II. Yojr. danf FAribie. si
taillés en pièces; cependant la plupart des Bédopinï purent échapper , beaucoup des premiei^ retournèrent la nuit suivante au puits de Ssebeîhî^ afin de s'y procurer de Teaù , et espérant aussi {)a^èr sans être aperçus, ou être traités en prisonniers^ Saoud, qui ne voulait pas se départir de son u^gê ordinaire, ordonna à ses Arabes de les égorçer toa^ Les Arabes du-Nedjd et du désert septetitrioi^ài montrèrent plus d'hunianrté que les autres-; ils eâ^ diérent dans leurs tentes beaucoup deieurs inforttK nés ennemis, leur donnèrent de Teaupour leur rôcilè et les renvoyèrent avant le point du /our-, 4ab^ qu'au contraire les Bédouins du ^ud, botamitietit Hsi Kahta'n etles Ateïbé, massacrèrent impitoyabiemieôt tous ceux qui se présentèrent à leurs teiites. Toutesfois, malgré leur fanatisme et lesordres^dè leiïr ch(Ef> ils né purent entîèremient étouffer leurs sentitnèns hatiirels ; un témoin oculaire m'a assuré que pllsH sieurs dé ces malheureux errans avaient eu la fa<5iittS d'étandher leur soif aVant de recevoir ïe coft^ morCèl. J'ai d^à dît que le chef des Wahhabftes ti'accorde p^s le droit dèdakhèïloûde protection^ ttoWt itMlivJdà voilé à la mort pair la loi ,' 0[>àime énnétaaii itt^ÔUvé tel armes à la main.
Abd el Azis, père de Sàroùd, bbttimefjça ^k ïSoi à aitaqn* Ife Bedjaz et le schérif Ôhîalë^ àvé^plM de persévérance et^ zèle qu'il n'en iavait ïâototirë auparavant. Ghaléb, datis ses eampagnefs^ cbtitre 1^ WahTiabîte8> avait été alternativement vainqnçur et vaincu : îl avait une fois pénétré dans le Nedjd , « ^ài^é en sa^^ssessîon Scha'ara, petite ville de la pr« Vlttcte^de ««s^îifi. Une autre fois, <5erDé^r iVjttii
deë Wahhabited y il se fraya pendant la îliiit u4 tihémitï à travers leurs rangs en combattant, et è^gqi Beïsché avec un petit nombre des sièn$^ Petidàiil quelques années; les Wahhabi tes avaient étendti leur epoyahce et leurs armes chez la plupart dès ti^ibus vivant ddns les montagnes ati sud -de Tâïf ver$ TYemen : AbdU Notka, i'un dès scheikhs d' Azis, fût nptnmé commandant de tous ces montégnàrds , hommes d'Une très grande force ; même les Arabes du voisîfaagis de Taîf furent obliges de Sè rendre 6il t8di. Dthman el Mèdhaifé, scheikh des Adouâb qui vivent dans ces canl6ns, etbëaù-ftère dé Ghaleb, était Ik^uis plusieurs anhëes eti initiiitié avec lui; comme il se distinguait par toutes les qualités pièces^ saires à un chef de Bédouins, Abd elAzis, âpres avoir subjugué le pays' , le nomma chef des tribus de Taïf et de la Mecque, et de celles qui sont au nord jusqu'à moitié chemin dé cette ville à Médihe, Alors Ghaleb fut serré de prés , néanmoins il ne perdit- pas son énergie; il réuhit le reste de ses Arabes fidèles, et essaya encore une fois d^envahir le Nedjd; sa tentative n'eujt ^ué |)èu de succès.
En 1802, Othtoaii el Medhâïfé assiégea iTaïf; dette jolie ville, le séjour d'été de tous les riches Mekkaouis , et le paradis dû Hedjaz comme l'appellent les Arabes^ fut prise après îirie résistance vigoureuse et partagea le sortxl'lmàrn tlosseïn, avec c^tte différence que la haine d'OtbihaA pour le schérif le porta à détruire la plupart des beaux édifices , et à massacrer toute la population sans exception, ses soldats n'ayant pas reçu l'ordre d'épargner les infirmes ni tes enfans. Daiïs lé cours de la même année^
Medhaïfé prit aussi Gonfodé^ port sur le golfe Arabn que, à sept journées au sud de Djidda et appartenant au schérif.
