II. Voj. dans TArabie
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guides bëdouins du pays les accomjiagnaîent; tous étaient armés de fusils et de pistolets^ ce qui les rendait très formidables à leurs ennemis. Dans une dé leurs courses, ils ramenèrent huit mille brebis d'un camp de Wahbabites.
Les caravanes des pèlerins de Syriel et d'Egypte arrivèrent en novembre : avec la première se trouvaient trois mille chameaux; Mohammed Aly en avait acheté quatre mille aui Bédouins de Syrie,
Tousoun en avait pris mille pour les besoins de son armée, car on sentait à Médine, aussi bleti que dans la partie méridionale du Hedjaz, le manque de moyens de transport. La caravane d'Egypte amena également deux mille cinq ceiits chameaujt , indépendamment d'un renfort de mille cavaliers turcs; et afin que toutes les bétes de somnfie pussent être employées au service militaire, la caravane, entièrement composée de soldats ou de personnes attachées à l'armée, fut retenue à là Mecque, et le màhmal, après la fin du pèlerinage, fut envoyé pai* mer à Suez; les pèlerins étaient venus par le golfe Arabique.
Le pacha arriva de Taïf pour assister aux cérémonies du hadj et pour rencontrer Soliman pacha àe Damas, qui avait de rechef accompagné la caraVane de Syrie. Celle de ses femmes que Mohammled Aty aimait le plus, la mère de Tousoun, était débarquée à Djidda pour s'acquitter des deVoîrs du pèlerinage; j'ai parlé, dans la relation de mon voyajge , de la niagnificence de sa suite. Plusieurs personnages d'un haut rang étaient accourus de Gonstantînople pour visiter Ja ka'aba ; de sot^te que le pélerînà^ de cette
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linnëe^ auquel je pris part, réunit plus de: qtiatre vingt mille individus de toutes lés classes et de toutes les nations. Quand il est terminé , la xîaràvàne de Syrie reste 'ordinairement quelques jours à la Mecque : Mohammed Aly la força d'y si^bumer dix jours au delà du terme accoutumé, paTtè qu'il «lit en réquisition tous les- chameaux , au nbmbre de plus de dou^e tniBe> polir transporter de i)jîddà à la Mecque les viVres nécessaires à l'apprôvisiontrement des troupes. • ' - ;-
Quand il eut réuni entre la Mecque et Tâîf toute 9a force' eftectîve, et que l'état de ses magasins. ainsi que le nombre de ises camps lui turent fait esf)érer des succès contre Tennemî, il annonça soti întdntîbtl de se mettre lui-même à la tête dé Târméé, ce qui relera à un certain point le courage de ses troupes. Taraba fut désigné de nouveau çomriiiète premier point d'attaque : tme artillerie bien organisée et coînposée dé douze pièces de campagne servit à persuader aux soldats que le^ fem parte de Taïf ne pourraient pas résister lotig-temps, et qu'aitisïils tté se^ raientpas sippelés à les escalader,- comme ils y avaient été obligés quand Tousotm avait assailli cette ville. Cinq cents haches furent emportées pour abattre les palmiers' qui empêchent de s'apprôchfer de Ta-* raba; vingt maçons et autant de char})éntiers furent attachés à l'armée, afin dWvrir une miné qui de^ vait faire sauter tous les ennemis à la fois. Aîîft qàé les soldats fussent assurés du siifccès, une charge de graines de pastèques fut apportée de l'Ouadi Fatmë^ et promenée en pompe dans l'a Mecque, parce <ju'on avait le projet; après la démolition totale de Taraba^
de les semer sur remplacement que cette ville avait occupé. Toutefois ces préparatifs, bien loin de tranquilliser l'esprit du soldat, augmentèrent ses inquiétudes, parce qu'ils prouvaient l'importance extrême que Ton attachait à la prise de cette place et la difficulté de l'entreprise.
