‹ Voyages en AmériqueChapitre 57 sur 65 · MAUSSION J)1J CAN1É · texte numérisé non relu

MAUSSION J)1J CAN1É

Et alors nos gens nous tirèrent sur la grève.

satisfaisante. Ils n’ont du reste, malgré la ressemblance du nom, aucun rapport avec les Caraïbes, anciens habitants des petites Antilles.

Si le canal de communication entre les deux mers était exécuté, le lac de Nicaragua et ses eaux deviendraient une source inépuisable de richesses pour le pays, en le rendant, pour ainsi dire, la grande roule et le dépôt du monde commercial. Sous ce rapport, la république du Centre a la situation la plus belle et la plus heureuse, et possède des avantages réels sur toutes les nations. Située au milieu des deux Amériques, elle offre plus de ports que les autres nouvelles républiques, elle est traversée par un grand nombre de rivières, et la diversité de sa température, brûlante sur les côtes, et au-dessus de glace sur le sommet des Andes qui la divisent, y fait croître toutes les productions du globe.

Les riches pâturages de Guatemala, qui sont perpétuellement verts, nourrissent d’immenses troupeaux, et les peaux forment un article considérable d’exportation. On doit aussi compter dans les objets bons à introduire en France : les écailles, la pourpre et les perles.

La principale navigation de la république est celle du cabotage avec San-B!as au Mexique, Panama en Colombie, et Lima au Pérou. La ville de Grenade et celle de Guatemala sont des places d’une très grande

activité commerciale. Les changements qui se sont opérés ne peuvent manquer, si la république conserve sa tranquillité, d’exciter l’industrie des habitants et de faire fleurir le commerce d’un pays si avantageusement situé et possédant des ressources d’agriculture si vastes et si variées.

La république du centre de l’Amérique est comparativement plus peuplée que le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Chili, Buénos-Ayres et Haïti, et possède par lieue carrée plus d’habitants qu’aucune de ces nouvelles puissances. En effet, sa population est, comme nous l’avons dit, évaluée à près de 2 millions d'individus, parmi lesquels on compte 12,000 Africaius seulement, le reste se compose de blancs venus d’Espagne, de beaucoup d’indiens et de métis. Il est à présumer que le nombre des habitants s’accroîtra rapidement, si on en peut juger d’après la salubrité générale du climat et l’extrême fécondité des femmes. De plus, les terres sont fertiles, les vivres à bon marché, et les impôts beaucoup moins forts qu’à la Nouvelle-Espagne et chez les autres nations d'Amérique, et même d’Europe.

Guatemala est divisé en tierras calientes et tierras frias. Dans les terres chaudes comme dans les terres froides, il règne, pour ainsi dire, un printemps perpétuel : les champs et les arbres sont toujours verts; les orangers, qui y croissent sans culture, offrent toujours

HISTOIRE DES VOYAGES

pl à la fois tous les degrés de la végétation. Quelques branches sont chargées de U nis épanouies, d'autres présentent de tendres boutons qui commencent à paraître; quelques-uns ont des fruits déjà formés et d'un 'crt, obscur, tandis que d'autres offrent des oranges plus avancées et d'une couleur vert -jaunâtre, et d’autres branches enfin sont ornée- des mômes fruits parfaitement mûrs, d’un parfum et d’une suavité exquise.

Le gouvernement de la république du Centre a sa constitution basée sur celle des Ktats-Unis de l’Amérique du Nord. Le pouvoir législatif appartient à un congres fédéral formé d une Chambre des représentants élus par le peuple pour deux ans, et. d'un sénat dont les membres sont également choisis par le peuple, mais pour quatre années. Le renouvellement de la Chambre se fait par moitié tous les ans, et celui du sénat tous les deux ai. s. La même personne ne peut être élue plus de deux fois de suite. La Chambre des représentants a dans ses attributions la discussion des lois d’un intérêt général pour la république, l’organisation de l’armée nationale, la fixation des dépenses de l'administration fédérale, l'éducation publique, les reglements relatifs au commerce , la valeur des monnaies, et l’étalonnage des poids el mesures; elle déplare la guerre et fait la paix Chaque député représente 30 000 individus.

