CHAPITRE XIX
GOUVERNEMEBIT PB HEOINE.
Depuîs le commencement de Tislamiàme^ M ëdine a toiîjour3 été considérée comme une principauté particulière. Quand le Hedjaz tomba sous la domination des khalifes , Médine fut gouvernée par des officiers qu'ils nommaient , et qui ne dépendaient nuUemient du gouverneur de la Mecque. Au déclin de la puissance des khalifes ^ les chefs de Médine se rendirent indépendans , et exercèrent dans le Hedjaz septentrional le même pouvoir que ceux de la Mecque dans la partie méridionale de cette contrée. Quelquefois ces derniers réussirent à étendre temporairement leur autorité sur Médine : il paraît même que dans les quinzième et seizième siècles elle fut bien établie ; mais souvent cette ville dépendit des puissans sultans d'Egypte, quand ils s'emparèrent de la souveraineté 4e la Mecque. Lorsque la maison ottomane fut montée sur le trône, l'empereur Sélim I®' et son fils Soliman , qui en général s'occupèrent plus de la prospérité du Hedjaz qu'aucun de leiirs prédécesseurs ^ jugèrent nécessaire dé s'assurer
de Médine qui est la clef de cette contrée, et qui de-venaitsi importante pour la grande carayane des pèlerins; ils y placèrent une garnison turque composée de janissaires et de spahis , sous le commandement d'un aga qui fut le gouverneur militaire de la ville , tandis que le gouvernement civil demeura dans les mains*du scheikh el haram ou aga el haram, préfet du temple. Celui-ci devait avoir le même rang qui appartient aux pachas dans lès autres villes , et il devait entretenir une correspondance régulière avec la capitale de l'empire. Ce mode de gouvernement subsista jusqu'à l'invasion des Wahhabites , si l'on excepte un court espace de quelques années vers la fin du dix-septième siècle, paidant lequel toute la yiHe et le scheikh el hàram tombèrent sous la juridiction du schérif de la Mecque. Un aga> à la tète d'une petite garnison , était en possession du château ; l'intendant du temple , qui avait aussi une petite troupe de soldats, était le chef nominal de la ville. Mais de grands abu^ s'étaient introduits depuis la fin du dix-huttième siècle ; le commandant militaire n'était plus choisi par les sultans , c'était $a troupe qui le nommait ; il n'y avait plus de soldats turcs ; il ne s'y trouvait ]jjus que les descendans de ceux qui y avaient été envoyés originairement, et qui s'étaient mariés avec des femmes arabes. Cet aga était devenu le véritable maître dp la ville , et son parti était composé des principales familles. II n'avait" d'autres soldats que la populace , et était élu par les officiers de la garnison , dont les emplois se maintenaient par succession dans leurs familles , tels qu'ils avaient été établis autrefois, quoique là plupart
d'entre eux eussent renoncé au service milit^re. Cette tribu de soldats, désignée par le nom de Merabeteïn, avait été augmentée pour fortifier le parti de Taga^ et ses privilèges s'étendaient à beaucoup d'autres habitahs de la ville^ ainsi qu'à des étrangers qui s'y étaient fixés. Us avaient droit à une part dans les salaires anniiels réglés par les sultans pour le paiement de la garnison , et expédiés régulièrement de G)nstantinople. Ils ayaient de plus usurpé une partie des^ surra ou des pensions destinés à la mosquée et à toute la yillé.
' L'agael haram, ainsi que le kadhi envoyé chiaque année de Constantinople , étaient devenus des pei^ sonhages absolument nuls. Le premier était ordinairement un eunuque qui ne savait pas'un mot d'arabe, [et pour qui cette place était plutôt un exil honnête qu'un avancement. Le revenu qu'il recevait de la capitale de l'empire ,. quoique assez beaù^ ne lui permettait pas d'entretenir une troupe assez nombreuse pour marcher l'égal de son rival l'aga de la ville. Bientôt il n'eut plus d'autre emploi que celui de garde du temple et de commandant des eunuques et de9 ferraschin. Mais Tagd de la ville lui-^méme n'était pas entièrement le maître ; plusieurs des chefs des difFérens quartiers jouissaient d'une grande autorité ; les schérifs avaient léiir chef particulier; on le nommait scheickh es' sadat; son pouvoir était considérable. li résultait de tout cela un^désordre extrême. Quelquefois la population de la ville f celle des faubourgs et lès jardiniers se battaient pendant diE» mois entiers. Dans l'intérieur même, il survenait souvent des rixés sanglantes entre les bail. Voy.daatrArabM. t«
bitans des dififërens quartiers ; dans ces occasions , ils élevaient des barricades dans les rues^ et tiraient les uns sur les autres du haut de leurs toits. On a cité des exemples de gens tirant même dans la mosquée sur leurs ennemis pendant qu'ils y étaient en prières. . .
