CHAPITRE PRESOËR
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- Saoud, principal propagateur de la doctrine nou* TeUe> était le fils aine d'Abd el Azis qui fot assassiné en i.8o5; Sa mère ^ fille d^Abd^di-Wahab, avait eu deux autrçs fils ,' Abderrahman et Abdallah. Saoud mourut de la fièvre, à Deraieh , au mois d'avril 18 1 4^ €t on peiïtf attribuer à sa mort les malheurS' qui bientôt api4a fondirent sûr sa nation. On dit qu'il était très l}fll bomme et qu'il avait une de ces phy^ sionomies magnifique», qui distinguent sa familleu U portait Is^ barbe pluik lobgue- que ne Kont généralor
ment les Bédouins, et des moustaches si. touffues que les habitans de Deraieh rappelaient Abcu Schouareh y le père des moustaches.
Tous les Arabes et même ses ennemis i^antent sa prudence dans les conseils et son hat)Ueté à décider les litiges; il était très instruit dans la loi musutmane, et la rigueur de sa justice, quoiqu'elle d^^ut | beaucoup de chefs, le rendait cher à la grande mas^ des Arabes. Depuis le motnent où il commença à régner, il ne combattit jamais en personne dans une bataille ; toujours placé sur une position à quelque distance en arrièiis des armées , il en dirigeait les mouvemens. Les Arabes racontent que, dès l'âge -de douze ans, il avait payé de sa personne dansuncomr bat, à côté de son père Abd el Azis.^
De sa première femme qui est morte, il eut huit enfans ; un des plus âgés est Abdallah qui, pendant la vie de son père , occupait la seconde place dans ses état9,'et après ^on décès lui succéda dans le gouvernement suprême. On rapporte que, dès l'âge de cinq ans, Abdallah galopait sur sajument>et il brille plus que son père parla bravoure, s'étaht fait une règle constante de combattre partout em personne. Durant la vie de Saoud, Abdallah passait pour être doué de facultés intellectuelles d'un ordre supérieur, et on le regardait comme i^n prodige de prudence et de sagacité ; mai3 les mesures qu'il a adoptées pour s'opposer à Mohammed Aly semblent prouver que, sous ce rapport, il est bien loin de posséder les talens de son père. Il est estimé^dans le désert pour sa libéralité et ses mœurs sociales. Il épousa une fille de la tribu des Zâb dans la province de HasSa. Le plus
célèbre de ses frères, chez les Arabes, est Faïsa!, réputé rhomme le plus beau et le plus aimable de Peraîeh ; les Arabes lui sont très attachés* Il a livré plusieurs combats aux Turcs dans le Hedjaz. Saoud avait de la prédilection pour son fils Nasser, qui fut tué dans une expédition contre Mascat. El Turki commanda souvent des corps volans de Wàhhabites dans l'Irak et du côté de la Syrie. Saoud eut de sa troisième femme trois fils, savoir : Omar, Ibrahim, €t Feheïd. ,
Saoud ne permit jamais à ses enfans d'exercer quelque influaice dans les affaires publiques, excepté à Abdallah, qui participaità tous ^s conseils. Néanmoins il leur était très attaché. LesMekkaouis se rappellent encore avec plaisir qu'au temps du pèlerinage, Saoud était une fois assis sous la porte de la ka'aba pendant que ses gens couvraient cet édifice d'une tenture neuve^ et que de nombreux pèlerins faisaient leur promenade sainte à l'entour. Dans ce moment, l'épouse de son fils Feheïd parut, tenant dans ses bras un de ses jeunes enfans. Elle venait d'arriver à la Mecque pour le hadj ; «lie s'empressa d'aller à Saoud, afin de lui présenter l'enfant qu^il n'avait pas encore vu. Il le prit dans ses bras, le baisa affectueusement, et en présence de tous les pèlerins assemblés le pressa sur son sein à plusieurs reprises.
