‹ Voyages en ArabieChapitre 6 sur 40 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

JÊÈDUfE.

Là torayane s'arrêta «dans une grande cour du faubourg ; les: charges des diameaux y furent dé^ posées; tous les voyageurs qui venaieni; d'arriver coururent aussitôt chercher des logemens. Avec 1 ■ aide d'un n^ezaouar^ sorte de gens qui exercent ici la mémie profession que les délits à la Mecque, je me procurai, après un peu de peine, un bon apparte*ment dians la principale rue march|nde de la ville, à ^peu près à cent cinquante pieds de distance de la ^nde mosquée. J'y fis transporter mon bagage et le mezaouar vint m'y prendre pour aller visiter cette mosquée et le tombeau dé Mal^miet ; car c'est ici comme à la Mecque une* loi pour le voyageur , de s'acquitter d-abord dé ce devoir ; avant des'occuper d^aiicune affaire. ^ « -■ =.

Les cérémonies sont ici beaucoup phis aisées et plus courtes qu'à la Mecque ; j eus tout fini en un quart d'heure, et je retins ^es inoi. Mpa «ei^aouiur

Iki^aida i^ acheter }es provisions nécessaires que je ]|<^ in^ procurai pas sans difficulté , Tousoun pacha gouverneur de. la viUe ayant , par .des mesures in^considérées, effrayé les Bédouins et les chameliers qui avaient coutume d'apporter les choses de première nécessité. Néanmoins , quoiqu'il n'y en eût pas au marché^ je pus avoir, avant k coucher du soleil, de hi farine et du beurre, les deux choses les plus essentielles dans la cuisine dé l'Orient; mais ce ne fut qu'au bout de trois jours que je trouvai du charbon ; dans cette saison froide on en ressentait vivement la privation. Ayant appris que Yahya Effendi , médecin de Tousoun pacha, le même qui au mois de juillet dernier avait pris ma lettre de change sur Djidda, était ici, j'allai le voir le lendemain et je lui montrai une lettre que j'avais reçue à la Mecque de mon banquier au Caire , il m'informait du paiement de la lettre de change; Yahya n'en avait pas encore eu le moindre avis. Sa connaissance qui m'avait été très utile à cette époque, më fut maintenant préjudiciable. Dans ime visite qu'il me rendit bientôt après, il aperçut mon petit approvisionnement de médicaœens qui m'avait suivi durant mon voyage en Nubie, et auquel je n'avais jamais touché, n'ayant employé que quelques émé tiques et quelques purgatifs à Djidda et à la Mecque; j'avais entre autres une demilivre de bon quinquina. •Diverses personnes de la cour du pacha étaient en ce moment malades de la fièvre ; Tousoun pacha lui-même, ne jouissait pas d'une bonne santé, et son médecin était mal pourvu de remèdes pour ces sortes de cas'; il me demanda le quinquina, je le lui donnai parce qu'alors je me poi^

Un bien et que je me croyais déjà dans le voisinage de l'Egypte où je comptais arriver à peu près dans dieux mois; d'ailleurs j'avais des obligations à Yahya et j'étais bien aise de lui témoigner ma gratitude. Deux jours après j'eus sujet de me repentir de ma libéralité, je fus attaqué de la fièvre qui bientôt prit une tournure très grave : comme elle était intermit^ tente je voulus prendre du quinquina^ mais quand je m'adressai au médecin il m'assura qu'il l'avait déjà distribué jusqu'à la dernière dragme, et il m'apporta de la poudre de gentiane qui étant fort vieille avait perdu toute sa vertu> ma fijèvre s'accrut pendant le premier mois elle devint quotidienne , et fut accompagnée de vomissemens journaliers et répétés , et de 4(ueurs abondantes. Les émétiques ne me procurèrent aucun soulagement et après avoir, au défaut de quinquina, employé tous les médicamens queje jugeai applicables à mon état, et ne recevant que très rarement des visites.de mon ami Yahya EfFendi, j'abandonnai ma maladie à la nature. Après le premier mois, il y eut un intervalle de répit qui dura une semaine; si j'avais pu en profiter pour prendre du quinquina, ma maladie aurait ^ns doute cédé; mais elle n'avait diminué que pour reparaître avec plus de violence; elle prit alors Iç caractère de la fièvre tierce, les vomissemens continuèrent, et furent accompagnés quelquefois de défaillances , ce qui produisit une prostration absolue de forces, je ne pouvais plus me lever de dessus mon tapis sans l'aide de mon esclave, pauvre diable qui par sa nature et ses habitudes s'entendait mieux à soigner un chameau qu'à garder son maître affaibli et abattu.

A cette époque^ j'avais perdu tout és^îp de rietourner en Egypte, et j'étais préparé à mourir ici.' Le désespoir s'était emparé de moi, parce que je craignais que si la nouvelle de ma mortarrivait en Angleterre , on ne condamnât peut-être tout mon voyage dans le Hedjaz comme un acte non autorisé d'un envoyé imprudent ou du moins trop zélé. Je n'avais ni livre, ni société pour distraire mon esprit de ces sortes de réflexions ; je ne possédais qu'un seul volume j c'était une édition portative de Milton ; le capitaine Boag avait eu la bonté, à Djidda, de me permettre de la prendre dans sa bibliothèqu#de bord ; il valait en ce moment pour moi une tablette entière couverte d'autres ouvrages. La maîtresse de la maison où je logeais, Égyptienne vieille et inGrme qui s'était retirée dans l'étage supérieur, d'où elle pouvait me ^rler sans être vue, parce qu'il y avait une ouverture donnant dans mon appartement, faisait la conversation avec moi, tous les soirs. Mon mezaouar me rendait de temps en temps une visite, afin, comme je l'en ai fortement soupçonné, de s'emparei^ d'uiie partie de mon bagage dans le cas où je mourrais. Yahya èffendi partit au mois de mars avec l'armée de Tousoun pacba qui marcha contre les Wahhabîtes.

Vers le commencement d'avril , le retour de la chaleur mit un terme à ma maladie, mais il se passa prés d'une quinzaine avant que je pusse me hasarder a sortir, et chaque souffle de vent me faisait redouter une rechute. Le mauvais climat de Médine, son eàu détestable , le grand nombre de maladies qui y i'égnaient alors, m'inspiraient le plus vif désir d'en sortir. Mon premier désir avait été d'y s^umer aa

filiM bn mois/iims deprendlre des gnides bédouins, «t de traverser aveiz eux le désert en ligne droite jusqu'à Akaba^ à Textrémilé du goIFe Ai^bique; de là j'aurais pu aisément gsgner le Caire. Je voulais^en suivant cette route, visiter le Hedjer^ situé sxit cdk que prennent les pèlerins de Syrie ^ espérant y trouver des restes de l'antiquité la plus reculée qui n'avaient pas été décrits par d'autres voyageurs, et l'intérieur, du pays aurait pu m'offrir beaucoup d'autres objets curieux et dignes d'être examinés. Mais, dans mon état de convalescence, il m'était absolument impossible d'efFectuer ce voyage ; et je n'avais aucun espoir de recouvrer en deux mois assez de force pour une excursion si fatigante; il n'aurait pas été sage d'attendre plus long-temps , exposé continoellement à souffrir de nouveau du climat; j'aspirais donc à changer d'air , étant convaincu que c'était le seul moyen de prévenir le prompt retour de la fièvre. C'est pourquoi je renonçai au projet de voyage formé depuis si long-temps, et je résolus d'aller m'embarquer à Yambo pour l'Egypte; d'ailleurs l'état de ma bourse, que mon long séjour à Médine avait beaucoup diminuée, rendait cette détermination nécessaire. Quand je me trouvai assez fort pour monter un chameau , je cherchai une occasion pour Yambo, et je m'arrangeai avec un Bédouin qui, formant une petite caravane avec quelques uns de ses compatriotes, partit pour cette ville le 21 avril. Il y avait trois mois moins six jours que j'étais arrivé à Médine, et pendant hyît siemaip^ j'avais été obligé de rester couché. . »

Mea remarques sur Médine sontpeu aotxÂ¥evià^%

j'aurais pu y ajouter si j'avais joui d'une bonne santé; mais cette ville étant totalement inconnue des Européens, les renseignemens que je donne peuvent contenir des faits intéressans. Je dressai le plan de Médine pendant les premiers temps de moi^ séjour^ etjepuis garantir son exactitude; mais je n'eus pas le loisir de le tracer aussi en détail que celui de la Mecque.

DESCRIPTION DE MÉDINE ( i ).

Médine est située sur la lisière du grand désert d'Arabie ^.tput près de la chaîne de montagnes qui traverse cette coQtrée du nord au sud^ et qui est une continuation du Liban. J'ai déjà montré, dans

(i) EXPLICATION DU PLAN DE MÉDINE.

.1 £1 Haram ou la grande mosquée.

1 El Hejra ou le tombeau du prophète Mahomet.

Z MaisoQ du scheikh El Haram.

4 Principale rue du marché.

ft Eue el Bélat.

6 Medressé El Hamdië : école pu-

blique.

7 Rue Zogag el Toual.

. 8 Maison du kadhi.

g Quartiers ruinés.

10 Le château.

io*Petite porte.

^ 1 1 Bain public.

' is Magasin de grain.

i3 Quartier Bcni Hosseïn.

. 1^ Quartier cl AgQuat.

i5 Escaliers conduisant au canal dans différentes parties de la ville.

i5^Puit8 au fond desquels coule Teau du canal.

i6 Porte B^abelDjoma.