Ces succès avaient sinjg^lièrement enhardi les Wahh^ites : jusqu'alors les caravanes de pèlerins d'Egypte et de Syrie étaient régulièrement arrivées dans le Hedjaz, quoique schérif Ghaleb eût fait tout ce qui était en son pouvoir pour produire une guerre ouverte entre la Porte et les Wahhabites. X^jezzur, pacha d'Acre , avait quelquefois , pendant qu'il était pacha de Damas , conduit lui-même, avec beaucoup de pompe, la caravane à la Mecque ; Abdallah, paella d' Aden, en avait usé ,de même. Ce dernier avait plusieurs fois rencontré à la Mecque, dans la plaine de r A'rafat , toute la troupe des pèlerins wahhabites, et il y avait eu échange de présens entre luiret Abd e\ Azis. En refusant de laisser passer les caraVanes, il paraiti que les sectaires agirent par des motifs religieux, puisqu'ils savaient que les soldats qui accompagnaient les pèlerins n'entreprendraient pas des hostilités dani un pays où ils pourraient être soudainement enveloppés et privés des moyens de recevoir des secours et des renforts ; mais les hadjis s'étaient toujours comportés si indécemment , leurs chefs avaient si ouvertement sanctionné les actions les plus répréhensibles, et,les cérémonies du pèlerinage même avaient été tellejBent déshonorées parla conduite des dévots, que Içs Wahhabites, qui avaient long-temps insisté sur la réforme de ces désordres, résolurent d'y mettre un terme. La caravane de Syrie fil le pèlerinage pour la dernière fois en 1802.
Dans la partie septentrionale du Hedjaz^ les Wah-
mJ 3a5 ^
habites attaquèrent la puissante et belliqueuse tribu des Béni Harb, et bloquèrent Mëdine.
En 1 8o5 , ils effectuèrent la conquête totale du Hedjaz; alors leur puissance s'étendit au delà des bornes qu'elle avait eues auparavant • Saoud fils d' Abd el Azis et Othman el Medhaïfé ^ ayant réuni , au commencement de cette année, une armée considérable à Taïf, livrèrent pluaieurs combats à schérif Ghaleb^ puis s'approchèrent de la Meccpie , et établirent leur quartier-général à El Hesseïné, village à une heure et demie de marche au sud de la capitale, et où les Mekkaouis avaient beaucoup dejoKes mai- «oni de campagne ; les troupes légères des Wahhabites entourèrent de tous côtés la cité sainte ; elles attaquèrent le faubourg El Moa'bedé qui est à Fest, et l'ocôupèrent pendant un certain temps, ainsi que le palais du schérif situé dans ce quartier; de là elles firent de fréquentés irruptions daiïs la ville, qui n'est pas défendue par des murs. Ghaléb, inébranlable, résistait bravement. Il pratiqua une mine près de son palais ; quoiqu'elle né réussit pas complètement, elle força cependant l'ennemi à se retirer.
Alors les Wahhabites coupèrent l'aquéduc qui amène de l'eau douce de l'A'rafKt, et lès MeJkkabuis furent réduits à la nécessité dé boire l'eau saumà* tre des puits. Au bout de trois mois de siégé, ils commencèrent à souffrir extrêmement de l'usage de cette mauvaise eau et de la disette des vivres. Ghaleb et ses soldats avaient quelques provisions à leur disposition, mais il n'en était rien distribué parmi les classes inférieures, qui étaient ainsi obligées dé s'aventurer pendant la nuit à aller ramasser
de l'herbe sèche sur les montagnqs voisines^ p^ur les chevaux du schérif , et recevaient en retpuif um poignée de h\é, à la résidence de ce fi\ieï. . .
