II. Vojr. cUini l'Arabie
visite^ mais ils sont amenés par un «utra motifs Médinp renferme le tombeau de l'iman ^akk îbli^ Anes , fondateur de la secte orthodoxe des malék^ta^^ à laquelle ils appartiennent.
X^ mosquée de la Mecque^ ainsi que je l'ai ditu est visitée journellement par des femmes qi^ y vieiv^, nent en pèlerinage; à Médine^ au contraire^ qii r^ garde copime très indécent qu'uqe femm^ eAtre 4mi» la i^osquée; celles qui y arrivai; des pays étsM^fÊcs ne viennent au tombeau que la nuit, apiès les deix nières prières^ mais celles dq la ville osent à peiiw Q?ao,cbir le seuil de l'édifice. Celle qui me l$ge|^^ et qui , dtçpuis cinquante ans , demeurait daiia let voisinage^ m'assura qu'elle n'y était entrée fu.'im^: seulç fois^. et que celles de mauvais renon> spiift seules a3sez hardies pour y faire leui?s prièrest^ Jpîii*; général ^ on voit peu de femmes dans les mas<|uiéeft de l'Orient^ quoique le libre accès ne leuv eft/^it pas ixiterdit; parfois on eçi rencontre qiidques.iifiest dans les temples les plus sapnts , tels que F AhKur a» Caire ^ où eUes rendent leurs actions de gcàœ à 1»-- Providence de telle ou telle faveur qu^elle& oBt.fiui/ vo^ de reconnaître de cette manière. Dans les msàt' sons mêmesy peu de femmes^: excepté les vieîUes dé-«: votes 9 Wt les prières, et on^ regarde comme extnHs ordinairemt^nt accom^plie celle qui tes sait et çiiîj » appris par cœur quelques chapitres du Koran. I>Buisr le Levant^ elles sont considérées comme des créart tures d'^n ordre inférieur , et même de doctes com** mentateurs du Koran leur refusent l'entrée du ciely de sorte que leurs maris s'embarrassent fort peuqu'dr* les observent strictement les rites prescrit» par la re-«
UgiMi^ {dnftÎ0ur8 même en sont fôchés^ pkne qmcela les élèYe à leur niveau, et (m remarque que cell^ qui^ par sa rëguisrritë à réciter )eS;prières^ peut réclamer le re6|>eet auquel elle a des droits, fait une mauvaise femme*.
Il n'y a pas de pigeons liacrés dans cette mosquée, Qommi» dans celle de la Mecque , mais la' quantité de tapis de laine qui y sont étendus et sur lesquels les Arnbes les plus sales s'assdent à cMé dès pèlerins ks mieux vêtus. Tout rendue l'habitation: de prédilACtfon de myriades d'antres animaux moins inoCfcnsifa que les pigeons , et véritable fiéau de tous les fidètes; oeux*ci les rapportent dans leurs logemens, qm sont ainsi infestés de Vermine.
Cette moscfoée étant beaucoup plus petite que celle de la Mecque, et les eunuques y faisant strictement la police, on ti'y est pas autant tourmenté par les Blendians'et lès vagabonds. H semblerait aussi que le IM^aû de Mahomet inspire 2lux Médinàouis plus Ae crainte et un respect plue religieux que la ka^aba attx Mekkaouis ; sentiment qui les einpécfae de s'en approcb^ ûVec des idées de frivolité ou par simple pàssiB-4;^ps; c'est pourquoi on s'y conduit beaucoup flasdéeemtnent que dans l'enceinte du Beithoùllah.