17 Cimetière: El Bekia.

18 Porte B'ab el Schami.

19 Porte B^ab el Masri.

30 Boutiques et baraques.

ai El Monakh,place où les Bédouins et les soldats font halte.

as El Ouacljcha quartier des faubourgs avec des champs et des maisons ruinées.

a3 Maison du gouverneur turc.

a4 Bassin rempli de Peau du canal*

t5 La plus belle maisoa partica-

le journal de mon voyage dans T Arabie Pëtrée, que la chaîne à l'est de la mer Morte file vers Àkaba; de là elle court le long de la côte du golfe Arabique jusqu'à l'Yemen, tantôt longeant le rivage, tantôt laissant une plaine intermédiaire , que les Arabes nomment Téhama y dénomination qui , dans l' Yemen, est donnée à un territoire de ce pays. «Tai dit également dans ce journal que la pente orientale de cette chaîne y tout le long du Jourdain , de la mer Morte et de la vallée d' Araba jusqu'à Akaba , est beaucoup moins prolongée que celle de l'ouest , et qu'ainsi la grande plaine d'Arabie^ qui commence à l'est de ces montagnes , est considérablement élevée au dessus de la mer. Je fis la même remarque en allant à Taïf , après avoir traversé le Djebel Kora, qui forme une partie de cette chaîne , et on peut observer la même chose à Médine. La montagne que nous avions montée en venant de la Mecque présente, quand ou la voit de la mer, des pics trét

lUre de la TÎlle, où demeurent les femmes du pacha.

96 Mesdjed Omar (mosquée d'O-

mar).

97 Autre mosquée.

iS Pont sur le lit du torrent.

iQ Maison du pacha avec un grand jardin.

3o Eue et quartier el Ambarié.

3i Porte B'abel Ambariff,

3s Petite tour hâtie avec les crânes des Wahhàbites tues a la prise de la ville par les Turcs.

IS Quartiers es^Sahby dans les faubourgs.

34 Grande cour où s*arrétent les cft' ravanesde^ Mecque.

35 B^ab Koba , petite porte.

36 Lit du seïl ou torrent.

37 Quartiers avec des maisons et

des jardins : a £1 Scbahrié, h £1 Uamdie'.

38 Re'scrvoir pour les pèlerins de

Syrie.

39 Plusieurs puits d^eau saumAtre»

40 Camp de la caravane des pe'le-

rinsdeS}rrie.

4i £1 Koreïn: petite coupole.

4a Bocages de dattiers et champs

de trois c6tés de la Tille.

hauts. Quand D0U9 dëbouchân^ea daiiift k plaine m^ périeure, voisioe de Médina i ces sommets^ laissés: à gauche^ ne paraissaient que des colline»^ leur élén Tatïon au dessus de la plaine de l'est; n^itteig^ot qu'au tiers de celle qu'ils ont au dessus du liirage. de la mer à l'ouest.

Les dernières ondulations de ces nàontagnes tou* cbent la ville au nord } de l'autre eoté^ le pay&e^ plat^ quoique ce ne soit pas toujours une plaine: complètement unie. Le Djebel Ohod , rameau de la chaîne^ s'avance un peu dans la plaine aune heure' 4e distance de la ville , dans la direction du N.-N.-Er auN.-^E, (i)« AhuU ou dix heures de distance de r£. 6 N. à TE. 6 S.^ une chdine de collines basses, s'élève dan$ ta direction de l'est : la^ route du Nedjd la traverse. Des (^lUnes semblables se montrent à I4 même distance , auS.-£. Une plaine s'étend à perte; de vue au sud* A peu près aune heure et demie df distance au S.-O.^ le Djebel Aïra se détache de tai chaîne principale comme le Djebel Ohod, et s'avance dans la plaine.

La ville est bâtie dans la partie la plus basse de celle-ci, car elle reçoit les torrens des montagnes de l'ouest, ainsi que les eaux venant du sud et du sude^t. Dans la saison des pluies elles y forment de nombreuses mares qui sont stagnantes, et qu'ott laisse évaporer graduellement. Les jardins, les arbres, et les murs très multipliés dans la pldiue, y interrompent la libre circulation de l'air. 'Ces jardins et des bocages de dattiers entremêlés de. champs cultivés,

(i) QfiQS ces relçTemen* U \ariafion de Paiguille n'est pio.oftlCulëe.

^g[Q(tûurent Médine de tous cotép, et laissent seulfjneot ouverte à la vue la partie de la plaine qui est dp côté de U route de la Mecque , et où la nature rocailleuse du terrain rend toute culture impo&aible*

. Médine^ se divise en ville intérieure et faubourgs. Jm première est ^ de forme ovale^ et a deux mille luiit cents pas de circuit : elle se termine en pointe. JLe château est bâti là ^ sur une petite éminence rocailleuse^ et le tout est entouré d'un mur épais en pîerre> haut d'une quarantaine de pieds ^ flanqué d'une quarantaine de tours et entouré d'un fiossé , ■ouvrage des Wahhabites , qui , en plusieurs endroits , est presque comblé. Le mux est en bon état^ et ibroiie en Ai:^bie une défense respectable; de -sotte que Médine est considérée comme la principale fortere^e du Hedja?. Le mur fut construit en 36o A. H>$ auparavant la yiUe était entièrement ou- .verte^et journeUement exposée aux incursionades .iK^ouins. du voisinage. Il fui; rebâti à ditfërentes , époques y nota^nment en 900 A. H. Un fossé avait r ^ creusé préalablement tout à l'entour en ySi A. , H. S^vaujt Asami , il fut élevé tel qu'il existe au- ^.joiuxi'hui^ par ordre de Soliman ibn Seiimi à la (in du seizième siècle de notre ère. Trois belles porjGes donnent entrée dans la ville, savoir: B'ab el Masri ^ au siid; c'est 9 après le B'ab el Fatou , am Caire , la , fdus belle que j'aie vue en Orient; jB'ab es Schami , au nord, et JB'ab el Djoma à Test. B ab es' 3oghir, petite porte additionnelle dans le mur du sud, a été . bouchée par les Wahhabites. Près du B'abes' Scbami, , età coAé du château^ on voit uae.jaicbe d^ps le mur

4iJ

de la vifle ; suivant la tradition, il y avait autrefois là leMesdjed es* Sabak, petite chapelle d'où les belliqueux disciples de Mahomet avaient coutume de partir pour s'exercer à la course,

Médine est, après Alep, la ville la mieux bàtieque j'aie vue dans l'Orient; elle est entièrement en pieirrej les maisons ont généralement deux étages et des toits plats. Gomme elles ne sont pas blanchies , et que la {ûerre est de couleur brune, lés rues ont un aspect sombre , et sont pour la plupart très étroites, n'ayant souvent que deux à trois pas de large; un petit nombre des principales est pavé en grands blocs de pierre , commodité qu'un Voyageui^ s'attend peu à trouver en Arabie. Maintenant Médine a un aspect ' désï>lé; on laisse dépérir les maisons ; leurs propriétaires, qui autrefois tiraient un grand profit de l'affluence des pèlerins , arrivant à toutes les époques de l'année, voient leur revenu diminuer, et évitent la kmrde dépense de bâtir^ sachant que le loyer de leurs appartemens ne les remboursera pas de leurs avances. * On aperçoit partout des maisons en ruines et dés - murs qui ont besoin de réparation , et Médine ofire ' une apparence aussi affligeante que la plupart des villes de l'Orient, qui ne montrent plus qu'une faible image de leur ancienne splendeur.

La principale et la plus large rue de Médine , mène de la porte du Caire à la grande mosquée; c'est là que sont la plupart des boutiques. Une autre rue considérable nommée £1 Bélat, va de la mosquée à la porte de Syrie; mais beaucoup de ses maisons s'écroulent. Il y a aussi quelques boutiques; on n'en > rencontre pas dans les autres parties de la ville, c'est

1^49en quoi elle diffère de la Mecque^ qui est un marché continuel. En génc^ral celle-ci ressemble à une ville arabe plus que Médine ^ qui a plus d*analogie avec une ville syrienne. Je n'eus pas le temps de parcourir les difFérens quartiers ; cependant je vais donner les noms sous lesquels ils sont connus prësen^ tement.

Les quartiers compris entre les deux rues principales conduisant de la porte d'Egypte et dç celle de Syrie à la mosquée sont : Es' Saha^ Komet Hascbeifé, El Bélaty Zogag el Toual, où se trouve le mekkam bu la maison du kadhi^ et plusieurs jolis jardins y sont contigus aux grands bâtimens; Zogag el Dhorra^ Sakiret Schaki, Zogag el Bakar.

Lés quartiers situés au nord de la rue El Bélat , et qui s'étendent au nord de la mosquée jusqu'à la porte £1 Djoma^ sont : El Hama'ta^ Zogag elHabs, Zogag A'nkînî, îîogag es' Semahédi, H'aret et Meida, H'aret es' Scherschoura , Zogag . el Bëdour , H'aret el Aghaouat;' où demeurent les eunuques de la mosquée.