Qljaiid tous les chats et tous les chiens de Mé4illie eurept été mangés , et quand ]e schérif vil 9es pri»yisioi^s diminuer^ il sortit de la ville avec son mondt, en^men^nt toute sa famille et san bagage ^ et après avoir mis préalablement Je feii aux choses qu'il n -aurait pu emporter que difficilement. Il se retira à Pjidda, abandonnant la Mecque à spn sort. Xie leiademain^ les principaux habitaos capitulèrsiit, ou plutôt se rendirent à discrétion ; Sapud fit son entrée le p^èn^e jour. Ces ^vénemeps se passèrefrt on avril e{; en mai 1 8o3, les Mekkaouis se raîppelleHt encore ^vçc reconnaissance }'excellente discipline o^ î^ervée par ces farouchps Wahb'abites en entrant daps la ville, il n'y eu(; pas le moindre t&cès de commis. I^ lendepiain toutes li^s boutique» furent opverjtes par ordre de.Saoud, tous- les objets doi)t ses soldats i^vaiept besoip, furent p^yjés argent «comptapt; Saoud 4éclara qu'il jurait pu prendre la viÛe d'assaut depuis longtemps , mais qu'il avait voulu ^yiter le désordre et les excès, et il dit aux oulémas, en plein conseil, qp'il avait vp Mahomet en songey tt auiB le prophète l'avait menacé qu'il mourirait avant trois jours, si upseul grain xle blé était pris ^de forée 4 la ville sainte.
Alors les habitans de la Mecque devinrent vah-
habites , c'est à dire qu'ils furent obligés de priée
plus ponc.tuellement qu'auparavant, de mettre de
' côté et de cacher tous leurs beaux habits de soie, et
dç s'abstepir de Suxq^r ep public^ Abd el Blaièn^
frère de Ghftleb, fut place par Saou4 à 1^ t^te 4u goi^ivernement de la ville , et Il)n Namé ^ savaut de Heraîeh^ fut nommé kadhi. Ce juge b^édouio fut si tkjuitahle que ses sentepees ont presque pa^sé en proverbe^ et maintenant les Mekkaouis disent , par dérision de Lejar k^dhi vénal de Constanlinople : u Voilà Ibn Nam,é.qui passe! » A cette époque^ on cessa de réciter lea prières pour le grand sultan dans 1a mosquée.
De la Mecque , Saoud tourna ses armes contre [Pjidjda où schérif Ghaleb s'était réfugié.- Cette ville fut assiégée pendant pjàzp jours ; les ixabitans com*- )>attireqt vaillamment : Saoud^ désespérant de^pouypif* forcer jea remparts^ s^ retira^ ]Seaucoiip de gens assurep( q^e Ghaleb» qui avait fait des préparatifs à bor4 d'un grand i^vire pour s',éc)iapper par mer^ acheta la retraite de S^o^id par u^ don de cipqiiante mille piastres fortes. A(or$ les'Wabhabites retour^ilèrent vers. le- désert du nord* /Ghaleb sortit de Djidda et reprit^ en juillet i^oS, le gouv^rqement 4e la Mecq^e; la petilfi garnison ^abbabite des .deux chajteai^x capitula^ Qt Ab4 el Maie^ ^ homme 4'un caractère paisible » lit 4e nouveis^u sa soumission à wn frère : cependapt Ghaleb» Sachant qu'il ne pourrait pa^ défendre Ipnd-temps la plac^» conclut I^ientôtuppomprpmis aveoJSaoud» et, se rendit. Les détail^ 4e ce(.teguerrerquQiqu'elle n!eut eu }ieu que o^ze ans avant mes voyages dans le Hedjaz» me forent racontés d'une manière différente par les 4i- :?er^s personnes avec qui>j!en parlai. •
Ghaleb obtint» 4dU3 cette circonstance , des conplu» fatoraU^ aitô celles oui étaient ordi-
nairement accordées à d'autres clièfs prosélytes , il garda la possession de ses villes et de leurs revenus. Plusieurs tribus bédouines eurent la permission de rester sous son autorité , et en considération de sa haute dignité^ ainsi que du respect dû à tous ceux qui habitaient la cité sainte^ ni lui, ni les'Mekkaouis ne furent requis de payer tribut au grand chef. D'un autre côté, le schérif renonça aux droits de douane à Djidda, en faveur de tous les vrais Wahbabites.