Indépendamment de sa femme , Saoud , conformément à l'usage des grands personnages du Nedjd, avait plusieurs esclaves ou concubines abissines. Il demeurait avec toute sa famille dans une grande maison bâtie par son père sur le penchant d'une mon-
n. Voj; dans r Arabie. 18
tagne un peu au dessus de Deraîeh. Tous ses mr. fans avec leurs familles, et tous ses frères avaient leur suite d'appartemens séparés dans cette habita-r tioq. On dit qu'il était un peu jaloux die ses frères | il ne les nomma jamais à un emploi de confiancis, lu ne leur permit de sortir de Deraîeh. Il gardait ses trésors dsçns cette maison et y recevait toutes les personnes que leurs affaires appelaient à la ville. C'est là que les grands émirs ou les chefs des tribus cou* sidérables étaient reçus et régalés à leur arrivée; tanr dis nue les gens d'un rang, inférieur logeaient chez leurs connaissances ; mais, s'ils venaient pour afiaf* res publiques, il$ pouvaient dîner et souper à la mai* son du chef, et en emporterla ration journalière de leurs chevaux et de leurs chameaux. On conçoit sans peiné que le palais était constamment rempli d'hôtes. Saoud admettait facilement toi^^ le monde, mais U était difficile d'obtenir une entrevue particulière sans son désir spécial. Il avait plusieurs portiers ^^tiens qui à prix d'argent laissaient, entrer dans les appartemens à des heures inaccoutumées. La manière h plus sûre de se procurer accès auprée de lui était d'attendre devant l'appartement intérieur jusqu'à es que quelque grand scheikh ' pî^ssàt, et alors on cut trait avec sa suite. Saoud donnait des audiences publiques tous les matins de bonne heure , entre cinq et six heures du soir^ enfin plus tard encore dan$ la soirée. Après souper, il rassemblait régulièrement tous ses fils qui se trouvaient à Der^ïeh; toutes les personnes qui avaient envie de lui faire leur cour se joignaient à ce cercle de famille. Un des oulémas lisait quelques pag^ du Koran ou 46S traditions
mentaires des meilleurs auteurs. E^p^if)^ 4'^Utte4 oyl^m^^ fais^ien): de^d^çgoiS 4e h ti^éo^ mwière^'et S^Pïj4 lerminjiit tOHjourç rassemblée «tt)pnenftPit 1« liyre dput iVwtetrprptî^itphaQup pasi^^ge 4ilpcile* Qa dit qu'il égalait gt peptrôtm ^UPp^saait tous les oulé-: ip^» d^i^^ia Gonnaipi$wce 4^ açatiK>v«i:^es i^dUgieur . ses^ et deM joi eii géjiéliQlî So^ éli)(lûeQea était ad?^ qi|:^ Vinfvér$^llpm6pf I s|i yoix étaii doutée elsq^^içre à la fqisi pqqui fai^ajli dji^ aux Arabes « iquetoutefises p£(rp|e^ ^ll^ipnt jufiq^ ftu: cceur . » fiaiisi^es Dccasionsh- If^r S^pud ^t^it le seulquipaJrlâtj^ /mais il arrivait Sf^YI^ qu'il y ^Vait d^e» pQÙl^s 4^ jJBrisprudttnce à d^scpt^; ^]fm il ^'ipipa^î^ntait qntiiiuefois^t argu^ ]Befi|4J4l ^y^c beaucoup :d^i!^iéhéHi0Bce^'.raîUa«t'Boa ajdversi^ire , et se {f^oqualnt da €on* Jgiui|:*£^nof' déni 4»* CQjjjàtrqverse,^ Après nyoii). ((continué db la so|:tepeft4'^
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Sapud, était enflammé d'indignation quand un Arabe essayait de Je tromper par un mensonge. Dans ces occasions, il prenait quelquefois un bâton et de -. sa main rossait lïmposteur, mais il se repentait bientôt de ces accès décolère, et priait toujours les persouQes présentes d'intervenir et de l'empêcher da frappçf quelqu'un dè$ qu'an le !2erxait &cl courroux^
c'est ce qui arrivait fréquemment, et il remerciait de rintervention.
Fendant son séjour à Deraïeh , Saoud sortait rarement de chez lui, excepté pour aller le vendredi à la mosquée voisine. Les Arabes imputaient cette réclusion à la peur , supposant qu'il craignait d'être assassiné comme son père; certainement il avait dans la nation assez d'ennemis brûlant du désir de venger le sang de leurs parens qu'il avait versé , et prêts à conspirer contre sa vie, s'ils eussent entrevu la possibilité de réussir dans leur tentative ; mais ses amis disaient qu'il était occupé toute la journée chez lui à étudier. On sait que, durant plusieurs années àpréi la mort de son père , Saoud porta constamment une cotte de Willes sous sa chemise. Les Mekkàouis racontent que, ^pendant son séjour dans leur ville , il était toujours entouré d'une garde d'élite / et que nul étranger n'osait l'approcher seul. Il n'allait pas même à la grande mosquée , ni ne faisait le topr de la ka'aba, sans une suite nombreuse, et à l'heure de la prière il ne se plaçait pas, comme font les per^ sonnes de distinction, dans le mékàm'el Haubali, mais ii montait sur le toit du Bir ou puits de Zemtzem, dont la position était plus sûre , et il priait sur ce toit qui forme le mékaih el Schafeï.
