiens du golfe du Mexique, de la mer polaire et du golfe de Baffin, et reçoit les eaux qui viennent de cette enceinte; le quatrième, situé au nord, entre les monts Rocheux et la ligne de faîte que nous venons de décrire, en y comprenant le golfe de Baffin, les détroits de Lancaster et de Barrow, et la partie de la mer polaire où ces détroits communiquent; le cinquième au sud, qui, compris entre les Alleghany, la ligne de faîte transversale, les monts Rocheux, les montagnes qui y font suite jusqu’à l’isthme de Panama, verse ses eaux dans le golfe du Mexique et la mer des Antilles. Les principaux fleuves qui s’écoulent dans ces divers bassins ont, la Columbia, un cours de 400 lieues ; le Saint-Laurent, un de 670; et le Mississipi, un de 1,100 à 1,200 lieues.
Vers le même point des monts Rocheux, par 55o de latitude nord et 130<> de longitude ouest, naissent deux fleuves qui coulent, l’un du flanc nord-est vers le pôle boréal, l’autre du flanc sud-est vers l'océan Pacifique: ce sont le Mackenzie et la Columbia.
Le Mackenzie, ainsi nommé du voyageur anglais qui le découvrit en 1789, se forme de trois bras dont le plus septentrional sort du lac Hum; le plus méridional est nommé bras de l’Est ; celui du centre, qui est le principal, conserve le nom d Ounjigah ou de rivière de la Paix. Après un cours assez considérable dans la direction de l’ouest au nord-ouest, ce fleuve, ^parvenu au lac Athapeskow', change sa direction pour prendre celle du sud au nord-est, et son nom pour celui de rivière de l' Esclave, parce qu’il se rend dans le lac de l’Esclave; il en sort sous le nouveau nom de Macken-
zie, qu'il garde jusqu’à la mer boréale, où il va se jeter par 135° de longitude ouest et 69° de latitude nord 11 est navigable jusque dans le voisinage des monts Rocheux , où il a de nombreuses cascades qui interrompent son cours. On lui donne déjà environ un mille de largeur à l’endroit où il reçoit le nom de rivière de l’Esclave; le pays situé entre îe lac de l'Esclave et celui d’ Athapeskow est si peu élevé que le fleuve, pour peu qu’il sorte de ses rives, couvre une étendue immense de terrain. Ce fleuve formait naguère la limite entre les possessions russes et les possessions anglaises dans l’Amérique du nord, les premières à l’ouest elles secondes à l'est.
La Columbia , qui débouche dans la mer Pacifique par 46° 19’ de latitude nord, 126° 14’ 15” de longitude ouest, prend sa source par 118° 50' de longitude ouest; elle reçoit de nombreuses et importantes rivières, notamment le Fiat-llow ou Mac-Gillivray’s river, le Clark ou Flalkead, le Lewis ou Saptim, et la Multnomah ; quelques géograghes y rattachent encore le Tachoutchi-Tessé, ou rivière Fraser, qui pourtant se jette dans le golfe de Géorgie, trois degrés plus au nord. La Columbia, à cent lieues de son embouchure, après avoir reçu la rivière de Lew is, a déjà près de trois mille pieds, de large; ses eaux sont tellement claires qu’on y aperçoit le poisson à quinze pieds de profondeur; des bâtiments de trois cents tonneaux remontent le fleuve jusqu’à la jonction de Multnomah, à trente lieues de l’Océan , et la marée se fait sentir vingt-deux lieues au-delà. Les sinuosités de ce fleuve sont cause qu’il a un cours de près de quatre cents lieues.
Le fleuve Saint- Laurent, qui est à proprement parler le canal par où s’écoulent dans l’océan Atlantique les lacs formant la mer d'eau douce du Canada, sépare les possessions anglaises de celles des Etats-Unis. 11 reçoit différents noms : depuis son embouchure , sous le 48e degré de latitude nord et le 72e degré, jusqu’au 76e de longitude ouest, c’est.le fleuve Saint-Laurent; de ce point jusqu’au lac Ontario, c’est leCataraqui ou l’Iroquois; entre le lac Ontario et le lac Erié, c'est la rivière de Niagara; entre le lac Erié et le lac Saint- Clair, c’est le Détroit; entre le lac Saint-Clair et le lac Huron , auquel se joint le lac Michigan, c’est la rivière Saint-Clair; entre le lac Iluron et le lac Supérieur, ce sont les chutes ou sauts de Sainte-Marie. Vers le 76e degré de longitude ouest la rivière Ulawas vient du pays des Iroquoiss’unir au Saint-Laurent. Le lac Champlain, sous le 46e degré de latitude nord et le 76c de longitude ouest, s’écoule aussi dans le Saint-Laurent par un canal qui porte le nom de Chambly ou de Sorelle. Ce qu’on nomme le Cataragui peut avoir cinquante lieues de cours; la rivière de Niagara en a douze; celle du Détroit quatoize; le Saint-Clair vingt; celle des chutes dix à douze; et tout le fleuve Saint-Laurent, six cent soixante-dix lieues.