Oe même qu'à la Mecque, nn grand nombre de khatibs , d'imams , *de muezzims et d'autres personnes appon^tenànt au corps des olëmas sont attachés à la môsqaëe. Les olémas {tassent pour être plus savans qiM leurs confrères de l'autre ville, et ceux destfeinpi passés ont éoit plusieurs ouvrages précieux ; maïs aujourd'hui, il y a ici moins d'apparence de savoir qu'à la Mecque. Dans mes visites à la mdsquée, je n>ï
ai jamais m un Arabe natif enseignant une seience quelconque^et je n'y. ai rencontré qu'un petit nombre de pèlerins turcs expliquant dans leur langue des livres de religion, à quelques auditeurs , dont ils tiraient de faibles rétributions pour les aider à retourner chez eux. Tousoun pacba , le seul de sa famille qui ne soit pas un athée décidé y assistait fréquem-» ment à ces leçons, et s'asseyait dans le cercle des s^ssistans. On m'a dit qu'on faisait dje$ cours publics dans la médressé El Hamdié, mais je n'ai pas eu l'occasion de vérifier le fait. Je crois qu'il n'y a pas^ dans tout l'empire musulman, une ville delà grandeur de Médine où on ne fasse pas un cours dans chaque mosquée; les nombreuses fondations pieuses destinées spécialement à cet objet, et dont beaucoup d'olémas jouissent sans en remplir les obligations ^ prouvent que jadis il en é^it de même ici •
La mosquée de Médine , de. même que celle de la Mecque , possède des propriétés et des rentes dans toutes les parties de l'empire. Son revenu annuel est partagé entre les eunuques, les olémas, et les ferraschin. Les dépenses journalières d'éclairer et de réparer le temple sont calculées de manière à représenter la totalité des frais. Gomme à l'exception des objets précieux renfermés dans le hedjira , . aucun trésor en argent monnayé n'a jamais été conservé dans le Haram , il en résulte un double avantage pour les Médinaouis ; un grand nombre gagne une existence agréable, et tous sonl exempts des dangers et des brouilleries intestines qui sans doute surviendraient si l'on savait qu'en s'emparant de la mosquée on saisirait une somme considérable. Us sont
passes , dans yOrieat, ces jours où un trésor public pouvait être déposé dans un lieu assez sacré jponr le * mettre à l'abri du pillage. La plus petite partie du revenu de toutes les fondations publiques est employée au soulagement des pauvres ou à Fobjet pieux auquel il ét^it originairement destiné ; il sert uniquement à soudoyer une nuée de paresseux hypocrites qui n'ont d'autre motif pour acquérir une teinturede savoir que l'espérance de participer aux profits illégaux qui reviennent aux gardiens ou aux agéns de ces institutions • L'approche de la mosquée , de même que celle de la plypart des édifices publics du Levant, est obstruée detQus côtés par des maisons particulières; de sorte que dans quelques partiel il ne reste qu'une rue entre celles-ci et les murs de la mosquée , tandis que dans d'autres les maisons sont adossées aux murs et les cachent. Trois ou cinq minarets , je n'ai pas hoté le nombre précis , s'élèvent sur diffërens côtés de l'édifice ; on dit que l'un d'eux est placé sur l'endroit d'où Bellal l'Abissin , muezzim de Mahomet et l'un de ses grands favoris , appelait les fidèles à la prière. , L'histoire succincte de cette mosquée que je vais donner: , est, tirée de Samhoudi, historien de Médine. tf La mosquée de Médine fut fondée par Mahomet lui-même , c'^t pourquoi on l'appelé Mesdjed-«'- Nebi ( mosquée du prophète ). Quand , obligé de s'enfuir delà Mecque, il arriva à remplacement où est maintenant Médine , c'était alors un établissement ii" ArBthes , nommé Vatreb et entièrement ouvert. Sur de se trouver au milieu d'amis, il acheta le terrain, où son chameau s'était d'abord arrêté, il l'^itaurat 4e murs de terre sur lesquels il plaça un
Uni de Cailles de palmier soutenu pât* dee troHM di| . cet arbre en guise de colonuee ) il agrandit biéAtèt cette petite chapelle ^ et en &t un édifice dont lêS Ibademens étaient en pierre» Au lieu du mahrabott de U nichç qui dans les mosquées montre te cdté vers lequel les fidèles doivent se tourner en ftdkailt leurç prières ^ Mahomet y plaça une jgros90 fdêiM| posée d'abord dans la direction du nord Tera JditlSa-' lem I elle le fut ensuite yers k ka'aba de la Mecqué dans la seconde année de l'hégire qviand TancikM lûUéh fut changé.