Depuis une vingtaine d'années, un nommé Ha«. San avait été élu aga du château, ce qui lui. avait valu le surnom d'El Kalaï. Né dans les derniers rangs de la ]pop^ation, son adresse extrême, ses rudes et sa hardiesse l'avaient élevé à cet en^oi. C'était un homme de très petite taille, boiteux, et néanmoins très robuste. On dit que sa voix, quand il était en colère, effrayait même les plus résolus. Après plusieurs années d'une lutte obstinée, ce Hassan était parvenu à concentrer en lui seul toute l'autorité et à exercer une vraie tyrannie. Il entretenait à. son service une garde composée d'habitans de La viUç, de Bédouins et de Mogrebins , et d'ailleurs il avait pour lui toute la populace. U s'était permis des actes de l'injjostice la plus révoltante; il opprimait les pèlerins, leur extorquait de l'argent, confisquait les biens de tous les étrangers qui décédaient à Médine, retenait pour lui seul les surra envoyés de Constahtinople. Il amassa ainsi de grandes richesses. On cite de lui des traits de cruauté et de brutalité qui, couvrent son nom d'infamie. Une richq veuve, âgée , et sa .fille ^ étant ai^rivées de Constantinople pour visiter le tom* beau du prophète, il la fit arrêter et la força de l'é* pouser; deux jours Sifrès, on la trouva morte; il is'empara de sa succession , et peu de temps après îl contraignit la fille à céder à ^ses désir»* Def i^auHtei
nôÉahrciuae» tarent adressées à CoostàntiiM^lecaiitre œ mÊMÈStat} mais le ^nA stdtàti n'ëtoit pa^n assez puissant pour le déposséder; et quand la caraTane dé %rie «rriTait ^ Hassan montrait une atttitiide si impAsaoïte ^ que kai ebeis des pèlerins ne poutaient rien fntrefxrendre contre. hii. Il leur Saseîtaît de grands tibsteelesy et on aitriboa généralement à sesi nBÉBMSurres la niSoeèsilé oh se trouraf la déminé (âtraranei de DiÉnas de heiournèr en Syrié^ ^ptès shroir essayé de 6ontÎBaer son votya^i poStérieÂretaqtetft à k tonqnéte des Wahhabites* LcMrsqiie ees secUâreis commeneéreÉlt à faire desi / ijÉcnrsîons dansle Hedjaz;^ et à diriger tears tJK)iipes eontre Médine^ Hassan se cocidutsit avec plus dé ttefanoe. ]^eiidant les dihUL on trois années qui précddèrent la prise de cette ville > seSftexatioâS ne con^ nurent plus de fimib ) souvent il infli^a \eà chiti-^ mens les plus rigoureux à deS personnes qui riaient rttre elles qiland il pafssatt , prétendsMt qiie c^était sa mai^dïe mal âssui^éé^qui diusait lefur galté. Pendant la nuit leè boutiques étaient volées par léi Arabes ^ son service; qui faisaient la patrotiOile daùè kH rues en bandes nombreuses/^ il était impoSsi^ ble d^dlftenir justice contre ces br%ands. Quand il reconnut l'impossibilité de tenir plus long-teinp*' eoqttre les Wabhabites^ tous fed Bédouins du tô2sinage et la Mecque même s'étant soumis^ il rendit Ik vitte^ à Saoud , k condition d'en conserver lé com^ mandement, ce qu'il obtint ; mais une garnison de WaUiabite& occupa le château/ L^agi àû temple et toui lefc Tures demwrant à Mëdine fiireht obligés d*eii iQ|rtir^ Ne pouvant plia» al<Nrsaé conduire àte^^
la même iniquité qu'auparavant ^ il affecta un zèle extrême pour la nouvelle doctrine , et tourmenta les habitans en les obligeant , avec la sévérité la plur scrupuleuse ^ à se conformer aux préceptes de la croyance des Wahhabites. Saoud montra beaucoup moins de respect pour Médine qu'il n'en avait, eu: pour la Mecque. Il avait laissé le revenu de cette det^ nière cit^ dans les mains du^ $chérif > et les babitans furent exempts du zékaty ou tributque les autres sujets wabbabites payaient à leUr cbef : Saoud .F6r nonea à ses droits en faveur de Ghaleb. Il n^en fut pas de même à Médine; les habitans, qui auparavant avaient ignoré ce que c'était que des impôts, excepte la légère contribution qu'ils . payaient pour leurs terres , furent horriblement foul^ ; et Hassan, ainsi que les collecteurs nommés par Saoud , s'empressa de lever, à quelque prix que ce fût, les taxes impo-r sées par les Wahhabites.
