‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 168 sur 247 · I. Voir le crâne n" 4, dans les planches ci-après · texte numérisé non relu

I. Voir le crâne n" 4, dans les planches ci-après

LE KOOLOO-KAMBA.

est nue et toute noire. Le front est plus élevé que chez aucun autre singe, et la capacité de son crâne plus grande aussi, proportionnellement à sa taille. Ses yeux sont plus écartés l’un de l'autre que les grands singes ne les ont d’ordinaire. Le nez est aplati, les pommettes des joues élevées et saillantes, les joues creuses, l’arcade orbitaire bien marquée. Le museau est moins proéminent et plus large en proportion que celui des autres singes. Les deux côtés de la face sont garnis de poils touffus et droits qui, se rejoignant au-dessous du menton, comme des favoris, donnent à l’ensemble de la tête une étrange apparence de figure humaine. Les bras descendent au-dessous des genoux. Les poils des bras se rencontrent au coude, dirigés en haut sur l’avant-bras, et en bas sur le bras même. Tout le corps est velu. Les épaules sont larges, les mains longues et étroites, bien faites pour grimper aux arbres. Les bras et les mains sont très-musculeux. L’abdomen est très-proéminent, comme chez le gorille. Les oreilles, très-larges, ressemblent plus aux oreilles de l’homme que celles d’aucun autre singe.

La figure ci-jointe , dessinée avec beaucoup de soin d’après le modèle que je possédais, reproduit exactement cette singulière oreille.

OreiUo du kooloo-kamba.

Différents voyageurs ont fait mention du gorille, sous les noms suivants : pvngo (Batlel, 1629); ingena (Bowditch. 1819]; enge-ena (Savage, 1847); engena ou inge-enn (Gautier- Laboulav . 1849); ngena (Ford, 1852); ngina ou gina (l’amiral Penaud. 1852); d'jina (Aubry-Lecomte, 1854-57). Excepté pongo, tous ces noms sont des applications plus ou moins altérées de celui que les Mpongwés don-

L'A K IllOU R ÉQUATORIALE.

lient au gorille, c’est-à-dire ngena, donl le rév. docteur J. L. Wilson fait usage dans son Afrique occidentale, et que j’ai écrit ngina. Dans la langue mpongwé, comme dans plusieurs autres de l’Afrique du sud, beaucoup de mots prennent pour initiales les lettres n ou m.

Le chimpanzé, que Hanuon avait, je présume, appelé gorille, et Pline gorgon, est appelé engeco par Balte), 1625; pygmée par Tison, dans son Anatomie du pygmée, 169!); chimpanzé par Gravelet, 1738; enjocko, jocko ou petit orang-outang, 1766, pongo, par Bulfon, 1786; inchego par Bowditch, 181!); enche-co par Savage, 1847; nlchégo par Franquet, 1852; nchego par Aubry-Lecomte, 1854-57. Beaucoup de ces noms ne sont que des variétés du mot Oanima que j’écris nshiégo; nshiégo est le nom que les nègres donnent au véritable chimpanzé; et la nouvelle variété que j'ai découverte et nommée troglodytes cal vus est celle qu’ils appellent n hsieyo - mbnuré. Mbouré signifie dans la langue du pays : autre tribu de nshiégos ou de chimpanzés. Le kooloo-kamba est désigné par eux sous le nom de koolookamba, ou simplement koola. Kooloo-kamba est composé du verbe kamba, parier, et de kooloo, qui reproduit le cri particulier de cet animal. Je ne considère d’ailleurs le nshiégo-mbouvé et le koolookamba que comme des variétés du chimpanzé, qui ne possèdent pas un caractère générique assez prononcé pour en faire une espèce complètement à part.

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