II. yay. dint P Arabie. s
sacré. Je raconte cette circonstance d^a^rês iiAë autorité incontestable.
^x:Il s^écbula près de quinze jours pendant lesquels Mohammed. Âly fit des tentatives journalières et îritltiles d'exécuter so|i dessein. Ënfih^ il imàgiiia iih stratagème qui prouve la gràttdé expérîehce (Jù'îl avait acquise dans l'art d'attraper les gens. Il maiide à son fil§ Tousoun, qui était alorsàDjiddïi^ dièse rendre à la Mecque, et d'arriver tard datis la sbïtée d*uh jour qu'il lui fixe ; l'étiquette exigeait que Ghaléb sortit pour saluer Tousoiin , parce que r6ni^sî<Âi de cette cérémonie équivaut, selon les idées dte Turds, à une déclaration de guérriB. Ghaleb, vôulâttt faiire isà visite avant que de nouvelles embûdie^ pûs^ «ent lui être dressée?, sortît de bonne heure <teins là matinée dti joiir qui suivit la venue de Tôùsouh, et se présenta chez lui aocoioipàgné d'une tro'ùpe dëù nombreuse ; c'est ce qui avait étSé prévu : la véule, Mohammed Aly avait fiait cacher une clerilâiijiedTiômjnes dans différêns appartemehs donnant sûr la côiir de la maison ou Tôusotin devait s'arréïèir, île s*y rendirent de manîèï^ à' li'exciter aucune bbtervatîôn de la part dû public. Quand Ghaleb arrivk; les dô^ mestiques le conduisirent au premier ^tâge, Sot^s prétexte qtié Tousoun était fatîgUé de son voyage, et dirent aux officiiers du i^Chérîf de rester' en iMii. Ghaleb entrafdaUs l'appartement du jèuhfe pachà,'et conversa quelque temps avec lui; mais; lorsqu'il voulut sortir, Âbdia bey, un des commandans des Arnaùtes^ îui apprit qu'il était leur prisonnier ; fe résistance aurait été vaine ; les soldats sortirent de leurs cachettes, et Abdia bey etTousôiin dblîgèryrit
parti à Ja Mecque ; d'après les ordres de la Porte^ il fut bientôt remis en liberté*
Ghaleb, pendant qu'il gouverna la Mecque^ mon-tra une grande bravoure en combattant les Wahbabites et ses propres parens, qui souventlui furentopposes. Sa finesse profoiide et sa connaissance intime des Bédouins et de leur politique, son éloquence et sa pénétration' le rendaient éminemment capable de tenir les rênes du pouvoir; mais il était rapace et mjuste dans ses demandes d'argent et dans les gros* ses amendes qu'il exigeait pour lea plus petites fau^ tes; son avarice l'avaif fait généralement haïr. Du-^ rant un régne de vingt-huit ans , il dut accumuler des trésors considérables à la Mecque, où il ne faisait que peu de dépenses;, comme après son enlèvement on ne trouva que U somme de biens énoncée précédemment, on supposa qu'il avait fait passer secrètement de grosses remises en argent qu en ms^v chandises aux Indes-Orientales et particulièrement à Bombay > port avec lequel il commerçait depuis longtemps. Mohammed Aly insinua que le schérif avait eu l'intention de se. réfugier dans cette viUê ; Cendant le soin avec lequel il fortifia et approvisionna son château de la Mecque prouve plutôt qu'il étaitdéterminé à résister aux Turcs, et même à les dom-^ battre dans l'enceinte de cette cité sainte»
La prise de Ghaleb répandit la terreur parmi tous les Mekkaouis et les Bédouins. Plusieurs chefs de ces derniers que le schérif avait présentés à Mohammed Aly , et avec lesquels des négociations avaient été entamées, s'enfuirent de la Mecque et retournèrent à Tjaraba , lieu où les Wahhabites Êd-
