‹ Voyages en Corse. à l'île d'Elbe, et en Sardaigne;Chapitre 15 sur 129 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Luri. — Vallée. — Eglise. — Meria. — Réputation de

ses habitans.

La Suisse n'a point pour la vue de plus belle vallée que celle de Luri, et celle-ci de plus a la mer. Cultivée avec intelligence, rafraîchie par un torrent , elle est partagée par une large et solide avenue d'une lieue, quivajusqu au rivage. Ce chemin est affermi contre le torrent par un mur, véritable ouvrage cyclopéen fait de la main des habitans, sans la savante et coûteuse intervention des Ponts et Chaussées. Le conducteur des travaux était tout simplement le juge de paix, M. Estella, prçppriétaire, un de ces Corses capables et aventureux, qui a pendant plus de vingt-ans habité le Pérou , parcouru l'Amérique du sud, visité l'Angleterre et dirigé le brillant café des mille colonnes à Paris, où trônait une belle limonadière corse, déesse déchue et depuis obscurément reléguée à l'IIe-Rousse.

L'église est jolie ; cinq autels et le maître-autel sont en marbre blanc. A ce dernier, on remarque

une bonne copie par Conca , d'une des plus admirables têtes de père étemel de Raphaël, copie donnée par le chirurgien Franceschi de Luri , mort célèbre à Rome, il y a environ dix années. Ce ne fut pas sans une sorte de ravissement, qu'au fond de cette vallée corse , je retrouvai l'impression du génie fécond , varié de Raphaël qui a su donner un caractère différent à ses quatre sublimes tètes représentant le père éternel.

Au milieu de cette population vive, intelligente, du Cap-Corse, le village de Meria est cité, peut-être à tort , pour la balourdise de ses cinq cent quarante âmes.

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