Omar ibn el Khatab élargit la mosquée, a^ee deé purs en t^rre et en branchages de ^mlmier -, ei àtl Ueude,tronos..de cet arbre il fit des eolôniies tM terre. Il entoura d'un mur le hedjira ôià le Ueù où savait été déposé le corps, de Mahomet^ et qui n'était auparavant fermé que de brimches de pilâiiei^^ lia cour entourée par les murs de k mosquée fui augmentée en ]^'an.}7 ; elk eut alors ùeM qttsirfftité piques, de long et eent vingt de krge^
OthiaKn construisît les murs en pierre détaille;' it renouvela les colonnes de terre < renforeant les QOUt^Sés de cercles de fer, et fit le toit en sadj bôl^f précieut de l'Inde, là cour fut agrandie ; elle eut ceiai sûixttAte piques de long et eent cinquante de krge ; six portes y donnèrent aceés.
Qulidàqui Damas doit k belle mosquée (Dfttnia el ^nimoiott) agrandk encore leMedsjed^-^Nebi envgf • Jwqne akn^les maisons où teafemmesf, la fille éf les» Jiarens de Mahomet avaient demeuré étaieiif contres ' au hedjîra au delà de Feneeinte' de H( mosq^sé^, àur la|(|aéll& elles avai^if des pwteS psrrâ-^
tttlidted. Malgré la vive opposition quHl rencontra , Oulid obligea ces femmes de sortir de leurs maisons qu'il leur paya un bon prix , puis il rasa ces habitUtions^ et alongéa le mtir de la mosquée de ce' càté. L'eftipéreur byzantih avec qui il était en paix , Itii envoya de Constântinople des ouvriers qui travalV- Wrettt au nouveau bâtiment (i); plusieurs qui étaient diirëtieiis se compiortèrént très indécemment , suivant ce qui est raconté : l'un d'eux entre autres , au moment où il souillait le tombeau du prophète^ ftittuépar une pierre qui tomba du toit. On plaça dan^ la mosquée des colonnes en pierre à chapiteaux dorés. Lés mtirs furent revêtus de marbres, ornés avec variété et en partie dorés ; l'ensemble du bâti- Ment fut ainsi complètement renouvelé.
« Vers l'an i 66, le khalife El Mohdi élargît l'en^ ceinte et lui donna deux cent quarante piques de long ; la mosquée conserva ces dimensions pendant plusieurs siècles. '
» Hakem fcam'r Illah, Tinsensé roi d'Egypte, qui dépêcha un émissaire, pour détruire la pierre noire de la ka'aba, fît aussi une tentative infructueuse pour enlever le tombeau de Mahomet de la mosquée de Médinc et le transporter au Caire. En 557, du temps'd'El Malek el Adel Nôureddin, roi d'Egypte, deui chrétiens déguisés firent découverts ii Médine , ils avaient creusé un passage soutén^ti allant d'une maisoli voisiné au hedjîra d^où
(t) Mflkrt2f, dailé ïTa notice déé divers sôtitefâfni qiiirfnt'faît le pél«niiag«, dit que remperear^^reo qu'il ne nomme |»a&'énTOj& oent ou- Tiiers à OuUd , ayec ua présent ip cent mille, mikbtals d'or , et quarante cliâig'cfs éê petiles pierres taillées pour un pay^ en mosaïque.
ils .avaient emporté beaucoup d'objets d'un grand prix. Appliqués à la torture^ ils avouèrent qu'ils avaient été envoyés exprès par le roi d'Espagne; leur témérité leur coûta la vie. Ensuite Noureddin entoui*a le hedjira d'une tranchée qu'il remplit de plomb , afin de prévenir de semblables tentatives.