Djidda, où il resta détenu à b^rd d'un navire dans h port , puis il fut embarqué pour Cosseir • J'étais à Kéné, dans la Haute-É^pte/ quand il y arriva le i*' janvier 1 8 14, et j*eus occasidn de le voir; son courage ne l'avait pas abandonné, il parlait hardiment et avec beaucoup de dignité; jamais il ne faisait mention du noni de Mohammed Aly, ni de celui de son fils ; il avait avec lui une douzaini^ d'eunuques, un petit nombre de domestiques arabes et deux de ses fils, qui étaient venus volontairement le joindre à Djidda. Parmi la petite quantité d'objets composant son bagage, je remarquai un bel échiquier, et on me dit que tous les jours il passait qnelques heures à jôiier aux échecs avec soi^ eunuque favori. Au Caire, il trouva ses femmes, qui y avaient été envoyées-par la voie de Suez , lavec tout ce qui lui appartenait et qu'on avait pris dans ses palais de la Mecque ; Mohammed Aly ayant reçu l'ordre de n'en rien retenir. Un de ses fils mourut à Alexandrie , Tautre le suivit à Salonique , que la Porte lui avaiP assignée pour résidence, et où il recevait une pension mensuelle correspondante à son rang; quelques femmes esclaves , un fils cadet et ime sœur de Gbsaleb restèrent à la Mecque. Ce schérif et toute sa famille moururent de la peste à Salonique dans Tété de 1816. Abdallah Ibn Serour, cousin de Ghaleb, fut arrêté à la Mecque, le lendemain de l'eitiprisonnement de ce schérif , et ensuite expédié également au Caire : il réussit à s'échapper , fut repris et ramené par les Bédouins de Suez. Comme il avait toujours été l'ennemi de Ghaleb, on ne pouvait alléguer d'autre motif de son arrestation , sinon qu'il avait uu fort
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parti à Ja Mecque ; d'après les ordres de la Porte^ il fut bieatot remis en liberté*
Ghaleb, pendant qu'il gouverna la Mecque^ mon-tra une grande bravoure en combattant les Wahbabites et ses propres parens, qui souventlui furentopposes. Sa finesse profoiide et sa connaissance intime des Bédouins et de leur politique, soa éloquence et sa pénétration' le rendaient éminemment capable de tenir les rênes du pouvoir; mais il était rapace et mjuste dans ses demandes d'argent et^dans les gros* ses amendes ({u'il exigeait pour lea plus petites fau^ tes; son avarice Tavaif fait généralement haïr. Du-^ rant un régne de vingt-huit ans , il dut accumuler des trésors considérables à la Mecque, où il ne faisait que peu de dépenses; comme après son enlèvement on ne trouva que U somme de biens énoncée précédemment, on supposa qu'il avait fait passer secrètement de grosses remises en argent qu en ms^ chandises aux Indes-Orientales et particulièrement s^ Bombay > port avec lequel il commerçait depuis longtemps. Mohammed Aly insinua que le schérif avait eu l'intention de se réfugier dans cette viUe; coudant le soin avec lequel il fortifia et approvisionna son château de la Mecque prouve plutôt qu'il était déterminé à résister aux Turcs, et même à les com-^ battre dans l'enceinte de cette cité sainte»
La prise de Ghaleb répandit la terreur parmi tous les Mekkaouis et les Bédouins. Plusieurs chefs de ces derniers que le schérif ayait présentés à Mohammed Aly, et avec lesquels des négociations avaient été entamées, s'enfuirent de la Mecque et retournèrent à Taraba , lieu où les Wahhabites Êd-
