IDOLE DES ESCLAVES
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C’est du reste une erreur de croire que ces indigènes adorent publiquement leurs grigris et leurs fétiches.
Partout oii j'ai été, j'ai vu chaque chef de famille possesseur, en sou particulier, d'une idole, que celle famille adore. Ce culte est tenu secret; si bien qu’un voyageur qui n'y donnerait pas une attention spéciale pourrait passer des semaines entières dans un village sans y soupçonner l’evistence d’une idole; voilà pourquoi plusieurs d'entre eux ont aflirmé qu’il n’y en avait pas.
La famille du roi Glass, au Gabon, a une idole dont l';Vge remonte à plusieurs générations; je suis certain du lail. De même, au cap Lopcz , la famille régnante possède une vieille idole. J’en ai déjà mentionné d'autres. L’idole de Damagondai était une figure de femme, avec des veux de cuivre, et une langue fabriquée avec une lame de fer affilée comme une épée. Ceci explique le principal do ses attributs: elle taille en pièces les gens qui lui déplaisent. Elle porte un vêlement shekiani, qui la couvre depuis le cou jusqu'aux pieds; elle parle, elle marche, elle prédit les événements, et tire vengeance de ses ennemis. Sa maison est celle du village qui est le plus en évidence. Elle vient chez les habitants la nuit, cl leur annonce, pendant leur sommeil. ce qui doit leur arriver; c’est ainsi, in’a-t-on dit , quelle avait prédit ma visite. On célèbre son culte en dansant autour d’elle, en chaulant ses louanges et en lui adressant des vœux. Quelquefois un seul homme ou une seule femme vient lui présenter sa requête; d’autres fois, connue je l’ai vu, par exception, tout le village prend part à lu cérémonie. On lui offre? des cannes à sucre et d’autres aliments, dont on la suppose friande.
J’essayai d’acheter celle déesse; mais, toute laide qu'elle était. Damagondai ne voulut me la céder à aucun prix; cependant il me fit entendre que je pourrais avoir celle des esclaves à un taux raisonnable. Ces pauvres diables étaient alors aux plantations; et en leur absence,
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le roi, ayant tenu conseil avec les notables du pays, convint de dire à ces nègres qu’il avait vu leur idole se sauver dans les bois. Je la sériai précieusement, et je l'emportai. C’est son portrait que je donne ici.
Du 18 août jusqu’au 31, je fus atteint d’une dyssenterie. accompagnée de symptômes de fièvre pernicieuse; c'étaient probablement les suites de mon excursion dans les marais de l'Anengué. Je pris, en trois jours, jusqu'à cent cinquante grains de quinine, et je réussis à couper celte fièvre violente, la plus dangereuse de mes deux maladies.
Le 9 septembre, j’étais remis sur pied. Les habitants vinrent me demander si je voulais leur permettre de célébrer une bola tvoga, c’est-à-dire de faire un vacarme terrible pour la cérémonie de la (in d'un deuil. J'y consentis, et le lendemain un grand nombre de pirogues sc rassemblèrent pour cette fête.
Quand un homme important vient à mourir, la tribu ou le village se dépouille de scs ornements et se fait un point d’honneur de se montrer en vêlements malpropres ; c’est là le deuil ; il dure d’un à deux ans. Quant à la fin du deuil, cette cérémonie vaut la peine qu’on la décrive.
L’homme qui était mort avait sept femmes, plusieurs esclaves, une maison, une plantation, et d’autres biens encore. Son frère aîné, qui avait hérité de lui, était chargé de l’ordonnance de la fête; toutes les pirogues arrivaient encombrées de cruches de mimbo ou de vin de palmier; Jombuai, l’héritier, était allé pêcher pendant quinze jours et ramenait des pirogues chargées de poisson séché ; de toutes les plantations on envoyait de grandes provisions ; chacun dans le village préparait ses meilleurs vêtements et scs plus riches parures; on faisait collection de tams-tams et de chaudrons, on amassait de la poudre pour les salves; enfin tout s’apprêtait pour la bula ivoga.
Les femmes du décédé étaient radieuses; car le lendemain elles allaient quitter leurs habits de veuve, et se joindre à la fête comme nouvelles mariées. L’héritier avait le droit de les épouser toutes; mais pour montrer sa générosité, il en avait cédé deux à un jeune frère, et une autre à un cousin.
A sept heures du matin, des coups de fusil nous annoncèrent que les veuves avaient mangé d'un certain mets composé d’ingrédients