Au sénat, formé de deux sénateurs élus par chacun des cinq Etals de la confédération, appartiennent la sanction ries lois, la présentation aux principaux emplois de la république, et la surveillance de la conduite des officiers publies; il a aussi le droit de faire connaître son opinion au pouvoir exécutif dans tous les cas de nature grave.

Un président et un vice-président forment le pouvoir exécutif. Ils sont élus par le peuple pour quatre ans, et ne peuvent être réélus qu’une seule fois. Le président fait exécuter les lois, négocie avec les puissances étrangères, signe les traités de l’avis el avec le consentement du sénat, commande en chef la force armée et nomme les fonctionnaires publics de la fédération. Le vice-président préside le sénat et remplace le président dans tous les cas prévus par la loi.

Le pouvoir judiciaire est confié à une cour suprême dontles membres sont élus par le peuple el renouvelable par tiers ; mais iis peuvent être réélusindéfiniment. Leur temps de service est de six années. Celte cour suprême connaît en dernier ressort les causes qui se rapportent à la constitution, juge le président, le viceprésident, les sénateurs, les ambassadeurs, les secrétaires d’Etat.

L'administration fédérale .se compose d'un ministre (hargé des affaires de l'intérieur eide l’extérieur, d'un ministre dos finances, et d’un troisième ministre de la guerre et de la marine.

Chaque Etat de la confédération a un gouvernement particulier, formé d’un gouverneur, d’un vice-gouverneur, d’nn conseil, d’une assemblée et d’une cour su péneure de j u.-tice Ils sont tous nommés par le peuple. Le gouverneur et le vice-gouverneur sont élus pour quatre ans, et ne sont point éligibles uire seconde fois sans une interruption du même nombre d’années. Le gouverneur veille à l’exécution des lois, nomme les officiers publics et commande les troupes. Le vice-gouverneur préside le conseil, et remplace au besoin le gouverneur. Le conseil donne ou refuse sa sanction aux lois, avise le pouvoir exécutif, et propose aux premiers emplois. L’assemblée présente les lois, ordonnances et règlements, vote les dépenses de 1 admini-tration, décrété I ". impôt» et fixe la levée des troupes, d'accord avec le congrès fédéral. La cour supérieure rend la justice en dernière i îstanee.

l’ar la constitution fédérale, ainsique dans tous les nouveaux gouvernements formés des anciennes provinces espagnoles, la religion catholique romaine est reconnue religion de l'Etat, et. l'exercice publie de toutes les autres est défendu. Le territoire est divisé en un archevêché dont le siège est à Guatemala, el trois

évêchés, qui sont : Sanla-Fé, Santiago et San-SÆIvador. Les codes pénal, civil et de procédure, et la juridiction sont encore généralement les mêmes que du temps du gouvernement espagnol. La traite des noirs est défendue par la constitution el l’esclavage aboli.

La république -du centre de l’Amérique entretient aujourd'hui des rapports avec toutes les pussances du globe, qui ont accrédité auprès d'elle de< représentants ayant presque tous le titre de consuls généraux chargés d’affaires. Des consuls particuliers et des vice-consuls résident dans les différents ports.

Le pied de paix de la force militaire de Guatemala est de 4,000 hommes de troupes de ligne, artillerie, cavalerie et infanterie, et de milices qu’on peut évaluer à environ 30,000 de toutes couleurs. Quant à la marine militaire, elle est encore trop faible pour qu’il en soit fait mention.

Encore un mot sur les poriset les villes de la république guatémalienne.

