CHAPITRE XV
Le Inc Anengué. — Les pirogue*. — Aspect de la rivière. — Nature du pays. — Les lagunes. — Navigation. — Vignes du caoutchouc. — Articles de commerce et difficultés de transport. — Chasses au porc-épic. — Le grand roi Quengucia. — Changement de saison.
— La faune varie avec les saisons. — Oiseaux de passage. — Le poisson. — Le guêpier.
— Moeurs curieuses de cet oiseau. — Les serpents. — Les rivières dans la saison sèche.
— Les lagunes dans la saison sèche. — Innombrable multitude de crocodiles. — Damagondai. — La sorcellerie. — Mercuriale conjugale. — Shimbouvénégani. — Un olako. — Costume royal. — Découverte d’un nouveau singe. — Le Nshicgo-Mbouvé, ou le singe constructeur d'abris {troglodytes calvus). — Architecture des abris. — Mœurs de cet animal. — Sa nourriture. — Description d’un sujet. — Chasse au crocodile. — Pirogues de l’Ancnguè. - I.’Ogata. — La tortue. — Manière dont le crocodile s’empare de sa proie.
— Une bataille en perspective. — Les habitants de l’Anengué. — Idoles de famille. — Culte. — Maladie. — Bola Ivoga. — Réjouissances africaines. — Un cas de sorcellerie.
— Un docteur du pays. — Il exorcise les sorciers. — Mon village est abandonné. — On me nomme chef. — Capture d’un second gorille. — Je suis empoisonné par de l'arsenic.
— Procès de l’empoisonneur. — Singulier effet de l'arsenic.
Quand le pauvre Joë fut mort, je songeai à entreprendre mes explorations sur la rivière; je n’avais été retenu à Biagano que par l’espoir de l’apprivoiser.
Notre départ devait avoir lieu dans la soirée du 27 mai. Ce jour-là, je convoquai le roi cl la population, et je leur remis solennellement en dépôt tout ce que je possédais, en déclarant que si quelque objet était détourné pendant mon absence, je ne manquerais pas, à mon retour, de brûler la cervelle au voleur.
Ils protestèrent unanimement que je n’avais pas besoin de fermer les portes, mais je pensai qu’il valait mieux leur épargner toute tentation.
Je comptai mes dix chèvres en leur présence; j’espérais, leur dis-je, qu’on ne viendrait pas me raconter des histoires de léopards; sur quoi ils se récrièrent en riant que je pouvais être bien tranquille : ni les léopards, ni eux, ne toucheraient à rien. Je confiai ensuite