‹ Voyages en ArabieChapitre 27 sur 40 · II. Voj, cUnsrArabM. it · texte numérisé non relu

II. Voj, cUnsrArabM. it

l0f .nombreux, beys , qui qq f^wJJAient .ou'une Obéissance nominale au pacha eavoyépar la Porte , et le désir de ces beys de s'emparer de V^geut approprié à la carayane des péleriobs y Imputes cas fsjjp- ÇQnstances faisaient désespérer .cjb^qua vrai j^unuite de voir jamais le hadj renaître^ aussi Ipng-tenips que TEgypte resterait dans cette position. Tout le inonde savait en effet que ce n'était que de ce pays qu'il était possible <le conquérir \<^ He4jaz« Le déa^ ipimçmse qui s'étend, entre cett^ dernière contrée et Damas rend impossible le transport d'une quantité si^ffis^nte de vivres et de n^^nitions^ pour une campagnç, régulière contre un ennemi dpnt la première mesure serait de couper toutes les communications. Un cprps considéral^le de troupes accompagné d'un grand nonibri^ de chaipeaux chargés réussirait peutr êb^Q, après de^ difficultés séri^iLis^s, ÀlarrivoF àMé^ 4i^e y pt même à la Mecque; il pourrait aussi s'em* parer de ces yiUes ^ i^ éannipios toua, IcH^. soldats et tous les ,cba|DgLeai)x qu'il lui serait possible de réunir.

nemi actif ^ et de se passer ^^ §eçQurS)étrai3kgea[««

efforts tent^f pour 4.^i;^rer le IJedja^ 4®^ Bédouins qui's'eù ëtai^tfi?j|)ar^s. .Çepays jlépwd pr^squfi exclusivement de l'Egypte .pour Ifp' i^^i^t^ de là la viç que 1 on peut y apporter païf jner à Yambo et à pjidda, les véÂtables portes djQ§4QUK ciités, sainles^ sànf c[\ie cçs qbjçt^ §oiçnt exposés" dans lenr trjsiJQt à

4i^te à qtxmiite j6ut» de là Sfvk ft lu IMè^^té^'à tnivei^ un dëseFi iiu et hi^tile. ' i

Les Wàhfaabiteâ ne reiiisèf eut pas d'âdmëltk^èdàhs te< ekés saintes les pèlerins^ n'inlpwté de ^tiëls pâ^ ik Tenaient; il» aVàient plùsieiirB fois ofS^t de les laisser passer tranqiiillemràt pcmrviï ({ti'ils sè cbM^ portassent déèemmeDt y et ne prissent àuctiti sAt de suprématie' dtos oea eqntrées> que lè^ dispoiRiôns naturelles et le cametére dé lèmfÊ habitaiisy ainsi ^ne leur positioii gëographiqfue^ Citaient fartés uhè province arabe et non pas turque. Ap^éS' qtié -te Mecque et Médina se finirent rei^diiê^' diiiië ^abba^ bites, après quele$ehértfhri*niéilie*ftiC'^é^4ïiu ttn prosélyte de leur dfoctriiie ^ ef eut cbmihis dés ëètèfe d'hostilité ouverte contre la Pointé ^ èi! que tôt* le Hei^az eut Suivi feon exemj^le ,• h^ ÉHtésurè lar jilus natiweller'qui se présentât à îapebséieWit de lè priver de tout.approvisiprinpment à" ràvenîi^; en fermant à ses navires lès pôrtes'de Sué% et de Gosàdr. Nous nq sommes pas surpris que ce parti n'àît pa's été {^ris durant k domination dies mameloucks ^ teriips où' il était impossible" fl^eff^ttier éh Egypte une i-éso^ kition générai^> et^où de pitié les beys, dont l'influence prévalait /tiraient uni profit considérable Al commerce avec le He(^z. Maïs dii peut raisonnablement s'étonner de^ ce 'que ce système prohibitif fut négligé sous fo «gOlivertietoent dfe Mohatnmed Aly quî^ depuis- 1 l^oS/ possédait lé port de Suez et, depuis i8o8, celui de GWsSlen*^* et qtîrtavaîc promis^ dans les termes lies plus forts , à ^ôn souverain qu'il délivrerait le Hedjaz des Wahhabités. '