La rivière de Niagara varie d'une lieue à une lieue et demie de largeur; à un des points de son rétrécissement, elle se précipite de cent soixante-trois pieds de haut par deux cataractes dont bile des Chèvres marque la séparation, et pend avec tous ses arbres sur le chaos des ondes. La cataracte ou le saut de l’ouest, qui est le plus considérable, se nomme le Grand- Saut ou le saut du Fer-à-Cheval, à cause de sa forme, et a mille huit cents pieds de large ; le saut de l’est en a mille. Ce double saut s’annonce par un bruit effroyable; c’est moins un fleuve qu'une mer, dont les torrents se pressent à la bouche béante d'un gouffre.
La masse du fleuve qui se précipite au midi s’arrondit en un vaste cylindre, puis se déroule en nappe de neige , et brille au soleil de toutes les couleurs : celle qui tombe au levant descend dans une ombre effrayante; on dirait une colonne d'eau du déluge. Mille arcs-en-ciel, pour nous servir des expressions de Chateaubriand, se courbent et se croisent sur l’abîme; i onde, frappant le roc ébranle, rejaillit en tourbillons d'écume qui s’élèvent au-dessus des forêts comme les fumées d’un vaste embrasement. Des pins, des noyers
CHRISTOPHE COLOMB
sauvages, des rochers taillés en forme de fantômes décorent la scène. Des aigles, entraînés par le courant d'air, descendent en tournoyant au fond du gouffre , et des carcajoux se suspendent par leurs longues queues au bout d une branche abaissée, pour saisir dans l'abîme les cadavres brisés des élans et des ours.
Le Mississipi, roi des fleuves de l’Amérique du nord, et qui, tout entier, coule sur le territoire des Etats- Unis, auquel il appartient exclusivement , mériterait plutôt le nom de Missouri , son principal affluent , plus étendu que le Mississipi propre. Le Missouri naît au versant oriental des monts Rocheux, entre les 1 1 |8 et 1 13® degrés de longitude ouest, par 44® de latitude nord , peu loin des sources de Lewis , un des affluents de la Columbia. Formé de trois cours d’eau principaux, nommés le Galtatin , le Madlson et le Je/ferson, il coule d’abord au nord l’espace de cinquante-cinq lieues, puis au nord-est pendant vingtcinq lieues, puis au sud-est pendant deux cents lieues, durant lesquelles il reçoit plusieurs affluents notables comme le Yellow-Storie ou Pierre-Jaune et le Petit- Missouri; alors il se reploie brusquement au sud pour couler dans cette direction pendant cent quarante lieues dans le pays des Sioux, et y recevoir d’autres affluents, tels que la Chayenne et la rivière Blanche ou White River; sous le 43e parallèle par 103° de longitude ouest , il fait un détour à l’est pendant soixante lieues, reçoit encore plusieurs affluents, comme le Quireourré, la Jaegue et la Sioux; enfin, il court au sud-est pendant deux cent quarante lieues, pour s'unir au Mi'siisipi.
Celui-ci vient du lac du Cèdre-Rouge, par 97° 15’ de longitude ouest, sous le 47e degré 35’ de latitude nord, à deux lieues des lacs du versant nord-est qui envoient leurs eaux à la baie d’Hudson; il coule au sud pendant 2®, puis au sud-est pour former les célèbres cataractes de Saint-Antoine, reçoit divers affluents, comme les rivières Sainte-Croix, de Saint- Pierre, des Moines, de Chippaoua et des Illinois, et joint le Missouri par 34° 54’ de latitude nord, 87° 40’ de longitude ouest, après un cours de trois cents lieues. A son confluent avec le Missouri, il devient comme lui troublo et jaunâtre; les eaux des fleuves ne s’unissent complètement que trente milles plus bas. Le Mississipi continue à couler jusqu’au golfe du Mexique, en donnant son nom aux deux bras réunis, trajet de quatre cent cinquante lieues, pendant lequel viennent encore le joindre, par sa gauche. l'Ohio et le Tenessé, et par sa droite, la rivière Blanche, l’Arkanzas et la rivière Rouge. Le cours entier du Missouri, avec leBas- Mississipi est de plus de onze cents lieues; d’autres le font de douze cents lieues, y compris toutes les sinuosités. La largeur du fleuve est en général de huit cents à seize cents toises; celle de chacun des deux bras, au point de jonction, est d’une demi-lieue; celle des deux bras réunis est de plus d’une lieue à la Nouvelle- Orléans , et va toujours en augmentant jusqu'à leurs embouchures. Le courant du fleuve est de trois milles et demi à quatre milles par heure; mais sa rapidité est telle à la. Nouvelle-Orléans, qu’il faut un vent fort pour qu’on puisse le remonter à la voile. Le fleuve est navigable pour les bâtiments de trois cents tonneaux jusqu’à Natchez, qui est à cent soixante-dix lieues de la mer, où il se jette par plusieurs bras en formant un delta, sous le 29e degré 6’ de latitude nord; les embarcations remontent jusqu’aux chutes Saint-Antoine, par 44® 5’ de latitude nord, navigation de près de huit cents lieues avec les circuits. Le Mississipi et le Missouri, avec leurs affluents, arrosent un pays égal en surface aux deux tiers de l'Europe. Le delta du fleuve est surtout remarquable par le grand nombre de marais, de lacs, de lagunes et d’anses qu il présente.