Les caravanes de pèlerins cessèrent 4'a|Tiver. Il n'ea venait plus qu'un très petit nombre par Yambo. Bientôt Saoud interdît le passage de la ville à tous les Turcs; par, conséquent, les.surra furent retenus. Dans ces conjonctures^ les Médinaouis, accablés de malheurs , devinrent exaspérés coDtre les Wahhabites. . .
. Quand Mohammed Âly prépara sa première expédition contre le. Hedjaz, une forte garnison fuit.placée dans le château de la Mecque : elle consistait principalement en Bédouins belliqueux du Nedjd et des provinces méridionales sous le commandement de Medheïan , que SàOud avait nommé, scheikh de la tribu de Harb; Haisaan. déploya un grand zèle pour la
cauM commune, et après la première défaite de Tou • soùn pachaàDjédeidé^ il futconfirmé dans son emploi • Tousoun pacha étant revenu avec une armée plus considénibk) /Hassan 9 qui prévît ses sticcés , négocia avec lui. Il reçut laplromesse d'être continué dans sa place ^ pourvu qu'il favorisât la prise de la ville par les (kmanlis. Dès qu'ils se présraitàresit aux poHes^ il sejoignità eux^ et fut Men accueilli d'Ahmed Bpnaparte^ qui commandait les troupes tunjues. Bientôt la ville fut prise^ et le château se rendit pak* (Capitulation. Mais après que lé parti vrahhabite eut été totalement anéantidans ces oànCons, Medheian^ à qui un sauf-conduit avàk été promis , et Hassam ei Kalaifurentprisetienvoyés parla voiedu Caire àCionstantinople, où ils périrent, comme le dernier du moins l'avait mérité/ quoique ses orimes ne puissent jamais excuscar la ttâhison de ceux qui rarrêtèrènt.
Bientôt après^l'aga de la mosquée, qui était le kislar agassi du sultan Selim , revint et recouvra eu ipartie son autorité ; mais le pouvoir réel était entré les mains du gouverneur turc« Vçrs la fin de i6i4^ Toùsoun pacha arriva ici pour prendre le gouverne^ ment de la Wlle , avaikt d'aller 'attaquer le Nedjd ; je l'y trmivai à mon arrivée. Il ne gouvernait pas mal paffce que sas intentions étaient bonnes , et les habi^^ tans l'aimaient beaucoup à cause de sa générosité et de sa dévotion. Maisd'ailleurs'. U se conduisit d'une màniére.tout à fait impùlitique : il efirayâ les Bé* douÎBS ^n saisissâàit leurs chameaux; aussitôt les vivres furent coupés à la ville y qui éprouva une disette complète.^ ses soldats né tardèrent pas à commettre des excèsi qu'il iségliget de- fkird; ioesseii par
éeê Cbâtîmttii Adirés ion dépajt il fat remplaeé^ f^ois d'avril I Qi5 p par son pèœ M«ïiaiiiiiied AIy> ^qpû^ mi^w: coDseiUë par son ex|)érieiiiœ ^ s'occupa ii^tm^digtement à iiéptirer les Êoiles 4e ^oïLfilsv , Affilie eontÎBUâ à être gouyeniée )>ar un mm^ mandant J:iiPè r c'était I ily a pei| de i^oia ^ im fipcfi!*' «ajfS ,: Thomas Kieith ou Ibrahim sga» dobt j'ai d^ )parié côbime étant Is trésorier de Tioii^oan piiHiÉ^ Vaiitorité ecclésiastique, ainsi que les tntérèD» eti'adifi^iûstration fiuanciére de la mosquée étaient cqnfift ^. l'aga el haxf m> qui avait à son aervice aoûùuatp à q|ilutr^vÂg0 soldats , mélange de Turos, d'Arabeai âe Mogrebin^ A de Médiiiaouisi Le peinsonnage le plus'imporfcaét.apréis li|i était, te kadM, qài^ tdil (bêmpé des Wsdihabites^ avait fité obtigé d^iévaicue^ Ifi pays, lis «dieikh dea^diéoifs ou sadàt^ abwqwi d'autres ^eikàs dé. ia fWm, odmtiaiàaîant à jouir dt beaucoup de cônsidënLtiQli ; je crois iqu'ion riéfinHîve fes Mëdinaouis ont moins d'averstnn iiûe le$ autre! bedsitains da Heci^àK pour les. TuMs^ ieiSFS ÉotaÈtre^ aôtu^ls « quoiqu'ils he jsoient certaiiieinçnt pas vàc^ commodes Gordiatenient avec eux.
