VOTAGE A TRAVERS LES PAMPAS ET LES ANDES
PRELIMINAIRE
Je servais en 1825 à Edimbourg, dans le corps des ingénieurs de Sa Majesté britannique, lorsqu’on me proposa d’aller sur les lieux diriger les travaux d’une compagnie formée pour l’exploitation des mines d’or et d’argent que renferment les provinces du Rio de la Plata. Avec la permission du gouvernement, j’acceptai. Au bout de quelques jours consacrés à des préparatifs indispensables , je partis de Falmouth, et je débarquai à Buénos-Ayres une semaine environ après qu’une compagnie de mineurs y était arrivée de Cornish, petite ville du New-Hampshire aux Etats-Unis.
Bientôt, accompagné de deux savants inspecteurs des mines de Cornish, d’un essayeur français qui avait été instruit par le célèbre Vauquelin , d’un contre-maître et de trois simples ouvriers, je traversai les grandes plaines des Pampas pour me rendre aux mines d’or de San-Luis et de là aux mines d'argent d’Uspalata qui sont situées derrière Mendoza, à trois cent quarante lieues au moins de Buénos-Ayres.
Puis, laissant à Mendoza mes camarades de voyage, je revins tout seul des mines à Buénos-Ayres, où je parvins à cheval en huit jours. J’y trouvai, ce à quoi je ne m’attendais pas, des lettres qui m’obligeaient de
passer immédiatement au Chili. Je traversai donc encore une fois les Pampas, et reprenant mon escorte à Mendoza où je l’avais laissée, nous franchîmes les Andes et gagnâmes Santiago. Mais, sans nous y arrêter, nous parcourûmes à peu près quatre cents lieues de suite dans différentes directions pour examiner des mines d’or et d’argent. La nuit où je terminai mon rapport sur la dernière mine, nous repartîmes pour de nouveau franchir la Cordillère, et quand nous eûmes à travers les Pampas regagné la capitale des Provinces- Unies, je n’eus rien de plus empressé que de congédier nos mineurs et de retourner moi-même en Angleterre, car j'avais reconnu que les plans de notre compagnie n’étaient pas exécutables.
L’unique objet de mes courses fut donc d’inspecter des mines. Nous descendîmes courageusement au fond de toutes celles qu’on offrait de vendre, et, secondé parles personnes qui m’accompagnaient , je fis de mon mieux un rapport circonstancié sur chacune. Comme, pendant ces courses, les mineurs se croisaient les bras à Buénos-Ayres et que leurs gages n’en couraient pas moins, il était d’absolue nécessité que je visitasse aussi rapidement que possible les divers lieux où j’avais affaire, et je peux dire sans vanité que, l’espace d’environ deux lieues, ce fut contre le temps que je disputai le prix de la vitesse.
Les fatigues que nous eûmes à souffrir durant ces longues expéditions furent extrêmes, au Chili surtout, parce que, quand nous visitâmes les mines situées dans les Andes, nous fûmes exposés à des change-