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EXPLOBATIOKS LTHIOriENICBS
Le vêtement national des deux sexes chez les Oromons est en peaux de bœuf m^issjes, préparées avec du beurre et très souples. Ce vêtement consiste: '
Pour les hommes, en un court jupon, retenu à la ceinture par le ceinturon du poignard, et en un manteau jeté sur Tépaule gauche. A la guerre, ils portent comme manteau une peau de léopard, de lion ou de panthère noire.
Les femmes se vêtent aussi avec des peaux de bœuf m^issées. Elles ont d^abord un long jupon plus ou moins orné de broderies, retenu à la taille par des lacs de perles, et dont un pan, rejeté en arrièrci peut se relever sur les épaules. Elles ont aussi des camisoles à manches courtes et des pèlerines en peaux;
Filles ou garçons, les jeunes enfants, lorsqu'ils ne vont pas nus, ce qui est le plus habituel, ont de longues soutandles en peaux.
Dans les royaumes musulmans, Tusagedes vêtements en toile de co*ton est assez répandu chez les hommes riches. Les femmes, sauf les reines, sont partout vêtues de peaux.
L^usage de se chausser est inconnu des Oromons. Tous, sans exception, vont nu-pieds. Quelques chefii musulmans portent, dans leurs maisons, des sandales formées d^une épaisse semelle de bois.
Armes. — Un bouclier rond, très bombé, ayant la forme d^un sdn ; une longue lance dont ils se* servent d^estoc et de taille ; une javeline, un couteau recourbé porté sur la hanche gauche : telles sont lés armes des Oromons. ' - .
Un Oromon a toujours à la main sa lance ou un bftton de même longueur; en marche ou à cheval il le tient de la main droite; mais loisqu'il cause debout il s^ appuie en Tenlaçant du bras gauche; alors il gesticule de la main droite, qui est armée d^un fouet dont les daqhemenu servent à pôhauer son discours.
Le cheval frit partie de Tannement des Oromons ; ils en ont de très beaux et sont dans Thabitude de leur brûler Tœil droit pour qu^ils ne s^eCfiirouchent pas au maniement de la lance. Le harnais de- leurs chevaitt est élégant, bien compris et consiste : en one selk très légère, composée d*im arçon en bois, formé de deux semelles, un pommeau et un tronssequin, k tout cousu avec des lanières de peau de bœuf et recouvert de pai^ chemin; une peau de mouton garnie de sa laine sert de coussinet et empêche la selle deblessçr le cheval. Cette selle est fixée sur le dos du cheval
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au moyen d^one sangle, d'un poitrail et d^une croopière, le tout en cuir tressé ; les quartiers de la selle sont remidacés par une peau en basane rouge ou une peau de mouton avec sa laine. Les étriers sont de simples anneaux dans lesquels on passe Porteil. (Cest Fétrier byzantin, seul en usage en Ethiopie ; c'^est aussi celui dont se servent les Touaregs du Sahara.) Le cheval a un licol à muserole et une bride sans aous-goige qui soutient lin mors semblable à celui des Arabes ; les rênes sont en cuir tressé et raide^ elles décrivent un demi-cercle autour du col du cheval et se terminent par une ganse formée d^une seule courroie dans laquelle le cavalier passe le doigt médium de la main gauche.
L^Oromon a les étriers très longs et monte à cheval droit^sur sa sdle, ainn qu^on le frisait dans Tandenne école française; il ignore fusage de l'éperon et se sert, pour exciter sa monmre, du talon et d^un fouet dont le manche en bois, ivoire, fer, peau d^hippopotame, esc garni aux deux bouts de mèches en cuir de bœuf ; tous les chevaux ont an col, ce qui contribue à les exciter, une sonnette attachée à une chaînette en fer, cuivre, argent ou or, plus des testicules de bouc on de bélier destinés à les préserver du mauvais œil Ils ont aussi des colliers en peau d^hippopotame, gunis de crinières d'*ânes sauvages et fiiisant une sorte d^auréole autour de la tête du cheval.
L*allure habituelle du cavalier oromon est le petit galop. Les Oromons ne restent en selle que sur les terrains plans et descendent dès qu^ls deviennent accidentés. Pour monter et descendre de cheval, ce qu^ls font en fiiuconniers, du pied droit, à cause du bouclier qu^ portent passé au bras gauche, ile s^aident de la lance ou du bftton, ainsi que Hudique Xénophcm. • Les chefs réservent leurs chevaux pour la guerreet le tournoi et ont, comme les aubes Ethiopiens, des mtiles pour le voyage et la promenade.