' L Avanf l'inraspon deScWahhafaites^ le acfajirtf dn la ftfeiB^Ue avait ici im > officter d'un vaiig itiférie^# pour pia^v^ qH[6l(}ues 4rcâts légers mr il||>plMH tes potagères ^ la tiitiuate et ka autiM d«iii>é«to ^{)pém Mes aa marobéf^'étatt le seM- impôt dé eaigi^Mb que payassedt lés Méd^naouis /et lé dernier vostijja ijkâ la Jundîctioii que lie sehérif dé la Mecquensicéip^ ^t autrefois fsiirfieur- ville y éUfaè dans les, temps modemeS'îllbTait ènti^emènt perdue. SéMpif Qi^h^
»^ xSi ^
bien que je n'en èoU pas 8Ûr^ qu'il continuait àpren-* dre le titre de chef de Mèdine, et que cette ville était encore regardée par la Porte comme faisant partie du Hedjaz soumis au commandement de ce schérif. Plusieurs auteùi^ arabes recommandâbles assurent que Médîiie ,. étant située au delà du versant oriental de la grande chaîne des montagnes^ apparu tient au Nedjd , et non au Hedjaz : cette opinion parait être bien fondée^ si l'on prend en considération les limites naturellel»; mais^ dans l'acception ordinaiire dû mot^ le long de la cote , ainsi qu'à U Mecque et à Médine, cette dernière ville est supposée tenir au Hedjaz^ quoique les Bédojiins de Tinterieur donnent un sens entièrement différent à CQtta appellation.
GHAPITBEX^.
euMAt Ér waMfÈÉ ra iiii>iins<
Je trouvai , pendant les mois d'hiver, le climat dé Médiktelieaucoup plus froid t^e celui de là Mecque. Gqpeiidant la neige y est inconnue, quoique dés TÎéUlatds sei souvinssent d'en ay^ir vu $ur les mônlàgnes du voisinage. Les pluies dliiver n'ont pas d'é- ][)ioqueâie^ elles tombent par intervalles^ et énorag^ tioleus'qtii durent soùvebt un jour entier, ou peut**
être deux, seulement : quelquefois un hiver entier se passe sans qu'il pleuve plus d'uiiefois^ àTexoeption de quelques ondées passagèrjes.^ Alors il survient une disette générale. Les Médinaouis disent que trois ou quatre averses sont nécessaires pour arroser la terre, parce que dans ce cas, les torrens inondent tout lepays, notamment les pâturages des Bédouins» On ne sait ici ce que c'est que ces pluies continues pendant une semaine, ou plus long-temps , qui sont $i fréquentes en Syrie. Après chaque, ondée , qui 'dure vingt-quatre heures, le ciel s'éclaircit, et l'on jouit d'un beau temps de printemps durant plusieurs semj^nes. Les derniers orages arjrivent ordinairen^ent en avril, mais des averses passagères ne sontpas rares même dans, le cœur de l'été.
Les Médinaouis et plusieurs étrangers assurent que la chaleur de cette dernière saison est plus forte ici que dansleS autres cantons du Hedjaz; je n'ai pu en juger par moi-même. J'ai déjà dit que la nature saline de la terre et de l'eau, les mares^d'eau dé pluie stagnante autour de la ville, et peut-être les exhalaisons et les vapieurs produites par les bocages touffus de dattiers dans le voisinage, œndent l'ajir de Médine peu favorable à la santé.
