ADMINISTRATION DS LA JUSTICE
Toutes les plaines et toutes les vîUës de TArâl^hl étaient autrefois plongées dans le même état d'atiai^ chiequi règne encore dans les tribus restées îndépett^ ddntes des Wahhabites , et dont on vëtra la descripi tion dans mon tableau des Bédouine. Abd el Azis et Saoud enseignèrent à leurs Arabes à obéii^ à k loi^ à maintenir la paix publique^ et à ^'en rapporter y dans leurs contestations^ à un tribunal ^ sans' jatnaiif recourir aux.armés. Abd èl Azis fut le premier qui fekiToya des kadhis dans les cantons où Ton recOli^ naissait son. autorité. Il les choisissait parmi les pluâ capables et les plus équitables At ses homiAes dodtes/ leur assignait des ëmoluniens annuels tirés du tréscMP public, et leur défendait de recevoir des préSenS otif des rétributioils de^ pârtiefs eti litige. Ces kadtiis devaient jug^r èbnformétaeut aux Idis du Korah etf de la Stintia* Totas les Arabes devaient pbrteï* devàht eux le^ujet de ïetars contestations; maîs^îls j>Oiivàieic(if appeler de leurs JûgiétbetiS au cfhef suprême. • *
Abd el Aiîs s'occtipa ensuite de gàràtïtîr le pay* d€s «rdeurs. Avant qu'il eût adquîs un poiivoît étlf-^
fisant^ tout le Nedjd et même toute l'Arabie étaient infestés de partis hostiles qui les parcouraient^ et le grand nombre d'états indépendans y rendait impossible l'établissement solide de la paix intérieure. Abd êl Azis , et encore plus son fils Saoud, ordon*nérent que^ dans le cas^ où les voleurs ne pourraient être connus^ les habitans de chaque territoire seraient responsables des brigandages commis dans son étendue , et ceux qui , étant assez forts pour résister à l'invasion d'un camp ou d'une ville, manquaient de l'inclination ou du courage nécessaire pour remplir cette obligation , étaient punis d'une amaide équivalente à la valeur du bétail ou des autres choses enlevées par les bslndits. Par là , chaque t^ibu devint vigilante pour protéger ses voisins ainsi que les étrangers passant sur son territoire. Ainsi les vols public^ et particuliers cessèrent presque totalement chez les Arabes sédentaires , de même que chez les Bédouins, qui auparavant trouvaient le plus vif plaisir à volçr et à piller. Pour la première fois , petit-^tre, depuis le temps de Mahomet, un marchand isolé put traverser avec une sûreté complète le désert d'Arabie , et les Bédouins dormirent sans la moindre crainte que leur bétail fût emmené par des déprédateurs noctu^es.
Les deux chefs wahhabites semblent avoir eu particulièrement à pœur que leurs Arabes renonçasseï]^ à la coutume établie depuis long-temps de se charger eux-mêmes de punir un ennemi , en usant de représailles. Us s'eflForcèrent .donc constamtnent^ et j^us spécialement Saoud, d'abolir le système de la vengeance du sang et d'engager les Arabes à se
(Contenter d'un prix stipulé , pour le sang d'utt parent. Cependant le chef ne put jamstis , à cet égard^ obtenir un succès complet; il a fréquemment contraint la famille souffrante à accepter l'amende offerte par celle de Thomicide; mais si un acte de vengeance a été coiïimis avant qu'il puisse donner dès ordres relativement à l'amende , il ne punit pas l'homme qtd s'est prévalu de Fancienne coutume arabe.
Si des disputes s'élèvent entré ses gens et occasion Uent des coups ^ et si les paréns des deux partis épousent respectivement la cause de leurs ainis^ comme cela arrive ordinairement en Arabie , et que dans la rixe il y ait effusion Ae sang , Saoud condamne sans miséricorde tous ceux qui ont participé à cette af&ire^ et les punit soit en prenant leurs ches vaux 9 leurs chameaux et leiïfs armes, ôû en con-> fisquant pour le trésor public quelque chose de ce qu'ils possèdent.
