CHAPITRE VI
GHALEB SCBÉRIF DE LA. MECQUE IBT lE PACHA #É BAO- DHAD FONT LA OUFJl|lE AUX WAHOABITES. LES VILLES SAINTES DE LA MECQUE ET DE MÉDINE SONT FRISES FAR CES SECTAIRES. ' ' '
Durant mon séjour en Arabie, je m'informai fré-* quemment s'il existait par écrit une histoire dès Wahhabites , regardant comme probable que quelque Savant de la Mecque ou de Médine eût composé un ouvrage de ce genre ; mes recherches furent vaines. ï^ersonne ne prend note des événemens quotidiens, et les dates sont bientôt oubliées. Un petit nombre d'hommes, très bien instruit de ce qui s'est passé dans son voisinage, ne sait que peu de choses des événemens qui sont arrivés loin de là t ainsi avant dé pouvoir rédiger un récit complet et satisfaisant des affaires des Wahhabites ,. il serait néces-^ saire d'entreprendre un voyage dans toute F Arabie. Bagdhad, par sa position rapprochée du Nedjd^ centre des possessions wahhabites, est, dans les circonstances présentes, lé lieu où vraisemblablement on pourrait refcueilUr lès renseignemens les plus exacte.
Je vais donner sur ce peuple extraordinaire queU ^ues détails antérieurs à l'époque où les Turc* reconquirent le Hedjaz; événement que je pui$ racon-
ter avec plus de fidélité^ parce que j'ai séjourné dani ce pays , pendant que la guerre continuait encore. Les Wahhabites avaient durant prés de quarante ans établi leur doctrine^ fait dejioialbreux prosélytes^ conquis successivement le Nedjd, et soumis la plupart des grandes tribus bédouines qui font paître au printemps burs troupeaux dans cette contrée, et ensuite se retirent dans le désert. Cependant la guerre n'avait pas été déclarée, et ks . Wahhabites n'avaient pas encore empiété sur les droits des deux gouvernemens voisins de leur pays, celui de Bagdhad ^ù nord^ et celui du Hedjaz au sud. Les caravanes de pélerinsJe Damas et de Bagdhad traversaient leur territoire sans être inquiétées ; l'accroissement . de leur puissance et leur persévérance ^ propager leur doctrine semblent avoir d'abord excité la jalousie du schérif Ghaleb. Toutes les tribus sédentaires du Hedjaz et plusieui::s de <^elles des frontières de cette contrée étaient soumises à sqn autorité et en partie sojiis son influence. Les tentatives faite$ par Abd el Azis pour gagner les dernières à son parti , après qu'il eut subjugué leurs voisins, ne purent être vues avec indifférence par Ghaleb que l'on peut considérer plutôt comme un puissant scheikh bédouin que comme un prince de l'Orient : les mêmes causes qui occasionent des guerres continuelle^ entre toutes grandes tribus du désert voisines les unes dçs autres, jetèrent les semences de la zizanie entre ce schérif et les Wahhabites. Peu d'années après son avènement au gouvernement de la Mecque, Ghaleb commença ouvertement les hostilités avec les Wahliabites, verô 1^92 ou 1 793. Cette guerre continua jusqu'à la reddition fifi^e de la Mecque» Son jwrti
lut alors l*enforcé par les tribus méridionales! déâ Bëgoom^ de Tarabà;iles Béni Saletn; dé Béisclié ; de Ghàmedy du Zohran, et par les nombreux Èèdàùins voisins de Taîf. Ces guerres st faifsaieiii à \A iûkhiëi^ des Bédouins^ et n'étaient interrompuei ^Ue p^i dés trêves de peu dé dutée. Les âeth, partis étivabti»saient à l'improviste lè territoire èfnnènil, et oit {tenait réciproquement du butin sans beàliooup dé perte ou d'avantage. Ghaleb, qui était àlor^ eri ctt^respondane^ régulière avée la Porte , et qui réCétaSt cbsique année les caravanes de pèlerins , né ûé^igëk aucun moyen de prévenir le gouverhèmétft tuijc 6ontre ses ennediis j il les représenta comme àei iûrfidèles^ et leur conduite envers les hadjis (urcs^ âe eontriboa pas à afiaiblir cette impression défavèràble. La Porte écouta d'autâïit plus volontiers dés représentations^ que les rapports du pstchû. de Bàgdhad étaient absolument de même nature. Ce pacha, ainsi que le scîhérif delà Mecque, à de rihfluendc strf les nombreuses tribus bédouines dé soti voisinage. Plusieurs de celles-ci étaient déjà en guerre avec les Wahhabites, dont les expéditions répandaient laf terreur le long des rives derÈuphrate; le pays autour de Basra était ravagé presque tous les ans pai^ une armée de c^ sectaires, qui massàcMiient beaticôii][> d'Arabes établis sur les bords méridionaux du fîeùvè, et obéissant au gouvernement de Bagdbad.
Les pèlerins persans qui allaient a la Mecque par la voie de Bagdhad et de.Deraïeh se plaignaient, à leur retour, des vexations multipliées des Wahhabïtés, àix cbef desquels ils étaietf t obligés de payer une capittftion on un droit de passage considérable.
