‹ Voyages en ArabieChapitre 28 sur 40 · II. Vojr. dans rÀrabie. <k · texte numérisé non relu

II. Vojr. dans rÀrabie. <k

prendre à son service. Tousoun, dansuu de ces accès capricieux de mauvaise humeur. auxquels les despo*tes turcs sont si sujets^ ordonna de joiettre à mort le jeune Écossais poi^r une négligence légère de ses devoirs; le brave soldat défendit avec son sabre, la porte de sa chambre , pendant une demi --heure ^ contre plusieurs asss^illans, puis se jeta par la fenêtre et se réfugia de nouveau auprès de^ compatissante protectrice^ qui l'eut bientôt fait rentrer en grâce auprès de son fils. Tousoun finit par connaîtra le mérrite dlbrahim comme soldat coi^ageux, le nomma chefde ses mameloucks, et aprè^ sa valeureuse coiiduite à Djedeïdé, l'éleva au poste de son trésorier, qui est lé second à la cour d'un pacha. Ibr^^iim Aga èombattit de nouveau avec vaillance à Médine et à Taraba , comme on le verra plus tard , et fut chargé du gouvernement de Médine en avril .181 5. Deux moii après, s'étant empressé d'aller ayèc deux cent cinquante cavaliers au secours de Toi^souix, campé dans la province de Cassim, il fut syrpris par un corps de Wahhabites . plus nombreui;, et partagea le sort de ses soldats qui périrent tous. Dans cette dernière affaire , le hardi OEqo^sais. tua. ^ sa main quatre Wahhabites, et Abdallah iboSftoud avoua quel Tousoun et soiji trésorier fidèle, ^ta^rai les homincs les plus braves de l'armée twquie.

Les pertes qu'elle venait d'éprouver la découragèrent complétejment. Saleh Aga et Omar Aga, les deux chefs de l'infanterie, déclarèrent qu,'il leur .était impossible de éombattre davantage c^ans je He^ja^z. En conséquence,. Tousoun résolut de les renyoyerj ils retournèrent à Gosseïr , et en allant ensuite au

Gaîrer, ils riecrutèrent leur corpi d'un gràhd nombre d^hommes mécontens du pacha. £n approchant dé là yiUe, ils prirent une attitude si imposante qiie Mohamined Aly trouva iië(%ssaire de mettre éh œuvre toute son adresse pour les engager, par itfenaceis et par présens^ à quitter l'Egypte. Us avaietrtprécédè;minent pillé les cantons les plus riches de la partie supé^ rieure de copays, et ils s'erilbarquèrent à ÂleiandHe avec des trésors considérâmes.

• Les troupes de Tousouti ataient perdii b^atilcoup dé chevaux par lès^ fatigue^ du voyage de terrte, et avant d'arriver à Yambo elles furent abandonnées par la piiipart des cafvaliers bédouirië qtii les ilccômpàgnaieniC. Près de deux cents chevaut fhretit tdés â D^edeidé^ et qu)ind l'àrinëe revînt à Yambo, èllë ri'ert avait plus que ce hombre; La disette des fotirrages força ks homfnes qui avaient encdi^e des chetatrit àïês'' vendre, et quant à eàk ils fuî;^iit rètiltwyés iii Catîfé, afin de s'y ^ monter de nouveau; DèS que Mohàùi*mtd Aly apprit l'échec^de Sôii fils ^ il priftôliteS les mesures nécessaires pour réparer cette perte et j[)rè-^ parer une nouvelle expédition. II lui ettré^ù, de grosses sommes d'argent pour ks distribuer parini les sbheikhs bédouins du voisinage, dans l'espoir de leis détacher delà cause des Wahhabites. Le printemps et l'été de 1812 furent entièrement employés à ces opérations', et des renforts journaliers de troupes et dé munitions arrivèrent à Yambo. Mahkrouii i*éussit enfin, par l'àppàtde l'or, à gagner tin nombre editsidéràbk des Béni Harb, et principalement leurs tribus des Béni Salem^ et des Béni Sobh, qm occupaient les défilés de Ssafra et de Djedeïdé. Gbaleb

même, quandl il fut convaincu que Mohammed Aly était décidé à continuer la latte^ reprit son ancien système de politique, assura Tousoun qu'il ne s'était joint aux Wahhabites à Béder que par crainte, et renouvela ses offres d'ouvrir les portes deDjiddaét de la Mecque aux troupes turques aussitôt qu'elles auraient pris Médine.