La prise de la Mecque fujt le signal d'autres avantages dans le Hedjaz : la tribu des Qarb fut coùtraiiite de céder après une lutte difficile , ce qui exaspéra tellement les Wahhabites, qu'ils les traitèrent plus rigoureusement que tous les autres Bédouins du pays; les Béni Sobh, branche des Harb, se Aiaintinrent avec succès dans leurs montagnes escarpées, et ne purent jamais être réduits à la soumission! Yambo se rendit, qtiand les Béni Harb et les Djeheïné, autre grande tribu dé ,cette contrée, eui*ent embrassé le parti des Wahhabites ;. Médine suivit bientôt cet exemple, au commencement du printeinps de 1 8o4- Hassan el Kaladji , le principal personnage de cette villcj où il avait usurpé une autorité despotique , et s'était rendu çotipable d'injustices énormies pendant queles Wahhabites empêchaient touteespèce d'approvisionnement d'arriver, finit par s'emparer du trésor conservé dans le tombeau d^ Mahomet^^en partagea une partie entre ses adhérens , puis proposa de se tendre. Les habitans de Médine, qui sont,, beaucoup plus que ceux de la Mecque, portés pour les Turcs, et qui vivent uniquement des profits ^'ik
(irrat des pèlerine venant visiter la mosquée , ne furent pas traités avec àtitant de douceur que les Mekkaouis y le tribut usuel leur futf detnandé; mais les propriétés particulières furent respectées. L'Âga el Haram^ principal officier turc de cette cité Mainte, et nommé par le sultan , fut obligé de sorti^ de Médineavec beaucoup de hadjis turcs : ElMedheïn^ que le chef des Wahhàbites avjait nomipé scheikh de toute la tribu des Harb , fut chargé du gouvernement de la ville.
Les Wahhàbites exigerait avec une rigidité extrême la stricte observance de la loi relativement aux prières. Tous les jours après celles d,u matin , de %idi et du soir, l'appel nominal des Médinaouis adultes avait lieu; quiconque ne répondait pas était puni. Une femme respectable, accusée d'avoir fumé avec une pipe persane y fut placée sur un âne, rayant sn^ndué au coup la pipe dont le long tuyau flexible, en faisait le tour :'dans cdt^ équipage y elle fut promenée par toute la ville; Hassah el Kaladji conserva son autorité et continua à molester les habitans. . <
Saoud vint bieintôt après visiter la ville suinte et dépouilla le tombeau de Mahomet de tout ce qu'il possédait de précieux; les vases d'oravaient été pré^ cédémmçnt soustraits. II essaya ;^^ement de démo» lir le dôme élevé au dessus du sépulcre, et fie voulut permettre à aucun pèlerin turc, de quelque côté qu'il vint, de s'approcher de Médine; quelques uns qui essayèrent d'y arriver par Yambo , furent maltraités : leurs barbes furent coupées, les Wahhàbites qui la portent courte , ayant déclaré que le pro-
llhéjte «'«n avait jamais eu ^qe au$$i lo9gii« et auîai touffue que eelle des Turcs 4u noi;4* Pu Peste ^ t^ Be furent que les Wahhabites 4^ classes inSériewes <|ui ^ comportèrent ainsi pour se moc[uer des Tiiro«, ^ non 4'aprés aucune loi ou aucun ordre.
Ceperidant les sectaires continuèrent à[ visiter Médine^ en honneur de Mahomet ^ et 'à visiter déyotettientia mosquée de ce prophète^ mais noii comme les autres musulmans^ 9on tombeau qu'elle renferme. Cette tombe ne souffrit aucun domfnage^ quoique Saoud regardât comme des actes d'idolâtrie les visites, les prières^ ou les invocations qu'on lui adressait, et que conséqueniment il prohiba* Cepear dant il est faux d'affirmer, à l'exemple des Tures» que leii Wahhabites abolirent le pèlerinage de Màr
Mêipe avant la pris^ de cette ville, ^es grabds pèlerinages par caravanes, avaient cessé; odlq de Syrie commapdèe par Youssouf Âga, offîckr d'Ab^ dallah pacha /n'avait pu, en i8o3, arriver à Mèdine; parvenue à une petite distance de cette cité , elle avait rebroussé chemin; et n'avait pas été inquiétée dans sa retraite. Les pèlerins d'JÉgypte, de cette annè§*là, n'osèrent pas s'aventurer sur la route de lerre> puisque les Haib et les Djeheiné étaient dev^ •sus Wahhabites; mais le mahmal et quelques hadjis et un corps d'environ cinq cents soldats , sons, le oomm^ndeinent de Schérif pacha, nommé par ia Forte gouverneur de Djidda , allèrent par mer à cette ville. Les pèlerins persans avaient été également retenus- depuis 1 80^, il en fut de méâie de ceux de i^Y^mtn ji ^e sorte qu'après i8o3, il n'arrii^ plusse
«aravane régulière de hachis à la Mecque ; quelques uns seulement réussirent à y parvenir. Le mahnial fut détenu à-Djidda;^ et Schérif pâeha mourut ^ans lé Hedjax en 1 8o4 ; ^^ soupçonna qu'il avait été em^^ poisonné par Tordre de Ghaleb.