Burant tout ce temps^ et même au cômmeticeméht

de 1810^ qttatact Mohammed Aly faisait des pr^ratifs sérieux pour attaquer les WahhaUtes , il ar*rivait journellement à Suez et à Cosseïr des navires de Djidda et d' Yambo qui s'en retournaient chargés de blé et de denrées pour le schérif ainsi que pour des particuliers ; ce trafic ne discontinua que quelques mois avant que la première expédition^ contre l'Arabie , partit de Suez ^ quand on, craignit que les •batimens ne. fussent saisis d^ns ce port pour y em- . barquer des troupes. Priver le Hedjaz de tout approvisionnement pendant une seule année aurait produit les conséquences les plus alarmantes dans ce pays .où Ton n'a pas l'usage de faire des provisions pour plus de deux mois ; et les minces sefCours apportés du Nedjd et de l'Yemen n'auraient pas pu prévenir une famine. Si cela fut arrivé^ alors le chef des Wahhabites eût certainement été amené à faire au gouverneur de l'Egypte des propositions extrêmement favorables;au pèlerinage et à tout l'empire turc. Quoique l'armée wahhabite occupant le Hedjaz eût pu toujours subsister sur les denrées fournies par l'intérieur^ cependant les calamités de la famine dans les villes saintes auraient fortement a£kcté ces fana-* tiques religieux, qui avaient fréqueniment montré leur respect pour les lieux saints et des égards pour l^irs habitans. Le schérif même qui, depuis sa sou-* mission , jouissait d'une grande influence , au* rait employé tout, son crédit auprès des Wahhabites, pour mettre un terme à un état de choses qui, indépendamment de ce qu'il faisait soufirir son peuple, objet peut-être peu important pour lui, au^ rait considérablement réduit ses revenus , prove-

nant du commerce et des droits levés sur les marchandises arrivant d'Egypte ou allant dans cette contrée.

Comme un parti aussi aisé et aussi naturel ne fut pas même essayé pai' Mohammed Aly , ses parti*sans ont essayé d'excuser sa négligence en alléguant que ce serait un péché odieux de réduire la Terre-Sainte à la famine ; mais les personnes qui connaissaient bien le caractère du pacha savaient qu'une telle considération n'avait pas beaucoup de poids auprès de lui , tandis que celles qui avaient des notions sur le négoce du golfe Arabique croyaient que les bénéfices entrant dans le trésor du pacha par ce canal , soit par la vente du blé et des denrées pour son compte à Suez et à Gosseïr, soit par les droits de douane^ étaient si considérables > qu'il différa d'exécuter leS' ordres de son souverain^ parce qu'ils auraient diminué ou fait cesser ces profits. Tous. les peuples de l'empire turc se réunissaient pour exécrer les Wahhabites et. pour demander contre ces hérétiques une expédition semblable à nos anciennes croisades. Néanmoin3 on voyait leurs navires transporter de Suez les productions de l'Egypte sur le sol stérjlç du Hedjaz et approvisiœiner ainsi leurs ennemis , en même temps que des caravanes chargées de munitions destinées à être employées contre eux arrivaient journellement du Caire à Suez.

: jJLie récit de ces actes absurdes , et de ces misérables demi-mesures sera cru à peine par les Européens qui le liront; mais un séjour de quelques -années daito le Levant prouverai que lorsqu'un gou-

nii^euF turc af^vrëhiBilde une pacte même très ^^^tite» oi|L seqliameai temporaire ^ rien ne peut l'engager à adopter une résolution d'utilité générale; sa vue iie ^'éltend jamaia au delà du moment )x*ësent^ petidant q}i'il $a£ri&e les intérêts de son souverain et la prm^ périté de ses sujets à la certitude du plus minoe avantage pécuniaire ; cependant sa cupidité dépasse souvent le hut, et amène sa propre ruine, ou du. moins apporte un obstacle à ses propres opéra^ tions. .

GHAPITIUB VU.

