‹ Voyages en ArabieChapitre 34 sur 40 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LES TtRCS aONT EIfFLÉS i>E tEtJtt ViCTOlAE. ' — ' tEUIt

CKbAUTÉ. lEira détresse dans LEtm HAÏlCffÊ

SUR BEISCHÉ. • — MOHAMMED ALY RETOURNE A LA MECQUE. -^ IL PAIT DES PROPOSITIO'NS DE PAIX A ABDALLAH IBN SAOUD.

Des messagers , porteurs de la nouvelle de ceUii Tietoire^ furent aussitôt dépêchés à Constantinople et au Caire ^ et, dans tout le Hedjais ks Turcs a'en^ orgueiUirént; ils. reprirent cette insolence et cette morgue qui- sont dans leur caractère v mais qu'ils avaient jusqu'à un bertain point mises de eôtéé Sur ces entrefaites , les habitans^ du Hedjaz , quoique satisfaits d'être en; sûreté contre une seconde X)cm* quête des Wahhabi tes > voyaient avec chagrin des Arabes vaincus par des Turcs^ et frissonnaient d'horreur de toutes les cruautés que ces vainqueurs avaient commises pendant et après ia bataille: Les trois cents prisonniers auxquels on avait promis k

vie isâuve furent envoyés par Mohâtoïned Aly à k Mecque. Il en fît empaler cinquante devant le^ portés de cette ville , douze furent condamnés à siubîr le même supplice devant chacun des douze cafés ou stations sur la route de la Mecque à Djidda, et le reste devant la porte de cette ville du côté de là Mecque; leurs corps y furent laissés jusqu'à ce qtie les chiens et les vautours les eussent dévorés. Si les Turcs furent charmés de cette tragédie dégoûtante et atroôe, qù'ils'iappelaîént un triomphe martial, totis les Bédouins , leurs alliés , en exprimèrent hatrtement leur îlidîgnîitiôn extrême , et schérîf Radjéh adressa des remontrances au pacha; elles furent vaines. ' '

Quatre jours après la bataille, Mohammed Aly, déployant une activité convenable > arriva devant Taraba, <f pu Faïsal s'enfuit à sion approche. Les hj^bitans délaisses par leurs aHiés capitulèrent , et lé pacha établit , pour quelque temps , son quaïtièr général dans cette place. Le§ Turcè pillèrent qùdques maisons , et emmenèrent quelques jolies femmes arabes ; le pacha ordonna qu'elles 'fussent i*endues à leurs familiers. Ghalié s'était réfugiée chez lés Bé^ douins : elle aurait pu être Wenée comme un trophée à Coïistahtinople; mais nufte proposition ne put l'engager à revenir, ni à se fier ài^w'fres des Turcs. Aussitôt après la victoire de Bise^le patîha chargea schérif Yahya d'aller par terre avec ses Arabes à Gonfodé, et il renforça ce corps avec les troupes de Mahou bey; des ordres furent aussi envoyés à Djidda pour que des vivres fussent embarqués sur des navires de transport^ et expédiés à

Gonfodé. Comme la force de ses ennemis se trouvait dans les cantons du midi^ Mohammed Aly résolut de transporter la guerre sur leurs propres territoires et d'exterminer entièrement leur parti. Tous les vivres qu'on put se procurer à Kolakh furent chargés sur les cinq à six mille chameaux que l'aivmée avait à sa suite à son départ de la Mecque , et sur un nombre à peu près égal qui fut pris après la bataille.

L'armée, sortie de Taraba, traversa le territoire des Arabes Oklob^ et marcha au sud^ par un pay^ uni , vers Rannié , éloigné de deux journées et occupé par les Arabes Sabia ; Ibn Katnan , leur scheikh , y avait fortifié un pedi château qui se rendit. Au bout de quatre jours de marche depuis ce lieu , les Turcs arrivèrent dans le fertile canton de Beïsché appartenant aux Béni Salem, dont le scheikh Ibn Schobkan était un des ch^fs iniluens

parmi les Wahhabites. Deux petits châteaux avaient été bâtis par l'ordre exprès de Saoud qui avait fortifié, par des constructions semblables ^ toutes les principales positions de ce pays. IbnSchohkan s'était réfugié , après la bataille , dans la tente de Bédouins du voisinage, qui étaient de la tribu de Katai'n. Un de ces châteaux ouvrit ses portes; Ibn Schaban, second <Jfl|des Béni Salem, se défendit dans l'autre, pendant^patre jours, contre toute l'infanterie turque commandée par Hassan Pacha ; sur ces entrefaites Mohammed Aly avait pris poste , avec, sa cavalerie, dans les bocages des dattiers^ au midi de Beïsché.

Des propositions de capitulation furent offertes à

Schaban sous la condition d'un sauf-conduit ; il eut le malheur de les accepter ; il sortit du château avec sa garnison de seize hommes; on lui donna des chameaux pour son bagage. Etant allé dans la tente de Hassan pacha ^ pour lui prései^ter son respect , ce Turc fanatique lui reprocha son hérésie. Schaban défendit hardiment son opinion , et à son tour traita Hassan d'hérétique; celui-ci en fut tellement exaspéré que, lorsque Schaban et les gens de sa suite quittèrent la tente, il commanda à ses soldats de tomber sur eux, et ils furent égorgés. Le gouvernement turc ne fait jamais attention à ces actions infâmes qui se renouvellent fréquemment.

L'armée resta à peu près quinze jours à Beïsché^ position la plus importante du pays à l'est des montagnes de l'Yemen, et appelée la clef de cette contrée parles Bédouins du nord. Là lé pacha fut rejoint par beaucoup de Bédouins; tous ceux qui étaient mécontens des Wahhabites, et tous les parens des scheikhs qui avaient été privés de leurs places vinrent demander réparation des injustices : Mohammed Aly, imitant la conduite de Saoud, changea partout les chefs des tribus , et par ce moyen , créa un fort parti en sa faveur ; il apprit bientôt que Tami avait rassemblé de nouveau une armée considérable dans ses montagnes, et résolu de tenter une seconde fois le hasard des combats. Mohammed Aly se'dirrigea donc vers son territoire à J'ouest de Beïsché.

Dans cette marche, son armée souf&it excessivement de la faim et de la fatigue. La moitié des chameaux était déjà morte avant l'arrivée des troupes à Beïsché ; beaucoup de chevaux avaient éprouvé

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