L'ennemi se prit*àrire quand il apprit que Mohammed Aly regardait la chute de Taraba comme certaine, et vers cette époque, le pachà reçut de scheikh Bakhroudj une lettré écrite dans ce style dérisoire et railleur, dont l'histoire des Arabes offre tant d'exemples : « Tu as eu , lui disait^il, assez de M preuves de ce que les Wahhabites peuvent faire; » si tu es décidé à les combattre , tu devrais avoir » de meilleures troupes que celles qui sont actuelle- » ment sous tes ordres ; le parti le plus sage serait » de retourner en Egypte et de te régaler de l'eau )) du Nil. » Bakhroudj paya^ par une mort ignominieuse, cet affront à la dignité d'un pacha turc.
Afin d'encouragerM'armée , treize Bédouins des tribus des Ateïbé, pris sur la route 4e Djidda et accusés d'être des Wahhabites, quoiqu'il ait paru entité très clairement qu'ils étaient allés [dans cette ville pour acheter des vivres, furent exécutés dans une plaine près de la Mecque, devant une multitude immense. Un homme de la même bande ^ au moment où ses mains furent déliées, et où un soldat turc s'Apprêtait à lui porter le coup mortel , l'étendit à ses pieds et s'échappa à travers la foule. Il eût fini par sauver sa vie, s'il eût cherché un refuge dans les, montagnes, au lieu de continuer à courir dans la (daine, où il fut attrapé et tué par un pèlerin turc
qui se trouvait là à cheval. Dans cette occasion, les. classes inférieures des Arabes manifestèrent leur aversion profonde pour les Turcs; elles huèrent et maudirent tout haut les soldats qui massacraient si cruellement leurs infortunées victimes. Les tentatives du fugitif pour s'échapper furent encouragées par des cris d'applaudissement^ tandis que le hadji qui lui donna la mort fut injurié avec les expressions les plus outrageuses et accablé d'exécration. Tous les préparatifs de l'expédition qui devait décider du sort de celte campagne .étant terminés , Ahmed Bonaparte partit de la Mecque, javec la plus grande partie de l'infanterie , le i5 décembre i8i5, et alla tout d'une traite à Kolakhi Le pacha avait le projet de le suivre, le 24, avec un corps de douze cents hommes de cavalerie, quand il apprit qu'une armée wahhabite avait été vue dai^s le voisinage de Gonfodé, et s'avançait sur Djidda; cette nouvelle excita de vives alarmes : des Bédouins furent en-* voyés en éclaireurs pour obtenir des renseignemens; on était dans les transes à Djidda, parce qu^on pré^ voyait que les Wahhabites, dans le cas ou ils n'attaqueraient pas cette ville, couperaient les communications avec la Mecque; l'eau y avait été très rare pendant quelque temps; les citernes du gouvernement furent alors remplies par des moyens de rigueur, et les habitans furent obligés d'aller s'approvisionner à des puits éloignés de trois heures de marche. A la première rumeur, les vivres renchérirent de trente pour cent à la Mecque ; mais nn revint de cette terreur panique, quand on sut* que c'était seulement <une petite troupe des soldats de
Tami, qui avait dressé ses tentes près -de Goii'*- Vodé.
Quelques jours a[H*és ^ on fut informé que Ba- ^Lhroudj avait fait une incui'sion dans le territoire des Arabes Nasser, alliés du pacha,, et complètement saccagé Bedjilé, village fortifié et leur poste principal, où une garnison d'Amautes avait été placée : auparavant, Abdin bey y avait eu ses quartiers. Des nouvelles arrivèrent également portant que Tar^a faisait des préparatifs immenses , et que des renforts s'empressaient de tous, côtés à venir défendre cette ville contre Tattaque dont elle était menacée.
