‹ Voyages en ArabieChapitre 10 sur 40 · CHAPITRE XVra · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVra

OABITANS DE MfiDINB.

De même que les Mekkaouis, les Médinaouis sont pour la plupart des étrangers que le tombeau du prophète et les profits qu'il assure à quiconque en est \omn ont attirés dans ce lieu. Il n'y reste qu'un petit nombre de descendans de ces familles arabes qui s'y trouvaient quand IVl^homet y arriva en fuyant de la Mecque ; on n'y rencontre que des colonies venues de tous les points de, l'empire musulman. J'appris qu'on n'y voyait plus qu'une dizaine de familles pouvant prouver par des généalogies ou par des traditions authentiques leur descendance des Arabes qui y demeuraient dans le principe 9 que les écrivains musulmans nomment £1 Ânsar, et qui à l'époque de; la venue de Mahomet étaient principalement composées des tribus d'Aou et de Khezerdj ; ce sont de pauvres gens menant la vie de paysans dans les faubourgs et les jardins. Le nombre des schérifs issus die Hassan^ peti^

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fils de Mahomet y est considérable ; mais la plupart ne sont pas originaires de M édine ; ils y sont venus de la Mecque pendant les guerres que firent les schdrifs pour en acquérir la possession. Ils appartiennent presque tous à la classe des olémas; on ne voit parmi eux que très peu de militaires. Ils comptent dans leurs rangs la petite tribu des Béni Hossein , descendue de Hossein^ frère de Hassan. Us passent pour avoir été autrefois très puissans à Médine , où ils s'étaient approprié la principale portion des revenus de la mosquée. Suivant Samhoudi^ ils étaient, dans le Seizième siècle , les gardiens privilégiés du tombeau du prophète; ils sont présentement réduits à une douzaine de familles qui sont encore rangées parmi les plus considérables et les plus riches de la ville. Us occupemt un quartier particulier, et gagnent beaucoup, surtout avec les pèlerins persans. Us sont généralement regardés comme hérétiques de la secte persane d'Âly, et comme pratiquant en secret les cérémonies des schiites , quoiqu'en public ils pro-* fessent la doctrine des sunnites. Cette opinion est trop^mmune , et affirmée par trop de gens re^>ectables ,pour être révoquée en doute ; mais les Béni Hossein jouissent d'un crédit puissant dans la ville , se conforment extérieurement, avec beaucoup de ponctualité , aux principes orthodoxes, ^t par con^ séquent ne sont pas inquiétés.

On dit publiquement que ce qui reste des Ansars, et la plupart des Arabes qui cultivent les champs et les jardins du voisinage^ partagent la méine hérésie. Les dernik*s , appelés Nouakhélés , nom désignant qu'ils vivent au milieu des dattiers , sont nombreux

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