ILE D'ELBE. 531 CHAPITRE III
Salines. — Grottes.
Les salines de la plaine insalubre de Saint-Jean, à un mille de Portoferrajo, et qui rapportent quinze mille livres, sont à peu-près semblables à toutes les salines du monde* Les salines peuvent être regardées comme un des fléaux du voyageur consciencieux auquel on ne manque jamais de les indiquer, et qui se croit obligé de les visiter. Ces éternelles salines ne méritent le plus souvent ni le temps , ni la peine qu'elles coûtent. L'évaporation au soleil de celles de Portoferrajo m'a rappelé le trait de notre éloquent et vil historien Mézeray qui traitait poétiquement la gabelle d'impôt sur la mer et le soleil.
J'examinai avec curiosité sur le golfe de Portoferrajo, au lieu dit les Grottes, les ruines considérables d'une villa ou peut-être même d'une ville romaine. Des massifs d'oliviers et d'amandiers enveloppent ces nobles débris. Plusieurs chambres moins dégradées servent d'étables.