Il voulait que non seulement dan$ son palais, mais aussi dans tous ses Etats , on restât assis quand il paraissait, et à ses madjilés ou assemblées du soir , chacun s'asseyait là où il pouvait trouver une place commode, quoiqu'il fût généralement sous-entendu que les grands émirs se mettraient près de lui. Ses fils cadets étaient confondus avec là foule ^ prêtant
une oreille attentive à tout ce qui se disait ^ mais ne parlant jamais. Les Arabes qui entraient prenaient ordinairement la main de Saoud , après lui avoir préalablement adressé le salut de ^paix "; il s'informait poliment de la santé et des affaires de tous ceux qu'il connaissait dans l'appartement^ Le grand scheikh^ en arrivant à la résidence de Saoud, lui donnait et en recevait un baiser, suivant la coutume des Bédouins. En lui adressant la parole, on ne faî^ sait usage d'aucun titre pompeux ; le peuple disait simplement : « 0 Saoud! » ou « 0 père d'Abdallah!» ou « 0 père des moustaches I » De son côté , il appelait chacun par son nom sans aucune dé ces phrases cérémonieuses ou complimenteuses qui sont si communes parmi les nations de l'Orient en général. .
Dans son costume, Saoud n'affectait pas de se distinguer de ses Arabes; il portait un abba, une chemise et un keffié ou mouchoir de tète ; on dit pourtant qu'il choisissait ces objets parmi les plus beaux que Deraïeh pouvait fournir , qu'il était d'une propreté minutieuse, et. que son kefEé était constamment parfumé avec de la civette.
La principale dépense de la maison de Saoud était pour ses hôtes et ses chevaux ; on dit qu'il possédait plus de deux mille de ces animaux, tant chevaux quejumens. Il y en avait toujours à peu près quatre cents à Deraïeh j les autres étaient dans la province d'El Hassa, où les pâturages de trèfle sont excellens. U avait les plus belles jumens de TArabie. Il en avait pris quelques unes à leurs maîtres, soit par punition de leur mauvaise conduite, spitpour amendes;
mais il eii ayatt acheté beaucoup à un {yrix trè^ élevé ; on sait cju'il à. payé pour utie seule une $ômme ëqiaivaleute à 5âo:liYres sterling;
Il accordait à chacun de ses fils une suite de éëtit ou cent cihquanfë cavaliers; Abdallah, {)^dant k vie de soh père, eh avait plus de trois cents. Il faut 'Y ajauterun grand nombre de délouls ou chailieauic prompts à la course ; Saoud en entretenait la meiUleiireraoe de l'Arabie.
; • Le nèinbre des personnes de sa màisqn et des étrangers qu'il nourrissait joumellemelit se moti*tipt à présde cinq cents. Le riz , le blé bouilli ( boï^ l^bol '} , les dattes et le moutoiï , composaient les mets principaux. Saoud permettait à ses fils parvenus à rage adulte et aux grands scheikhs de mafiger à sa table; il donnait à ceux-ci du riz et du mouton; le borgbol et les dattes aux étrangers du commun. D'après ce que j'ai appris de sa manière de vivre, et'du prfx-des denrées dans le Nedjd, il parait que toute sa maison > non compris ses gardes-<lu-corp^ <jui sont Jwyés par le trésor public, lui coûtait an* htrellement de dix à douze mille livres sterling, fit opposition av ec la coutume des Turcs et des Bédouins, il lie célébrait . jainais aucune fêté de circonci^on tiahs sa maison ,' parce que, dtsait'^â^ elles n'avaieiflt jamaisilietii dans . les premiers temps de l'iidlamisme. Cependant il laissait à, ses Arabes la liberté de se di«verlir. dani ces tottes d'occasions. Il sdeniiisait avec Jbeackx)up de podàpe lés noces de ses enfans* Quainhl 9on iils ïeheid ^pèusa sa cousine , la fête du mfiH i[*iage , k Peraâ'eb, dora trois jours. Le prenàier joùr^ ile.|)érB«delaflQ!ariée, frère de Saoud y rëgatla les hôtes
ijtiî cbmplpenaîent tous les habitahs mâles de la TîUe, et un grand nombre d'étrangers : pil'leur gèrvît la chair de quarante chameaux femelléè. et de cinq cents brebis. Le second jour, Sadud lui-même égorgea pour Ses hôtes cent chameaux femelles et huit cents lM*ebi8. Le troisième jour , uri autre de ses frères trâitd toute la compagnie.
Saoud entretenait chez lui beaucoup d'esclaves iioirs. Il ne voulut jamais permettre à aucune de ses femmes ou de ses concubines de nourrir elle-même ses ehfatis mâles ; il avait toujours des nourrices toutes |Jfétes à cet effet ; elles étaient généralement prises |)armi ses esclaves abissînés. J'ai parlé d'un usage seriiblable qui règne chez les schérifs de la Mecque; Mahomet fut élevé dans la tribu des Adouan.