» En 655, peu de mois après l'éruption d'un volcan voisin de la ville, la mosquée fut réduite en cendres, mais on sauva de l'incendie les Korans déposés dans le hedjira. Cet accident fut imputé aux Persans sec* tateurs.de Béni Hosseîn qui avaient alors la garde du temple. L'année suivante / la restauration en fut commencée aux frais, du, khalife Mostasen Billah , ibn el Montaser Billah , et par Mothaffer Schams eddin Youssouf, seigneur del'Yçmen; elle fut achevée par El Dhaher Bibars, ^ultan d'Egypte, en 6S7 . Le dôme au dessus du tombeaufutérigéen678.Flu$ieurs rois d'Egypte embellirent et agrandirent successivement l'édifice jusqu'en 886. Cette année-là,un incendie occasionépar la foudre, 1^ détruisit de nouveau et complètement ; tous les murs de la mosquée , une partie de ceux du hedjira, le toit et cent vingt colonnes tombèrent; tous les livres de la mosquée furent anéantis ; mais il parait que le feu épai|;0a l'intérieur du tombeau dans le hedjira. Kaîd beg, roi d'Egypte, à qui ce pays et le Hedjaz doivent un grand nombre d'ouvrages publics, rebâtit entièrement la mosquée , en 892 , telle qu'on la voit présentement. Il envoya trois cents ouvriers du Caire. L'intérieur du hçdîira fut nettoyé, on trouva dans l'intérieur trois fosses profondes et pleines de gravois ; mais l'atiteur d^ cettç histoire qui entra dans
Teoceinte, n^y vit pas dés traces de sépultures. On eut beaucoup de peine à constater le lieu où celle de Mahomet avait été placée dans rorigine. Les murs du hedjira fureht bâtis alors , et la grille en fer fut placée à l'entour comme elle l'est aujourd'hui. Une coupole la surmonta de nouveau; les' portes furent réparties <H>mme elles le sont maintenant. Une nouvelle chaire fut envoyée du Caire ^ et toute la mosquée prit sa forme actuelle. Depuis l'époque précitée, il n'y a eu que quelques changemens peu importans faits par les empereurs ottomans de Constantinople. » J'ai déjà dit que des jardins et des plantations en* tourent Médine et ses faubourgs de trois côtés, et à l'est et au sud s!étendent à une distance de six ou huit milles. Us consistent principalement en bocages de dattiers , et en champs de froment et d'orge ; ceux-ci sont ordinairement entourés de murs en
, terre^ et renferment de petites maison^ habitées par les cultivateurs j Les plus proches delà ville sont bien bâties, ayant souvent un vestibule soutenu par des colonnes; à côté un appartement voûté^ et en dehors, devant la façade, un réservoir revêtu en pierres. Elles servent de maisons de plaisance à beaucoup de familles de citadins qui ont la coutume d'y passer une couple de mois dans la saison la plus chaude. Peu
, de bocages' de dattiers , à l'exception de ceux qu'on voit dispersés dans les champs, sont clos; la plupart ne sont arrosés que par les. pluies d'hiver et les torreus.. Les jardins sont très bas, car la terre est enlevée des parties du centre et entassée autour desjnurs, de.manière à laisser l'espace destiné à l'agriculture enfoncé d'une douzainede pieds au dessous delà sur*
(kcedekplaine; Cette pratîc}ue a pour objet d6 trouva Un meilleur terrain , l'expérience ayant montre dfàt la couche supérieure est beaucoup plu^ iinpré^iëe de sel et bien moins propre à la culture que l^nfé-*rieure* Nulle part il n'y a un grand déreloppemeât d'industrie > beaucoup de terres restent en fridie f %t celles-mémes qui sont en culture ne sont pas exploit tëes avec intelligence. Plusieurs emplaœmens sotit complètement arides, et la nature saline du soi em^^ pèche les semences dé germer. Le terrain du côté du village de Koba et au delà vers le sud et Test edt > dit-on^ très bon et sans aucun mélange salin, par conséquent, sa valeur l'emporte sur celle des champs voisins de l'avilie que j'ai vus, après les pluies, comjdétemènt eouverts d'une croûte de sel , déposée ett partie par les eaux , et produite en partie par de* évaporatîons du sol'sur les points plus élevés où l'eau n'arrivait pas.