En octobre 1812, TouSoun jugea qu'il était assez fort pour faire une seconde tentative sur Médine. Les Bédouins demeurant sur la route étaient devenus ses amis ; beaucoup d'hommes de là tribu de&Djedeîdé s'étaient enrôlés sous ses bannières ; les espérances dç succès étaient eûcouragées.par la nouvdle que les Wahhabites restaient inactifs dans le Nedjd : il transporta son quartier général à Béder , ef Ahmed Bonaparte prit le commandement d^ troupes.; eUes s'avancèrent sans obstacle par le même défilé qui avait été précédement le théâtre de leur défaite, laissèrent une garnison à Djedeïdé et arrivèrent sous les murs de Mëdine, sans avoir essuyé une escarmouche.

Une garnison wahhabite occupait, depuis un an, la ville et le château, abondamment pourvus de vi-* vres pour soutenir un long siège. Cependant le chef était resté dans le Hecijaz sans rien tenter; la victoire de Djedeïdé avait, étendu son autorité sur toit» les Arabes du nord> et en 1 8 1 2 , il recueillit le tribut des Bédouins du voisinage immédiat de Bagdhad, d' Alep et de Damas. Après avoir vendu à la Mecque le butin obtenu à- Djedeïdé, il était retourné à Deraïeh, et ses soldats étaient si enflés de leur victoire et méprisaient tellement les Turcs pour la poltronne*

rie de leur conduite à Djedeidé qu'ils s'infàginâient qu'il leur serait possible, à quelque époque quexe fût, de les défaire de nouveau. Saoud espérait probable* nient que Médine ferait une longue n^istance> et que le manque de vivres forcerait les Turcs à Ik retraite ; il prévoyait que, dans ce cas, les Béni Harb abandonneraient teurs alliés étrangers qui, à leur tour, seraient aisément exterminés.

Depetitscombatseurentlieu devant Médine avecla garnison wahhabite. AhmedBonaparte entra dans les faubour]g;s, et repoussa Tennemi dans Tintérieur de la ville; à Taj^roche des Tuits, celui-ci en avait expulsé tous les habitans,. ils demeuraient dans les faubourgs, et prirent unepart active à la première escarmouchecontreles Wahhabites. La ville était défendue par ses murs et sqp château; les Turcs n'avaient que de légères pièces de campagne pour battre eés ouvrages. Après un siège d'une quinzaine de jours pendant lesquels les Wahhabites effectuèrent plusieurs sorties, les Turcs pratiquèrent une mine, mais d'une manière si ouverte que les défenseurs de la place trouvèrent le moyen de la contrenaiiner et de détruire les travaux. Une seconde mine eut plus de succès, au milieu de novembre 1812; pendant ^ue les Wahhabites étaient occupés à la pt*îère du midi , une partie du rempart sauta, et les Arnautes - se précipitèrent dans la ville. Les Wahhabites surpris se réfugièrent dans le château ; il y en etft à peu près mille d'égorgés dans les rues; toute la ville fut livrée au pillage; cinq Turcs seulement furent tués. L'Écossais Ibrahim aga déploya dans 'cette occasion SQn intrépidité ordinaire, ayant été le premier qui

^ntra par la brèche. Quinze cents W^Uiabites reti^ré3 dans le château qui était bâti sur le roc vif étaient à l'abri de la mine^ et les Turc^^ faute de grosse artillerie, ne purent l'attaquer convenablement; mais, au bout de trois semaines, la disette força les Wabha- Vites de capituler; Ahmed Bonaparte leur avait promis un sauf-conduit, la permission d'èn^mener tout leur bagage et des chameaux pour ceux qui voudraient retourner dans le Nedjd.

Quand ils sortirent dirfort, ils ne trouvèrent que cinquante chameaux au lieu de trois cents qu'on leur avait f^it espérer. Us furent donc contraints de laisser derrière eux la plus grande partie de leurs effets, et.de porter sur leur dos ce qu'ils avaient de plus précieux. Us ne furent pas plutôt hors de l'en* ceinte de la ville , qye les soldats [>pursuivirent, dér pouillérent et tuéreat tous ceux qu'ils purent at* teindre : il y en eut bien peu qui échappèrent, indér pendamment de ceux qui étaient montés, sur des chameaux.^ Ce3 Arabes étaient pour, la plupart,, de la tribu des Asir, qui demeurent au sud de la Mecque, et qui plus tard opposèrent une résistance si opiniàr tre à Mohammed Aly. Saléh ibn Saléh, un de leurs chefs, qui était des environs de Bagdhad, eut le bonheur de retourner dans ses fpyers. Masaoud el Medr heïan, à qui Sapud avait donné le commandement de tous les Béni Harb et de plusieurs autres tribus, ne se souciai^pais dje s'enfermer dans l'intérieur delà ville, se retira avec sa famille et qiia.rànte hommes dans une maisQn de campagne qu'il avait fortifiée, au joùilieu d'un bocage de dattiers, à peu près à une heure de distaince de Médine., Quand cette plage (iit prise.