Le 26 de moharram 1 23o A. H. ou 7' janvier i8i5, Mohammed Aly pacha partit de la Mecque avec toutes les troupes et tous les chameaux qu'il put rassembler, et se dirigea vêts Kolakh, où Hassan pacha, Abdin bey, Mahoubey, Ahmed Bonaparte, Topous Oglou , schérif Radjéh et d'autres chefs de son armée se trouvaient déjà, et où des vivres pour une soixantaine de jouis avaient été réunis. Quand il eut atteint Z^mé, qui est la seconde station sur la route septentrionalc/de la Mecque à Taïf et à Kolakh, des exprès envoyés à la. hâte de la dernière de ces ville?, lui annoncèrent qu'un corps considérable des ennemis avait pris Bisel, entre Taïf et Kolakh, et intercepté toute communication entre ces deux places,, pendant qu'une autre division avait fait une incursion à l'est contre les Bédouins A teïbé, alliés des Turcs. Mohammed Aly hâta sa marche vers Kolakh où il arriva le uiercredi, et dépéchant sche* rif J[ladjéh. avec ses Bédouins et les cavaliers libyens pQU|^;/|QUteai^ les: Atfoïbé^ il s'avança te^odip aVeo
toute sa cavalerie, sur Bisel. Il trouva lesWahhubites campés sur le flanc des montagnes qui s'ouvreuti vers les plaiaes de Kolakh. Ils étaient en possession de plusieurs puits excellens, tandis que les soldats turcs amenaient de Kol^^kh, à dos de chameau. Veau dont ils avaient besoin. La force des Wahhabites avait été évaluée diversement : suivant les avis les plus s/iirs, elle était d'environ vingt-cinq mille hon^mes d'infanterie avec une petite quantité de cavalerie, parce que les montagnes de ce canton sont pauvres en chevaux, et que^ quand les Wahhabites entr^rennent une expédition lointaine, ils emr ploient rarement beaucoup de caPvalerie, comptant principalement sur leurs fantassins armés de mousquets et sur leurs cavaliers portés par des; chameaux. ,
Leur armée était accompagnée de cinq mille d^ ces animaux, mais elle manquait absolument xl'artillerie; elle était composée d'hommes choisis parmi les Wahhabites du sud , et seulement d'une petite troupe de ceux du nord , parce que ceux-ci étaient à cette époque tenus en échec par les démonstrations hostiles de Tousoun à Médine. Tous les chefs des montagnes de l'Yçmen et de la plaine du sud-est étaient avec l'armée, ainsi que Faïsal, fils de Saoud, et frère du chef actuel des Wahhabites. Paruii les premiers , Tami , scheikh des Asir , et Ibn Miejiha, akid ou chef de guerre de cette tribu, tenaient le premier rang; leurs Arabes formaient un tiers de l'armée; Ibn Katnan, scheikh des Arabes Sabia; Ibn Khorscban, chef deTaraba; Ibn §chobkan, chef de Beïsché; Bakhroudj, scheikh des Arabes duGha-
med et du Zohran ; Ibn Dahman, scheikh des Ara-* bes Schomran ; Ibn Katamel, chef 'de cette portion des Ateïbé qui restait attachée à la cause des Wahhabites ; Ibn Mahi, chef des Arabes Douasér, qiTi demeurent très loin dans le sud-est vers le Hadramaut^ et beaucoup d'autres guerriers également puissans et renommés commandaient différens corps de cette armée. En faisant une diversion du côté de Gonfodé, ils avaient essayé de détourner Tattcntion du pacha du principal objet de leurs efforts, et tombèrent à l'improviste sur Bisel, où ils occupaient une forte position au centre même des lignées turques. Quand la cavalerie de Mohammed Aly s'approcha , ils restèrent sur leurs montagnes, et repoussèrent une attaque faite dans la vallée où Mohamitoed Aly voulait placer une de ses pièces de campagne. Toute la journée du jeudi fut consumée en tentatives inutiles de la part de la cavalerie turque, qui, dans sa dernière charge , perdit plus de vingt hommes percés par les lances des cavaliers wahhabites.
Quoique peu de soldats eussent succombé dans cette journée, cependant les Turcs commençaient à désespérer du succès, tandis que les Wahhabites entretenaient les plus vives espérances d'aflFaiblîr l'ennemi par des défaites réitérées , et finalement de le détruire. Redoutant- un tel résultat; beaucoup de soldats turcs et de Bédouins au service du pacha désertèrent et se dépéchèrent de retournera la Mecque où ils .arrivèrent dans la soirée du samedi suivant; ils répandirent la nouvelle d'une défaite complète, de la mo^t du pacha, et de bien d'autres désastres.
