CAUSES DE LA FIÈVRE
nairement d'une meilleure santé que l’homme sédentaire. De dix heures du matin à quatre heures de l’après-midi, il est dangereux, je le répète, de s’exposer au soleil et les nouveaux arrivés doivent surtout y prendre bien garde.
Le café est une boisson salutaire. Quand l’organisme est habitué à la quinine et que ce médicament cesse d'agir, quelquefois une petite dose d’une solution d’arsenic pourra réussir à arrêter les frissons.
La fièvre de la côte d’Afrique a pour causes les miasmes qui s’élèvent des immenses marais dont celte partie du littoral est bordée, et qui ne sont, après tout, que les bouches des différents fleuves et les criques des cours d’eau qui les alimentent. Ces eaux , en se déversant dans les basses terres, s’y étendent et deviennent stagnantes. Leurs lits sont remplis de matières végétales en décomposition qui descendent en masses immenses des contrées supérieures d'où la saison pluvieuse les a balayées. Les rives sont bordées et encombrées de mangliers, de palmiers-bambous et de bien d’autres végétaux aquatiques qui interceptent la lumière du soleil , et quand arrive la saison sèche, les miasmes qui s’élèvent de Ht se répandent en telle quantité dans l’atmosphère qu’aucune partie de la cote n'est a l’abri de leur influence délétère.
Les grosses pluies, qui régnent pendant une longue saison de huit li neuf mois, suflisent pour saturer le sol et pour dissoudre les substances végétales qui y sont accumulées. Puis les artleurs de la saison sèche viennent pomper l'eau des criques et mettre leurs lits il découvert; il s’en échappe alors des vapeurs tellement méphitiques, que les indigènes eux-mêmes ne peuvent y résister. Selon eux, la saison sèche est la plus malsaine ; la plupart des résidents blancs ont fait la même remarque, contrairement à l’opinion reçue, et j’attribue la mortalité qui a frappé un grand nombre d'Africains engagés dans des explorations aventureuses à ce qu'ils se sont mépris sur le choix de la saison la plus favorable h ces expéditions.
Le commencement de la saison pluvieuse est encore une époque toute spéciale d’insalubrité. A ce moment le lit des rivières est toujours trës-échauiïé, et les premières pluies qui y tombent en déga-
L’AFRIQUE ÉQUATORIALE
gent des émanations fiévreuses. Ce n’est qu’après de larges ondées et quand la saison pluvieuse est dans sa plénitude que l'on peut explorer les rivières d'Afrique.
Les symptômes précurseurs de la fièvre, qu’il est si important de signaler pour déterminer les moyens préventifs, sont trop souvent négligés par les nouveaux débarqués. Les vieux routiers, au contraire, qui en ont déjii l’expérience, y trouvent une indication utile pour prendre d’avance des doses de quinine et prévenir les accès.
Ces symptômes surviennent ordinairement quelques heures avant le frisson. Cependant, si l’on s’expose au soleil, si l’on garde des vêtements humides, si l'on dérange violemment ses habitudes, on risque de hâter l’accès. J’ai vu un homme s’impatienter, et presque aussitôt être pris de frisson. En fait, il faut veiller sur son moral aussi bien que sur son physique quand on est menacé par le fléau.
Les symptômes qui vous avertissent sont : la perte de l’appétit et une certaine irritabilité d’humeur, puis la pesanteur de la tête, la langueur, une courbature générale, un mauvais goût dans la bouche, des bâillements continuels, le besoin de se détirer les membres et un abattement général.
Si l’on néglige ces premiers avis , on éprouve bientôt une légère sensation de froid. Le malade cherche à s’abriter du vent, il s’enveloppe dans scs vêtements. Vient enfin le frisson véritable, quelquefois léger, plus souvent violent.
Quand le frisson a duré plus ou moins longtemps, il fait place à l’invasion de la fièvre. Souvent la transition est marquée par de soudaines bouffées de chaleur suivies de froid. Le progrès de la chaleur fébrile dure environ six heures, après quoi elle décroît par degré. Quand elle cesse, le patient se trouve soulagé, mais il lui reste un grand énervement. Son visage est grippé et pâle, son aspect a quelque chose de cadavéreux. ,
Dans certains cas, la fièvre n’est pas précédée de frissons et débute par le mal de tête, des nausées, des douleurs dans les reins et dans les membres, etc. J’ai eu plus d’accès de fièvre que de frissons et souvent j’ai été saisi d’emblée par la fièvre.
Cependant, dans les intervalles des attaques, il faut tout de suite administrerde laquinine, et â d’aussi fortes doses que l’organisme peut