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INDIENS. BLANCS. MULATRES. TOTAL

Costa-Iticca est, comme on le voit, le moins peuplé des cinq Etals, mais c’est en revanche le mieux administré et le plus tranquille; ce que l'on explique facilement par sa position géographique et par l’absence des mulâtres et la population, presque exclusivement blanche, caries 23,000 Indiens forment une minorité tout-à-fail insignifiante. D’un autre côté cet Etat s’est tout récemment constitué lui-même en une seule république non encore bien assise.

La principale exportation de l’Etat de Guatemala consiste en cochenille récoltée dans les belles vallées de la Antigua et d'Amalillan. 4,000 surons de celte denrée sont expédiés tous les ans à !zabal,qui les envoie à Bélise. 2 uOO environ prennent l.t direction de la mer du Sud, et vont s’embarquer à Islapa. Le 'este de l'exportation consiste en salsepareille et une faible quantité de cuirs.

L'Etal de Sun-Salvador, plus humide que celui de Guatemala, produit peu de cochenille, dont les grandes pluies d été ruinent les récoltes, mais fournit en échange à l'exportation de 6 à 7,000 surons d’indigo

Total de la population.

d’excellente qualité. Les deux tiers de colle quantité sont expédiés à Bélise par les poils d Izabal etüinoa; le reste est embarqué pour l'Europe par la mer du Sud.

Une industrie nouvelle dans le pays, et qui peut donner de grands résultats pour l'avenir, est la culture du mûrier, et l’établ'ssement de quelques magnaneries dans les deux Etals de San-Salvador, qui a donné l'exemple, et le Guatemala, qui l'a suivi. Plusieurs plantations de mûriers ont été faites dans ces deux Etats et ont permis de faire divers essais qui ont donné des résultats satisfaisants. La soie obtenue est fort belle, et supérieure peut-être à nos premières qualités de France. La beauté du climat, dans l’Etat de San Salvador surtout, donne ce résultat important, qu’un mûrier reste couvert de feuilles toute l’année. On peut doncélevorplusieurs générations de vers l’une après l’autre sans manquer de feuilles, et se procurer ainsi plusieurs récolles de soie dans la même année. Celte industrie est encore trop nouvelle pour offrir des produits appréciables dans le commerce, mais elle a de l'avenir. Son ennemi le plus redoutable est une espèce de fourmi voyageuse, nommée dans le pays zampopo, et dont les tribus sont si nombreuses que lorsqu’une d’elles rencontre un champ d’arbres à sa convenance une seule nuit lui suffit pour le dépouiller entièrement de ses feuilles, et malheureusement le zampopo aime beaucoup la feuille du mûrier.

Les importations dans l'Amérique centrale viennent à peu près exclusivement de Bélise , où vont s’approvisionner les marchands de l'intérieur; car le golfe Dulce, dont la barre d’entrée ne peut livrer passage qu'à des caboteurs, ne reçoit aucun navire d’Europe. Bélise fait donc ainsi un commerce annuel de quinze à dix-huit millions avec la république de Centre-Amérique.

Les marchandises anglaises se composent principalement d’indiennes et d'autres cotonnades à fort bas prix. On ignore si notre commerce pourrait soutenir la concurrence pour le bon marché. Quoiqu'il en soit, on préfère les tissus français à ceux qui sont fournis par l’Angleterre, tant pour la durée des étoffes que pour la solidité des couleurs.

Le commerce de détail offre dans tonte la république de Centre-Amérique une particularité bien remarquable, et qui fait voir combien, malgré les perturbations apportées par des révolutions continuelles, le caractère des habitants est encore empreint de cette bonté primitive que nous retracent les traditions espagnoles du temps de la conquête.

Un marchand de l’intérieur descend à la côte pour faire l'emplette de diverses marchandises dont il espère trouver le débit dans son village. Au lieu d’aller jusqu’à Bélise, il rencontre à Omoa, par exemple, ce qui lui est nécessaire chez un négociant du lieu. Il fait sa provision, convient du prix, et s’en retourne souvent sans donner le plus léger à-compte, et sans laisser de billet. Le vendeur le laisse partir sans défiance, bien que quelquefois il ne le connaisse nullement. Mais il sait que l’année suivante, ou plus tôt si la vente a été bonne, il reviendra lui enlever de nouvelles marchandises et payer les anciennes, et il est peut-être sans exemple que celle confiance ait été trompée.