Les fièvres sont les maladies les plus communes : beaucoup d'habitans même y ^nt sujets; les étrangers qui séjournent ici quelquje . temps y échappent rarenient, surtout .au printemps. Yahya ££Fendî|^ médecin de Tousoun pacha , me dit, quaoâ j'étais malade , qu'il donnait ses soins à .quatre-vingts personnes attaquées de la fièvre ; il parauit qu'il fut^ plus Iieuréux dans la cure de tout cç mônde^ilà qu'avec
ixiQ»i. I^ fiévre$^nt presqyiie toutes mtermittentes, et laissent après elles un grand .affaiblissement ; les rechutes sont tté^ redoutées. Quand je sortis, aj^rés mar guérison , je trouvai les rues remplies de coii-* yalescens dont le visage;, montrait que j'avais dans la ville de nomlM:*eux compagnons de malheur. Si ces fièvres ne sont pas guéries dans up certain temps ^ elles oocasionent souvent dans l'estomac et daûsles jaxnÈes des g^sseiirs et des engorgemens, que Ton a beaucoup de peine à faire cessera Les Médinaouts ne s'inquiètent pas beaucoup de ces fièvres intermittea* tes , auxquelles ils sont accoutumés , et qui leur sont rarement funestes; mais il n'en est pas de même des étrangers. Dans quelques saisons , elles prennent un caractère épîdémique , et l'on a vu quatre-vingts personnes en mourir dans m^e sen^ne : heureusement ces cas sont peta communs.
On dit quQ les dyssenteries sont rares. Les maladies bilieuses et la jaunisse sont très ficéquentes. U parait qu'en général la mortalité est bien plus grande ici que dans les autres parties du Levant que j'ai visitées. Mo^ Lpgément était voisin de l'une des pfincipales portes de la mosquée par où l'on fait passer les morts pour lesquels on doit réciter d^ prières. «Fe pouvais entendre de mon lit de douleur les ejfLclar» mations de : La iUdh U AUah . dont cette cérémonie est accompagnée. Pendant les tr^is mois que je gardaiia chambre^ un convoi, au moins , et souvent deux pasèaient sous mes fenêtres. Si on prend pour, terme moyen trois onrps pprtés chaque jour dans la mosquée par cette porte, ainsi que pair les autres^i ifid^ppndyinmen dcfs {pauvres Arabe? qui meurent
«Uns les faubourgs ^ et pour lesquels on fait des prières dans la mosquée du Monakh, il en résultera i peu près douze cents décès par an dans cette petite ville, dont je crois que la population est a^ plus de seize à vingt mille ames> mortalité qui ne peut être compensée par les naissances,^ et qui, [depuis loiig^-temps, aurait dépeuplé Médine si Tamyée oontinuelle des étrangers ne remplaçait pas ces perles. Sur le nombre que je vieiis d'énoncer, je compte dix à douze mille âmes pour la ville même, et lé reste pour les faubourgs.
GHAPITIUS XXI.
¥0TA6B 0B MiDIllB A TASM.
" il atrîl i8i5. Notre petite caravane salant rëii- Aie l'après-midi près de la porté extérieure ' de la ville, nous sortîmes à cinq heures du soir : c'était là même porte par laquelle j*étais entré trois mois auparavant : j'étai alorspleinde santéet deforce, mé livrant à Tespérance d'explorer, en retournant eii Eg^ypte , des parties dît désert inconnues et intéres» Slintes; maintenant, épuisé par une maladie de languettr , abattu , découragé, je ne fôrmds plus d'autre VQMi que celui' d'arriver ' Uentôt dans un lied tftieal et salubre , ou je pourrais rétablir ma santé«
m^ tUS ^
Le terrain ^i^ de ce c6té, mène à M^ine tft roeaiHeux. A peu près à une distance de trois quarts d'heure de marche , on rencontre une descente esèarpëe, courte, bordéç de rochers, et pavée pour faciliter le passage des caravanes. Nous marchions laiu â.-O. j S. Eh une heure on parvint au lit de rOuadi el Akik, torrent qtii, par leâ dernières pluies» avait reçu une augmentation si considérable dés montagnes voisines , qu'il ressemblait à une rivière large et profonde j nos chameaux n'osèrent pas le traverser. Le temps étant beau , nous espérions qijé le lendemain matin il aurait beaucoup diminué, et, inconséquence, nous campâmes à El Madderidjé, lieu situé sur ses bords. Il y a là un. petit village ruiné dont les maisons en pierre étaient bien batie$, un petit birket ou réservoir j et, à côté. Un puits $n ruines. Les habitans cultivent des champs siU" left rives de l'Ouàdi Akik ; mais les incursibns des Bétiouins les avaient obligés de se retirer.