Insignes. — Us doivent être divisés en deux classes : ceux que Ton porte soi-même et ceux que Ton bit porter par les mulets oo chevaux.
Les premiers consistent en un ou trois anneaux que Ton porte à la première phalange du petit doigt de la main droite, et qoi indiquent, par leur métal, le rang des personnes. Les métaux employés sont le fer, le cuivre, Tétain, Paigent, For ; ce dernier est réservé aox s o u v era ins ; et en boudes d^oreilles qui sont, soit de simples anneaux, soit des pendeloques, dont le métal indique paiement le rang de la personne qoi les porte. Les souverains ont de plus, ioomme inngnes, de un à trois anneaux d*or an poignet droit et un parasol garni d^étofle de coton an de soie Hanche oo rouge.
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Les seconds insignes, que Ton frit porter aux chevaux et aux mulets, consistent en plaques de cuivre, d^aigent ou d^or, de forme ronde, que Poa atuiche à la bride et au poitrail.
Décorations. — Chaque guerrier qui tue à la guerre un ennemi porte pendant quelque temps une plume ou un bouquet d^herbe dans les cheveux; il reçoit plus tord, suivant son rang, un anneau de cuivre ou d^ar« gent qui se jdace au poignet de la main droite. J^ai vu des Oromons ayant de vingt à trente de ces anneaux. , ';>;...
Les souverains et les chefii donnent aux guerriers qui se distingtient des boucliers garnis de cuivre, d^argent ou de vermeil.
Bijoux. — Ce qui est insignes ou décorations pour les hommes estix>rté comme bijoux par les femmes; il y a de plus des bijoux communs aux deux Sjcxes, tels sont : les coUiera et les chapelets en grain de verre, les carcans en cuivra et les anneaux d^ivoire que Ton pone au gras des bru. Ces bijoux ne sont pas de simples ornements, mais, avant tout, des ulismans.
Accessoires. — Les Oromons de toutflge et de tout sexe fument; la pipe dans laquelle ils brûlent leur tobac est un narguilé dont le récipient est une courge-bouteille, le chalumeau un jonc garai à Tune de ses extré-„ mités d^une virole en corae ou en bois dur, et à Tautre d^une téteuse de même matièra ; le fourneau est en terre, entouré d^une virole en fer; ils y suspendent, au moyen de chaînettes en lanières de cuir, de quatraàsix instruments en fer ; une pince, un débourroir, un rafouloir, etc., etc. Le tobac qu^ils brûlent dans leur pipe a été réduit en toblettes par la fermentotion et le liquide dont ils garnissent le récipient de leun narguUés est de la bière qui est d^autont plus estimée qu^elle est plus ancienne dans le narguilé, oti ils la conservent de dnq à six ans. Chez eux, l'acte de fiimer est souvent revêtu d^une certoine solennité; dans les assemblées, il y a toujoun une ou deux pipes en circulation; les orateura en tirent quelques bouffées aidant de prendre la pprok.
Les Oromons ont de grands parasols de forme ronde, en bambou tressé; hommes et femmes les portent toujoura en voyage. Souvent aussi Ils ont à la main une queue de boeuf ou de singe qui leur sen à chasser les mouches.
Logements. — Les habittdons des Oromons ont, suivant les contrées^ des mura en pierre, en bousillage, en dayage, en vannerie ; elles sont de forme ronde ou carrée; la toiture en est toujolinen chaume. Leun dlmen* sions sont très diverses. Blés sont divisées en compartimentt. Dans toutes
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demi-ccrck amour des mjwonf et k sorfant k p^s» de knet oo de moim»
Les Oraoïoos n*ofix poim de Eciix d^aisancei, mus ib feotoo ib feot fidre des troos dans ksqueb Ds enfoaheent bi eauésifuts,
AxneoMeaieot. — Ootieksanneset ksharmkdes dievanz ^oi, sospmdos aux mmi^ leituit & ks décofer^ ks Oiomoiis ont de vtriiaUcs meabks : des Ihs doot ks bob sont plos on motos ai tignnrm tnvuDéSt des eacabeanz, desdiabes» des boieoib, des ttbks, k tootd^meseiik pièce et scolpsé dans ds bob dur.
Nourritoie. — EDe ooosbie principakment eo hilare, viande de bœoff crue oo grillée; grains grîlks oobooillb; gaknes trempées dans des à k mootaide oo fsnement pimentées.
Boissons. — Les Oromons cotmaissent tnris sonesi lées : k biéiCy riqrdfomdet Fean-de-Tk de grain.