Les quartiers depuis la porte El Djoma y le long des^ parties méridionales de la ville, jusqu'à la porte d'Egypte et à la grande rue du marché , sont : De* rouan, Es' Salehié, Zogag Yahou, H'aret Àmed Haidhar, H'aret Béni Hosseïn, où demeure la tribu de ce nom , H'aret es Besough , H'aret Sakifet , Er Ris'as, Zogag el Zerendi, Zogag el Kibreit, Zo-> gag el Hadjamin, H'aret Sidi Malek, où Malek ibn Ânes , fondateur de la secte des malekis , avait sa maison, et H'aret el Kamaschin. t

On ne voit dans l'enceinte de la ville que peu de

grands bâtimens ou d'édifices publics. La grande mosquée est le seul tempje ; la médressé El Hamdié, belle école publique dans la rue El Bélat; une autre où loge. le scheikh el Haram, ou gardien de la tgr^nde mosquée , dont elle est proche ; un grand magasin à blé renfermant une cour spacieuse, dans la portion méridionale de la ville; un- bain (c'est le seul ), qui en est peu éloigné, bâti en gyS A, H., par Mohammed pacha^.visir de sultan Soliman, sont tous les édiGces publics que j'ai pu observer ( i). Cette absence de beaux monumens m'avait égale- Âient frappé à la Mecque. Les Arabes ont, en général , peu de goût pour l'architecture , et leurs chefs mêmes se contentent, dans leurs demeures, de ce qui est absolument essentiel. Les édifices publics ^ue l'on rencontre encore dans les deux villes saintes sont l'ouvrage des sultans d'Egypte et de Consjtaptmople, et les dépenses nécessaires que fai^ient annuellement ces deux souverains pour ces deux cités étaient trop considérables pour êlre augmentées dans le ^eul but de l'ostentation. Mais la disette de bâtimens publics est compensée, à Médine, par le grand nombre de jolies maisons particulières avec de petits jardins et des puits dont Teau est employée ja l'irrigation, et remplit des bassins de marbre au- ^ur desquels, en été, les propriétaires passent le? heures du milieu du jour sous des hangars élevés. I^ château dont j'ai parlé précédemment est en-

Ci ) Les historiens de Mëdinc parlent de plusieurs okals ou khans 'pvbHes de. «^te -ville ; mais je n'en ai tu aacan » et je ne crois pas qu'ils existent maintenant.

touré de muraille^ très fortes et de plusieurs tours . hauXes et solides. Je me présentai à la porte, la perr mission d'y entrer me fut refusée* Il est assez vaste pour contenir à pçu près huit cents hommes; il ^, plusieurs salles voûtées et à l'épreuve de la bombe| s'il était défendu par une bonne garnison et bjen approvisionné, il serait regardé comme imprenable pour une armée arabe, étant construit sur \e roc, et par conséquent à l'abri delà mine, mais sa forcé serait insignifiante pour une armée européenne. Il renferme un puits profond dont l'eau est excellente. Mainte^iant, il n'y a sur ses tours que deux à trois canons montés; et pour défendre toute la ville, il n'en existe pas plus d'une douzaine en état de servir. ;

A l'ouest^t au sud, s'étendent les faubourgs qui occupent plus d'es|)ace que la ville même. Ils en sont séparés par un espace vide, étroit dans sa partie mé* ridionale, et s'élargissant dans l'ouest devant la porte du Caire, où il forme une grande place publique dont le nom de Monakh indique que les caravanes y font halte. En eflet, elle est tçujours couverte d'une foule de chameaux et de Bédouins. On y voit plusieurs rangs de petites baraques et de hangars où se vendent des denrées , notamment du blé , des dattes, des plantes potagères et du beurre; il y a ausçi beaucoup de cafés qui sont toute la journée remplis de chalands. Le côté des faubourgs qui fait face au Monakh n'a pas de muraille, mais en dehors à l'ouest et au sud, il en règne une, moins haute et moins forte que celle de la ville; elle est complètement en ruine sur plusieurs poiiits , et défeiidue i^^t

. de petites tours ^ seulement au sud. Quatre portes mènent des faubourgs dans la campagne ; elles sont petites et simplement en'bois> et n'ont aucune force, excepté celle où Ton arrive par la porte du Caire, qui éét plus grande et . mieux construite que les autres:

LsL plus grande partie des faubourgs consiste en grandes cours entourées d'appartemens bas , et séparées les unes des autres par des jardins et des plantations. On les nomme hôsck (pluriel hischnn)* Elles sont habitées par la classe inférieure de la po« pulation, par beaucoup de Bédouins qtii s'y sont établis et par tous ceux qui s'adonneiit à l'agriculture. Chaque hosch renferme uùe quarantaine de familles, et compose ainsi une espèce de hameau isolé, qui, dans les temps de troubles politiques, est fréqtiemment eh guerre très sérieuse avec lesr autres. Le bétail occupe le \nilieu ; toutes ces cours ont un puits ; la seule porte d'entrée est régulièrement fermée t<>us les soirs. Au sud et au nord -ouest, en dedans des murs, le faubourg est entièrement composé de ces cours entourées de grands jardins. A l'ouest, vis à vis de la porte du Caire et du Monakh, le faubourg a des rues régulières et bien bâties, avec des maisons qui ressemblent à celles de l'intérieur de la ville. La larçe rue El Ambarîé, qui la traverse, est bordée de belles. maisons. C'est dans ce quartier que demeuniit Tousoun pacha ; il y occupait une maison particulière, tout auprès, c'est la plus belle de Mèdine, appartenant à Abd el Schekour, riche marchand; elle était habitée par sa mère, épouse de Mohammed Al y, et par ses propres femmes.

Les principaux quartiers des feubourgs sont R aret el Àmbariëy H aret el Ouadjéha^H'aret es'Sahh^ H'aret abou Aïsa, H'aret Masr, H'aret él Teïar, H'aret Néfisé, H aret el Haïudié, H'aret el Scharié, H'aret el j^heîbarié, H'aret el Djafar. Beaucoup d'habitans de la cité ont leur maison d'été dans ces quartiers^ où ils passent un mois dans la saison de la récolte des dattes. Gbaquejardin est entouré d'un mur en terre^ et plusieurs ruelles assez larges pour le passage d'un chameau chargé^ traversent lea faubourgs dans toutes les directions.

On voit deux mosquées dans le Monakh :- celle qu'on nomme M esdjed Aly^ ou la mosquée du cou-* sin du prophète, remonte, dit- on, au temps où il vivait; mais l'édifice actuel a été rebâti en 876 A. H, Suivant la tradition, Aly y a souvent prié; on y fait le khoibéf ou la prière du vendredi, pour la commodité des faabitaùs des faubourgs qui sont trop éloignés de la grande mosquée. La Mesdjed Omar, l'autre mosquée, à laquelle une médressé ou école publique était attachée, sert maintenant de magasin et de logement pour les soldats. L'historien de la Mecque applique à ces deux niosquées le nom de Mesdjed el Fath; il appela l'une Mesdjed el A'ala, parce qu'elle est située dans la partie la plus haute de la ville. Au seizième siècle, deux autres mosquées : la Mesdjed Aly Bekr et la Mesdjed Zobah se trouvaient de ce coté; et à cette époque, le Monykh était connu sous le nom de Djebel Sola' , les Arabes attribuant celui de Djebel , ou montagne , à la moindre éminence. Du temps de ce même auteur, on comp^ tait quinze mosquées à Médine et dan$ les envi-*

roDS; aujourd'hui foutes sont ruinées; il donne aussi les noms et Thistoire de trente-sept qui ftirent ëlevt'es dans les premiers siècles de Tislamîsme.

On me dit que dans le quartier El Ambarîé, on montre encore la maison où demeurait Mahomet ; mais cette tradition parait douteuse à beaucoup de musulmans , et cet endroit n'est pas visité comme un des lieux saints. Ici, de même qu'à la Mecque, il n'existe pas d'anciens bàtimens. Les pluies d'hiyer, l'atmosphère nitreuse et humide pendant la saison pluvieuse, et la chaleur intense qui lui succède, détruisent les édifices ; le mortier employé dans leur construction, étant de mauvaise qualité, les pierres cessent bientôt de tenir ensemble et le mur se détériore.

La vîîlè est approvisionnée d'eau douce par un beau canal souterrain qui y a été amené, aux frais de sultan Solimen, fils de Sélîm P% de Koba, village éloigné de trois quarts d'heiîre de marche au sud. L'eau est abondante, et dans plusieurs endroits, des escaliers conduisent à l'eau, mais on n'est pas, comme à la Mecque, obligé de la payer. Sur les bords du Monakh, un grand réservoir, revêtu en pierres et de niveau avec le canal , est constamment rempli. L'eau du canal est à une profondeur de vingtcinq à trente pieds de la surface du sol ; quoiqu'elle ne soit pas désagréable au goût , elle est cependant de mau\*aise qualité. Laissée une demi-heure dans un vase; elle en couvre les parois d'une croûîe blanche nitreuse; tous les voyageurs qui n'y sont pas accoutumés dès leur tendre jeunesse, se plaignent de

ce qu'elle cause des indigestions Elle est tiède à sa source à Koba, et même conserve légèrement cette température à Médine. H y a aussi beaucoup de puits répandus çà et là dans la ville; et j'ai déjà dit que chaque jardin avait le sien; partout où Ton creuse la terre à une profondeur de vingt-cinq à trente pieds, on trouve de Teau en abondance; elle est assez douce dans quelques puits pour qu'on puisse la boire; ailleurs elle est- complètement saumâtre. La fertilité des champs et des jardins est en proportion de la qualité de reau du puiti qui sert à Tarrosemeut; l'eau saumâtre nuit à la ré^ coke; le dattier seul réussit également bien partout. Indépendamment de l'eau que lui fournissent les puils et l'aqueduc , Médine en est approvisionnée en hiver par le Seïl el Médina ou Seïl Batha'n, torrent considérable qui , coulant du sud au nord, traversé led faubourgs, et se perd au nord-ouest dans une vallée pierreuse (i ). Une forte pluie pendant une nuit le remplit, mais il diminue aussi vite qu'il a grossi. On Voit dans l'Ambarié un beau pont en pierres sur lequel on le passe dans un endroit où sa largeur est de quarante pieds. On rencontre dans les environs plusfetirs torrens semblables qui remplissent beaucoup d'étangs et de terrains bas où l'eau reste souvent jusqu'en été. Ces réservoirs naturels et les puits contribuent à rendre ce canton célèbre pour l'abondance de l'eau. En etTet , il surpa«^se peut-être sous ce rapport tout autre territoire du nord de T Arabie ,

(i) Tous les torrens-xles environs se perdent dans TEl Gha^ba ou El Zagha'faa, terrain bas des montagnes de Tonest (voyez Samhoudi).

et c'est ce qui a engagé les habitans de ce pays à y former un établissement considérable , long-temps avant qu'il devint sacré chez J^ n)usulmans> par la fuite , le séjour et la mort de Mabome^ çircôi^Ja^çcs qui ont fait nommer cette cij^ Médma ou Medinet en' Nebi, ville du prophète.