L'Ouisidi Akik a été célébré par les poètes arabes (i). Ses bords sont ornés d'un grand nombre d^asdiour qui> eu ce moment, étaient en fleur. NoUft fiihnes accompagnés jusque-là par beaucoup de Médinaoûiis qui voulaient faire honneur à l'un àeà moufti^ de la Mecque ^ venu pour visiter leur vi!l$
(i) Suivant Samhoudî ce torrent se termine dans PEl Ghaba ou Kagballa , terrain bn a l'onest èe M^ine, dans les montai^es, et bk tqm les tor^ens 4e te ctontoa se dtfçiiAi;geit. Il éà tvmi que sltiril rive orientale de ce torrent se trouvait le Kasr el Meradjel , petit château arabe. En allant de la vers le Ghaba ^ le torrent traverse le canton d'El Nakia. Le ZV\ Haleïfi^, station des caravanes, avec uti p^ tit cUiteaa et un réservoir cpii fut rebâti en 86i A. H. , ^ta$t situ^ sa^ les bords de rôtaA Akik. G*«USlttiéût-itreladdeiiJlj^: ' '
et retournant dans ses foyers; il comptait se séparer de notre caravane à Ssafra. Il avait avec lui plusieurs femmes et des tentes* Mes autres compagnons de voyage étaient de petits marchands de Médine allant à,Djidda^ pour y attendre l'arrivée, des navîreii de rinde; enfin , un riche négociant de Mascât que j'avais vu à la Mecque, où il faisait soq pèlerinage : il avait dix chameaux pour porter ses femmes, ses petits enfans ,. ses domestiques et son bagage ; à chaque station , il dépensait des sommes considérables ejDi aumônes. U me parut, sous tousies rapports, un Arabe généreux et respectable.
23 avril* Le torrent avait diminué ; l'après-midi on le traversa ; pendant une heure on voyagea dans une vallée étroite, en rémontant le long de ses bords. Au bout d'une heure ^ et deniie^ on le quitta; la jplaine s'ouvrait à l'est, (ni la nomme ici Esselselé; <m marchàU à l'O.-S'.-O, Les pierres éparses à la surface du^sol étaient calcaires. Au bout de trois heures et demie, on entra de nouveau dstns la montagne et pendant toute la nuit on en suivit jes vallées qui descendent en pente, douce. Au point du jour , on passa dans la plaine d'El Fereisch, où j'avais campé la veÙle de nion entrée à Médine. Après une marche de douze heures et demie , on fit halte^dmis la partie supérieure de l'Ouadi es Schobada ( i ) •
A peine noujs avions déposé notre bagage qu'un orage affreux éclata ; des coups de tonnerre épouvantables se succédaient sans relâche, les éclairs em- V , . ■ . . "■ '
(i) Lei distances de ce 'voyage ne sont pas exactement d'accord avec eelles qne j'ai donnëet en allant à Mé^ne^ mais j'ai Jpensë qve j« deraîa Itf citer tdlesqae je Ut t^uT« i%aU€i ^Jana mon joturnaL
»-* iSj «-•
bnBaientratmosj^ère, b pluie tonibatt à torrens. L'Oiiadifot inondé dans mi instant. Nous craignîmes d'être, contraints d^y pass^ la Journée entière. Je trouvai un abri dans la tente du négociant de Mas* cat. L'après-midi ^ la tempête cessa ; nous partîmes à deux heures 9 et au bout d'une heure on passa devant le tombeau des martyrs déSchobada, compara gnôns de Mahomet. On^ -continua à descendre lentement rOuadi^ principalement dans la directicm'du S.'4.-*0. Au haut de cette vallée , commence le gra-* nit; les rangs supérieurs de cette chaîne sont .calcaires. Après cinq heures de marche , on sortit de rOuadi. Pendant la nuit^ on passa devant les plaint de Schab-el Hal et de Nasié : au bout de treize heures et demie ^ oh c^nipa au niilieu des montagnes, dans rOuâdi Medik^ large vallée qui est sur la route de Nazie à Djédeïdë^' éloignée de deux heures de la première, et ou nous avions passé pendant la huit dans mon voyage précédent, j'appris que l'on rencontre des chèvres sauvages , et que les [Anthères sont communes dans la partie septentrionale de ces montagnes 9 entre Médine et la mer.