La plupart des jardins et des plantations appàr^ tiennent à des habitans de la villej les Arabes qui le* cultivent et qu'on nomme îVaouakhiléh sont presque tous dés fermiers. On distingue la propriété des jar^ dins en moulk et en ouakf; le premier nom indique qu'ils sont possédés par un particulier ; lé second , qu'ils appartiennent à la mosquée , ou à une inédressé, ou à quelque fondation pieuse, desquelles le$ Médinaouis les tiennent à bail à terme très long, puis les louent à termes plus courts aux cultivateur^. Ces biens ne sont soumis à aucune espèce d'impôt, immunité dont je croîs que toutes les oasii fertiles du Hedjaz jouissaient avant l'invasion des Wahhabites; dès que ceux-K^î lurent maîtres de Médine, ils
aliirêBt nbe taoÉê êur \t% terrai âUiTânt. leur vtagf # Les ohani()8 furent estimés d'après kur produit ncm «Il Ué» mais.^Q dettes, le nombre des dattiers dams rinkjue ebamp ëtadit orditiairemeiit proportionné *à U fertilité du terrain et aussi à sa récolte en grain« Siir ehaque erdeb de dattes^ le collecteur wallJilabita ÔM liontributiôns prenait là part fixée soit en nature^ s<nt en argent y suirant le prix du marché. Ces md* sures filant queles Wahhabites furent haïs à Médine biéli plus qu'à la Mecque^ dont les haàûtans n'avaient pis de champs à taxer et où l'impôt que les Wahha'* bites avaient établi fut abandonné ^ ainsi que je l'ai déjà remarqué^ au achérif ^ ancien gouverneur de la ville* D^ailleurs^ les Mekkaouis faisaient le commerce dont ils pouvaient, en tout trâips, tirer quelque ^ro* fit^ indépendamment de ceux que leur procurait l'a^ Quence des pèlerins étrangers. Les Médinaouis, au eontrairè> n'étant que de chëtils commerçans, et leurs principaux moyens^ de subsistance dépendant des péleTins/ des rétributions annuelles, envoyées de Turquie, pu de leurs terres, ils se voyaient obligée de renoncer entièrement aijx premières , et jn^ivéi d'unefMurtie des bénéfices des dernières. D'ailleurs les Wahhabites montraient bien moins de r^pect pour lé tombeau du prophète que pour lie fieithou'Uah de la Mecque. Il n'est donc j^s étonnant que le nom de ees seGlaires soit exécré par les Atédinaouis et chargé des épithètes les plus outrageantes.
On cultive dans les champs (i), autour de Médine, beaucoup plus\i'orge que de froment; le pain d'orge
(i) On les nomme ioi belàdy pluriel boldan ' on dit l« hehdà!va^ toi.
compose la principale nourriture delà classe inférieure. On le récolte au milieU de mars; le produit est peu abondant^ mais le grain est de bonne qfualité ; il se vend au marché de Médîhe quinze pour cent plus cher que celui d'Egypte. On cultivé aussi du trèfle/ Après la moisson, le champ reste en jachère jusqu'à l'année suivante , car bien que l'eau des puits (i) sufliseà une seconde irrigation, le terrain est trop maigre pour qu'on le cultiva de nou^ veau sans l'épuiser entièrement. On ne sème pas d'à voine ici , non plus que dans aucun autre canton du Hedjaz. Les arbres fruitiers se trouvent principalement du coté du village de Koba. On dit que le raisin et surtout les grenades sont d'une qualité excellente; il y a aussi des pèches, des bananes, et dans les jardins de Koba, quelques pastèquçset des plantes potagères , telles que navets , épinards , poireaux , oignons, carottes et haricots, mais en très petite quantité. Le nebek qui produit le lotus , espèce de jujube, est très commim dans la plaine deMédine ainsi que dans les montagnes voisines : on en appoiié une quantité incroyable au marché de cette ville ; les classes inférieures en font leur principal aliment. ,
Mais la production le^ plus importante est la datte. La qualité supérieure de celles des environs de Mé^ dine est «célèbre dans toute l'Aralne. Lies dattiers croissent soit dans les enclos oùils sont arrosés en
(i) Chaque champ oa jardin a son puits d^où Vwi est. tirée dans de grands seaux de cuir , par Jdes -Inps , des Taches ou des chameaux. Je ne crois pas qu^il y ait des champs qui ne soient pas régulièrement arrosés ; dans aucun on n'abandonne les graines à la seule chance des pluies d^hirer.
même temps que les graines 4es jardins , ou bien dans la plaine^ où ils ne reçoivent d'autre irrigation que celle dés pluies. Les fruits de ces derniers^ quoique moins, abondans^ sont les plus estimés. Beaucoup de dattiers épars^ dans la campagne ont poussé sponta^ népient^, mais chacun a son propriétaire. Us sont généralement moins hauts que ceux d'Egypte, nourri par le terrain 'gras de ce pays , cependant leur (hiit est bien plus sucré et plus savoureux.