On traverse d’izabal à Guatemala plusieurs cours d’eau dont le plus considérable est le rio Motagua. Faute de ponts, on les traverse à gué dans la saison sèche; quand l’eau grandit, on les passe en pirogues qui transportent les voyageurs et les marchandises, les mules suivent par derrière à la nage.

Il arrive parfois qu'une crue subite prend au dépourvu les gens qui amènent leurs pirogues, et que l'on ne trouve par suite ni gué ni bateaux d’aucune espèce. Dans ce cas, le voyageur n’a d’autres ressources que la patience. Il est rare que ces crues irrégulières aient de la durée, et en attendant vingt-quatre ou quarante-huit heures on peut donc être certain que le gué redeviendra praticable. Deux seuls ponts exis-

HISTOIRE DES VOYAGES

L’animai n’avait pas bougé lorsque j’anivai sur lui.

lent sur toute cette route : un à l’endroit nommé la Sabaneta, où le cours d’eau, sortant d’une gorge de montagne très profonde, et presque toute l’année un torrent impraticable; le second, dans la dernière gorge que l’on traverse pour arriver à Guatemala. Ce dernier est dû à la générosité d’un Français qui avait, fait fortune dans ce pays.

Outre le rio Motagua qui se jette dans la mer à quatre lieues à l’ouest d’Omoa et qui pourrait servir an transport des marchandises sur soixante lieues de son cours environ, il y a plusieurs rivières aussi grandes. et môme plus considérables, qui devraient servir <!e communication naturelle avec l'intérieur, mais que Fi u soucia ncc des habitants néglige d'utiliser. Le rio Cliamalacon, dont l’embouchure est à quelques lieues à l’es! d'Omoa, les rios Tinlo et Bomano à l'est de Truxillo, la rivière Ilerbial ou de Ségovie, qui se jette dans la mer près le cap Gracias-a-Dios, et plusieurs autres encore, sont de grandes et belles rivières destinées, quand la civilisation aura fait plus de progrès dans ce pays, à conduire dans son intérieur les productions étrangères, et à faciliter ses propres exportations. Il est étonnant que l’appât d'un bénéfice assuré n’ait pas encore engagé les spéculateurs à établir un transport par eau, au moins sur le rio Molagua; car cetie rivière pourrait amener ùjicu de frais , |

jusque près de Guatemala, les marchandises que les '

muletiers d’izabal, transportent au prix moyen de 2 piastres et demie à 3 piastres l’arrobe de 25 livres espagnoles, c’est-à-dire de 50 à 60 fr. le quintal.

Toutes les embouchures de ces rivières sont occupées par des établissements anglais, qui exploitent l’acajou dont celte côte abonde. Ces établissements souffrent généralement ne l'insalubrité du climat et les Anglais y éprouvent de grandes pertes parmi les colons amenés d'Angleterre; car les côtes de Ilonduias sont malsaines et fiévreuses comme toutes celles des parties incultes des Antilles. En avançant de quelques lieues dans l’intérieur, et à mesure qu’on s’éloigne de la mer, cette insalubrité disparaît; il ne reste qu’un pays admirable de végétation, et qui n’attend pour donner les plus riches produits de l’agriculture que les cultivateurs dont il est totalement dépourvu.

Toutes ces côtes sont si mal peuplées que l’on peut parcourir toute la distance qui sépare le cap Gracias-a- Dios du fond du golfe sans rencontrer un seul village, ni même une simple cabane d’Indien, en exceptant les deux seuls points de Truxillo et d’Omoa, autour desquels sont venus se grouper quelques Caribals ; c’est le nom que l’on donne dans le pays à une agglomération de cabanes habitées par de;s mulâtres d'une origine particulière et qui portent le nom de Caraïbes. On ignore d'où ils tirent leur origine, et on n'a trouvé personne en état d’en donner une explication

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