‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 107 sur 247 · SS · texte numérisé non relu

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L’AFRIQUE ÉQUATORIALE

Pendant que je m’étonnais de me voir, au sortir de la rapide Ogobay, dans des eaux si paresseuses, j’arrivai à un endroit qui me parut être le terme de notre navigation. La rivière prenait là autant de largeur qu’à son embouchure, puis elle se fermait tout à coup. Nous fîmes le tour en ramant pour découvrir s’il ne s’y trouverait pas quelque issue; car il eut été fâcheux de nous être donné tant de peine pour aboutir à celte sale impasse; à la fin nous aperçûmes un goulet qui n'avait pas plus de six mètres de large, et dont le courant assez rapide venait se déverser dans ce qui ne me parut être qu’une lagune. Nous nous engageâmes dans cet étroit défdé sans trop savoir oü il nous conduirait, car aucun de mes compagnons n’était encore venu de ce côté; j’en étais donc réduit aux conjectures.

A mesure que nous remontions ce courant étroit et profond, nous le voyions se diviser en plusieurs filets d’eau, et se rétrécir encore, si bien qu’à la fin nous fûmes obligés de manœuvrer, avec beaucoup d’efforts, à travers un fossé profond et tortueux de deux mètres de largeur tout au plus, au-dessus duquel, sur de longues tiges de joncs flexibles , se balançaient une multitude d’oiseaux qui avaient l’air de se divertir de notre embarras.

Nous avancions péniblement depuis deux heures; j’étais sur le point d’y renoncer et de rebrousser chemin , quand tout à coup nous débouchâmes dans ce lac d’Anengué, si longtemps cherché. Une vaste étendue d’eau , semée d’iles variées et couvertes de verdure, se déroulait à l’improvistc devant nos yeux charmés. Chacun, se reposant sur sa rame, se mit à contempler ce spectacle. D’un côté, le lac est borné par des collines qui s’avancent tout près de la rive ; de l’autre, au contraire, les collines reculent, laissant entre elles et l’eau un espace marécageux dont l’aspect fait ressortir la beauté de tout le reste du paysage. Plusieurs villages étaient en vue ; nous nous dirigeâmes vers l’un d’eux avec autant de vitesse que le permettaient les bras fatigués de nos rameurs affamés; nous avions, il est vrai, déjeuné le matin de bonne heure, dans un village abandonné, avec quelques bananes et des cannes à sucre; mais c’était là une nourriture assez peu substantielle, et depuis Biagano, aucun de nous n’avait mangé de viande.

Ce village abandonné mérite que j’en dise un mot, ne fût-ce que

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