MOtf ÀMilEIl Atr fiXPlSDlÊ SON FILS tOÏTSéUN PAGÎÉA AVEC tJNE AkltfÊE POUK ENVAHIR L^ARABIfl. — TÇÎOMÂS KEITtt 9 ECOSSAIS" (iBRAftlM AGA ) COMMANDANT DEf MAMEtÔVCKS DE TOtSÔîJN^' — - AHMED ÀGA, SUR-

NOMMÉ BONAPARTE. MÉDINE EST PRJLSiE PAR tSS

TtJRCÀ, LA MECQUE SE RENÎ) A LEUR ARMÉE,

Lorsque Mohammed Aly fut, en %8q4^ ttoitimé pftçha d'Egypte, où depuis deux ans il avait exercé tdute riufiuence que ses troupes nombreuses et aa ))ro|trte adresse pouvàieut lui donner subies faibleâ restes dqs BCian^liidkfi^ jadis {prqpidables^ la {iricLCÎpale.oUî^B»-

ûoh qtit lui imfK^réïit Ids isrdteé de lâ Pôirée, ftii ^ë^ tâcher de teconqûérir lè^ villes saintesl^ il ^Taitbiéîi| que la dé^béi^sance à ce commaîûdcment s'erail^ punie delà perte âë son gouvernement, et la Porte pour stimuler sesf efforts, lui promit le pachalik de Damas, pour un de ses fils, aussitôt' qu'il aurait ob-' tenu possession de la Mecque et de Médine ; sa prd^^ pre ambition rendit également cet objet trè^ désrrable pour lui , puisque la délivrance des cités saintes devait Félever infiniment au dessus de toùà les autres pachas de l'empire turc, e^ ajouter à sotf r nom une telle célébrité , que par suite la Porté hé pourrait jamais être jJortée à s'opposer à ses intérêts. Durant les premières années de «on gouvememeiit,' le pacha fut constamment engagé dans des eâcàr-* mouches Sivec les maméloucks j ce ne fut qu'en f9id ^'il en vînt à ub compromis qui leur fit -abanddlinéf leurs prétentiotis mt la basse Egypte et sur uAîé grande! partie de la haute, pui» il le» invita h teatter Àu Caire, Sous la promesse d'uii sàuf-conduit, et leJ fit bientôt mdssàtrer traitreùsemetk'daiis le ohl^tem de ceitte ville. • •- '*m >b...:*i-- ; ^.^ ■■■..' . i :i. ;-^

Vers la fin de iSog y Mohàrtimed Aly commettra sérieusement à -se préparer à son ex|)iédîtlott j il îétak surtout nécessaire qu'il eAt à «oh eommâiidéttWtt un noinbre suffisant de bâtimens pôUr le : ti%nëpbrt des troupes et deb vivres. S'il pe fût emparé d'utiëèvA daô venRnt dû Hédjaz, tou& lès autres auraient été effrayée , et ion entreprise en aurait souffert:; il ré- Muteti cohséquehce de oômtruire |ii^ .flQttfll^/ M en ï8d^ et if 8iô Ain^î quW commencemant de i8i v, Viiigt4ittit gtandè et petits bàtiDieiis^ "èé tient 4 deik

c^t cinquante tonneaux, furent bâtis à Suez où un millier d'ouvriers, parmi lesquels il y avait des Grecs et des Européens^ trouvèrent constamment de Touvrage. Le bois , façonné à Boulak près du Caire, était porté à dos de chameau , à travers le désert , et de grands magasins de blé, de biscuit, et d'autres denrées furent, vers le même temps, formés à Suez. Ciomme il n'était pas aisé de faire passer èur de tels navires , à travers une mer orageuse, des corps nombreux de cavalerie, il devint nécessaire de pourvoir à leur trajet par terre : les château^ d'Adjeroud, Nakhel , Akaba , Moeïleh et El Oudj furent tous réparés, renforcés de nouvelles murailles et jgarnisde fantassins, mogrebins , accoutumés à traiter avec les Bédouins, et ceux de ces Arabes, qui demeuraient dans le voisinage des châteaux, furent engagi^s par des présens à aller au Caire chercher des vivres qui devaient être placés dans les magasins de ces forts.

En même temps, des dépots de blé furent établis à Cpsseïr ; mais ce port n'avait pas, au commencement de la guerre^ l'importance qu'il acquit plus tard comme entrepôt général des provisions, étant beatH coup plus près du Hedjaz qu€i Sue2^> qui continua simplement à être le port marchand du Caire.