Divers voyageurs ont déjà parlé èes usages nombreux auxquels presque toutes les parties du dattier sont employées , ce qui le rend aussi précieux pour rAr2d)e sédentaires que le chameau Test pour le Bédouin. Mahomet^ dans une des maximes qu'on lui attribue , compare l'homme vertueux et généreux à ce bel arbre. « Il se tient droit devai^t le Seigneur; » daps toutes ses actions, il reçoit l'impulsion qu'il » reçoit d'en haut^ et toute sa vie est consacrée au M bien de ses semblables (i). » Les habitans du Hedjaz , de même que les Égyptiens , emploient les feuilles, l'écorce extérieure et intérieure du tronc, et de la substance charnue de la partie inférieure des feuilles au point où elles sortent du sommet de la tige; de plus ils nourrissent leur bétail avec le noyau du fruit, après l'avoir fait tremper dans l'eau pendant deux jours , pour l'amollir; ils le donnent aux chameaux, aux vaches et aux moutons au lieu d'orge. On dit qu'il est beaucoup plus nourris3ant que ce grain» Dans quelques
(i) Vojréz' aussi le psaume t, verset 3 : « Et il sera comme un arlnre » plante près des cwirt d^eaa qui donnera loa fruit dans »a saison. »
bouâquet de Médine^ on ne tend qne des |ioy&t)ft dé dattes; des mendians ne fontautrechode^ danslesprhl* cipales rues^ que ramasser èeuK qu'on y jette. Dans k Nedjd ; les Aribes brdient cenoyau pour le mèHM nsage^ itiaiS'CeuitduHedjaz n'^ont pas cette côutntHe.
On tronve à Mëdlne, ainsi qne dans toutes left antres vallées fertiles de te pays , diffôrenteé^ TàriélÀI de dattes ; diaque lieu a en qUeIque~ sorte la si^né qui ne croit pas ailleurs. On m'a dît qu^én en dISitihguait près d^cent^ dans le voisinage immédiat de la yille. L'auteur de la description de Médiiie ^ èitë cent trente. Parmi les plus communes, 6ïk eofUiptë le djebëli^ qui est la moins chèife, et je crois tanivéi^ sellement répandu dans te Hedjaz ; le hëlottâ^ le héfeïà, qui n*est pas plus gros qu^unè mûre ; il tire itAlk HOiÀ de sa douceur extraordinaire qtii né le èède )^i à celle des meilleures figues de Smyrne ; quatid iKést see, il est^ de même que ce fruit, couvert d'une croûte saccharine. Les Médinaouis racontent qiié Mahomet accomplit tm grand miracle aveic tetfe éatte;'il en plaça en terreau noyau qui aus^ôtprit racine, poussa, et , en quelques minutes , devint un aii>re couvert de fruïts.JOn cite un autre miracle dîe la variété nommée el sihani i l'arbre qui la porte adressa au prophète, qui passait sous son ombre, le salam ahïkom , très intelligiblement. Le biml jfiasse pour le plus salnbre; c'est certainement le plus facile à digérer. Mahomet le préférait; il c6tt- Seillait aux Arabes d'en manger, tous les jours, %^t avant le déjeûner. Le djelébi est la variété la plus r^re; il a trois pouces de long et un de large ^ un goût très agréable, quoique moins doux que celui
4« M<^« U livrait qu'il ne erait pti fociloamt^ etr U a'y a pae plus de cent arbres de eette aorte ^ et ila Siolit, mei&s féconds que tous lea autres. On ne lei réitcontre quedanélesbosquetsdeMédineetd'Yambo el JStoikheL Le prix du birni est de TÎngl paras le keiUéi H^cAure ootttenant au mciss crat TÎngt dattes, taii^i^^Q huit (^lébit omitent vingt paras. GeuXHsi sont très rechercbés dea pëlerins, qm ovdinaii^iÉHané eiat ra|fiwrt4^ti quelques uns pour en faire prësenë à laiti^ aopis , oosniM venant de la ville du yropkètot. Ofi fal»4<fua à Médinef pour les empoirfier, de pétîtesl bcâtet qui en renferment -une centaine.
Les dattes formant l'ob^t le plus essentiel def hr neàuriture des elasses inférieures de Médine, kur ré^te est attendue' avec le même empressement et ayec ^ jb^^qs réjouissances publiques que la ren^ dange l'est e of Euro^ Si die manque , ce qui ar» rhi6 souvent^ pa0de qu'il est rare que ks arbres pro» dissent abondamment troi» ou quatare ans de suite , o^bien parce qu'ils sdntdéTorés par les sauterelleey UMi tristesse universelle se répand parmi la popula-* tîon», comme si on redoutait une famine.