24 avril. Quelques Arabes dé k tribu de Béni Salem cultivent ici des champs de dhôurra arrosés par l'e^u d'une belle soprce qiu. jaillit d'une fente des montagnes où elle forme plusieurs, petits bassine et de joUes cascades ; depuis^ lés montagnes de Taif , je n'avais pas bu de si bonne eau. .On partit l'aprèe^ midi; il plut beaucoup d^uis^midi jusqu'au coucher du soleil. Il y avait dans h caravane plusieurs peivsonnes malades et convalescentes, notamment <lee femmes, et toutes se plaignaient. Fendant la npit
j'avais éprouyé une forte attaque de filèvl^&;}'eb fiift repris aujourd'hui , et cek dura jusqu'à Yaflokbo. Ge qui m'incommodait le plus^ c'est que j^ transpmM abondamment pendant la nuit , et que rèrs le point du jour je ressentais des aecés de frisson^ Im car^Tane ne pouvant faire halte à cause de moi , je n'avais pi^ leqaoyen'de changer de Unge, De plus nous éticon» obligés de camper sur un terrain humide^ et eomme le^ dbameliers étaient peu nombreux^ jfi ne pouvais éviter d'aider à charger les chameauj^i^ mqtk Bédouitf étfnt un des drôles les plus méchansr et \e9i plus ptr i^QBseux que j'eusse jamais rencontrés chfez cette oartio©.
Qn suivit pendant deux heures et dtinie les sinuo-^ sites de. I2L vallée jusqu'à Kl Kheïf ,où coBoonene^ L'Ouadi Djedeidé ; le commandant d^. poste, turc ^a^ tîanné dans ce lieu, nous demanda des neuvellei^ di4 quajrtier général; il n'en avait pas reçu deMéditie d»» puis quinze jours. Les Turcs p^adant le^r campagne dans le Hecyaz^ n'avaient établi nulle part des emxa^ viers partant régulièrement. Tousoun. paeha resta souvent quatre mois à Médine sans être informé de TarB^ée commandée par son père : et ee dernier a'obtenait ordinairement des renseignemens de la Mec-que et de Djidda que par le moyen des caravanes;, laremiait des expr^ étaient dépêchés et eescoré ifiQiM existait-^il une communication suivie par terre e^tfe te €aire et la l^Iecque. C'est non seulement sur 0» point y mais aussi dans beaucoup d'autres défafls. dala gUiorre, que les meilleurs généraux turcs montPfttLt ua manque incroyable d'aetivitë ou de pré^ ^«ooe qû siUrprond mém^ les Bidouins, eidott
çKpos^ 1^ OpératHms de ces militairetà des dbaA«çes défavoFables toutes les fois ({u'ils p^eontrent un épnemi plus vi^j^Iaut et égal en force* : J^ camp des soldfets à Kheif était complétiainràt fOfmdé^ jet toute la largeur de la Tallée courerte d'tai tormit rapide* Ou mandba sans s'arrêter; an bopt 4^ trpi^ heures ou passa devaut Djedeidé, puis àjDar el Hàmrà.oÙL. l^s Arabes avaient cultÎTé pli»^ aieuri cWmps nouveaux depuis mon passage^ ali .,jaioj[^ dé janvier précédent. L'aboad«uiice des phiieè 4tait un pronostic certain d'doe année féconde; las haJbitanS'de tous les lieux bue nous rencontrions mit la ' route ne ma^quaient jamais de demander à nos guides si tel ^t tel endroit du pays haut était bien hii^ piectépar la pluie. 1^ sept heures on atteignit Ssafina. Jua partie de là caravane qui allait à la Mecque se , sépar^ ici de nous; elle n^avait loué ses chaiheaui: que pour cette portion de là route et avait Je projet d'en prendi^ d'autres pour contimier son voyage | ceux qui l'avaient suivie juscpi<e4à vinrent avee upus à yambo. Tous ceux qui sont employés aux trsya^sports eptre la c6te et Médine, afqpartiennent à la tribu des Harb*
On ne resta que quelques mînuteis vers iainuit t Ssfi&a pour prendre du caf!^ d^s une cabane^ et on continua à marcher à l'^ouest de la route par laqsdk j'élsuBS venu de }a Mecqise. Des plantations touffues de dattiers forment une ligne non interromipue M fàk^fp^ ooté de la vallée étroite où bous desocftidioBS leatçn^nt* Au bout de neuCheunès rot deode tio«l passâmes à £1 Ouaseit^ vifiageliki anniHen d^cUtt^ I^M^j^t ^QjMvé 4e ywtftiygdin» A ihaqnepas on