Dans une querelle entré Arabes , si l'un d'eux tirait son poignard et en blessait un autre ^ Saoud im-* posait une [forte amende à tous les spectateurs pour avoirlaissé les choses aller si loin. Si^ malgré les loi» contre la guerre, deux tribus commençaient les hostilités, Saoud envoyait immédiatement des messagers aux scheikhs, et insistait sur une réconciliation, exigeant une amendé de chaque tribu et les obligeant à se payer l'une à l'autre le prix de la vie dé ceux qui avaient péri dans la première mêlée. Les tribus avaient l'ordre de porter toujours leurs disputes publiques devant le tribunal de Saoud , dont l'autorité était si redoutée > que l'on a vu un seul nègre de sa maison
^prêter, p^r souçpflamai^4pRei)<|,/pivgr?P4«çl^R^ s^q. milieu de soq. caipp, kt l^n^piapr.Rppniiipi?. ^ Peraïeh. , .. . •• ^ . . ... ';.;::-,■ . ,;,•... ,
Saoud était reconpu pomm^ un bPTOfla* d'HWpJHS^ tice incorruptible V iMi3 on tro^^aif ses , ^ntai^çps contrie le^ çoi^pjrble^ trop sfévèrcs^Ss^gr^W^ p^nér ^tioa lui fai^^it bientôt découvrir, l(g^ t^9ipjl^ qHÎ préyijriqyaient, et ii Içs p^^ jasait tpujoijr^ .4'u**^ manière exemplaire. Toutefois les châtimens qft'iV infligeait n'étaient pa$ prue}^ , epoi^ mt'^ i^ju*^ .q^e^ 4epui3 la morLdesoi?:.pèrep qupjrCiàpiîVlh^flf^ 8ei|}ement i^Faient ^t^ pis à ^^o^t ^jE^^îqh^ 1^ JS^ dbuiM ppssédimf rareioept dp rarg«^t4H(ïwaî^ ,:4> kpr imposait unesnae^^d^ ep afoevai^x, en cb^m^ia, fi|. eiQL tH*^i3^ C'est cet^e^ sévérité ^^i ^, ^wX^yégOfiiftf^ ji«|. t»J(^t d'epnepw^ p^trw s?s ppppip i^ab^. "fi W ^f^^i pecta japifiis 1^ proteaioi^ ^çcpffdii^ à Up délipquwt ]^4'^utr^ Arabes ; IJi abolit les Ipis dn.dak}M3lil^.<^^^ de la protection dans tous ses États-, Ibpqu'oA 1^. employait pçnar sou^iUaire qiiçlqu'uiji À h ^^1^ de la justice. Si un Arabe en at^é utx autre, il pe^jL c^rcher le daJ^beïl chez un epnepii ppur^^çbapper ^la vengeance immédiate de^ parens dn défwt; m^is U ne peut rester^ sous cette proteic(ioi;i qu^ Jusr qu'au n^omeat où la loi le réclame, et «iors il 4wfc être livré. ,
Les grands scbeikhs accordent Une sorte de piio^ tection .aux délinquao.s accusés de petita^ déUu. Un A»^be qui était dans ee ca«, /et qui ioraignait de jialaJitre devant iSaoud, se plaçait sous la sauvegarde ide ^^elque scUeikh jouissant de quelque crédit aupvôf^ 4mcbef* iCe sçb^kb intercédait, /et généralefnenidér
cicUit Sa0u4 à remettre le chàtimeat ou ^.h 0ommHer en une amenda légère.