Il est difficile de s'imaginer la terreur que ces bruits causèrent à la Mecque ; j'y demeurais alors, et je puis en parler en témoin qpulaîre : de nombreux traîneurs appartenant à l'armée et des hadjis turcs se préparèrent à regagner leurs foyers; les marchands et les soldats turcs, qui se trouvaient dans la ville,, s'attendaient tous à être égorgés à la première apparition des W^hhabites victorieux. Quatre cents piastres Furent offertes d'un chameau pour transporter une seule personne à Djidda; mais le petit nombre de Bédouins qui en avaient, les emmenèrent dans les montagnes, aux premières rumeurs de la défaite. Beaucoup de gens sortirent de la Mecque, le soir même, et tâchèrent d'arriver à Djidda, le lendemain matin; d'autres se joignirent à la garnison du château et se revêtirent de haillons de Bédouins, afin de ne pas être regardés comme des étrangers : au milieu de cette anxiété, personne rie se préparait à la défense, et schérif Yahya lui-même, quoiqu'il n'eût pas reçu de nouvelle officielle, était prêt à s'enfuir soudainement à Djidda. Quant à moi, bien convaincu que si le pacha avait été défait , les troupes légères des Wahhabites intercepteraient tous les fugitifs sur le chemin de Djidda et ôteraient ainsi toute pos3ibilité d'échapper, je pensai que mon asile le plus sûr serait la grande mosquée que les Wahhabites avaient constamment respectée comme un sanctuaire inviolable. Ayant mis danâ un sac le peu d'obji^ts précieux que je jpossédais, ainsi qu'une bonne provision de biscuit, je m'en allai avec mon esclaive, et je m'établis dans le temple^ où beaucoup
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de hadjis pauvres avaient, par le mèmemotii^ pris leur demeure. Mou biscuit, avec Teau di^ puits de ZeiDzem, aurait pu m'aidera vivre pendaat quelques semaines. Si toute la foule des Turcs i^e su^** vit pas cet exemple, il faut l'attribuer à ce qu'ils jugeaient les Wahhabites d'après, eux-mêmes, croyant qu'à l'instant de la victoire un soldat ne considérait aucun lieu comme sacré.
Bientôt il fut avéré que nos craintes reposaient sur une catastrophe imaginaire : après une nuit de transes mortelles, nous fumes surpris et ravis de joie le lendemain matin par la nouvelle officielle de la défaite to&le des Wahhabites si redoutés. Mohammed Aly avait vu clairement, pendant les escarmouches du jeudi, qu'il ne pourrait avoir aucune chance de succès tant que les ennemis resteraient sur les montiSignes; il savait également que s'il essuyait un revers le lendemain, sa carrière dans le Hedjaz et en Egypte serait probablement fermée à jamais. C'est pourquoi il demanda, pendant la nuit, des renforts à Kolak^, et. ordonna que deux mille hommes d'infanterie , avec l'artillerie, prissent position sur le flanc des Wahhabites. Le lendemain matin, de bonne heure, il renouvela l'attaque avec la cavalerie , et fut encore ï^epçu^sé. Alors il assembla ses ofllciers , et leur commanda de s'avancer avec leurs colonnes plus près des Wahhabites qu'auparavant , et après avoir tiré quelques coups de canon de se retirer comme s'ils étaient en désordre : ces ordres furent exécutés ; les Wahhabites voyant l'ennemi s'enfuir Xîrurent que le moment de l'écraser entièrement était arrivé ; ils qiiÎÀr
tèrent leur forte position sur le flanc de la montagne et poursuiyirent dans la plaine les Turcs fugitifs. Tout se passa comme le pacha l'avait prévu. Lors^ qu'il jugea que les Wahhabites étaient assez éloignés des montagnes, il rallia Sa cavalerie,. fit face aux troupes qui poursuivaient, et le combat fut bientôt décidé en sa faveur.
