LE PARC AUX ESCLAVES
lit accueil et me conduisit à la maison des blancs, sorte de bâtiment à deux étages qui faisait face à la porte, bile était pauvrement meublée; pourtant elle contenait des lits, une table, des chaises, etc.
Malheureusement je ne parle ni l’espagnol ni le portugais, et mon guide ne comprenait ni le français ni l'anglais. Il fallut donc avoir recours à un interprète indigène, qui s'acquitta lentement de la tâche de parler pour deux. Le Portugais se plaignit de la difficulté que l’on trouvait actuellement à débarquer une cargaison au Brésil, par suite de l’opposition du gouvernement , et déplora ta décadence progressive de la traite.
Voulant me mettre avec lui sur un pied de franchise, je lui dis que je n’étais pas venu pour m’occuper de commerce mais pour recueillir divers objets d’histoire naturelle, voir le pays et chasser.
11 me conduisit dans toutes les parties de l’établissement. La large maison dont j’ai parlé était entourée d’une forte palissade qui l’isolait du reste; dans une cour spacieuse, qui s’en trouvait ainsi séparée, étaient les esclaves mâles attachés six par six, au moyen d’une petite chaîne très-solide , passée dans les colliers de chacun d'eux. L’expérience a prouvé que ce mode d'attache est le meilleur de tous. 11 est rare que six hommes soient unanimes pour s’entendre sur le coup qui doit leur profiter, et l’on a reconnu que leurs tentatives d’évasion, quand ils sont ainsi enchaînés, avortent infailliblement. Ils se reposaient sous des auvents, ou abris construits autour de la cour ; et çâ et là étaient des seaux d’eau où ils pouvaient boire quand ils avaient soif.
Après cette cour, il y en avait une autre pour les femmes cl les enfants, qui n’avaient pas les mains liées et qui pouvaient rôder a leur fantaisie dans cet enclos, protégé aussi par des palissades. Les hommes étaient presque nus. Les femmes portent invariablement une pièce d’étolfe autour de la moitié du corps.
Derrière la grande maison se trouvait l'infirmerie des esclaves. Le local était assez bien distribué, les salles grandes et très-aérées; les lits, construits de bambou et recouverts de nattes, étaient rangés le long des murs.
En dehors des autres petites cours, sous des arbres, il y avait d’immenses chaudières où cuisaient les fèves et le riz. qui sont la