‹ Voyages en Corse. à l'île d'Elbe, et en Sardaigne;Chapitre 28 sur 129 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Côte de Galerià. — Porphyres globuleux. — Lenteurs administratives. — — Golfe de Girolata. — Prise de Dragut.

Je repris la mer à Calvi pour me rendre à la tour de la Girolata et à la Piana où mes mulets , qui avaient eu bien de la peine à se tirer des rochers de la côte , m'attendaient.

La côte de Galeria , maintenant inculte et qui n'a de réputation comme celle de la Girolata, que pour ses beaux porphyres globuleux, pourrait devenir très-prospère. Le petit port est assez bon. La côte de Galeria fut en 1785, concédée à une compagnie qui déjà y avait élevé d'utiles constructions, telles qu'un aqueduc, un hôpital, une*caserne, dont les restes divers se voient encore. Cette colonie florissante fut détruite en 1792 par les habitans du Niolo, qui prétendirent avoir des droits sur les terrains. Une commission nommée en 1 808, mit trois années à examiner les droits respectifs : le

VICO. 95 travail adressé au ministère des finances , y languit deux années, d'où il fut renvoyé au conseil de préfecture qui le garda à son tour jusqu'en 1627. Un projet de transaction fut alors élaboré, niais eut encore besoin de quelques années pour devenir loi : les communes conservent les terrains qu'elles ont envahis , et lé littoral reste au domaine. :

La côte de Galeria est un de ces points assez nombreux en Corse, qui devraient appeler Inattention du gouvernement et attirer les capitaux. Il y a de l'eau, du bois, pour des usines et des scieries, et Napoléon, à ce que j'ai su d'un ancien préfet de la Corse, avait le projet d'y envoyer le minérai de l'île d'Elbe , et d'y. fabriquer les outils et les instrumens de la marine. La première mesure à prendre afin d'exciter en Corse l'esprit d'entreprise, serait de supprimer entièrement l'inique tarif de la douane qui assimile aux produits étrangers, les produits manufacturés dans l'île, et y détruit ainsi , par avance, le germe de toute industrie.

C'est dans le Golfe de Girolata que Jean Doria, par un exploit digne de son oncle le grand Doria dont il commandait les galères , battit et prit le terrible corsaire Dragut, qui faisait de fréquentes et désastreuses descentes en Corse. Dragut absorbé par le partage dé son butin avait été surpris ;

et Doria le cerna dans ce golfe et lui enleva neuf

vaisseaux. Comme il était enchaîne' avec tout son équipage, Lavalette, depuis grand maître de Malte, lui dit : « Senor Dragut, usenza di guerra. » Et « y mudenza de fortuna, » répartit le fataliste musulman qui avait vu autrefois Lavalette esclave des siens. La captivité de Dragut en effet ne dura guère; Doria faible contre for, le relâcha pour trois mille écus, et le farouche ennemi du nom chrétien, malgré quelques belles paroles données en s'échappant, ne tarda point à reprendre ses ravages.

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