Quand Chaleb, sêhéri^ de la Mecque, entendit dire que des. préparatifs si considérables .étaient' faits pour l'invasipn du Hedjaz, et que Mohammed Aly possédait de bien plus grandes ressources qu'aucun autre pacha qui avait essayé, d'entrer par force dans ce pays , il jugea prudent d'entamer avec lui une XXMTespondance secrète, et d'affirmer qne^ bien que 4es; circonstances^ îiri^stibles^jreHtsenVco^ à

embrasser la croyance des Wahhabites^ niéanmoins il était prêt à sècouef kur joug à la première apparition: d'une armée turque respectable sur les cotes du Hedjaz. Dans le cours de cette correspondance^ il ajouta beaucoup de renseignemens sur l'état actuel et la force dès sectaires, tes dispositions des Bédouins du Hedjaz et la meilleure manière d'attaquer.

Ce fut à Seïd Mohammed èl Mahkrouli , le premier négociant du Carre , qui avait été souvent à la Mecque, et faisait de très grosses aflEaires avec le golfe Arabiquey que Mohammed Aly confia la conduite politique de la guerre, et tous les arrangemens ^ à prendre avec les Bédouins vivant sur les cotes ; il fa'est pas douteux que Mahkrouli n'ait eu une.part' considérable au succès final de cette entreprise. Mohammed Aly était d'un caractère trop soupçon-neux pour avoir beaucoup de confiance dans les assurance» de Ghaleb, d^nt le caractère artificienx et rusé était bien connu, cependant il devenait néces^ sâire d'apaiser les craintes qu'une invasion étran^ gère pourrait lui causer. On lui fit les plus belles promesses, on lui dit que son pouvoir sur le Hédjaz Serait respecté, que les droits de douafne de Djidda^ {H^incipalé source dé ses revenus, seraient laissés entre ses mains; et les soldats destinés à: être embain qués pour l'expédition furent persuadés, par des rapports répandus secrètement, que Ghaleb, avec toutes .«es troupes, se joindrait à eux à leur arrivée.

L'état ^de FÉgypte n'était pas encore assez tran** quille pour permettre que Mohammed A ly s'absentât. Dans la partie méridionale de la Haute-Kgypte, les mameloucks continuaient à harceler lestro^]^ du

pacha. Touaoun bey^ second fils de Mohamng^ Aly^ jeune homme de dix-huit ai^, fut mis à la tète de la ]Hremière expédition contre les Wahhabites, Cfui, après beaucoup de délais y . fut prête à partir à la fiii d'août iSi |. Tousoun bey, encore tout jeunie^ a^ait donné des preuves d'un courage extraordinaire dans la guerre des mamelouéks^ et la valeur éunt une qualité très rare parmi la race actuelle des Osmanlis dégénérés ^ et encore plus rare dans la famille d'un pacha 9 ses amiç le regardèrent comme très proprerà diriger rentrq)rise la plus difficile. Ahmed Aga^ tréscHrier ou kheznadar de Mohaiam^ Aly , fut ent* toyé avec Tousoun comme étant un généordl d'une bravoure remarquable M de tirés sage conaeîL Ses exploits d'extermination dans les guerrefc cotiti^e las muneloucks et les Arabes en Egypte:^ VavaieM exalté aux yeux de son maître; sion indifiGérraice tor Irie pour la vie des hommes^ soi» niéj^ris de tous les principes^ de motale et sa jactance lui âVaîeni pto^ enré le surnom de Bonaparte qui le flattait infijÂ* meut et par lequel il était unîveridlein^it dési^dé en Egypte (i)«. -^ .

. On ne peut nier qu'il ne fût un soldat Irès^ brlLTe^ mais son ivrognerie et ser débbudbeS' du geaiire k plue vil avaieï>t.priv4 son esprk d'âaer^wi €t de jugement* . • . ,îf > . »

A ces deux coBitmandans fitt adjoiHtEA Mafakroîili^ dont il vimà d'être question : les n^o^attont avec le achérif et les Bédouins étaient de sdnjvMSért.