L'offense que Saoud avait le plus fréquemment à punir ét^it la liaison de ses Arabes ^vec les héréti<* ques. Pansji^s premiers temps de la foadation de la. croyanç/e des Wâhbabites , les ordres les .plus positifs furent dpnnés pour que toute communication \fi!t ipterdite entre eux et Its nations qui n'avaient p^^ encore adopté la tUQuvelle doctrine : on disait qve le glaive seul devait servir comme argument avec ceUas^ ci; ^vepeiidaptles habitans du N^jdr^yant habitude de visiter fréqujemmeut Médine, Djimas^ Bagdhad et 1^ p^ys voisins , ils désobéissaient continilellement à ces ordres^ de sorte qu'à la fin Saoud jugea nécear? saire de se Telacher de sa sévérité sur ce point. li cpnn|v|i même tacitement ^ dans la deroière période du badj de Syrie ,.i ce que ses Arabes transportassent des provisions pour la caravane ^ et lui-même prit une piastre forte par chaque chameau de ses gens employé de cette manière; néanmoins , à l'exceptiom de ce genre d'affaires, il ne voulut jamais permettra à aucun de ses Arabes de commercer avec la Syrie oua veç Bagdhad^ jusqu'après l'année 1 8 1 o que com* mença l'eiipédition partie d'Egypte. Cependant la loi existait encore ; elle portait que si un Wahhabite, bédouin ou marchand , était trouvé sur un chemin n^enant à %m pays hérétique , oe que prouveraient la direction de la routé et la nature du charg^nnent^ tous ses biens en marchandise» et en bétail devaient être confisqués au profit ,du trésor public ; mais à son retour d'un pays hérétique y ce qu'il possède est respecté* '
Les impositions arbitraires nommées dans le liet ant avanies sont absolument inconnues dans les Etats des Wahhabites ^ où l'on n'exigeait jamais d'aucun individu qu'il payât plus que ce qu'il devait au collecteur des. impots, ou au trésor, pour l'amende d'un délit. Les gens riches y sont à l'abri de la rapacité diégouvernement , et c'est peut-être le seul pays de rOrient où il en soit ainsi. Les riches négocians de la Mecque, dont les magasins renfermaient les plus beaux vêtemens bédouins, ne furent jamais obligés de compter la plus petite somme , ni mème.d'offirir un présent de quelque valeur à Saoud.
Toutefois Içs Arabes murmurent d'une sorte de réquisition forcée; car leur chef leur envoie souvent Tordre de'venir se joindre à lui dans ses expéditions contre les hérétiques. Dans ce cas, ils doivent se pourvoir de vivres, de chameaux ou de chevaux, et ils ne reçoivent d'autre paie que le butin qu'ils peuvent faire. Par conséquent, ces sortes de campagnes *sont très coûteuses pour eux. D'un autre côté, tout homme qui a encouru le déplaisir de Saoud pour une légère offense , est sûr de se réconcilier avec lui en l'accompagnant dans ses .excursions.
La sécturité parfaite résultant de l'administration rigoureuse dé là justice plut naturellement à tous ceux qui étaient le plus exposés aux déprédations et aux désordres de tout genre ; c'est poun^pioi les habitans sédentaires du Nedjd, du Hedjaz et de l'Yemen conçurent un attachement «incére pour le nouveau système, parce qu'ils avaient le plus souffert des défauts de l'ancien. Les caravanes les plus considéra-* blés , chargées des productions de la terre , traver-
saient sans nulle inquiétude tous les cantons du pays; les habitans ne craignirent plus que leurs moissons fussent coupées sur pied ou détruites par les tribus errantes. Ces dernières^ au contraire, qui avaient tonjours vécu de pillage et d'attaques commis sur les autres , trouvèrent beaucoup plus de difficultés à obéir à un gouvernement dont le principe fondamental s'opposait directement à leur manière de subsister. Il n'est donc pas surprenant que quelques unes des grandes tribus bédouines aient hésité à embrasser la croyance des Wahhabites, jusqu'à ce qu'elle^ y aient été contraintes par un pouvoir supérieur; et elles ont prouvé, par des révoltes fréquentes , combien elles étaient impatientes du frein qui leur était imposé dans leur manière de vivre ; il faut y ajouter leur répugnance à payer le tribut. '
Si Saotrd était connu comme juge sévère dans les cas de transgressions et comme implacable envers ses ennemis, il. n'était pas moins renommé comme ami chaud et sincère , et comme attaché à ses partisans anciens et fidèles. Tout scheikh qui a montré du dévouement, à Saoud peut compter sur sa protection constante , sur son assistance dans toutes les infortunes, et même sur un dédommagement complet pour toutes tes pertes, quelque considérables qu'elles puissent être, qu'il aura éprouvées à son service.
Le plus grand châtiment qu'encoure un coupable est d'avoir la tête rasée par l'ordre du chef des Wahhabites. H n'est infligé qu'aux personnes dç distinction ou aux scheikhs rebellés; c'est pour quel-*ques uns une ignominie plus insupportable que la