saieiit bbrëuvé^ lears troupeaux. Toas les amis dt Ghaleb à la Mecque, et plusieurs familles puissantes de schérifij-âvéè leurs partisans, quîttèrenf la Fille et se réfugièrent* sous les tentes de leurs voifins, ne safcbint pa9 si te pacha ne projetait point d'extermi* lier loute là'ra(^ des schérifs. Parmi çux, se trouvait s)!;hériF Radjëh, parent éloigné de Ghakb-, iin des Irottttnes le^ plus distingués du Hedjaz pour son courage, son jugement et sa libéralité. Mohammed Aly lui avait dioniié le commandement de quelques centaines de Bédouins etFavait chargé d'en recruter d'autre^ pour son service. Le jour dé l'arvestaiticm de Ghaleb, Ràdjéh sortit de Médine, etavep tout son monde gagnrDeraïeh, où Saoud* fut charmé de Tar^ ri vêewl*tïn homme doué de tant de talent, et joui»* sant d'fïne si |[radde influenc6^: il lui donaa une somme oorisikléraible d'argent,- et le. nomma ^ à la plÀcédeM«dbaïfé , émir elOméra ou. chef des cbefii des BédouinSfdu Hedjaz. ' < . ,
'L^<efmprisonnement de Ghaleb causa une «fta^natioa datis- toutes ies aflEabes politiques dû pays ; line per* fidie aussi buvette aliéiïa aux Turcs même les Àra^ besli6Splus fortement opposés aisx Wafahabtles^ et la plbëkion de Moliammed, Aly devint criUqnte. Les persôuniès les plus instruites pensaient que, |miaqa^ avait résolu de s -emparer du' schérif , â aunait du at* tendre qu^ ^dusieurs puissàns schieiikhs hédouibs se fussent joints à lui » et les engager à cobam^ncer' les hostilités contre les Wahhabites, ce qui jteg.aur raitmis plus tard dans rimpossibilité d'abandonner sa cause^Sans doute, le pàcha jugea les tnte^onsidii sehârif d'apurés les siennes^ et il craignit detdeï^ïeiiir
yiçtim^ 4'lWQ trahisoo »'il laissait à Glialeb lé temps ^e mettre ses projets à exécutioa.
)lse trotnpait; certainement Ghateb n^aimait pas les Osmanlis, m^s, d'un autre côté, il haïssait également la domination des Wahhabites: son- dessein ^tait d'affaiblir les deux partis ; jamais.il ne songea à se conduire traîtreusement envers le pacha, ayant fait la promesse solennelle de protéger sa sûreté.
Yahya, homme de la race des schérifs, parent éloigné deGhaleb, et auparavant son antagoniste, fut nommé gouverneur de la Mecque par Mohammed Aly ; celui-ci savait bien qu'il n'avait lii talent, ni réputation, il V|{^ulaî|; simpl^enf que la place fût remplie par un individu complètement nul. Le pacha s'empara de tous les revenus du schérif à Djidda et^^^Mççqiie, nç laissant à YahyaL qu^une pension mensuelle de trente bourses.,
A cçtt^é époque , le pacha n'avait d'autre objet. en vue que d'expççjiçr des vjiyres de Djidda à la Mecque et à Ta'jÇ. (juand il çp pop réijui uin§ petite quantité dans cette dernière ville , il résolut de frapper un coup décisif contre ses ennemis, que sa longue inactivité avait enhardis au point d'enlever des chameaux aux portes mêmes de Taïf et de la Mecque, pendant que les Bédouins commençaient à manifester leur ihépris pour le pouvoir du pacha qu'ils détestaient déjà à cause de sa perfidie. De tous les ennemis des Turcs, dans le voisinage de la Mecque, ceux qui s^élaîeiit montrés les plus hostiles étaieïit les Arabes Begoum qui habitaieùt Taraba, et qui^ dans yne bcr^ casîon précédente, avaient défait Moustâfa bey. Ia plus grande partie des troupes de Ghaleb s'étaient ré-
fugiées à Tarabâ, aussitôt a[»*ës la foise de leur chef; schérif Radjëh y avait établi son quartier général; il y fut rejoint par Aly Medhaîfé , frère d'Othman : c'était un homme d'un grand crédit dans ce pays. Ainsi Taraba devint le point d'union de tous les Wahhabite^. du sud , de ipéme que Deraieh l'était dans le noiyi.