. (i^ J*«}èa iia^s«9siiiildei^lettreifiç%ii)aler.qi|ilujkpi^,^^^

9^«8 pa,r 11 chef c^e8 Wahhabites et dans lesquels U est qualifie « Ab-

mêd à^é éoûâ^airte: » -(. -. • •-

Itebéîkb él Mehdi et ftcheikh el Tahtaotii^ A^nk pVLhdn oiilëtnas du Calre^ s'embarqnèreùt atièsi avee WS'tîfeupeS, afin Ijue, par leur talent pour la contrcv- ▼ëhSè, ainsi qu'on lé dièâit^ il^ pussent convaincre le* Wàhhabite* des cireurs qu'ils aTaiei]it adoptëéii âàtii leur tlôuv elle ciroyaricé. L'expédition se compô-^ sait de deux parties: Tinfanteriè, (consistant principa*lement en "soldats amautes et se mofttant à quinzQ cents' où déiix mille bommês effectifs, sou* le com*iMndement de Saleh Aga et d'Omar Aça, s'embar--' qua à Stiez pour Yambo , et prit avec elle tous \eà navire* nouvellement construit* et portant dé* VJP vrei. Là cavalerie, avecTousoun bey et AbmedBofaipartè, fonmituii éôrps de dix-buit cents bomme*, . te* iift* Turc* , lés autres Bédoillna arrtiés, sous \ëi 6téi^ dé Schédid , ècbeikb de la tribu des HadueltM ; elle alla par terre.

'Rn octobre 181 1 , la flotte aborda prés dTTambo, le* tr6ti|)es débarquèrent à ui^e petite distance de le ViBè, dont elles prirent po9*e*sîbii après une. faible résistance de la' gjamison qui capitula; quinze iou** après, là' <îa*alerie arriva *àft* avoîi* rencontré atf^ cîltie opposition de Ib part dé* tribu* bédouîbe* qii- ôA i^éiàk déjà fcon'cîlîées pair dé grossies *omti]ies A^Viï^ geflt. La prise d'Yambb fut prodamée conimt twè prèmîèrè victoire stir le* Wsmhabites, et ùri pr6iiô*L • tîe fevopablc du sné^îès fh ttir de Texpédîtibn . Les troupes re*tèrënt quelques mois înaétivcs ; l'infanterie a 'iTaftibô) et la cavalerie avec le* Bédouin* à Tambô éi Nakhél, à *îx béures de ihanbe du port, cft principale *ta(ion des Alibis Djebeîné; cè'temp* fttt èônmitoé eli «ëgociation*. Toiisfoun *tov»ti q^ iè

Hedjaz n'était nullement dans Tétat qu'il s'était figuré d'après les rapports de Ghaleb. Les Bédoui^s de ce pays , et notamment les deux grandes tribu3 des Harb et des Djeheiné^ malgré leur javersion poqr les Wahhabites^ et leur désir de participer de nour* veau aux riches rétributions et aux profit^ prove^ nant des caravanes des pèlerins tiurcs , étaient complètement intimidés par la puissance et la vigilance de Saoud; ils n'osèrent pas bouger aussi long*temps que les^Turcs n'eurent pas remporté un avane tage assez décisif pour leur donner l'espoir d'una réussite ultérieure en se joignant à leur parti: La seule prise d'Yambo ne pouvait pas être comptée comme d'une grande importance pour la continuarr tion de la guerre^ quoique ce port fut très utile aux Turcs comme un mouillage sûr pour leurs i^vires et un dépôt pour leurs munitions.

A l'époque de leur arrivée, Yambo n'avait pas de garnison wahhabite; le scbérif Gl^leb y tenait un gouverneur et une centaine de soldats; ib avaient essayé de se défendre, mais les habitans les avaient forcés de sc^ retirer , craignant que leui? ville ne fût fB3çpo$ée à être prisé d'assaut par des troupes farour cheSy etjugèrent prudent de capituler. I^ schérif resta tranquille spectateur de ce commencement de guerre; il écrivit des lettres à Tousoun pour s'excuser. , sur Ja faiblesse de son armée et sur û crainte des Wah* habites, de ce qu'il ne l'avait pas encore rejoint; .néanmoins il déclara de nouveau, de la manière la plus solennelle qu'il jetterait le masque et attaquerait ouvertement ces^ sectaires aussitôt que les Turcs jqsmporteraient quelque avantage important q^ui at-

tit^Fait de leur côté tous les Bédouins du Hedjàt* En même temps, il mit une forte garnison à Djidda et à la Mecque, et pressé par Saoud de se réunir à lui contre les agresseurs, il s'en défendit en alléguant ses craintes d'une attaque soudaine contre Djidda , qui pourrait conduire à celle de la cité sainte.

Il était évident que le plan du schérif était soit de temporiser et de tomber sur celui des d^x partis qui essuierait la première défaite signalée, soit d'attendre qu'ils fussent l'un et l'autre afiaiblis par la guerre, et de le^ chasser alors de ses États. Les seuls Bédouins du Hedj^z queTousoun réussit à (détacher des wahhabites, furent quelques hordes des Djeheîné habitant le voisinage d' Yambo ; tandis que la plus grande partie de cette tribu et toute celle des Harb, qui étaient limitrophes de leur territoire, résistèrent insensibles à ses offres.