Les citernes y sont de peu d'usage à cause de cette grande abondance d'eau , je crois qu'il n'y en a pas plus de deux ou. trois maisons où il s'en trouve; cependant il serait désirable que l'on recueillit l'eau depluiedestorrenSy pour la boire, par préférence à l'eau nitreuse de J^oba. Dans la saison pluvieuse , le Monakh se change en ,un lac , et l'espace au sud et ail sud-est dans les environs de la ville se couvre d'une nappe d'eau. Les habitans voient avec plaisir ces inondations qui sont de sûrs pronostics de fécondité, parce qu'elles arrosent leurs dattiers, et même tapissent de verdure les plaines plus éloignées où les Bédouins font paître le bétail qui procure à Médine la viande et le beurr.e nécessaires à sa consommation.

Le précieux joyau de Médine qui place cette ville de niveau avec la Mecque et qui la lui a même fait préférer par beaucoup d'écrivains arabes (i) , est la grande mosquée contenant le tombeau de Mahomet. De même que celle de la Mecque , oa la nomme El Haram à cause de son inviolabilité, et ce nom lui est constamment donné par les habitans de Médine , mais hors de chez eux , elle est plus généralement connue sous celui de Mesdjed eiiNehi , la mosquée

(i) Ce sont surtout les nal^kites qui prëteadent que Me'dine doU être plus bonorëe que la Mecque.

OU le temple du prophète ; c'est lui qui Ta fondée. On voit par le plan qu'elle est située vers rextrémité orientale de la ville , et non au mil^u comme le di-sent souvent les historiens et les géographes arabes^ Elle est plus petite que celle de la Mecque , ayant cent soixante^-cinq pas de long, et cent trente de large; d'ailleurs elle est bâtie sur un semblable plan; c'est une grande cour carrée entourée de tous côtés de galeries couvertes , et ayant au centre un petit édifice (i). Ces galeries sont bien moins régulières que celles de la Mecque où les rangs de colonnes ont partout à peu près la même profondeur. Mais ici , Ta partie méridionale de la colonnade a dix rangs, l'occidentale quatre ; la septentrionale et une partie de l'orientale seulement trois. Les colonnes mêmes n'ont pas toutes la même dimension. Dans la partie méridionale ou est le tombeau du prophète , et qui est la partie la plus sainte de l'édifice , elles sont plus grandes qu'ailleurs , et ont à peu près deux pieds et demi de diamètre. Elles n'ontpas de socle; les fûts po-» sent immédiatement à terre : on remarque dans les chapiteaux la même diversité et le mêmemauvaisgoùt qu'à la Mecque y il n'y en a pas deux de semblables.

. (j) Les ugures de «iettemnsqude publiées par Nicbuhr et par Mouradja d^Ohsson sont très inexactes étant probablement des copies d^ancieni desiîns arabes. J^avàis rintention dVn donner un plan correct, ma maladie uiVn ctii)>^cha; et je ne voudrais pas me hasarder d*cn fairt un de rot^moire. Samhoudi pre'sentc ses dimensions comme très difl'ërentes, car il dit qu^^elle a 34o piques de long, i6Ô de large dans sa partie méridionale,, et i3o dans Ja septentrionale. Il ûjoute que le nombre des colonnes est de 296. Jo ne suis pas sûr que Tédificc ait éprouvé des cliangemens inate'riel s depuis le temps de cet écriruin et depuis Fincendie de Tan 886 de Pbégire ; mais je ne le crois pas , et je regarde son rëcit comme très exagéré.

Les colonnes sont de pierre, mais étant toutes revêtues d*un enduit, il .est difficile d'en détermuier rèspèce; jusqu'à dix pieds de hâutipur, elles sont peintes de figures , de fleurs et d'arabesques d'un style' grôssîer et de couleurs vives ; ce qui a probablement pour but de remédier au manque de socles. Les plus proches de la partie de galerie méridionale appelée -£*/ Rodha , sont recouvertes de tuiles vernissées en vert et décorées d arabesques do diverses couleurs. Ces tuiles paraissent être dejabrique vénitienne" et sont de la même espèce que celles des poêles d'Allemagne et de Suisse.

Le toit de la galerie se compose d'un grand nombre de petits dômes blanchis extérieurement, de même que ceux de la Mecque, Les murs sont également blanchis intérieurement ," excepté celui du sud et une partie de celui du sud-est qui sont couverts de dalles de marbre presque jusqu'au haut. Plusieurs rangs d'inscriptions en grandes lettres dorées régnent les uns au dessus des autres tout le long de ce mur et produisent un effet très brillant sur le marbre blanc. Le sol de la galerie, à l'ouest et au sud, et dans une partie du nord , est pavé grossièrement ; le reste de ce dernier côté, de même que l'ensemble de la cour, est seulement sablé. Dans le sud , où le constructeur de la mosquée a prodigué tous ses ornemens, la galerie est pavée en beau marbre, et dans le voisinage du tombeau du prophète, ce pavé est en mosaïque d'un travail exquis; c'est un des plus beaux ouvrages de ce genre que j'aie vus dans l'Orient, de grandes et hautes croisées avec des carreaux de vitres , laissent passer la lumière à travers le mur

méridional j quelques uns sont très bien peints (i); je h*en connais pas un autre exemple dans le lïedjaz. Le long des autres murs il y a des fenêtres plus petites qui rié sont pas vitrées.

C'est près de l'angle du sud-est que se trouve le fameux tombeau , il est éloigne de vingt-cinq pieds du mur du sud , et de quinze de celui de l'est. Une grille de fer, peinte en vert, et dont la hauteur atteint a peu près le tiers de celle des colonnes, entoure la tombe et renferme un espace irrégulier d'environ vingt pas carrés dans la galerie, dont elle enveloppe plusieurs colonnes par la base, laissant la partie supérieure libre. Cette grille est d'un bon travail, imitant le filigrane et entrelacée d'inscriptions en cuivre, regardé par le vulgaire comme de l'or; toutes les parties de cet ouvrage sont tellement rapprochées les unes des autres, que les yeux ne peuvent pénétrer dans l'intérieur que par des lucarnes de six pouces carrés, placées à cinq pieds de haut. La face méridionale de cette grille, où sont les deux principales ouvertures, est légèrement révêtue d'argent, et chacune est entouréelle cette inscription en caractères du môme métal : L^riilaha il jéllah al hciA al Mobin (il n*y a point d'autre Dieu que Dieu , la vérité manifeste). On entre dans cette enceinte

{mr quatre portes, dont trois restent constamment fermées; une seule s'ouvre le matin et le soir pour que les eunuques chargés de ce soin puissent barla yer le pavé et allumer les lampes. Chaque porte a

(i) L^art de peindre sur Terre arec des couleurs durables sembk n'ayoir jamais été perdu dans POrient.

son nom particulier, savoir : Bab en'Nebi; Bab Errahmé; Bab et Touba; Bab Situa Fatmé; la permission de pénétrer dans cette enceinte est accordée gratis au^ gens de marque , tels que les pachas et les chefs de caravanes de pèlerins; les autres peuvent racheter des principaux eunuques au prix d'une quinzaine de piastres, que Ton distribue entre eux ; mais peu de personnes profitent de cette facilité, parce qu'elles savent qu'elles ne verront rien de plus que ce qu'elles peuvent apercevoir par les lucarnes qui sont continuellement ouvertes; ne me souciant pas d'attirer l'attention générale, je ne voulus pas non plus satisfaire ainsi ma curiosité. On distingue dans l'intérieur une, tenture qui entoure le tombeau , et qui n'est éloignée de la grille que de quelques pas ; cependant^ je ne pus discerner d'en bas, si cette tenture, dont la hauteur égale celle de la grille, est, comme celle-ci, ouverte par en haut; les eunuques assurent qu'il s'y trouve une couverture de même^ étoffe que laî tenture , qui est d'un riche brocai^ de^jpie de plusieurs couleurs, entre«» iBlélé de flei^rs et.il^arabesques en. argent, avec une bande d'inscriptions en caractères d'or qui règne au milieu, de même qu'à la tenture de là ka'aba. Celle du tombeau du prophète a au moins trente pieds de haut, et seulement uuq petite porte au nord qui est toujours fermée; personne n'ayant la permission d'entrer dans son enceinte sacrée que les principaux . eunuques qui en prennent soin ^ et qui pendant la nuit placent la nouvelle tenture envoyée de Constantinople, quand l'ancienne est usée ou quand un nouveau sultan monte sur le trône. L'ancienne est

expédiée à la capitale de l'empire ottoman où on s^en sert pour couvrir les tombeaux du grand sultan et des princes (i).