^ Abd el Âzis survécut à la prise de la Méetpie , Éiais il ne fiit pas témoin de celle de Médiné. Il fttt assassiné en 1 8o3 par un Persan dopt les WaKh&l^ tes avaient égorgé tes parens; il eut pour -successetir -son fils'Saoùdy supérieur à son père dans les qualités nécessaires à un chef religieux de Bédouins guerriers. Depuis plusieurs années il les^ avait commandes dans toutes les guerres^ et c'est à lui qu'on petit attribue^* la conquête du Hedjaz.
fondant que Médine était contrainte d'admettre da AS ses murs les Wahbabites du nord, ceux du sud
Ad s'oceilpatétit pas avec moins d'activité II étendre la {niissânce de leurs armes^ Abou Notka ; scfaeikh des Asir^ était depuis quelque temps en guerref avec le schérif Hamoud qui /à cette époque^ gouvernait la cote de l'Yemen, depuis ies environs de Gmifôdé jusqu'à Beïth elFakîh; il avait détaché ce cantbn de ïa juridiction de ^l'imam 4e Sana'a^ son ptù^ prodfie parent. Hamoud^ pdeiià 4e confiance dani les nnïrs de sa ville et dansr un ^orps de six cents cavatiers qu'il avait à son service^ avait toujours refusé d'embrasser la croyance des Wahhabi tes. Vers la fin<fe cette année i8o4 , Abou 'Notka descendit des mon«tagnes avec une armée nombreuse d'Arabes , et répandit une telle multitude de Wahbabites le long die la oôte que Hamoud fut obligé de's'enfuir : Loheïà et Hodeïda , les ailles naritimes les plus viches de
rYemen^ furent pillées ; mais Abou Notka ne se hasarda pas à rester long-temps avec ses troupes dans cette contrée y il regagna ses montagnes d'où il te^ nait en échec toute la côte de l'Yemen. Hainoud fit profession de la nouvelle doctrine.
Quoique le He^jaz fût conquis , le pouvdîr du schérif qcmtinuait à y être très grand ; son nom et le respect que sa dignité inspirait , son grand talent pour l'intrigue, son influence personnelle sur beaucoup de tribus bédouines, qui résistaient . encore à Tautorité de Saoud, .enQn les riches présens qu'il faisait à ce dernier chaque fois qu'il venait à la Mecque, engagèrent le chef des Wahhabites à conûiver à plusieurs actes de Ghaleb. Quand Saoud s'approchait -de la cité sainte, poi^r le pélerina^ annuel , avec un grand nombre de ses Arabes, une caravane de chameaux^ chargés de présens de la part du schérif venait à sa rencontre à Zeïmé, éloigné dé deux joun^ées de la cité sainte ; ces présens consistaient e|i toutes sortes de denrées de choix ,. vètemens et lLut^*as objets^ indépendamment de plusieurs charges de mousseline des Indes pour faire des ihram ; Cous .les ofTieiers de Saoud recevaient des présens semblables, les fempies et les enfahs avaient tous des habits neufs et une quantité de sucreries. Telle était, . en effet, la libéralité de Ghaleb dans ces occa^ons, que Saoud disait souvent qu'elle le faisait rougir et le mettait dans Vimpossibilité de traitei^ ie schérif autrement. qu'iH'eût fait sans cela.
Ainsi à la Mecque le pouvoir de Ghaleb balançait! toujours celui de Saoud et àBjidda son autorité n'éprouvait pas de diminutîoïi , il y; tenait cens-
tatnnient une bonne garni3on ^ et les troupes wahhabites n^y entrèrent jamais, quoique les habitans fussent obligea, de donner des témoignages dé leur conversion à la nouvelle croyance , quand i^n officier d() Saoud venait dan3 leur ville pour affaire. Dans le cours de l'année i8o5, Medhaïfé, qui continuait les hostilités contre Ghlaleb, fit plusieurs tentatives de s'emparer de Djidda avec ses propres Arabes > et sans aucune autorisation formelle du chef des Wahhabites, il prit possession des puits ap-^ partenant à h ville; mais les habitans, y compris les étrangers qui se trouvaient avec eux, prirent les armes et déjouèrent ses desseins.