Toutefois il devenait nécessaire de commencer une campagne, de crainte que les peuples du Hedjaz ainsi que l'ennemi ne regardas3ent l'inaption comme Feffet de la crainte , et la négociation comme une preuve de faiblesse. Marcher sur la Mecque ou I>j.idda aurait obligé le schérif qui' occupait ces deux villes à se déclarer décidément pour un parti ou pour l'autre , résolution plus à redouter pouir Tousotm que pour les Wahhabites. En conséquence, il dirigea très sagement, ses vues vers MédiYie, à six journées d' Yambo , et réputée la meilleure ville murée du Hedjaz, le rempart de cette contrée du côté du Nedjd , le lieu de sûreté des Wahhabites , et dont la possession pouvait ouvrir ou intercepter le passage d&s pèlerins de Syrie ; ainsi la prise de Médine devait

llétermiaer beaupoqp de ISédoui^s k ^e joift^à rarmée, et lorsqua Ghaleb ^^[^rit le de^Q 4l^ pacha, il promit formellement de se 4éclai;iRr (çp^ti^ Saoud, aussitôt que cette place ser^t tojfihée*

Tousoup , ayant laissé une garnison 4 yambQ> marché, eu janvier iSia, sur Mé^inet Aprèa nnelér gère escarmouche, il pénétra dans Béder, pfStite îille à deux journées de la côte et pccupée par }a tjcl\m à^ Harb : elle est située à l'entrée d0s mont^g^oia^ qu'il était néçess^irQ de traverser pour arrivfur à ]Médine. On s'attendait à de la résistande 4e h p9^ 4es Béni Harb, qui tenaient les passages , m^ns oa| ignorait qu'il s'y trouvât des troupiBis vvahhabiies* Tousoun plaça uiie petite garnison à Bédfer, fAiil s'avança avec son armé^ vers Ssafi^^ 4 huit heuf§s de distance : après un combat de peu de durée, up corps de Bédouins Harb , qui en était maître,. 4e retira. A quatre heures de Ssafra, la route passe par un défilé dont la largeur n'est que da cei^t viQgt à cent quatre vingts pieds, entre des montag^efi «Sr fîarpées.et raboteuse^, et à l'entrée duquel est sitUà fe village de Djedeïdé au milieu de boches de dattiecsi ç'çst le principal établissement des Béni H^b^ à qial k. caravane, des pèlerins de Syrie avait été sojuvcoat obligée de payer des sommes considérables pour poiH voir passer sans obstacle.

Bans cedéfilé, dont la longueur est à peu près d'iui0 heure i^ demie de marche, l'armée turque fut attaqifé^ brusquement par toutes les forcer réunies des Ha^^^ Après quelques escarmouches, les Turcs, croyqul qu'ils avaiept remporté l'avantage, poursuivirent If» AjF^^Ji^^l^'^^ milieu du cd ; tout à ectaip lea

tBgnêd dès^leux côtés hirent ccmvéMeë d'une multitude ' de^ldats Yràhbabites^ arrivés la veille du Nedjd, et detrt les Osmanlis ignoraient entièrement la présence. Les Wahhabites, comtnandés par Abdallah et par Faisal/fils de Saoud, étaient ati nombre de vingt mille tant fantassins que guerriers montés sur des chameaux, et de huit cents cavaliers^ En se retirant et se fortifiant dans le village de Djedeïdé, les Turcs auraient pu y soutenir une attaque^ et obtenii^ une capitulation honorable^ jmisque le nombre de let»^ ennemis lés mettait dans Timpossibilité de rester long-temps sur le même point.

Toutefois , aii premier cri d'alarme , Tinfenterie turque se replia en arrière, et la cavalerie , qui avait Tordfe de couvrir la *îpeti*aîte, ne tarda pas à prendre égalêméùt la fùite> tan£s que leurs agiles ennemie, les pressant de prèé par derrière et les devançant le long du «flanc des montagnes^ les accablaient de dé* charges continuelles. Dans ces conjonctures désespérées, Tousoun ne dénientit pas sa réputation de fcf avoure , et se conçorta comme il convenait à Thottfieiir d'un commandant. Accompagné d'abord seulement dé deux cavalièiis de sa suite, après des efforts ihiitiles pour ndlierses soldats, il se h&ta de rejoin*dré son arrière-garde, et s'eiifouça dans les rangs de l'ennemi pour le contrahidre a cesser la poursuite.