Selon rhîstorien de Médine^ la tenture couvre un édifice carré de pierres noires, soutenu par deux colonnes, et dans l'intérieur duquel sont les sépulti;ires de Mahomet et de ses deux plus anciens disciples et successeurs immédiats Abou Bekr et Omar. Suivant ce que j'ai appris ici , ces tombeaux sont également couverts d'étoffes précieuses, et en forme de catafalque, comme celui d'Abraham dans la grande mosquée de la Mecque. On dit que celui de Mahomet est placé le premier, puis celui d'Abou Bekr un peu plus hautà gauche, enfin celui d'Omar, dans la même position et la même direction , relativement à ce dernier. Celui de Mahomet est le plus grand.

L'historien dît que ces sépulcres sont des trous profonds et que le cercueil qui renferme la cendre de Mahomet e$t revêtu d'argent et surmonté d'une dalle de marbre avec cette inscription : <c Bismillah jlllahuma salli aléi. » (Au nom de Dieu, accordelui ta miséricorde,) On rapporte qu'ils n'ont pas toujours été dans leur position actuelle, et qu'ils en ont changé diverses fois.

Les contes jadis répandus en Europe sur le tombeau du prophète qui était, disait-on, suspendu en

(i) yo3rc2 Mouradjah d^Ohsson. L'historien de Mëdine dit que, de son temps, la tenture se changeait tous les sis ans, et que les reTenos de plusieurs yillages d'Gi<;ypte étaieat mis de côte' au Caire pour payer û fabricatioa de TétolTe.

Tair, sont inconnus dans leHedjaz; jie ï^'en ai pas non plus entendu parler dans d'autres pays de l'Orient, quoique les récits les plus exagérés des merveilles et des richesses de ce sépulcre soient projjagés par les pèlerins qui put visité Médine, et qui veulent ajouter à leur importance en racontant des histoires fabuleuses de ce qu'ils prétendent avoir vu. Les trésors du lledjaz étaient autrefois conservés autour de ces sépultures, soit suspendus à des cordes tendues en travers de l'édifice , soit déposés dans des coffres à terre. Parmi ces derniers, on doit citer particulièrement un lioran en caractères cufiques, considéré comme une relique précieuse parce qu'il avait appartenu à Othmao ihn Affan» On dit qu'il existé encore. à Médine , mais on peut douter qu'il ait échappé à l'incendie qui détruisit la mosquée. .

Pendant le siège de Médine par les Wahhahites, les chefs de la ville s'emparèrent d'une portion, considérable des trésors , notamment de tous les vaseà d'or, sous le prétexte de les distribuer parmi les pauvres, mais ce fut entre eux qu'ils les partagèrent. Quand Saoud eut pris la ville, il entra dans le hedjîra, et pénétra derrière la tenture où il s'empara de tout ce qu'il trouva de précieux. Il en vendit une partie au schérif de la Mec(|ue , et emporta le reste à Déraïeh. Le plus riche objet qu'il prît fut une magnifique étoile garnie endiamahs qui était suspendue au dessus du tombeau du prophète ; les Arabes parlent souvent de ce* joyau qu'ils appellent Aew keh ed-durri. Le hedjira renfermait toutes sortes de vases enrichis de pierres précieuses, des pendeloques, deS bracelets, des colliers et d'autres ornemens envoyés

en prëgens de toutes les parties de l'empîre, mais donnés principalement par les pèlerins opiilens qui passaient par Médine. L'ensemble formait sans doute une epUection d'une valeur considérable, et non pas inestimable comme beaucoup de gens sont enclins à le croire. Schérif Ghaleb estima à loo^ 000 piastres fortes la portion qu'il acheta. On dit que les chefs de la ville enlevèrent un quintal eâ yàçes d'or, valant au plus 5o,ooo piastres fortes et que j$aoud emporta principalement des perles ci du corail, objets qui certainement ne pouvaient être d'un prix supérieur à celui de l'achat de Ghaleb. Ainsi la valeur de la totalité peut s'être montée à 3oo,ooo piastres fortes. Il ne p:iraît jxis qu'on ait jamais déposé de l'argent monnayé dans le hedjîra , car tous les présens faits en esjiéces à la mosquée étaient aussitôt répartis entre les personnes attachées à son service. Toutefois il y à de bonnes raisons de supposer que les dons des fidèles, accumulés ici depuis des siècles , s'élevaient à une somme beaucoup plus grosse que celle que je viens d'énoncer, mais il ser;iit étrange que les gouverneurs de Médine qui furent souvent indépendans, ou même les gardiens du tombeau n'eussent pas puisé de temps en temps à ce trésor de la même manière que les olémas de la Mecque, il y a trois cents ans, dérobèrent les lampes d'or de la ka'aba, et les emportèrent hors du temple cachées dans leurs larges manches, suivant le récit de Kotobeddin Thistorien.

A son arrivée de Médine, Tousoun pacha fit la recherche des vases d'or qui, revendus par les chefs

de la ville à d'autres habltans , n'étaient pas encore fondus. Il en trouva plusieurs, qu'il racheta des possesseurs pour environ lô^ooo piastres fortes , et les replaça dans leur dépôt.

Le sol entre la tenture et la grille et dans toute cette partie de la mosquée , est pavé en marbre de couleurs variées formant de la mosaïque; des lampes de verre sont suspendues tout autour dc^ la tenture; chaque soir elles sont allumées et brûlent toute la nuit. Le hedjira est couvert d'une belle coupole qui s'élève au dessus de toutes celles de la galerie et qui est visible à une grande distancé de Médine; dès que lés voyageurs Tapiercoivent, ils récitent certaines prières. La couverture de ce dômç est en plomb et surmontée d*tin globe d^une grande • dimension et d'un croissant Tun et l'autre resplendissansd'or (i).

On dit qu'ils sont d'or massif, ce qui est à peine croyable, si l'on réfléchit au peu d'inclination que même les sultans les plus riches et les plus puissans otït montré pour orner avec éclat la mosquée de la Mecque ou celle de Médine. Les Wahhabites alléchés par l'apparence du globe, et agissant d'après leur pratique invariable de renverser toutes les coupoles érigées au dessus des tombeaux des mortels , dont Mahomet lui-même avait fait partie, essayèrent de détruire- le dôme et d'abattre le globe et le crois-

(f ) Le glob« ëtait dore , et le croissant arait été enToyé de Constantinople par sultan Soliman ibn Selim ( voyez Asami ). Le dôme et le temple tels qu'ils eûstent furent bâtis par Kaït beg sultan d^Egypte de.88iàS9« A. H.

sant; mais la solidité de cette constraction et le plomb qui la recouvrait rendirent l'entreprise difficile. Deux des ouvriers ayant glissé de dessus le toit qui était très lisse, furent précijHtés en bas : alors l'ouvrage fut abandonné ; circonstance citée aujour* d'hui comme un miracle évident opéré par le pro«phéte en £aveur du monument qui lui est consacré.

Auprès y mais à quelques pieds de la tenture du hedjira , et en dedans du grillage qui dans cet endroit dévie un peu de sa forme carrée, est le tombeau de Fatmé, fille de Mahomet et épouse d'Aly; c'est un catafalque déforme cubique , couvert d'un brocard noir richement brodé, et sans aucun autre ornement* Toutefois les opinions sont partagées sur la question de savoir si la dépouille mortelle de Fatnké repose ac^ tuellement dans ce lieu ou dans le cimetière de Bakia, hors de la ville. £n attendant (pie la dispute soit terminée, les pèlerins sont conduits aux deux endroits, et paient chaque fois.

- Pafis le mur oriental de la mosquée, presque vis à vis de ce tombeau, on montre le Mnhtfat Djibrail^ ' petite fenêtre ouverte au lieu où, suivant la tradition, l'archange Gabriel apportait les messages du ciel à Mahomet.