Gestes. — Anitnde. — Comme toofes ks races oli k sang et ks nerb dominent, rOromon accompagne • cs di fCDan de gestes destinés à minier ks aentimenis exprimés par ses paioki^ son visage a une tdk e ip ie ssi on et sait si bien ooofdonner tous ses gestes, que Ton prend un véritdik jphisir à réoooier parier, mêmeknque Ton ne com p r en d point sa kngne.
Les cheb» pour ne point trahir leon impressions, pariem inmiobiks et k loge rdevée fusqn'auz jeux.
Ds se tiennent généndement assb sur des n^es élevés. La hauteur du siégeet l'ampknr du vêtement indiquent ches eux sûrement k rang du
Lorsqu'ib mangent, ib jriacent leun mets sur des taUes rondes. Ib aiment ks longs repas ob les coupes drcuknt et oli ks chanis résonnent. Ib aiment à conter et à écouter deinooveUes.
Cmraeièrt$ intellectuets. — La bogue d^un peupk est k plus 6dèk miroir de l*intdligence commune et k premier des caractères intelkctuds d^une popuktion. Il est à remarquer que krsqu*une langue étnmgère est
• aSo EXPLORATIONS ilHIOPIIKItES
Imposée à un peuple, ce peuple, avant de se rassimiler, la défonne ou k ' transfonne pour la mettre au niveau de son degré intellectuel.
La langue Orômon est une langue sémitique, rameau Ethiopien, et possède en conséquence, tant comme grammaire que comme morphologie, . certaines affinités avec Thébreu, le ghez, Tarabe, ramarigna, le çomali» etc.
UOromon offre pour nous. Français, cette heureuse particularité que tous les sons en peuvent être représentés par les lettres latines prononcées à lafirançaise.
Les Oromons n^ont jamais écrit leur langue, mais il en a été frit des transcriptions en caractères latins par le cardinal Massaja et Tévéque Tor* rens; le premier a même publié une grammaire de cette langue. Le Révérend Krups a publié des évangiles oromons transcrits en caractères amarignas.
En Oromoui les mots se forment d^une racine qui est généralement la troisième personne du singulier de Tindicatif (présent et futur) du verbe :
Il aime Djdlla.
Amour Ljàlaba.
Il donne Kénna, ^
Don Kitma.
La conjugaison des verbes est très simple : usuellement, trois tempa seulement sont employés : présent ou futur, passé, impératif. On peut ce» pendant exprimer dans cette langue tous lei temps et modes en usage <lan^ la langue latine.
Comme dans les autres langues éthiopiennes, tous les verbes oromons ont une forme affirmative et une forme négative : '
Je mange Ani^gnâdda.
Je ne mange pas... Ani^engnâddau.
Bois Doûgi.
Ne bois pas Encoûgin.
De plus le verbe oromon a quatre formes : Tactive, Temphatique» la passive, la causative. Exemple : .'
Acnr Isen djàlU, eUe aime.
Emphatique. Inni djàllàda^ il aime passionnément.
Actif. •••.. i4ft 4^'arrf/4i, tu construis.
Câusitip • • • AH 4/^UTlsitm^ tu fius construire.
Actif Non dtkinOf nous lavons.
Passif Noir dtkamina, nous sommes lavés.
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Une particularité de la langue oromon est d*avoirdes verbes exprioMot une phrase complète : * . .
CSa, il trayersé un fleuve, . :
Ttksa, il garde les troupeaux. .
Cette langue a des mots particuliers pour exprimer des idées abstraites
de:
Ouaka, Dieu ; Ouakouma^ divinité. '
Nama, homme ; Namouma, humanité.
L^idée de possession est, en Oromon, tantôt exprimée par une périphrase :
Kan koti, il est mien.
Gara isati, avec lui, il lui appartient.
tantôt par un affixe, :
Far^a, cheval.
Farda kegna^ notre cheval, y
Les Oromons ont un pronom démonstratif pour le présent et un affixe démonstratif pour le paaèsé :
Kouni gariia^ cela est bon.
Djarsisoumi tougodè, ce vieillard fit cela.
Les genres s^expriment au moyen d^artides aflSxes : -
GarK, domestique; garbica, le domestique; garbitti^ la domestique.
Les nombres s'expriment sans aucun changement radical :
Un cheval : toko farda.
Cent chevaux : dibba farda.
La phrase oromon a une construction simple et logique : le nom oole suje^ Tadjectif ou le régime, le verbe est toujours rejeté à la fin.
Nama gari doué, homme bon est mort.
Les remarques ci-dessus sur les Oromons sont complétées par la Note sur les Gallas de Galane d-après :