‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 151 sur 247 · SYMPTOMES DE LA FIÈVRE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE LA FIÈVRE

en supporter, car l’Afrique n’est pas le pays des petites doses. Le médicament peut être pris à l’intérieur , ce qui est l’ordinaire , ou bien on peut l'appliquer en frictions extérieures, et dans ce cas on en consomme une bien plus grande quantité, car les porcs ne l’absorbent pas aisément; ou bien encore on l’administre par injection.

Il arrive souvent que le médicament n’empêche pas les accès de se reproduire une ou deux fois dans une période de douze ou de vingt-quatre heures. Dans ce cas, les symptômes s’aggravent pendant l'invasion de la fièvre, la peau devient rouge et brûlante, la face se tuméfie, les yeux sont brillants et humides, un violent mal de tête se déclare avec une soif ardente et souvent des nausées continuelles. Ces nausées sont quelquefois si violentes, qu’il n’est pas possible d'administrer la quinine à l’intérieur; dans ce cas, il faut recourir aux frictions et aux injections. Mais quand les nausées se prolongent, elles compliquent gravement la maladie; elles affaiblissent le corps, moins capable dès lors de résister au mal.

Pendant la fièvre, le pouls devient toujours plus fort et plus fréquent ; on compte de 80 à 130 pulsations par minute, même quand la fièvre est simple et sans complication. Pour apaiser la soif, on donne de la limonade légère. La période de convalescence varie suivant l'intensité des accès. Mais dans les cas même les moins sérieux, il faut au malade plusieurs jours pour se rétablir.

La maladie que je viens de décrire est la fièvre commune et bénigne des côtes, la plus simple et la moins dangereuse de toutes. Cependant, d’autres symptômes se manifestent souvent à. côté des premiers, et amènent une fièvre intermittente compliquée qui devient dès lors bien plus sérieuse; car il est plus difficile de la traiter quand une fois elle est passée à l’état chronique.

Ce qui l’occasionne, c’est l'inflammation de la rate et du foie. La rate est sujette à un gonflement qui devient chronique quand les malades ont fréquemment souffert de la fièvre intermittente. Aussi les personnes qui souffrent de ce gonflement ne doivent-elles pas rester sur la côte. Les affections de la rate ne peuvent pas toujours se déterminer, à moins de percussion; mais celles du foie sont aisément reconnaissables à leurs effets sur la couleur générale de la peau. Le blanc des yeux devient jaune, et tout le corps jaunit aussi.

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L’AFRIQUE ÉQUATORIALE

I.a fièvre intermittente s'approche souvent très-insidieusement. Ainsi les premiers frissons sont si légers que presque toujours on les néglige ; ensuite surviennent des frissons violents inaugurant le triomphe du démon de la maladie, qui a pris complètement possession de vous.

Mais la plus dangereuse fièvre de l’Afrique est celle que l’on connaît sous le nom de maligne ou pernicieuse. Les gens robustes et sanguins sont beaucoup plus exposés & scs violentes attaques que les sujets chétifs et maigres. Il est remarquable du reste que le climat d'Afrique est plus funeste aux premiers qu'aux seconds. Ni une longue résidence dans le pays, ni une acclimatation complète ne défendent un homme contre l'invasion de la fièvre dont je parle. Les plus anciens colons sont quelquefois enlevés avec une rapidité vraiment effrayante. Il n’est pas rare que la maladie accomplisse son œuvre en vingtquatre ou trente-six heures.

Rien de plus traître que la manière dont la fièvre maligne vous investit. L’accès débute la plupart du temps par un frisson ordinaire, que n’ accompagne aucun symptôme particulier. Quelquefois le malade aura eu deux ou trois jours auparavant une petite atteinte qu'il aura négligée. Quelquefois il aura éprouvé un léger malaise pendant une douzaine de jours. Il se sera plaint d’un manque d'appétit ou d’une faiblesse générale. Mais comme ces symptômes n’avaient rien de bien caractérisé, il est tout naturel qu’il n’en ait pas tenu compte, surtout si c’est un nouveau venu. Il faut avoir la grande habitude de se tenir sur scs gardes, et être bien familiarisé avec tous les symptômes, pour en découvrir les approches.

L’accès véritable peut commencer par le frisson ou par la fièvre ; mais dans l’un ou l’autre cas il se révèle, à première vue, par la couleur jaune de la peau et par une physionomie hagarde. La fièvre accompagnée d’une grande transpiration, le sang se porte à la tête, le pouls s'élève et bat irrégulièrement; l’affaissement est général. Quelquefois aussi la peau est brûlante, mais sèche; on éprouve une soif ardente, mais l’estomac rejette presque toujours ce que l’on a avalé.

C’est le moment d'administrer de la quinine h fortes doses. En pareil cas j’ai coupé ou plutôt guéri le premier accès de cette fièvre en absorbant 00 grains par jour, 20 par chaque dose. El si je souffrais

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