‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 106 sur 247 · DIFFICULTÉS DE LA NAVIGATION · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE LA NAVIGATION

à l’un de mes hommes des denrées pour le commerce de l’ivoire, à un autre, de quoi acheter de l'ébène, et je laissai à l’un de mes Mpongwés la garde de toutes mes maisons, en ayant soin d’en emporter les clefs; ces mesures prises, je me trouvai prêt à partir.

Ma pirogue était manœuvrée par douze rameurs des plus vigoureux; je la chargeai de provisions pour mon usage, et d'articles de commerce destinés aux peuplades que je devais rencontrer ; j’avais confié ceux-ci à l’un des fils de Rampano. Mon plan, dans celte excursion , était de remonter la Npoulounay, qui est une branche de l'Ogobay, jusqu'à, une grande région marécageuse dont les Commis m’ont souvent parlé et que l'on n’avait pas encore visitée. Le lecteur peut suivre cet itinéraire sur la carte.

Pendant les huit premiers milles , la rivière était bordée de ces forêts de mangliers qui rendent la navigation si désagréable. Plus loin, les rives s’élèvent et se nettoient. Partis à trois heures de l’après-midi, on rama constamment jusqu’à quatre heures du matin. Enfin la fatigue nous obligea de relâcher dans une petite île où nous espérions prendre un peu de repos. Mais nous comptions sans les moustiques qui nous assaillirent en si grand nombre, que nous ne pûmes songer au sommeil. Dès qu’il fit jour, nous nous rembarquâmes.

A soixante milles à peu près de Biagano , la rivière forme un embranchement; nous prîmes le canal de droite. Plus haut, à quelques milles, se présente un autre affluent dans lequel nous entrâmes et qui devait nous conduire au lac Ancngué. Ce cours d’eau , appelé la rivière d’Anengué, se déployait là sur une largeur d’environ deux cents mètres, bordé par une terre très basse, fangeuse, dépourvue de bois. Des champs immenses de roseaux et d’autres plantes marécageuses , recouvrant un terrain bourbeux , voilà ce qui s’offrait à nous à perte de vue : perspective morne et désolée. A peine le courant se faisait-il sentir, l’eau était pour ainsi dire stagnante, et les émanations des détritus végétaux affectaient l’odorat d’une manière fâcheuse. Par delà ces plaines noyées, on voyait se dessiner les contours des montagnes et des plateaux supérieurs. Dans ces marais se trouvent des crocodiles en grand nombre, à ce que rapportent les indigènes , et comme je l’ai reconnu plus tard par expérience.

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