‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 11 sur 247 · UN GENTLEMAN AFRICAIN · texte numérisé non relu

UN GENTLEMAN AFRICAIN

pauvre 11e passait devant sa maison de bambou sans recevoir de lui quelque assistance. Il mourut pendant que j'étais dans le pays de Camma, et. comme preuve particulière de sa bonté et de son intelligence. les derniers mots qu’il prononça furent une défense expresse d’immoler aucun de ses esclaves sur son tombeau ; bien différent en cela d’un de scs principaux compagnons. Toko, qui. mort quelque temps auparavant, avait eu un grand nombre de victimes torturées et massacrées à ses funérailles.

Pauvre Will Glass ! il repose dans le cimetière de la mission, près des hommes qu’i! aima pendant sa vie, et qui sont tombés avant lui , martyrs de leur zèle pour la foi du Christ et de leur amour pour leurs frères.

J'avais passé un jour dans la maison de Will Glass; il me parla alors de plusieurs missionnaires, ses amis, qui étaient retournés dans leur pays, et dont l’absence lui causait de vifs regrets. II semblait particulièrement sensible à la porte du Rév. J. Leighton Wilson, notre ami commun, à présent secrétaire du comité presbytérien des missions étrangères en Amérique. La mémoire de M. Wilson est restée chère à la population du Gabon, et Will Glass me racontait comment les indigènes en masse avaient escorté M. et M"' Wilson jusqu’au lieu de leur embarquement. « J’ai quelquefois pensé, me dit-il, que nous ne le reverrions jamais. » Puis, après un moment de silence, il ajouta : « Non. je ne le reverrai plus! »

Et je vis deux grosses larmes couler sur les joues ridées de ce vieil homme noir, qui depuis bien longtemps sans doute ne connaissait plus les larmes. Telle est l'affection que ce missionnaire et plusieurs autres inspiraient à. des indigènes qui n’étaient même pas leurs prosélytes.

La nourriture végétale des Mpongwés, et, à peu de chose près, celle de la plupart des tribus qui avoisinent le rivage, consiste en bananes, igname, patates douces, manioc, mais, giromons et arachides (pistaches). Ce dernier produit est extrêmement abondant, et l’on pourrait en tirer une quantité d’huile considérable, si l'on en dirigeait la culture dans ce sens. Les forêts abondent en fruits sauvages et en noix; quelques-uns sont excellents; par exemple l'ananas, qui croît sans culture dans la plus grande partie de ce pays.

Jfi I. 'AFRIQUE ÉQUATORIALE.

Los plantations ne se trouvent jamais près des villages; elles en sont souvent à plusieurs milles. Il résulte de là que, pendant la saison sèche, les villages sont ordinairement déserts, tous les bras, hommes, femmes, esclaves, étant occupés à préparer le sol pour la récolte avant le commencement de la saison pluvieuse. C'est un temps de grands travaux . car il faut d'ordinaire nettoyer de nouveaux emplacements; pour cela, les hommes abattent les arbres et les brûlent, puis les femmes viennent ensemencer le terrain; elles ne se servent ni de charrues ni de houes, mais seulement d’un petit instrument de jardinage. avec lequel elles retournent une motte de terre, y jettent la semence qu’elles recouvrent , et passent à une autre. Toutes grossières que sont les connaissances de ces peuples en agriculture, ils obtiennent quelquefois de bonnes récoltes.

Le sol est propre à la production des articles de commerce les plus précieux. La canne à sucre étale sa végétation luxuriante sur le bord du Gabon. Les caféiers, implantés par le Rév. J. L. Wilson, il y a quinze ans, sont aujourd'hui d’un grand rapport ; ceux qui avoisinent le terrain de la mission sont particulièrement chargés de fèves, et je ne doute pas que d’autres végétaux précieux des tropiques ne réussissent également, quoique n’étant pas indigènes, si seulement on veut prendre la peine de leur appliquer le genre de culture qu’ils demandent.

Les Mpongwés mangent presque tous les animaux qui se trouvent dans les forêts et dans la rivière, la gazelle, l’antilope, le sanglier. La civilisation leur a appris à s’abstenir des animaux d'un autre ordre, tels que le chimpanzé, le crocodile, le singe, le rat, etc. Ils laissent celle nourriture à leurs esclaves. Souvent, quand des chasseurs avaient tué pour moi quelque animal rare et inconnu, j'avais le chagrin de ne pouvoir le préserver, car ils mangeaient la chair en cachette et me gâtaient la peau.

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