La ville de San -Salvador est située au centre d’une plaine étendue fermée au nord et au sud, ouverte de l’est à l’ouest. Le caractère particulier de son sol est d’être extrêmement brisé : de tous côtés d'énormes ravins, de nombreux mamelons à forme conique, d’immenses amas de pierres volcanisées revêtues d’un tuf végétal très léger et très fertile. En gravissant les hauteurs de San Marcos, el mieux encore celles du volcan d lsallo, à vingt lieues de là, on en saisit parfaitement l’ensemble; c’est alors que cette plaine, qui, sous diverses formes, se prolonge jusqu’à la mer à 26 lieues dans l’ouest, semble se rattacher, comme à un point intermédiaire, au volcan El Salvador, d'où part une nouvelle vallée qui va mourir d*ns l’est, sur les frontières avancées de l’Etal de Honduras, en changeant plusieurs fuis de nom.

Les Cordillères, qui, avons-nous dit, traversent cette république du sud au nord, lui donnent deux climats distincts, quoiqu’elles y perdent leur caractère gigantesque : la partie orientale est moins chaude que la partie occidentale, et la transition de la saison sèche à la saison pluvieuse est ordinairement très brusque. Cette dernière dure, sur les côtes de l’océan Pacifique, du 15 mai au 15 novembre, et la saison sèche du 15 novembre au 15 mai; sur les côtes de la mer des Anlilles, c'est le contraire.

A San-Salvador, pendant les six mois que dure la sais* i ; i pluvieuse, il ne pleut ordinairement pas plus de deux ou trois fois par semaine, rarement avant trois bernes de l’après-midi. C’e4 le plus communément la nuit qu'ont lieu ces grands orages des climats de la zone torride, mêlés d elfroyables retentissements de la foudre. La saison pluvieuse est aussi la plus chaude : c’est celle pendant laquelle le thermomètre s’élève quelquefois jusqu’à 30° (Réaumur); il se maintient ordinairement à 25. Pendant la saison sèche, il ne pleut pas . un orage d’une demi- heure a quelquefois lieu chaque mois ; le thermomètre ne s’élève pas à plus de 2t> ii 22° (Réaumur), et peut descendre le matin jusqu'à \ 3°.

Des venls de nord très violents soufflent pendant celte saison une ou deux fois le mois et durent souvent. trois jours C’est aussi pendant la saison sèche que les tremblements de terre se renouvellent le plus. On peut éprouver alors, environ trois fois par semaine, dus séries de secousses qui se succèdent la nuit et le jour ; elles sont généralement d une faible importance; de mémoire d'homme elles n’ont point amené de désastres dans San Salvador.

R;en dans le site ni dans ie climat de cette ville ne semble nuisible à la santé publique, ses habitants sont cependant très généralement affectés de goitres qui acquièrent un développement hideux. Ils sont de plus très souvent atteints de fièvres. Les causes de ces maladies’ semblent se trouver dans le dérèglement des mœurs, dans le défaut d'hygiène presque général, dans mie consommation excessive des fruits du pays, dans la mauvaise construction et l étal de délabrement des

MAUSSION DK CANDfi.

liabilntioiis de la filasse pauvre, enlin dans le mode des voyages. Les mules étant là exelusivemoni employées, tant an transport des hommes qu'à celui des marchandises, laissent les premiers, pendant la saison îles pluies, à la merci de toutes les variations do température, variations très fune-les sous un climat très chaud.

Par exception, pendant la saison pluvieuse, dos orages se succèdent nuit et jour pendant une semaine entière, et sont liés les uns aux autres par la chute d'espèces de brumes. Le phénomène se renouvelle rarement plus d'une fois dans le cours d'une année.