il conclut une capîfulatîon à condition d'un saufconduit pour lui, sa famille^ ses adhérens et tout le bagage; une maison dans le faubourg lui fut assignée pour son usage; il y déposa sa fapiille et ses effets. Maïs, lorsque le château se rendit et que sa garnison fiit si bassement massacrée , les Turcs saccagèrent sa maison , tuèrent ses fils et ses partisans, le chargèrent de fers' et l'envoyèrent à Yambo. En traversant Béder, il trouva le moyen de s'échapper la nuit dans les montagnes et se réfugia chez des Béni* Harb. Trois jours après>. ceux-ci, gagnés pjBir l'or des Turcs, le livl^èrent. Il fut expédié d'Yambo au Caire et ensuite à Constantinople où il eut la têtetranchée. Il eut pour compagnon d'infortune ce même Hassan Kaladji dont il a été question dans ma notice sur l'histoire dé Médine.

La conduite perfide des Turcs à Médine fut très imprudente, parce qu'ils luttaient éontre un ennemi renommé pour sa scrupuleuse exactitude à exécuter de bonne foî les promesses de saufs-conduits qu'il avait donnéeis. Cette action , inspira de l'aversion aux Bédouins, et avec d'autres dû mêpie genre dont je parlerai plus tard, marqua du sceau de l'infamie le nom turc dans tout le Hedjaz. Ahmed Bonaparte, en véritable Vandale, ramassa les crânes de tous les Turcs tués à Médine et en construisit une espèce de tour, sur le grand chemin d'Yambo. Il plaça auprès, une garde, ce qui n'empêcha pas les Arabes et même les habitans de Médine d'enlever de temps en temps quelques uns de ces honteux . trophées, et à mon arrivée en 1 8 1 5 il n'en restait que très peu-

Après la prise de Médine» un corps de mille cavaliers et de cinq cents fantassins ^ parti d'Yambo, marcha sur Djidda et sur la Mecque. Il était cornmandé par Moustafa bey , beau-frère de Mohammed Aly. De même qu'Ahmed Bonaparte > il s'était auti*efois signalé par sa rigueur barbare envers les Egyptiens rebelles que Mohammed. Aly eiit de si fréquentes occasions de combattre. Il fut nommé gouverneur de la province de Scherkiéh, où il extermina des camps entiers de. Bédouins et brûla beaucoup de villages; on l'entendit souvent se vanter qu'il était mort plus dlipmmes sous le bàtoh de ses kaouas ou exécuteurs qu'il n'aurait pu en naitre si quelques unes de ses femmes étaient accou*chées chaqup jour de l'année d'un enfant mâle.

La chute d^ Médine avait intimidé Ghaleb , peutêtre désira-t-il alors se débarrasser des WabhabiteSy et^ pour le moment du moins, préféra-t-il les Osmanlis, n dépêdba des messagers à Moustafa bey, pour l'inviter à venir -de son côté. Quelques centaines d'homtnes furent dirigées sur Djidda, pendant que le principal corps d'armée, s'avança vers la cité sainte, où £1 Mcdhaifé commandait les troupes wahhabites ; comme il ne se trouvait pas assez fort pour offrir la bataille il se replia sur Taif, qu^ ques heures avant que les Turcs fissent leur entrée, en janvier i8i3. Les biens des MeiLkapuis furent respectés, de même qu'ils l'avaient été précédemment par les Wahhabites ; Ghaleb se joignit auxOsmanlis avec i;n millier d'hommes tant Arahes qu'esclaves nègres. Quinze jours après, Taif fut attaqué; quelques escarmouches eurent lieu devant

cette ville; £1 Medhaîfé décampa, et Ghaleb ^ Moustafa entrèrent dans la place que les Walihabites avaient tenue pendant vingt ans et qui av^t plus souffert qu'^ucunç autre ville du Hedjaz.

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