La tradition musulmane dit que lorsque la trompette du jugement dernier retentira, Aïsa (Jésus- Christ ) descendra du «iel sur la terre , et annoncera à tous ses habitans le grand jour du jugement ; ensuite il mourra, et sera entet*ré dans le hedjira., à côté de Mahomet. Lorsque les morts sortiront de leurs tombeaux , tous deux se relèveront ensemble , et monteront au ciel. Dans ce jour, Aisa recevra du

If. Voj. daiu rAnbic. V

Xov(-¥lHiWi^t ]!<>cdre de séparer, les fidèles des in- £4âk»^iEii.i:ï(>Qforïmté de ce^ traditip% le pouxtoù l&toçàbeau 4! Ai^a^ra placée est désigné à tmers Iç

rideau 4rth04jiw.^

■ ;£i;t dobor^étau nord, d^ la grille, tout près 4i|

^owkbebu de Fâ.tmé ^ il y a dans la mosquée un batnç .carré ^ dont Jia sut&ce est de quinze pieds, élevé (le jcfuatrô pieds àulde^sus du paTé> ejt npounéi?^ Meïda jl^MMÎikérh^h eunuque ga^4ien^. de la mosquée s'y usaient > et J^s; prijna^s de la ville y tiennent i^uveat imnj oonsêils ou leuj^s principales asseinblées. ; lj''{jlj^' cloison; :en boisr, richement piG^inte^ ejn ; ara.ii6âa|ues> se:p]:pkaîgçi;depjais l6.6até occ^ i{gprîUe;m trairers 4e k:.i|ia$quéej parallèlem^ avi|c J9;mufipaQéSrîdioital'î dont elle ]^U; .é|Qigp^éè 4!emrjiran •^glnetnqTpîttâsy.étseAërmiiie près duBab*e^9ilan^-' «dk» sFétiBildillinBildfipiiisi leJ^eiifûra sur 4out!e:)a^l$(]:^ 3gnlr jde>;laiiidfiqfitéeftiKlAâpljUsîeut^ pôtitesrp^^ et sépare le rodha, lieii saint^4e la pallie où passent J^ pi^sîi^ , :.£[iif V6n( emtr^t pa^i. le 'B'ab-es'-fâatom , ' .tQxiit i9i^\hed^rAi. »n >»iare)iant labtig.des colonne ^oéès^enttiie; cette. éloisoili et le mur ntéridional. wAiprés le. hedjira, G^ttà pavti0 d^lla <^^lpnj»fl4e du sud au nord de la cloison , est regardée CQ]iune.l!é||df bit le jplu^ saifift 4elar moaqué^tappelée. jSl} RQdka, •€'està;dtre^jardiâ>:c» le; jardin 4€a. vrais etK>yand. £!e nom lui. fut donné par Mibomet qui a dit uii Eïh -)f treimiOQ toipbeau et ]ûaa<ehair&, eatlun jardin des ii> jardins* du paaradisj »:La (diaire delà mosquée est dontiguë à. cette cloison vers leiinilieu de la distance ,entre le bedgira et k mur occideutaL de là mosquée ve la dénomtnAtîpn die rodba.appàrtMsn)t strifitement

au seul espace compris entre cette ciudre et le hed^ pn, quoique toute la galerie méridionale au nord do la cloison soit souvent désignée par cette appellation. C'est à cause de ce nom derodha ou jardin qua les colonnes renfermées dans son enceinte , sontpeia* tes jusqu'à une hauteur de cinq ou six pieds de fleurs et d'arabesques , afin d'aider à Timagmation qui avH tremeïit ne serait pas disposée à découvrir la momdre fessemblancë' entre ce lieti et lejardin d'Eden. I>eux makrah ou nidies^ vers lesquels le peuple se tourne en faisant la prière ^ parce qu'ils indiquent exacteinent la direction de la ka'aba (i)^ sont placés de chaque côté de la chaire : ce sont trois ouvrages m mosaïque exécutés aVec une grande perfection. L'une des nidies fut envoyée d'Egypte, en présent À la mosquée, par^Kaid beg, l'autre par sultan* Sotidian ihn Sèlim. Le pavé du rodha est couvert d'un g^nd nombre de tapis venus de Gonstantiaople, et de même qu'à la Mecque^* ce sont les seuls objets d'une valeur réelle que j'aie vus dans ie temple j leur prix total peut être de mille livres sterling. Les autres parties de la galerie sont revêtues de nattes.

Les fidèles se réunissent sur les taj^s du Adha , parce «que c'est l'endroit où ils préfèrent faire la prièiPeV ôhafeun peut se placer où bon lui semble, tototèlbis il est convenu tacitement que le premier rang près de la cloison, surtout dans le voisinage de Fitnam, est destiné aux gens de marque, et quicon-

(i) Lemahrab ëtait tounié au &,-N.-0. , sans tenir compte de la -variation^ c^est donc cette direction qui passe pour indiquer exacte^ lement la position de ]a Mecqae.

que n'appartient pas à cette classe ne s*y introduit pas. L'entrée du rodha prés du B'ab-es'-Salam a un aspect magnifique. Les couleurs vives qui brillent de toutes parts, les colonnes vernissées, les beaux tapis^ le superbe pavé, les inscriptions en lettres d'or sur le mur du sud ^t le grillage resplendissant du hedjira dans le fond, éblouissent la vue au premier coup-d'œil ; mais après uql instant de repos , on reconnaît que c'est un étalage d'ornemens de clinquant et non de ridiesse réelle. Quand on se rappelle que ce lieu est un des plus saints du monde musulman -, et célèbre par sa splendeur, sa magnificence, ses embellissemens précieux, et qu'il est décoré avec la réunion des donations pieuses de tous les dévots de cette religion^ on es^^encpre plus frappé de son ap^ pàrence mesquine. Il ne pourrait soutetiir la comr^ paraison avec la chapelle du saint le plus insignifiant d'une église* de l'Europe .catholi(jue et doit servir da preuve convaincante que jamais les musulmajos , à aucune époque, n'ont égalé les dévots de cette communion chrétienne > en offrandes pieuses <: il n'entre pas dans nion plan de citer d'autres circonstances qni vouent àl'appui de l'opinion que quels quepuissent être la superstition et le fanatisme des mu^ulmans-, ils ne sont jamais enclins à faire autant de sacrifices pécuniaires ^ que les catholiques ou même les protestans, ^pour leurs édifices religieux •.

Voici les cérémonies pratiquées à la visite de Jta mosquée : avant d'entrer dans la ville, le pèlerin doit se purifier par une ablution complète, et s'il est possible se parfumerie corps avec des substances odorantes i quand il aperçoit la coupole du hedjira, il doit

récitera haute voixune prière; quand il veut visiter la mosquée, le mézaouar le conduit au B'ab-es'-Salam, il enjambe du pied droit le seuil de cette porte , selon

l'usage suivi dans toutes les mosquées et spécialement enjoint pour celles!!. Pendant qu'il répète des prières , il s'avance vers le rodha, où il fait une courte oraison accompagnée de quatre prosternemeris , pour saluer le temple , et en même temps il récité les chapitres 109 et 1 12 du Koran qui sont très courts. Il passe alors par une des petites portes de la cloison du rodha , et marche lentement veçs la grille du hedjira et va se placer vers la lucarA* occidentale de sa façade méridionale ; on la nomièe Schobak-en^Nebi ; là , les bras étendus^ il adresse cette invocation à Mahomet : « Salam aleïka fa A Mohaifimçd^ salam jra résout iUahl >^ ( Sahit à toi Mahomet; salut à toi prophète de DieuJ) puis il continue en récapitulant une vingtaine des divers* surnoms honorifiques de l'envoyé de Dieu et les fait précéder chacun des mots : « Salam aleïk. » Il invoque ensuite son intercession dans le ciel , et mentionne séparément les noms de tous ceux de ses parens et de ses amis qu'il désire com|ft*endre dans ses prières ; c'est pour cette raison que toute lettre adressée à un habitant de Médiiie finit par une prière de faire mention , au tombeau du prophète , du noni de l'écrivain. Si le pèlerin ^st venuàMédine comme délégué d'un autre musulman, il est obligé de faire ici commémoration de ce dernier. Opi fait usage dans cette oraison de même qu'à toutes les visites des lieux saints de cette ville^ d'une expression qui ne m'a pas paru bien calculée pour inspirer aux

Sààl» de$ 9eiitimena d'humanité et de charité^: entre autres demandes adressées à Dieu, se trouve celle-ci : «détruis nos ennemis , et que les tourmens }è de l'enfer soient leur partage I »

Ces oiaisons finies , le pèlerin doit rester quelques minutes la tête aj^uyée contre la lucarne, en adora^ lion silencieuse; ensuite il £ait quelques pas en arr riére et récite, souç la colonne voisine , vis avis du grillage, une prière méléedequatre génuflexions; pui§ il s'appù^oche de la seconde lucarne ^ du même cpté , qui est, ditnon, en face de la sépulture d'AbouBekr , «t répète les mêmes prières qu'à la première lucarne, et ce n'est qu'elles sont en honneur d' Abou Bekr* U se retire de nouveau vers la colonnade, prie , et s'avance vers la trpisiàme lucarne de ce côté du grillage , qui est en face de I9 partie delà tenture derrière laqueUe on dit que se trouve la sépulture d'Omar, et y recommence les mêmeë cérémonies. Celle-ci achevée, le pèlerin contourne l'angle sud-est du hedjira, et se présente devant le tombeau de Sitnâ Fatmé, où après quatre prosternejnens il adresse upe prière à 'î\aitnië-e'-Zohéra, ou Fatmé -l'éclatante , comme oh rappelle. Il retourne alors au rodha; où il recite 'Une oraison pour saluer Dieu en quittant la mosquée, ce qui càimplète cette cérémonie; elle prend «au phis viiïgt iniiiutes .

A tous tés éndl[*oits , où se foiit des prières , defs

'jg^hs' ôe tiœmetit 'àcc<*<nipis avec des mouchoirs

-^élèiidùs )0^f i*e^voîr • le^ dons des pèlerins, dons

ipiî demblërrt éttîè considérés , moins comme des

4mtnènes ', (t^e comme des Redevances ; du moins un

-^^âerm i>ièn mi$ pourrait ^fficitement se ^lispeMer

de payer cet impôt. Des femmes se placent également devant la lucarne de Sitna Fatmé, et reçoivent de même des aumônes sur leurs mouchoirs. Les eiinuques-ou gardiens du temple attendent ^ dans le t^dha^ que le pèlerin ait fini sa dernière prière pour le féliciter de ce qu*il â heureusement accompli le ^iara ou la visite , et pour recevoir leur gratification ; enfin le B'ab-esf'-^alam est constamment encombré de pauvres qui entourent le pèlerin à éa sortie de la mosquée; et le portier espère aussi un présent coriime une chose qui lui est due. La dépense de ma visite s'éleva en tout à quinze piastres^ et j'en donnai dix à mon mézaouar; peut-être aurals-je pu en être quitte pouf la moitié de cette somme.