rencontre des sources ou dffi puits d^eau viye. Un peu au delà de ce village^ on laisse la yallée à droite et on gravit une montagne escarpée , parce que ce chemin est {dus court que par 1& vallëe ; celui de la montagne était raide et rocailleux : nos guides nous obli|;èrentà aller à pi^ ; ce ne fut pas sans peine que je réunis mes forces pour atteindre au sommet; de là on descendit par une pente moins nldé ^ et après douze heures de marche^ on se retrouva dans la tablée près de Djedid ^ petit village. La montagne qiiè nous venions de frapchir porte le noiù de Theniist Ouaset. La vallée, que nOus avions laissée à droite, tourne à Tiouest en décrivant des sinuosités ^ Ten«^ ferme plusieurs autres villages ; j'entendis nommer les suivàns : Hosseinié, près de FOuaset ; {dù's bas ïàra tt, Baràké dans le voisinage de Djedid. Au dessous db rOuaset, la vallée est regardée comme apparte^ nant à l'Ouadi Beber, et au dessus de cette montagne, à Ssafra. Djedid n'a quepeu de dattiers et dé champs : ee village est dans une plaine que le torrent traverse après avoir arrosé les plantation^ de la^partie supérieure de rOuadi. On continua à marcher dans cette plaine, pendant une^heure dans la 4unection du S. 5o 0. Au bout de treize heures on entra dans une chaîne de montagnes se prolongeant à l'ouest ; c'est la même dont j'ai parlé, dans mon Voyage à Médîne , comme' se détachant de la grande chaîne près du Bir es' Scheikh. Nous avancions dans une vallée large, sablonneuse et un peu sinueuse, 'qui, après une marche très fatigante de quatorze heures et demie, nous amena à Béder • .,:a5 avril. Béder, nommé aussi ÎBéder Honéin, est
une petite ville dont les maisons bâties soit en pierres, soit en terre, ont meilleure apparence que celles de Ssafra, quoiqu'elles soient moins nombreu* ses ; elle est ceinte d'un misérable mur en terre, ruiné en plusieurs endroits. Un ruisseau abondant traverse Béder ; il a sa source dans les montagnes que nous venions de traverser et coule dans un canal en pierre j il arrose de vastes bocages de dattiers, ainsi que des jardins et des champs situés au sud-ouest de la ville ; quoiqu'à une certaine distance de son origine^ son eau est un peu tiède, £1 Asami, l'historien de la Mecque, dit qu'El Ghouri sultan d'Egypte fit construire à Béder un beau réservoir pour les pèle* rins; je ne l'ai pas vu et j'ignore s'il subsiste encore^ Béder est dans une plaine bornée au nord et à l'est par des montagnes escarpées, au sud pai* des coteaim: ro» cailleux, à l'ouest par des coltines de sable mobiîeJLa caravane des pèlerins s'y arrête oixlinairemçnt. L'emplacement où ils avaient campé près de ia. porte de la ville,, quatre mois- auparavant, était encore couvert de carcasses de chameaux, de haillons, de fragmens d'ustensiles brisés. Béder est célèbre dans rhistoire d'Arabie par la bataille que Mahomet y livra, dans la secondé année de lliégîre, aux Koreîsch supérieursea forcé et venus au secours d'une riche caravane attendue dé Syrie qu'il voulait attaquer. Quoique très malade, j'allai à pied, avec le pèlerin de Mascat, au champ de bataille où nous guida un habitant de Béder. Au sud et à peu prés à un mille de distance de cette ville, au pied des coteaux, oh voit les tombeaux de treize compagnons du prophète, tombés en combattant à ses côtés. Ce ne sont que dès tas de terre , entourés d'un