‹ Voyages en ArabieChapitre 20 sur 40 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

601TVEKNEMEKT PES tlTÀHHABITES.

Ce gouvernement est une aristocratie àla tête delàquelle est placée la famille de Saoud . Ce chef divisa ses ^ Etats eii plusieurs gouvemetneiiSy qKi comprenaieilftr' tùf^eh \ek tribus arabes devenues sédentaii^s. Gha-

que grande tribu bédouine a aussi un |;ouverneur ou scheikh , auquel plusieurs petits chefs sont subordonnés. L^ grands scheikhs bédouins , auxquels les petites tribus sont obligées de montrer de la déférence, reçoivent du chef des Wahhabitcs le titre honorifique ^Émirel Oméra. Les principaux gouvememens sont ceux des territoires suivâns : El Hassa^ el Aredh; Saoud le garda dans ses mains, parce que Deraïeh est la capitale de cette province; El Cassïm , Djebel Schmmjïcir ^ el HarçLmeïn : il comprend la Mecque et Médine; El Hedjaz ; ce nom^ dans le sens que lui donnent les Bédouins, s'applique aux cantons montagneux au sud de Taïf ;. enfin , El Vemen: Les gouverneurs ou émirs de ces provinces exécutent les jugemens rendus, mais ne sont pas juges, puisque Saoud a placé partout ses propres kadhis. L'autorité de ces émirs sur les Arabes est très limitée, et n'excède guère celle d'un scheikh bédouin indépendant, excepté qu'il peut contraindre à l'obéissance en emprisonnant le traûsgresseur et en lui imposant une amende pour n'avoir point obéi. Si lui-même commet une injustice, un appel est porté au grand chef; c'est pourquoi Deraïeh est constamment reir.pli d'Arabes venus des cantons les plus éloignés pour plaider contre leyrs scheikhs. La principale obligation de ceux-ci, indépendamment de l'exécution des jugemens, est de recruter des troupes pour l'armée wahhabite , et d'aider les coHecteuïs d'impôts.

s En tempsi de guerre, les chefs de ces provinces, âftisi qu^les gi;:ands sckeikhs bédouins, forment* un conseil; en temps de paix, Sçioud ne consultait quç

les oulémas de Deraïeh. Geux-^i appartiennent principalement à la famille d'Âbd el Wahab^ fondateur de la secte; ils sont nombreux à Deraïeh, et y jouissent d'un crédit considérable. Leur famille est nommée Aoulad es Scheikh. Je ne sais pas positivement quels droits ou privilèges ils possèdent; cependant il est certain que Saoud leur communiquait toutes les affaires importantes, ayant de donner une décision finale. Le chef des Wahhabites peut paraître un maître absolu, mais il connaît trop bien l'esprit de «es Arabes ponr essayer de les gouverner despotiquement. La liberté des personnes est maintenue comme autrefois ; et il semble qu'il administre la justice plutôt comme un chef puissant que comme le seigneur de l'Arabie. Il est dans le fait soumis au contrôle de ses propres gouverneurs ^ qui tous ont une grande influence dans leurs provinces respecti* ves, et qui ne tarderaient pas à se déclarer indépendans s'il les traitait avec injustice. Des exemples de ce genre ont entretenu l'esprit de résistance contre le pouvoir arbitraire , auquel les Bédouins ne cèdent jamais. L'autorité des gouverneurs est contrôlée par un certain nombre de scheikhs inférieurs ; et nous trouvons en conséquence beaucoup de petites hordes prêtes à défendre leur cause contre la tyrannie du grand scheikh qui, en les réunissant toutes dans un système de gouvernement, a réussi, après des luttes violentes , à établir en Arabie un ordre de choses également avantageux à la sûreté publique et aux intérêts privés.

Maintenant (ï8i6) le gouvernement des Wahhabites est héréditaire dans la familière Saoud. Abd el

ë^ i8a ^HÉ

Acis, de iob vîTftùt^ les sôtDmà de jûtér ohéiékàrï(ié à «on fils Saoud ^ celui-ci , à là mort de àon père , hii succéda dans Taiitorité suprême , sans oppiosition : ensuite les scheikhs ont également juré fidélité à Abdallah, durant la vie de son père Saoud. Toutefois les Arabes ne regardent pas cotnme riécessaîre ^e la digtlité de chef suprême passe du père au fils. Saoud aurait pti nommer un de ses frères pour sptl successeur j car nous croyons que le système suivi dans tout le désert pour l'élection 4û chef d'une tribu, l*ést aussi à Deraïeh.

Le chef des Wahhabites nomme fet révoque à Sôti gré les scheikhs des villes, des cantons et des tribus J îhàis il Cotifirme généralement les choix faits par lès Arabes ; et si un scheikh se montre attaché à sa tàuse , il permet toujoul*s à son fils ou à son îrêré dé lui succéder.

GHAPIlUE m.

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