On peut répéter les cérémonies aussi souvent qu'on le désire; mais peu de personnes s'acquittent de la totalité, excepté à leur arrivée à Médine bu àîeui* départ* Toutefois l'usage est d'aller chaque joury au moins une fois, à la lucarne opposée atf tombeau dé Mahomet, etd*yréciter*une courte oraisbnj beaucoup de cens «le font toutes les fois qu'ils entrent dâAs la mosquée. C'est aussi une règle de héjamais s'y asseoir potir une des prières journalières', èHnsaVoit préalablement adressé Uîlé4nv6catloti âii prophétie ^

quées dii Levant pii iï*y anu'tonibeàu'dëiiàînt. Le* Ûiéolpgiens musulmans' affinhiBiit que fes prières récitées dans la mosquée de M édine sont particulièrement agréables à Dieu , et exhortent les fidèles à feire ce pèlerinage, en leur assurant qu'unfe oraison récitée devant le hedjirat est aussi efficace que inille

que Ton dit dans une autre mosquée ^ excepté celle de la Mecque.

J'ai d^à remarqué que les côtés du nord, de Test et une partie de celui de l'ouest de la mosquée ne sont pas aussi bien bâtis que celui du sud , où sont le hedjira et le rodha; Les colonnes, dans ces parties , sont plus grêles et peintes avec moins de soin ; le pavé est grossièrement fait, et on ne voit aucune décoration sur les murs blanchis , excepté sur celui de l'est, où des peintures assez médiocres dés mosquées de Sainte-Sophie, de sultan Ahmed, de Bajazet Ouali et de Scutari attirent un peu l'attention. Elles sont à la détrempe , et les régies de la perspective n'y sont nullement observées. Tout le côté du nord était alors en réparation ; l'anden psivé avait été enlevé pour être remplacé par un nouveau mieux conditionné. .

Le sol de la partie de la cour renfermée entre les galeries est simplemept couvert de sable et de gravier. Au milieu s'élève un petit bâtiment avec un tpit en voûte ; c'est là qu'on garde les lampes de là mosquée. Tout auprès, un petit enclos entouré d'un l^iUage en bois,, contient des palmiers regardés comme sacrés parles musulmans , parce que ,. suiy antjU tradition, ils .ont été plant^ par Fatmé. Il ne çes^ . j^us que la souche d'un autre arbre qvie je crois avoir^ été un nébek. Le Bir-en'-Nebi , puits voisiii, contient de l'eau saumâtre, ce qui sans doute l'a privé de toute prétention ail caractère de sainteté. Selon Samhoudi, il est nommé ^^ iSc^ame.

Le soir, des lampes sont allumées tout autour des galeries 9 QOtaimnent dans le sud, oià elles son^

plus nombreuses que dans les autres parties ; elles sont suspendues à des barres de fer allant d'une co-lonne à une autre ; les eunuques et les serviteurs de la mosquée en prennent soin; pour un petit cadeau à ces derniers , les étrangers qui viennent visiter, le tombeau du prophète, ont la permission d'aider à allumer les lampes , et beaucoup de pèlerins s'empressent de s'acquitter de ce service , qui passe ppur très méritoire, et pour lequel les eunuques leur donnent des louanges infinies ; mais ils n'ont jamais la faculté de toucher aux lampes du hedjira. Des ciergea de la grosseur du corps d'un homme et hauts de douze pieds sont placés de chaque côté de la chaire ou mamhar , et des mahrab ; on les allume tous les soirs en montant sur une échelle : ils sont envoyés de Gonstantinoplç. L'épouse de Mohammed) Aly avait apporté à Médine plusieurs de çe$ cierges , dont elle fit don à la mos* quéej leur transport depuis Yambp avait été très difficile. ,

Jjà mosquée a quatre portes , savoir : i° B'ab-es'- Salam , autrefois nommée B ab Merouan ^^ suivant S^mboudi; elle est à l'angle du sud-ouest, et la principale; c'est par là que le pèlerin doit entrer à sa première visite. Elle. est en arcade, et, par sa belle architecture ,^ supérieure à toutes celles de la grande mosquée de la Mecque, quoiqu'elle cède à la plupart d'entre elles par la grandeur. Dans tout le Levant je n'en avais pas encore vu d'aussi magnifique. Ses flancs sont revêtus de marbre , et de carreaux de diverses couleurs vernissés ; enfin un grand nombre d'inscriptions en relief en grands caractères dorés

au dessus et eur les côtes de Parcadelui donnent un aspect éblouissant. Vis à vis de cette arcade coule une petite fontaine alimentée par l'eau dit canal ; les fidèles ont la coutume d'y faire leurs ablutions , à moins qu'ils ne veuillent s'acquitter de cette obligation dans ta mosquée même ^ ' où il y a toujours des cnidies pleines d'eau.

a"*. B'ab Errhamé , autrefois B'àb Ateké , dans le mur de l'ouest. ' C'est par là que les morts sont apportés dans la mosquée quand leS' prières doivent être récitées sur le corjps. > ^

y[. B'ab'ed' Djeber, souvent nommé Bab Djibf aïl^ et 4* B'ab el Nesa, dans le niur de l'est ; là première tout près du tombeau de Situa Fatmé , l'autre un peu plus loin.

On monte quelques marches pour aller des rues voisines à ces portés , la cour de la mosquée étant un peu plus haute que le sol adjacent , ce qui est le contraire à la Mecque. Vers la troisième heure après le coucher du soleil, les portes sont régulièrement fermées par des portes à deux battans et revêtues dé fer; on ne les ^rouvre qu'une heure avant l'aupote ; mais les fidèles qui désirent de pjrier toute la nuit dans la mosquée, en obtiennent aisément la permission de TeUnuque de garde, qui couche prêé du hedjira. Durant le ram'adhan , la mosquée reste ouverte toute la nuit,

H y a dans les murs du nord-ouest et du nord plusieurs petites portes donnant dans laiaaosquée, et appartenant à des médressés ou écoles publiques, qui autrefois y étaient attachées*, mais qui ont aujourd'hui perdu leur ancienne distinction. De ce

oàté f les maitnea d'école sont assis ayec les enfeni dans une eaceint^ circulaire^ et leur enseignent les mdimens de la lecture.

La police de la mosquée, le soin de laver le hedjira et tout l'édi&ce , d'allumer les lampes et de foire tout le reste du service, sont confiés à une cinquantaine d'eunuques organisés coiinme ceux du Beithou'Uah de la Mecque; mais ceux de Médine sont dès par^ soimagies plus importans« Ils sont plus richement vêtus , quoique portant le même costume ; ils ont de beaux ôhâles de Cachemire , et des robes* des* plus belles étoffes de soie de l'Ilide. Ils prennent de grands airs ; quand ils traversent le bazar chacun s'empresse de venir leur baiser la main , et ils exercent une influence considérable dans les afiEatires de la ville. Us jouissent de gros émolumetis qui leur sont envoya de Coostantinople par la caravane des pèlerins ide Syrie;, ils participent aussi aux dons faits à la moequée^ et attendent des présens de tous les hadjis rich^ y indépendamment des rétributions qu'ils exi- •^nt des fidèles quivisitept lehedjira. Us vivent ei^ K&lde dans un des plus beaux quartiers de Médine, à l'est de la tnosquée; on dit que leurs maisons sont les plus richement meublées de la ville. Les adultes •sont tous mariés à des esclaves négresses ou abissines.

Les eunuques noirs , bien différens de ceux qu^oïi voit en Europe, deviennent extrêmement maigres j leurs traits sont très grossiers, on ne leur distingue qiee les os j leurs mains sont'celles d'un squelette, et km aspect est repoussant. A l'aide d'habillemens ^^Mûe ik «eadxenC leur maigreur; mais les ôsde leur

visage sont tellement saillans qu'on les distingue au premier coup-d'œil; cependant leur voix ne subit qu'un léger changement ^ et quelquefois même n'en éprouve aucun.

Le chef des eunuques^ appelé scheiklvel haram, est aussi celui de la mosquée , et le principal personnage de la ville; par conséquent il a un rang plus élevé que Taga ou chef des eunuques de laMecquê« Il est envoyé deConstantinople^ et a ordinairement appartenu au .sérail du grand seigneur, qui le fait passer ici pour le punir ou ï'exiler, de la même manière qu'il confère le paçhalik de Djidda. Le scheikh el haram actuel avait été kislar agas^ ou chef des eunuques des femmes de Tempereur Selim» Soit que ce fût la dignité de son premier emploi dont les grands du Levant conservent ordinairement le rang pendant toute leur vie , lors même qu'ils en ont été dépossédés, soit que ce fut celle de sa nouvelle chargé qui lui donnât son importance, il prenait , dans toutes les^occasions, le pas sur Tousoun pacha, qui, comme pacha de Djidda, était pacha à trois queues ; celuici, toutes les fois qu'ils se rencontraient, baisait la main du sçheikh el. haram ; c'est C€i que je lui ai vu faire dans la mosquée. Sa cour, composée de même que celle du pacha, est pourtant moins nombreuse. Scn costume, très exactement représenté dans l'ouvrage de M ouradja d'Qhsson , consiste en une belle pelisse par dessus une. robe de soie ridbement brodée^ et faite à la. mode de la capitale, un. khaodjar ou poignard garni de diamans est fiché dans sa ceinture, un caouk ou bonnet élevé couvre sa tête. Ce scheikh entretenait une douz^ne de chevaux. Quand ilsor-

tait f un certain nombre de ferraschin on^rvitenri delà mosquée, armés de long$ bâtons, marchaient devant lui.

