CHAPITRE LIV
Pépinière. — Jardin botanique. — Progrès de l'agriculture en Corse.
La pépinière et le jardin botanique occupent l'emplacement d'une ancienne propriété de la famille Bonaparte , qui portait le nom de Salines. Les magnolias, la canne à sucre même y viennent en pleine terre et paraissent bien s'y porter ; j'y ai vu sur un figuier d'Inde la cochenille du Mexique t qui a été reconnue d'une qualité supérieure.
Près de là , le dessèchement d'un étang insalubre n'avait coûté qu'environ 17,000 francs; on avait le projet d'y établir une ferme modèle , et le terrain pouvait donner les mêmes produits que la pépinière.
De pareils résultats prouvent ce que l'on doit attendre de nouvelles tentatives; avec un vaste, libéral et conslant système d'améliorations, la Corse deviendrait à la fois pour la France une superbe province et une riche colonie.
Malgré l'abandon du pouvoir, la négligence des habitans, le fléau des vendette, l'excessif morcellement de la propriété, le peu de valeur
AJAGCIO. 173 de certains produits, et l'insalubrité des marécages, l'agriculture n'a pas laissé de faire quelques progrès en Corse. Des défrichemens ont été entrepris, des irrigations pratiquées; des vergers et des jardins nouveaux, enclos de haies vives et quelquefois de murs ; des ravins jadis encombrés de chardons et de ronces, couverts de citronniers abrités du vent et de la gelée ; enfin les terrains cultivés qui en 1791 n'occupaient que les trois dixièmes de la surface cultivable de l'île , en occupent aujourd'hui un dixième de plus.