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étaient situées sur une pointe basse de terre qui forme l'entrée orientale d’une branche considérable de la baie qui s'étend 5 quelque distance dans le nord. La situation est chaude et agréable, exposée au sud-ouest, et, sous tous les rapports, convenable pour la résidence de es pauvres gens. Dés que nous fûmes en vue de la tente, tout animal vivant, hommes, femmes, enfants et chiens, étaient en mouvement, et, à l'exception des derniers qui s’étaient enfuis sur la montagne, tout le reste venait au-devant de nous avec des cris continuels et retentissants , au milieu desquels on ne pouvait distinguer que le mot pilletay (donne-moi). Outre les quatre hommes que nous avions vus, il y avait quatre femmes, dont l'une, à peu près du môme âge que le vieillard, était apparemment sa femme : les deux plus âgées après celle-ci avaient des enfants pendus à leur dos, dans une espèce de sac, à peu près comme les Bohémiennes portent les leurs; l'autre femme était enceinte. Dès le moment de notre arrivée, jusqu'à celui où nous n’eûmes plus rien à donner, les femmes, partout où nous allions, étaient d'une importunité remarquable avec leur pilletay : elles étaient par dessus tout avides de nos boulons.
La taille de ces hommes, comme en général celle des Esquimaux, est de beaucoup au-dessous de la taille ordinaire. Le vieillard, un peu courbé par 1 âge, avait quatre pieds onze pouces, et les autres hommes comptaient de cinq pieds quatre pouces et demi à cinq pieds dix pouces. Leur figure était ronde et pleine dans les individus jeunes , la peau douce, le teint un peu sombre, hormis celui du vieillard; leurs dents étaient très blanches, les yeux petits, le nez large sans être très plat; ils avaient la chevelure noire, raide et lisse, et leurs pieds étaient, ainsi que leurs mains, d’une extrême petitesse. Le vieillard avait une barbe grise dans laquelle dominaient les poils noirs, et il portait la barbe assez longue au dessus de la lèvre supérieure : tel était le cas de l'aîné des trois autres. Les femmes adultes avaient de quatre pieds dix pouces à quatre pieds onze pouces ; les traits des deux plus jeunes étaient réguliers : elles avaient le teint clair, les yeux petits , noirs et perçants, des dents d’une blancheur et d une régularité parfaites , et, bien que la forme du visage soit chez elles ronde et joufflue, et que leur nez soit plutôt aplati qu’autrement , il serait possible de les considérer comme jolies, même d’après les idées de beauté que l'habitude nous a fait contracter. Leurs cheveux, qui sont d’un noir de jais, pendent longs et flottants sur leurs épaules ; une partie seulement est nattée négligemment de chaque côté: quelquefois ils sont roulés en une masse informe, au lieu du nœud que les autres femmes esquimaues sont habituées à porter au sommet de la tête. La plus jeune avait beaucoup de timidité, et nous conclûmes qu’elle devait être la seule non mariée, de ce qu’elle n'avait pas la figure tatouée comme les trois autres; deux d’entre elles avaient les mairis tatouées aussi, et la vieille avait quelques vestiges de cet ornement autour de chaque poignet. Aucun des hommes ou des enfants ne portait cette marque distinctive.
Les enfants avaient, en général, bonne mine, et l’aîné, âgé de douze ans environ, était remarquablement beau et même joli garçon. Ils eurent d'abord peur de nous, mais de bons traitements et des cadeaux les apprivoisèrent au poini de les rendre importuns comme les autres. L'habillement des hommes se compose d’une veste de veau marin , avec un capuchon qui est au besoin ramené sur la tête, dont il forme la seule couverture. Les culottes sont également de veau marin, et descendent jusqu’au-dessous du genou, tandis que des bottes de la même matière rejoignent les culottes. Dans le costume des femmes la décence était moins rigoureusement observée que dans celui des hommes. La veste est de veau marin , avec une courte patte en pointe devant, et derrière, une longue patte qui touche presque la terre. Elles avaient des espèce de caleçons semblables à ceux que dçcrit Crantz,
comme étant le costume d’été des Groënlandaiscs , et elles n’avaient point de culottes. Les caleçons couvrent le milieu du corps des hanches jusqu’à un tiers de la cuisse, le reste étant entièrement nu presque jusqu'aux genoux. Les bottes sont pareilles à celles des hommes, et, en outre, elles ont une paire de bas très lâches qui retombent négligemment par-dessus le haut des boites, laissant ainsi leur cuisse à l’air comme il vient d'être dit, mais que l’on peut au besoin attacher de manière à couvrir le corps tout entier. Les enfants sont tous remarquablement bien vêtus. Leur costume, celui des garçons comme celui des filles, étant sous tous les rapports le môme que celui des hommes, est composé entièrement de peau de veau marin, très proprement cousue.
