CHAPITRE IX
Vues. — Habitons. — Vins. — Soie.
La partie septentrionale de l'île, de'signée sous ie nom de Cap-Corse, mérite d'être visitée. Cette grande et rude expédition de montagnes présente de magnifiques aspects de mer, des rivages riches de vignes , d'oliviers , de figuiers , de palmiers , et surmontés de pics hérisés, éclatans. Plusieurs fois, en parcourant cette côte, je remarquai sur la mer resplendissante et unie de. longues traces de barques qui ressemblent à des rivières serpentant au milieu d'une plaine d'azur, traces qui se conservent assez long-temps et jusqu'à ce que la mer redevienne agitée.
Les habitansdu Cap-Corse, paisibles, honnêtes, laborieux, semblent véritablement les vertueux Troglodytes de la Corse. Cette intéressante population ignore les vendette , et pendant les six années de i8a5 à i83o, elle n'a été l'objet d'au-
cime accusation de meurtres , d'assassinats, ou de
tentatives de ces crimes.
La culture sociale de la vigne, qui annonce la sécurité, l'aisance et le progrès de la civilisation, n'est pas moins bien entendue au Cap-Corse que sur le continent. L'exportation annuelle des vins s'ëlève de trois à quatre cent mille francs 5 ces vins, chauds, lëgers, généreux , qui se conservent, sont pris et vendus pour des vins d'Espagne.
C'est au Cap-Corse seulement qu'on a tentéj et avec succès, la production de la soie , si facile , si naturelle sous ce climat où il ne pleut ni ne tonne au temps du travail des vers. Cette soie, reconnue supérieure a celle même du Piémont, est une des nombreuses sources de richesse et de prospérité négligées dans l'île.
L'exemple des habitans du Cap-Corse prouve que les Corses aussi peuvent tarés bien devenir industrieux et bons cultivateurs.