Dès personnes,^ qui s'étaient trouvées là m'ont dit queTousoun s'écriait, leslarmesauxyeux, en s'adressant aux l\ircs fugitife : « Aucun de vdùs ne res- » tera-t-il donc avec moi? » Eiifei , une vingtaine dé cflivaHers le rejoignirent. Heureusetaent, les Wahimbhes étaient àlort* occupés^ à s'etnparer dti

bagage de Tarmée^ ce qui leur fit retarder leur marche. Quand les Turcs eurent regagné la plaine au delà de l'issue du défilé, leur cavalerie se rallia, et jusqu'à un certain ppint protégea le resté de Varmée. Si les Wahhabites Teussent poursuivie plus chaudement, par delà les montagnes, elle eût été entièrement anéantie; ils se contentèrent de prendre tous les équipages des Turcs, quatre pièces de campagne, presque tous leurs chameaux , et beaucoup de butin qu'ils trouvèrent dans les ceintures des Arnautes: ceux-ci s'étaient enrichis des. dépoùilles des mameloucks en Egypte. Douze cents hommes environ furent tués dans cette journée. Tousoun opéra sa retraite sur Béder, y mit lefeii % son camp , qu'il n'avait pas le moyen de déplacer , et abandonna par le même motif sa caisse militaire : il atteignit la côte maritime la plus proche de Béder, à la baie de Bereïka où plusieurs de ses navires étaient à j'ancre ; s'y embarqua avec un très petit nombre de gens de sa suite, et fit voile pour Yambo; Le reste de ses troupes y arriva quelques jours après^ dans un triste état. Par bonheur pour elles, les Wahhabites, s'imaginant qu'un corps considérable de Turcs, était retranché à Béder, ne poussèrent pas vivement leur succès; a^insi tous les soldats qui eurent la force de faire le voyage finirent par rentrer dans Yambo.

Lorsque les Wahhabites surent que leurs enne- Plis étaient en sûreté dans cette ville, ils envoyèrent des détachemens qui balayèrept le pays jusque sous les murs de la place. Aussitôt que le schérif eut appris que l'expédition des Turcs avait manqué, il alla joindre lesWahhabites à Béder . U fut d'abord i;

tion . de donner Tassant à Yambo ; cependant on renonça bientôt à ce projet^ parce qu^on craignit que les habitans arabes , qui avaient épousé cordialement la cause des Turcs , ne se défendissent en dé^ sespérés. IJesWahhabitëS, jugeant inutile de bloquer plus long-temps cette ville, se retirèrent dans Tintérieur, prêts à se réunir au premier avis si les Turcs s'aventuraient une Seconde fois à faire marcher une armée dans la plaine. J)anS cette retraite^. ils laissèrent aiix Bédouins Harb le soin de harasser les Turcs et- d empêcher toute espèce d'approvisionnement de pénétrer dans Yainbo.

Pour revenir au récit de cette circonstance périlleuse où se trouva Tousoun quand tout son monde^ à l'exception de deux cavaliers, Teùt abandonné, je dois citer une anecdote relative à un de ces braves militaires, qui se nommait fbrahim Aga, et remplissait les fonctions dianakder àgassi du chef des mameloucks de Tousoun. C'était un jeune homme d'une vingtaine d'années, ne à Edimbourg et nominé Thomas Keith. Fait prisonnier dans la dernière expédition anglaise contre TÉgypte , avec plusieurs autres hommes de son régiment, le Soixante-douzième des montagnards écossais, où il servait comme armurier, il embrassa Tislamisme, et Ahmed Bonaparte^ dont j'ai parlé précédemment, Tacheta du soldat qui l'avait pris. Un mameloiick sicilien, favori desonmaitre, ayant insulté le jeune Ecos^is, un duel s'ensuivit; le Sicilien succomba. Ibrahini Aga, pour échapper à la colère d'AhmedBonapar te, implora la protection de Tépouse de Mohammed Aly, qui l'accueillit avec bienveillance et engagea son fils Tousoun à le

Page 1