La personne du 'Scheikh el haram fut respectée par }es Wahhabites. Lorsque Saoud prit la Mecque il permit au scheikh et à plusîe^qrs autres eunuques de se retirer à Yambo , avec ses femmes , tout son bagage et ce qu'il possédait de précieux^ mais il ne voulut pas en r^evoir.un autre. Les eunuques res-> tans choisirent l'un d'entre eux pour être leur chef. Après un intervalle de huit ans, le présent chef a été envoyé de Gons(antinople ; mais son influence sur les afi^res de la ville est réduite à l^ombre de ee qu'elle fut jadis.

Un eunuque de la mosquée se croirait extrémer nxent offensé si quelqu'un l'appelait ainsi. Leur titre ordinaire est aga. Leur chef, de même que le pacha ou le - scheikh de la Mecque , pcend celui d'altesse où sadetkom.

Indépendamment de ces eunuques , la mosquée compte beaucoup d'habitans de la ville parmi ses serviteurs. On les appelle ferrasdbin, nom indiquant que leur emploi est de tenir la mosquée propre et d'étendre les tapi3- Quelques uns aident réellement aux eunuques à allumer les lampes , et à nettoyer le payé, mais pour le plus grand nombre c'est une vé-^ ritablè sinécure; et plusieurs des premiers habitans deMédine appairtienennt à ce corps. J'ignore comment cette charge s'obtient, pourtant je crois qu'on l'achète du scheikh el haram. Le nom de chaque ferrasch est inscrit sur les listes qui sont expédiées annuellement à Constaijitinople , et tous participât

aui( pensioM qUé Médioe reçoit deoette c^îtikle/ iéf de tout Tempire tùrc^ et qui comprennent totijoûrà une part considérable pour les ferraschi». Il Wfh^ Lierait que c'est un bCEice héréditaire y du momè il passe souvent du père au fils. Iteur nombre est fixéà cinq cents; toutefois, pour l'augmenter otia^ suivant' d'CKbsson , eu recours à l'expédient, de diviser ch**^ que numéro on deux , en trois, ea huit parts ; chacune peut être conférée à un individu >qtii devient £iinsiun membre inféipieur du corps. On petit dibef que {dusieurs sont des ferraschin inpàftibus, ce ti^ tre ayant été donné à de grands pëlcirins étranger^ dispersés daaâs tout l'empire, et qui se trouvent très honorés de le posséder. ... .

Benueoup de ferraschin soiit éh tnêine temps 'mézaouars et exercent aussi la profession très lucrâtîi^ de réciter des prières pour les àbsens. Prfesqtle tottà' les h^djis de quelque conséquence passant ici fontconnaissance avec quelques uns de ces hommes '^i* ont été leurs guides ppur la visite des lieux sàiiits. De retour èhez eux, ils se font une pieuse obligation d'envoyer annuellement un peu d'argent, par exemple un ou deux sequins, à leur ancien méz ouar, qtii' ôst ainsi obligé, par honirèur, de dire des prières art nopi du donneur, devant la lucarnfe du hedjîra^ Ces* remises, «nveloppées dans de petits morcteaux de pâ^ picr cachetés et. munis d'une adriesse, sont recueillît dans «toutes les provinces ou les villes principales dé TAnatoIie ou de la Tiirquie d'Europe, d'où elles viennent principalement, et sont apportées à Médine par l'écrivain des surra de Constantrnople qui ac- ^raapaguè la caravane des pèlerins, et est à la tête dtr

pauxfi^ASQlbi^ oi;it ^ccapacé 4es TUJfiset des proTÎn^ ces entières fli3S pélecyis de ces lieux qui passent à j&S^di^e^ étaair introduits diez: eux par Lsurs oompftiirip^es«'lj0& correspopdans .<|[es autireB sont répasdiii iur f Qut Tempire. L^ profits qu'ils tirent deoe m^tiet et.vqui Ttsasemblent à^ceux des prêtres, caâioliquel jrpipaîSEis. pour dire des messes ,■ sont très eonsiâârai^ ble^f Qtt )tt'a dH que quelques uus des prineipnux fetfrascbin â.\«ajt0ut plus de Ginq.€entscorre^)OiMlansdi^ p^rsé^ dâÂs toute h. Tui:k{uie^ «t de chacbn dempids ils iiQçdivefit des rétributions annuelles dont les moindres sont: d'un sequtn de Yefmse.

:. Iie&pmbre desferraschin, de même quevcçhii des 4Qé^0Aiai[«> eirt tijès ^comidérable : kurs fonod<ms«teft si aisées k ^ei^pUr que pour ]a plupart ils vi^nt dans Vçiff^vttéi tlpîm.étiemp$ des WaèkatHtes leurs ^o-* , jE^;ce|séreAt^ et €<^[)mé R n'airmût akrs ique iras ^U 4^ polios ^ ils furent jnéduits à ^le ti^stes exiiréwiiMlbésdmainttafeLnt ih oommieilc^t à s'en remettre leptenietit. lia se plaijgnent.de. oe qufe la longue s»lemiptioûa des pensionsannudttes a accoutumé beaucoup dejeurs aïKnens^cori^e^ndsais à retenir Jours 40BS.^ de sonte que malgré le réthblisseiMM de la (mardbe des. caravaâes^ oeux*ci moatrent peu d'in- ♦ clindtion à-repouTeler leurs cadeaux^

La loi des oWafababates ièur défend de visiter le t^Noilieait dé Mahomet, >de se tenir devant le liedjint, «t id'iH^loi^er rintercassion du prophète dans Je r^el^ .Le regardant conme un «impie mortel, ilt ae -jugoifet pas son sépulcre digne d'me attention parti- '^uUéTOb Ce f Et aulontla sévérité d'un jprindpe nd»-

gienx que l'amour du pillage qu^ porta Saoud à en^ lever les trésors du hedjira qui fureiit considérés comme trop magnifiques et trop riches pour omet* une tombe. Celle-ci est restée intacte ; peut-être Saoud céda-t-il^ cette fois^ au sentiment national de^ Ara* bes, et aux mouremens de componction de sa pjh6-r pre conscience qui ne pouvait entièrement se dé-^ pouiller de ses premières impressions ; il n'ei^leva ni le brocard , ni la tenture. On dit qu'il fut^efirayé par des songes^ qui retinrent sa main sacrilège; il respecta également la sépulture de Fatmé; mais,, d'un autre côté , il renversa sans exception tous les bâtimens du cimetière public où reposent' plusieurs grands saints^ et détruisit même les pierres sculptées qui décoraient ces tombeaux^ un simple bloc lui parais sant suffisant pour couvrir les restes des morts.

En interdisant la visite du tombeau^ les Waihhabites ne songèrent jamais à discontinuer celle de la mosquée. Cet édifice ayant été construit par le ptophète à l'époque mémorable de sa fuite de la Mecque^ qui posa tes premiers fondemens de l'islamisme, il est à. leurs yeux le lieu le plus saint de la terre après le Beithout'Uàh. Ala vérité Saoud ordonnaiine fois qu'aucun des nombreux pèlerins turcs qui continuaient à accourir en foule d' Yambo à ce tombeau même après riuterruption 4u hadj régulier n'obtiendrait plus la permission d'entrer à Médine; ce qu^'U fit pour empêcher ce qu'il appelait les pratiques idolâtres,, et il était impossible - de les abolir sans prohiber en même temps pour eux l'entrée de la mosquée : Saoud ne jug^a pas a propos d'insi^ster sur cette défense ;.il préféra donc de les exclure de la

ville sous le prétexte que leur conduite contraire aut convenances rendait cette mesure nécessaire. Luimême et tous ses adhérens , visitèrent souvent avec dévotion la sainte mosquée^ et dans le traité de paix que son fils Abdallah conclut avec Tousoun pacha en 1^14» il fut stipulé expressémeiit que les Wahhabites auraient la permission de visiter sans obstacle la mosquée du prophète; mais non son tombeau.

Même pour les musulmans orthodoxes , la visite de cette mosquée et du tombeau est un acte purement méritoire qui n'a rien de commun avec les obligations du hadj imposées à tous les vrais croyans; de^méme que la visite du temple de Jérusalem et du tombeau d'Abraham à Hébron, elle est regardée comme une action extrêmement agréable à Dieu^ propre à expier beaucoup de péchés^ et donne à celui qui s'en acquitte des droits à la protection du prophète et des patriarches dans le ciel : on dit que qoiomque récite quarante prières dans la mosquée sera délivré après sa mort dîi feu et des tourméus de l'ënf^. Toutefois , les saints étant souvent plus hcmorés que Dieu , qui , on le sait bien , n'accepte d'autre offrande qu'une conscience pure ou un repentir sincère^ et par conséquent n'est pas si facile à apaisier, la visite à la mosquée de Médine est mise de pair avec celle du Beithoullah de la Mecque; et la foute des dévots accourt avec plus de zèle et d'empressement au* premier de ces sanctuaires que même à la ka'aba. Fendant toute l'année , des multitudes de pâerins arrivent de toutes les parties du monde ' musulman, principalement parYambo. LesMogrcbins surtout montrent le plus de ferveur dans leur

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