Les tentes qui forment leurs habitations d’été ont pour principal appui une longue perche de baleine , liante de quatorze pieds, posée perpendiculairement, et dépassant de quatre ou cinq pieds les peaux qui forment le toit et les côtés de la lente. La longueur est de dix-sept pieds, et la largeur de sept à neuf pieds, la partie la plus étroite étant celle qui avoisine la porte. Elle va s’élargissant plus elle avance vers l’intérieur, où le lit, composé d’une grande quantité de la petite plante vivace, tetragona andromeda, occupe environ un tiers de l’appartement. La perche de la tente est plantée à l’endroit où commence le lit, séparé du reste par quelques morceaux d’os qui traversent la tente d un côté à l’autre. La porte, qui fait face au sudouest, est également formée de deux morceaux d’os joints par les extrémités supérieures. La couverture de la ten te est attachée à la terre par des morceaux d'os •recourbés, qui sont ordinairement ceux de la baleine. Les lentes étaient séparées par dix ou quinze pas de distance, et environ à égale distance de la plage.
Le canot que j'achetai, et qui était un des meilleurs des cinq que nous vîmes, a seize pieds onze pouces de long, et sa largeur extrême est de deux pieds un pouce et demi. Quand il est à flot, il a , hors de l’eau , deux pieds de son avant. 11 diffère des canotsdu Groenland, en ce qu’il est plus bas à chaque bout, et qu'il a aussi un rebord plus élevé, autour du trou circulaire où se lient l’homme : ce qui rend ces embarcations un peu plus sûres en mer. Quand les canots sont à bord , on les place avec soin sur deux piles ou piliers de pierres, élevés à quatre pieds au-dessus de terre, afin que l’air puisse circuler en dessous et les empêcher de pourrir. L'aviron est double, et fait de sapin, et les bords de la lame sont couverts d’os durs qui les empêchent de s’user.
Les chiens, jeunes ou vieux, sont d’une voracité incroyable, et quand on leur donne un oiseau, ils l’avalent ordinairement plume et tout. Un vieux chien que j’avais acheté , bien que régulièrement une personne lui donnât son repas à bord, dévora avec une grande avidité un grand morceau de toile à voile, un mouchoir de colon que l'un des hommes venait de laver, et qu'il avait mis à côté de lui, et enfin, un morceau ne chemise. Les jeimes chiens sont capables de se tuer par trop d’aliments, si on le leur permet. Les enfants nous parurent avoir un certain droit de propriété sur les plus jeunes chiens , ou du moins leurs parents sont faciles en ce point, car c’est avec eux que plusieurs marchés se passèrent.
Au milieu de quelques pierres, irrégulièrement placées dans un coin de chaque tente, se trouvait une lampe d’huile et de mousse, au-dessus de laquelle était suspendu un petit vase de pierre de forme oblongue , et plus large à l’entrée qu'au fond, contenant un boa plat de chair de cheval marin, avec une grande quantité de purée épaisse. Quelques tranches de cette viande n’avaient nullement mauvaise mine, et, sansle mélange du sang avec la purée et la malpropreté de la cuisine, on eût pu en éprouver quelque tentation. Je marchandai avec une femme un de ces vases de pierre, et lui donnai un chaudron de cuivre en échange. Les côuteaux sont faits de défenses de walrus, aiguisées ou