Alors l'infanterie turque tourna la position de» Arabes ; schérif Radjéh , qui venait d'arriver avec ses troupes après avoir repoussé la fausse attaque de l'ennemi sur les Ateïbé, rejoignit Mohammed Aly, occupa la vallée par laquelle les Wahhabites devaient se retirer, et les obligea ainsi de fuir dans le plus grand désordre. Les soldats turcs sont excellens pour poursuivre un ennemi vaincu. Des qUc Mohapimed Aly vit la déroute de l'ennemi > il fit annoncer à ses troupes qu'une somme de six piastre» fortes serait payée par tête de Wahhabite. En quelques heures , il y en eut cinq mille empilées devant lui^ Quinze cents Wahhabites avaient été cernés et taillés en pièces dans une vallée. Tout leur camp et leur bajgage , et la plupart de leurs chameaux , de^ vinrent la proie des Turcs. Tami ne s'échappa qu'avec un petit nombre des siens^
A peu près trois cents Wahhabites furent pri» en vie, parce que Mohammed Aly avait expressément commandé à ses soldats de leur offrir quai^ tier , très peu d'ennemis ayant condescendu à demander grâce. Schérif Radjéh fut expédié avec de là cavalerie aux trousses des fugitifs : il fut rejoint par beaucoup d'Arabes du voisinage, qui probablement auraient montré autant de %èle contre les
Turcs , si les Wahhabites avaient été vainqueurs. Dans cette bataille , le pacha combattit en personne , au moment où il donna l'ordre à sa cavalerie de faire volte-face et de tomber sur ceux qui la poursuivaient. Il mérite de grands éloges pour ses dispositions pendant la nuit antérieure à cette attaque , et pour avoir su entretenir un esprit de résistance parmi ses troupes, qui avaient déjà abandonné tout espoir de succès. Parmi les siens , personne ne se signala davantage que schérif Radjéh. Monté sur une jument fameuse, et armé de sa lance, il galopa très loin en avant de l'armée, et au milieu des «nnemis , vers la tente de Faïsal , la plus remarquable de tout le camp; et fichant sa lance en terre devant l'entrée, il se défendit avec son sabre contre un grand nombre de Wahhabites jusqu'à ce que ses amis vinssent à son secours. Mohammed Aly ayant, peu de temps après, *pas$é prés de cet endroit, il demanda à Radjéh à qui cette tente appartenait. « A Faisal , répondit le guerrier. — Eh bien , répliqua le pacha , prends-la avec tout ce qu'elle contient. » A l'exception des chameaux , l'armée ne prit pas un butin de grande valeur. Radjéh ne trouva dans la tente de Fâïsial qu'environ deux mille piastres fortes. Des querelles nombreuses s'élevèrent entre les soldats turcs et les Bédouins , leurs alliés, qui accompagnaient Radjéh, au isujet du partage de la proie : le pacha paraissait enclin à favoriser les Bédouins , et presque tous les chameaux tombèrent dans leur lot. On estima que dans cette journée les Turcs avaient perdu de quatre ' à cinq cents hommes.
La défaite des Wahhabites peut èti^é entièrement attribuée à la fayite qu'ils firent de descendre de la montagne dans la plaine où ils n'avaient aucun moyen de résister à la cavalerie turque. Saoud, dans les dernières paroles qu'il avait adressées à son fils, aurait dû le mettre en garde contre une telle manœuvre; mais le mépris des Wahhabites pour les troupes turques , et le désir de terminer la campagne^ peut-être aussi celui dé s -emparer de la personne de Mohammed Aly, leur firent oublier le prudent système de guerre qu'ils avaient adopté jusqu'alors , et leur étonnement ei| se voyant si soudainement accablés les rendit incapables de résistance.
Néanmoins ils donnèrent des exemples de courage signalé. Ibn Schobkan, avec quelques centaines d'hommes , se fit jour en combattant à travers toute l'infanterie turque , et réussit à s'échapper ; Bakhroudj , l'un des plus fougueux des chefs wahhabites y tua. de sa propre main deux des officiers du pacha; son cheval ayant été tué sous lui , il se mêla parmi les cavaliers turcs jusqu'au moment où il trouva l'occasion de renverser un homme de dessus son cheval Sur lequel il monta, et par ce moyen se sauva. Des détachemens entiersd'Âsir furent trouvés sur les montagnes^, liés ensemble par des cordes qui entouraient leurs jambes. En quittant leurs familles, ilAi valent tous juré par le divorce, serment usité parmi les Bédouins et strictement observé, de ne pas fuir devant les Turcs , et, s'ils le pouvaient, de revenir victorieux. N'ayant pas eu de succès dans le combat^ ils résolurent au moins de s'empêcher
tnuttiellement de fuir. Ils se battirent tsfirt queliêurs munitions durèrent, et furent ensuite tâilléis en pièces.
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