Une variété des dattes de Médine dont ji'ai oublié le iMOfTy resta pArfiadtemenl verte, quoique mare él sache 9 uneailire conserve une couleur éè' safran brillaïUe ; on les ettfile et on en fait des- cord^ma qdi se v^ident dans tout le Hedjaz, où on les nomme kaiafd es? scham( coWien du nord); les jeunes^ enfiuB|a lés portent fréquemment au cou. Les premières dattes se mangent au commenc^nenC de^ juiut; alors elles sont appelées rotab; mais la ré*« coite générale se fait à la fin de ce moia ; en l^gypt»
elle a lieu nn mois plus tard. Les Arabei préparent les dattes de diverses manières j ils les font cuire dans du lait ou griller avec du beurre > ou bien" ils les réduisent en une pulpe épaisse après les avoir fait bouillir dans Teau , et versent du miel dessus. Us disent qu'une bonne ménagère doit fournir journellement à son époux , pendant un mois , un plat de. dattes accommodées différemment.
. Un arbre commun dans les jardins de Médine est l'ithel , espèce de tamarisc que l'on cultive pour la dureté de son bols, dont les Arabes font les selles de leurs chameaux, et tous les manches de leurs ustensiles qui doivent avoir de la force.
Le terrain de ces jardins est rarement uni , et la culture souvent interrompue par des tas de rochers. Au nord-ouest et à l'otiest de la ville , la plaine est tellement rocailleuse qu'elle défie toutes les tentatives d'amélioration. Le sol est ai%ileux et înélé d'une portion considérable de craie et de sable.; sa couleur est d'un blanc grisâtre'; ailleurs il offre iine terre franche jaune dont la substance ressembte beaucoup à la terre bolaire ; de petits morceaux co* niques de cette dernière, longs d'un pouce et demi, séchés au soleil et suspendus à un bout de ruban, sont vendus aux pèlerins. On raconte que Mahomet guérit de la fièvre un Bédouin des Béni Hareth,' et plusieurs autres, en leur lavant le corps avec de l'e^u dans laquelle il avait fait dissoudre un peu de cette terre , et les pèlerins s'empressent d'emporter chez eux un souvenir de ce miracle. Cette terre est tirée d'une fosse creusée dans uni lieu nommé £1 Medschounié^ et voisin de Médine.
Tous les endroits rocailleux , ainsi que le faite inférieur de la chaîne des montagnes septentrionales, sont couverls d'un lit de roche volcanique; elle est de couleur noire bleuâtre , très poreuse , très pesante et dure, non vitrifiée, semblable à des scories ; elle contient fréquemment ilans ses cavités de petits corps blancs de la grosseur d'une tête d'épingle que je n'ai jamais trouvés cristallisés. Cette roche et les particules éparses à sa surface donnent à la plaine une coulou* complètement noire* Je n'ai pas rencontré délave , quoique la nature du terrain semblât indiquer fortement le voisinage d'un volcan. Si je m'étsiia mieux porté, j'aurais feit des excursiops aux jardins les plus éloignés pour chercher des échantillons de minéraux; mais les premiers temps de mon séjour furent employés à lever le plan de Médine et à recueillir des renseignemens sur ses habitans, ensuite, je fus incapable de prendre le moindre exercice ; ce ne fut qu'après mon retour au Caire, qu'ayant acheté une description de Médine , dont je n'avais pu trouver im seul exemplaire, non plus que de celle de la Mecque , dans le He^j^^ j'y ;lu» la relation, d'un tremblement de terre et d'une éruption volcanique qui aj:rivèrent dans le voisinage immédiat de Médine vers le milieu du treizième siècle. Ayant ensuite pris des informations, j'appris d'un Médinaoui établi au Caire, que remplacement du torrent de lave se voit encore à peu près à une heure de distance à l'est de la ville. Je me souviens que durant mon séjour, étant un •jour allé avec mon mézaouar au Djebel Ohod, je lui dis que le pays me paraits3ait avoir été brûlé par le