On peut considérer Sun-Salvador comme le centre dune ligne cultivée de quarante lieues détendue, se prolongeant depuis Santa-Anna au nord jusqu'à San.- Vicente au sud dette ligne, dont la largeur égale quelquefois la longueur, compose au nord nue partie de la roule de Guatemala, au sud une partie de celle qui conduit au port de La Union, si tué sur le golfe de Fonseca, et aux divers sièges des foires, tels que San- Vicenle et San-Miguel. C’est là qu’est le centre de la richesse do l'Eiat d'Kl-Salvador De ces plaines sortent les seules récoltes d'indigo que fasse cette république, et qui s’élèvent annuellement de 3 à 5.000 surons (chacun de 150 livres); celle- du sucre et du maïs; ou y élève également d'assez beau bétail. Autour de San- Salvador se propage une nouvelle culture limitée jusqu'ici à l'Etat de Guatemala, celle de la cochenille. L)e nombreux essais se tentent sur une assez grande échelle. L’exportation du sucre a été jusqu’à présent nulle : on le consomme sur p'ace, et dans les villes un peu importantes on le transforme en eaux-de-vie dont les malheureux Indiens font un funeste usage. A ces diverses branches d’industrie dont vivent les propriétaires du sol , il faut ajouter celle des rebosos, châles en forme d’écharpes dont les femmes du peuple se servent là pour se couvrir la tète el les épaules : la matière première , la soie et le colon , en est fournie par l’Angleterre ; le tissage en est fait sur les lieux ; le prix en varie do 2 à 20 piastres (1).

La nourriture du peuple se compose particulièrement de maïsdonlun fait des tortillas , de haricots de bonne qualité et de porcs dont on élève à San -Salvador une énorme quantité. Il est cependant impossible de tenir ces animaux plus mal qu'on ne le fait, puisqu’on les laisse constamment courir dans les chemins et dans les rues. Le bananier est également cultivé ici en abondance; ce fruit remplace souvent pour les pauvres tout autre aliment.

A l’est de la ville et à ses portes existent de nombreuses sourcesd’eaux thermales, presque toutes sulfureuses; aucune d'elles n’est devenue 1 objet d'une entreprise; elles servent danc à la fois de bains publics gratuits el de lavoirs pour les habitants. Le caractère de ceux qui peuplent cet Etat est naturellement doux : les homicides el les ble. sures graves ne sont la plupart du temps que le résultat de l’ivresse favorisée par 1 oisiveté du dimanche et l'usage de l‘eau-de-vie, dont de faibles quantités sous un climat chaud suffisent à enivrer. La part importante qu’ils ont pri-e à l’éiablissementdela forme fédérale ne saurait s'expliquer ch z eux par une préférence politique dont les rend complètement incapables leur profonde ignorance. Cetle lutte prolongée, qui s’est traduite en guerre civile, n’était que le résultat de deux autres mobiles, leur haine provinciale contre l’antique capitale de Guatemala et ses prétentions à la suprématie, el leur aveugle confiance en un individu qui ne voyait dans L existence d'une confédération qu’un moyeu d’obtenir une position plus avantageuse.

Dans la classe riche, deux vices minent sourdement cette société naissante, l'oisiveté et le jeu. Le premier dure dix mois de l’année et ne cesse guère que pendant les foires. Des majordomes étant préposés à ia direction des haciendas, les propiietaires vivent à la

ville. Le second ne faii qu'aumenlnr à l’époque des foires; leur avoir, celui de leurs fouîmes, de leurs amis, sont trop souvent sacrifiés. Celte passion, combinée avec un grand relâchement do mœurs, semble expliquer le célibat de la plupart des (Ils de famille. Aucun point d’arrêt 11e surgira probablement de longtemps pour s'opposer à celélat de choses : poinl de collèges, point d'établissements scientifiques, aucune croyance religieuse ou politique, point de théâlres, de réunions, de promenades publiques; les hommes seuls s'en vont le soir se promener à cheval dans d’élroils sentiers. Plusieurs tentatives ont été faites pour la publication de quelques journaux, toutes ont avorté dès leur début. Il n’existe qu*une imprimerie assez mauvaise ; elle est soutenue par le gouvernement.