Quoique les caravanes du hadj fussent interrompues, cependant un grand nombre de pèlerins accouraient de toutes les parties de l'^empire ottoman à la Mecque, ils arrivaient par mer à Djidda ; jamais Saoud ne donna des ordres pour les empêcher de visiter la ville sainte. Ces pèlerins étaient, en conséquence, obligés de se conformer à tous les préceptes desWahhabites; etceux qui se comportaient bien eU les suivant n'éprouvaient aucun traitement désagréable. J'ai connu à Alep, en 1810, un habitant de cette ville qui me dit que, depuis six ans consécutifs, il avait fait le pèlerinage de la Mecque par là voie du Caire et de Cossïr, sans avoir été aucunement inquiété. Les pèlerins de FYemen et de l'Inde arrivaient comme autrefois par mer à lijidda, à peu prés un mois avant le hadj ; néanmoins ils trouvaient à propos de laisser leurs armes dans cette ville , parce que les étrangers qui en portaient étaient exposés, à la Mecque, à des soupçons et souvent à de mauvais^
traitemços. Ainsi le pèlerinage ne fut jamais aboli ^ soit pour les Arabes ^ soit pour les Turcs >. et si les grandes caravanes d'Egypte et de Syiîe eussent ed confiance au sauf-conduit des Wahhabities,. elles eu»» sent pu traverser le désert avecsécurité^ èans avoir besoin de soldats. *
he Hedjaz était tranquille. Les eômoiunicationt: ayant été ouvertes avec toutTintérieur et pead'étraiH gers arrivant^ les denrées étaient abondantes et 1 bon marché > toutefois les habitans des cites sniillik avaient perdu leurs principaux moyens de subsîtf tance, dérivant de leurs relationsavec leist mar^M^i étrangers qui y venaient en pèlerinage*
Ific Hedjaz resta 4an$ cet état pendant les anodes iâo6, 1807 et ]8o8. La puissance du schérif déeliffnait journellement , et l'autorité de Saoud était 4tr^ connue dans la plus grande partie de l'Arabie. U éi^* trepriti dans ces années-là,. plusieurs expéditioné contre Basra et la Mésopotamie^ Une attaque contre Basra échoua complètement. Ses ti'oupes étaient occupées à piller les villages voisins, quand elles fnf rent attaquées par un corps considérable d'Arabes Kab et. Montefik , et perdirent près de quinze ceâl9 hommes. Hark, esclave nègre de Saoud, fit plusieurs excursions dans le désert de Syrie et répandit la ter^, reur même parmi les Bédouins des environs d' Alep^ Des détachemens de Wahhabi tes passèrent l'Euphrattf à gué; les riches camps des tribus de la Mésopotamie furent attaqués et pillés, même à peu de distance df Bagdhad. Au sud , Abou Notka continua dé baras^ ser l'Yçmen, par des invasions rapides et dsspiU»^ ges ft^<juens; Vwtefoi? il paitiit que Saû^'a ^ne fm
jamàîÀ l'objet d'une attaque. Saoud, quiûobiiaièsait la jalousie subsistante entre Hamoud^ gouTièrneur du la côte^ et Abou Notka > chef des montagnes , leul^ promettait alternativement le sac de iûette cité optH lente , qui ^ vu la faiblesse de ses moyens de défense^ n'aurait pas pu résister à une attaque légère^ mais il n'ordonna jamais positivement d'en essayer la jOqiéê^ quéfte^ et on supposa qu'il voulait se réserver cette |HX)ie. * . .
Opendant la Porte restait presque entiènmiént mactive« Saoud en était veAu aux hostilités oùveifèl avec le gouvernement. turc ^ puisqu'il avait défendu ati peuple nie prier dans hïs mosquj^ le vendredi^ suivant l'usage^ pour la prospérité du sultan, de ftft UVi effet 4es manœuvres habiles de schérif Ghald^ qui désiï*ait causer une inimitié irréconciliable entre Saôud et la Porte; Yonssouf pacha, brave guei*' rier, avait été "placé à la tète du gouvernement de Hamas, et oh espérait qu'il conduirait par force les caravanes à travers le désert; mais il convertit à son propre usage tes sommes destinées à Cet^objet et qui sont prises sur les revenais du pachalik. Les Bédouitis de Syrite, qui ordinairement escortent la caravane, ne ihontrërent pas liofa plus un grand désir de s'ateie* tarer dans une tentative aussi hasardeuse.