Jli}ÛÈtym,mtk»maéètà de F Ariifiié ne ^ÉSHft
âEuéM conTénablement placée que Bagdhad pour ufiè atàique contre Deraïeb ; aéanmoins le pacha de cette Ville a si peu de ressources pécuniaires et son autorité est reconnue si imparfaitement même dans sa |frdvince, que juscjii'en 1797 il fut impossible d'en- Reprendre defc hostilités sérieuses. Alor» l'invasioA de Deraïeh fut projetée ; Soliman pacha était^ à celte époque^ gouverneur de Bagdhad) homme distingué par sa brayoiire> don énergie^ son équité ^ et les taléns xiécessaireè à un grand personnage turc qui yeut se maintenir dans son poste ; son lieutenant dans lè gouvernement, fut chargé de la conduite de Texpéditiôn qui partit de éette ville; Farmée était composée d'environ cinq mille soldats tujrcs et d'un ioombre double d'Arabes des tribus des Dhofir , des Béni Schammar^ et des Montefik, alliées des Osmanlis. Cette armée marcha parallèlement à la côtç du golfe PerSique', à travers un désert oçl l'on trouve des puît$ à chaque station. Elle s'aîvança d'abord vers la province d'£I Hassà, la plus riche et la plus fertile de celles que possédaient les Wahhabites. • ' Au lieu de se porter brusquement de ce lieu sur Deraieh^ qui n'en est éloigné quede.cinq'à six- jours de route, on fit le siège de la citadelle d'El Hatôa que l'on s'attendait à prendre aisément. La résistance S6 prolongea pendant un mois; l'arrivée d'un gros eorps de troupes wahhabites^ sous les ordres de Saoud, fils d^Abdel Azis, fit beaucoup douter du succès, et les Turès se décidèrent à se retirer • Saoud^ qui l'avait prévu, partit avant eux, et alla camper avec son armée à un dès puits nommés Thadj , et situes à troié journées d'El Hassa. Il rendit inutile
Tautre puits de cette station, éloigné de deux milles, en y jetant plusieurs charges de sél qu'il ayait fait apporter par des chameaux. Les troupes de Bagdhad firent halte à ce puits; on conçoit combien les hommes et les animaux eurent à souffrir de la qualité de l'eau. On ne jugea pas non plus qu'il fut prudent de marcher, parce que Saoud aurait pu fondre sur Tarmée par surprise. De son côté, le général wahhabite n'osa pas attaquer les Turcs dont l'artillerie était formidable pour lui et pour les Arabes^ Ainsi les deux armées restèrent pendant trois jours en présence Tune de l'autre; seulement un cavalier de ^aque parti escarmouchait de temps en. temps entre les deux camps. Enfin, des pourparlers eurent lieu, et là paix fut conclue pour six ans entre Saotid le Wahhabite et le pacha de Bjagdhad; ensuite cha^ cun s'en retourna tranquillement chez soi.
Le mauvais succès de cette expédition: fut la première cause des malheurs qui bientât é)pfès accablèrent, de toutes parts, le parti des Turcs,les Wahhabites ayant appris à mépriser les troupes ottômar nes.La paixne tarda pas à être rompue. Une caravane de pèlerins persans , escortée pai? des Wahhabiles, fut attaquée et presque totalement pilléé> entre HiUé et M esched, par des Aral>es de la juridiction de Bagdhad. Le voisinage de Basra, fut de pouveau ravagé par des bandes de Wahhabites , et le sac d'Imam Hosseïn en 1 80 1 répandit là terreur parmi tous les véritables musulmans, autant qu'il releva le courage des sectaires : la vénération montrée à ce tombeau du petit-fil3 de Mahomet fut une cause suffisante de lui attirer la fureur des Wahhabites.
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Gihq mille personnes furent massacrées dans la ville ; il n'y eut d'épargnés que les vieillards^ les femmes et les enfanSy j'ai dit précédemioaent pourquoi le haret el Âbasié le fut également. Le dôme du tombeau de Hossein fut démoli ; heureusement les trésors de cette mosquée^ ainsi que ceux de Mesched Aly, avaient été mis en sûreté et ensuite transportés du côté de Bagdhad. Les Wahhabites^ ayant placé des troncs d'arbres contre le mur qui défendait la ville d'ElHossem, l'escaladèrent, et pendant cinq ou six jours égorgèrent et pillèrent les habitans, puis ils allèrent attaquer les Arabes sédentaires des rives du Schatel-Ârab ; mais ils furent repoussés par les Arabes Zebeîr et par les habitans de Mesched Aly ; néanmoins ils réussirent à emporter tout le butin qu'ils avaient fait précédemment^^et retournèrent chez eux. Il parait qu'après le sac d'Imam Hosseïn, les Wahhabites étendirent beaucoup leurs vues, surtout une seconde campagne dans les environs de Bagdhad ayant échoué.ThpenischeikhdesMontefikavec son monde, et les tribus deDhofir, de Schammar et de Béni Kab, aidés d'un corps de soldats turcs, avaient n^arché contre leNedjd, sans faire halte à £1 Hassa; cette troupe marcha droit à Deraïeh et parvint au puits de Ssebeïhi éloigné seulement d'un jour de marche d'El Koveït, fiulre puits très fréquenté qui est à cinq ou six journées de la capitale des Wahhabites. Pendant que les troupes y étaient campées, Thoeni fui assassiné par un esclavede Béni Khaled, Wabhabite fanatique. Saoud s'approcha immédiatement, et les soldats de Bagdhad s'enfuirent; plusieurs milliers d'entre eux , qui ne connaissaient pas les chemins^ furent