Les pompes religieuses viennent seules émouvoir le.s habitants de cette ville. Pendant la semaine sainie ont lieu les processions usitées en Espagne. La fêle de la Transfiguration offre aussi un spectacle assez curieux; on construit une espèce de Mont-Thabor sur lequel le miracle du jour est figuré par des enfants perdus au milieu de nuages simulés. Ce théâtre porta I if, resplendissant de lumières, s’avance au milieu de l’obscurité el débouche sur b< grande place, où l’accueille de nombreux feux d’artifice.

La richesse du sol de cet Etat, sa position centrale, ses 300,000 âmes de population, sesporlsde La Union el Triunfo, à l'embouchure du Rio Lampa, sur l’océan Pacifique, el d' Acajutla, ses nombreuses foires lui assureront toujours, quoi qu il arrive, le second rang dans cetle portion du territoire américain. Les constantes anfractuosités du terrain sont le seul obstacle que la nature ait opposé à un développement rapide; mais si depuis des siècles les rapports de cet Etat avec ses voisins sont réduits à des transports à dos de mulets, il possède cependant exclusivement des communications régulières el directes avec tous les Etats de la confédération. Cet avantage utilisé aurait entièrement changé l'état politique de ces provinces, si, aux jeux des Espagnols, il l'eut emporté sur la beauié du site de Guatemala. La vie sociale, au lieu de se eoncentrer à l'une des extrémités les plus stériles de ce territoire, se serait également répandue dans ses diverses parties au moyen des richesses de la province centra e, et l’on n’aurait pas vu s’amasser ces haines provinciales qui sont encore aujourd’hui l’expression de 1 unique mal réel de cetle république.

De San-Salvador , deux routes conduisent au port d’Aeajutlâ : 1 une, longue de trente lieues et praticable dans toute sou éleodue pour les bêtes de somme, passe à los Ateos, ’illage situé à neuf lieues de San- Salvador. A trois lieues de distance se trouve celui de Guaimoco, dont la population est à peu près triple. A six lieues plus loin, on arrive au bourg important d’Isallo, dont la population, presque tout indienne, peut s’élever à 8,000 âmes. A deux lieues seulement, est si ! ué Zonzonale, qui en comple environ O.OiiO. Cetle ville était au temps des E-pagnols le siège d’une alcadia major que sa fer l i 1 it et son voisinage du port d’Acajufla. qui n’est plus qu’à six lieues, distinguaient particulièrement.

Ces avantages naturels, auxquels il faut ajouter ceux d’une population relativement forte, de produits spéciaux, tels que le baume, et d’un sol nivelé , arrosé par des cours d’eau nombreux et importants ont assuré à ce district uqe culture florissante, un commerce local actif, et un transit considérable pour les Etats de San-Salvador et de Guatemala. Dai s la chaîne de montagnes au pied desquelles, est assis Zonzonale se trouve le volcan en activité d l.-allo.

Quoique sa position fasse de celle ville l’une de celles de l’Amérique du Centre où la lempérature soit le plus élevée, elle se distingue cependant par l’esprit d’entreprise de s.-s habitants. Placée à distance de trois foyers révolutionnaires, Guatemala, San-.'-alvad.*r el Léon , elle serait restée presque entièrement étrangère aux désastres civils, si elle n’avait eu à sup-

yl) La piastre vaut environ 5 fr. 40 c.

HISTOIRE DES VOYAGES

porter plusieurs fois la fermeture de son port d’Acajulla qui n’a été rendu à une liberté entière que pendant la session de 1838. Seule entre toutes les villes de celte république , elle a élevé à ses frais, depuis la proclamation de l’indépendance, un monument d’utilité publique, en faisant jeter un pont en pierre sur la rivière qui coule à ses pieds. Quelques Français y ont des maisons de commerce.

Albeut-Montemont.

WOODBINE PABISH

Page 1