En 1869 , Youssouf pàcha fit des préparatifs insignffians pour attaquer lecanton de Djof comprenant plusieurs villages sur la route de Damas au Nedjd et à douze journées de cette ville , ce ne fut qu'une vrine démonstrîation de zèle, et nul effet ne s'-énstiivtt: îj^ plus grande perte cpie les Wahhal^riltés «itestet janjtafe'^^ , ^« 4ieti *é^ttetattftée;-!ettr
port de Ra9 el Kheimé, sur le golfe Persique, fut réduit en cendres par une escadre anglaisie p^ie de Bombay pour punir ses habitans, appartenant à la tribu des Daouasim ou Djaouasim, de leurs nombreux actes de piraterie contre le commerce anglais dans cette mer , un cousin de Saoud fut au nombre des morts.
La même année^ la guerre éclata de nouveau entre Abou Notka et Hamoud , le premier descendît dé ses montagnes y et campa devant Abou Arisch. Hamôud sortit de nuit de cette ville y avec quarante cavaliers vêtus en Bédouins wahhabites ^ et prenant un chemin détourné arriva au point du jcnir sur les derrières djBS ennemis; il entra dans leur camp, sans exciter le moindre soupçon^ parce qu'on supposa que c'étaient: des montagnaixls amis. Arrivés devant la tente d'Abou Notka, les cavaliers poussèrent leurs cris de guerre, Hamoud tua de sa main ce chef au moment où il se levait de dessus sa natte et eut le bonheur d'échapper au milieu de la confusion générale.
Tami, scheikh de la petite tribu des Refeïdha, qui fait partie des Asir, fut désigné par Saoud à Abou Notka. Hamoud G t de nouveau sa soumission, cepen* dant son- obéissance fut toujours équivoque, tt il n'acquitta jamais son tribut avec exactitude.
En 1 8 1 Q , Saoud jeta la terreur dans le cœur de la Syrie , en attaquant les envirops de Dan^^ airec six mille hommes; l'armée d'Youssouf pacha ne fut pas en état d'arrêter ses progrès. Dans l'espace de troi^ jours il pilla trente-cinq villages du Hauran, éloignés seulement de deux journées, de D^onas, et brûla le blé partout où il passa; néaujqoioins il ne fut
pas aussi ^impitoyable pour les habitans qiiMl Vi^ yait été dans d'autres occasions; plusieurs paysans eurent la vie sauve. Une femme chrétienne , faite |À^isojiïiière et emmenée comme esclave, fut relâchée quelques jours après , par l'ordre de Saoud. Il eût pu aisément prendre Damas s'il eût su quelle épouvante soh approche avait inspirée aux habitâns; déjà Us commençaient à envoyer dans les montagnes du Liban tout ce qu'ils avaient de précieux ; très vraisemblablement, son plan était de faire de fréquentes incursions ' de pillage , de sorte que Damas du moins aurait été amené à se rendre volontairement. Il revint avec un butin considérable.
Une cai*avaiie nombreuse de Mogrebiiis, venue ^u Caire par terre, fit le pèlerinage cette année. A leur arrivée dans le Hedjaz, ils recurent la permission de visiter la Mecque, parce que Saoud avait toujoiirs déclaré qu'ils étaient des hommes religieux et se comportaient avec décenôé. Il eut une entrevue avec le cdtiducteur de cette caravane, qui était un fils de l'empereur 'de Mai^oc , et des présens fu« rent échatiges entre eux.
Pendant que les pachas de Ëagdhad et de Damas avaient fait, À diffél^entes éjpiûqùes, dés démonstrations hostile^ contre les Wahhabites , l'Egypte restait spectatrice passive du sort du Hedjaz; une petke expédition de cinq cents hommes envoyée en 1804 par'Schérif pacha dé Djidda fut le seul et et faible effort feit par l'Egypte pour rétablir le pouvoir des Turcs sur les cités saintes. L'état turbulent de cette contrée, le partage du pouvoir entre