L’Amérique septentrionale est riche en métaux de toute espèce ; For et l’argent abondent au Mexique et en Californie; on trouve plus au nord du cuivre, et, dans le centre, du fer en grande quantité, des mines de houille très productives. Le sel est très commun, et
se rencontre à la surface du sol , dans des mines et dans des sources. Diverses contrées fournissent du soufre et plusieurs sortes de marbres. Le chêne, le hêtre, le noyer, le bouleau, le charme, Forme, le mélèse , le micocoulier sont rassemblés en immenses forêts, sons les mêmes noms qu’en Europe, bien que leurs espèces soient différentes. Le magnolia, le tulipier, l'acacia, le gordonia, comme beaucoup d'arbrisseaux qui portent de jolies fleurs, sont particuliers à l’Amérique du nord, ainsi que le sassafras, le mûrier rouge, le myrte à cire. La zône tempérée du nouveau continent s'est enrichie des plantes céréales, des légumes et des arbres fruitiers de l’ancien hémisphère. Dans la zône la plus chaude s’élèvent le palmier de plusieurs espèces, l'hemaloxilon, le cacaoyer, le cotonnier, l'acajou, le cocotier et le vanillier. Les Européens ont transporté en Amérique l’oranger, l'indigotier, le citronnier, le caféier et la canne à sucre. On y cultive l’agave, le piment, le bananier, l’igname, la patate, le cactus et autres plantes. Quant au maïs, au tabac et à la pomme de terre, ce sont des présents que l’Amérique a faits à notre vieille Europe.
Les principaux animaux de l'Amérique septentrionale sont le bison, l’élan, le chevreuil, l’antilope, répandus par troupeaux dans les prairies ou bien dans les savanes qui bordent le cours des fleuves. Dans les régions du nord se voient le renne et le bœuf musqué ; dans les contrées sauvages, Fours, le loup, le renard, le carcajou ; partout, le castor, l’hermine, la martre, la loutre, le porc-épic, l’écureuil et toutes sortes d’animaux à fourrures. Les animaux domestiques de l’ancien continent sont tellement multipliés dans le nouveau, qu’il n’est point rare de les rencontrer à l’état sauvage. Malheureusement on y rencontre aussi des reptiles venimeux, surtout des serpents à sonnettes qui infestent les forêts, où sont répandus de nombreux essaims d’abeilles. L’aigle, le hibou, le cygne, le canard, le goéland s’y présentent quelquefois, mais par espèces différentes des nôtres. Le colibri, l’oiseaumouche qui habite la région du sud, le moqueur, le tangaras et autres , sont autant d’oiseaux particuliers qui appartiennent à l’Amérique septentrionale, où se trouve encore dans l’état sauvage le dindon , envoyé pour la première fois en Europe en 1523. Les rivières et les lacs sont peuplés de brochets, d’esturgeons, de truites, d'anguilles et surtout de saumons, pendant que les côtes vers l’île de Terre-Neuve fournissent annuellement une prodigieuse quantité de morue.
L’Amérique septentrionale, sous le double rapport des religions et des langues principales de ses habitants, montre que ceux-ci les doivent à 1 Europe. L’universalité des Nord- Américains professent la religion chrétienne, savoir : le protestantisme aux Etats-Unis çt dans les possessions anglaises, et le catholicisme au Mexique et dans le Guatemala. Les deux langues dominantes sont l’anglais aux Etats-Unis, et l'espagnol au Mexique. Aujourd'hui, sur 30,000,000 deNord-Américains 15,000,000 parlent anglais, 9,000,000 l’espagnol, comme aussi 15,000,000 suivent le culte réformé, et 9,000,000 le culte romain ; le reste est idolâtre.
A l’égard du gouvernement, nous avons vu, dans les considérations générales sur l'ensemble de l’Amérique, la nature de ceux de l’Amérique septentrionale : ils sont entièrement démocratiques, du moins dans les trois républiques des Etats-Unis, du Mexique et de Guatemala. Nous passons sous silence 1 Amérique russe, au nord-ouest, et l'Amérique anglaise, au Canada et aux contrées voisines.
Présentons maintenant les généralités qui s'appliquent à l’Amérique méridionale.
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