‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 192 sur 247 · I.E KOI UES ASHIRAS · texte numérisé non relu

I.E KOI UES ASHIRAS

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à l’ordinaire, mes cheveux étaient un grand sujet d'étonnement, .le supportai leur importunité aussi longtemps qu’il me fut possible , mais enfin, n’y pouvant plus tenir, je priai le chef de faire sortir tout ce monde. Cependant, pour ne pas frustrer tout A fait leur curiosité, je consentis à me promener dans les rues A une heure ou deux d’intervalle, pour leur donner toute facilité de me voir. Ils furent extrêmement sensibles à cette marque de complaisance.

Dans la matinée, Olenda, le roi ou le principal chef des Ashiras, m’envoya deux messagers chargés de m’offrir des chèvres et des bananes, et de m’inviter à venir dans sa résidence. Je fis répondre que je m’y rendrais le surlendemain, mais que j’étais encore trop fatigué.

Le roi renvoya dire qu'il m’y ferait transporter si je voulais.

Je répliquai que j’irais le voir le jour que j'avais fixé; car je ne changeais jamais rien à une parole dite ni A une résolution prise.

En conséquence, le 2 novenibre, de bonne heure, je fus éveillé par les gens du roi Olenda, qui étaient venus pour m’escorter en chantant et en dansant. Je pris rongé d’Aknnnga, à qui je fis cadeau de cent aunes de toile, de quelques perles et d’une vieille chemise, ce qui le mit dans le ravissement.

Mes hommes avaient du bon temps : tous mes bagages étaient portés par les Ashiras, qui me précédaient en chantant il tue-tête pour célébrer mon arrivée parmi eux. Après un voyage de dix milles à travers une prairie verdoyante, j’arrivai A la résidence royale, que l’on peut appeler la capitale du pays. On me conduisit A la plus belle maison de l’endroit , et quand j’eus attendu à peu près une demi-heure, le son du kenitii m’annonça l’approche de Sa Majesté.

Le kendo est le sceptre royal chez quelques-unes des tribus de l’Afrique centrale. C’est une grossière clochette de fer, terminée par un manche en fer aussi ,

et du même morceau, comme on le voit dans la gravure ci -contre.

4<i! i.AKIUIJUK ÉQUATORIALE.

Ce son, qui chez nous annonce le passage d’un troupeau de bieufs ou de moutons, est, en Afrique, le signal de l’arrivée du souverain. Celui-ci ne fait d’ailleurs usage du kendo que lorsqu’il est en voyage, ou dans les grandes occasions.

Enfin le roi Olenda parut devant moi. Bien de plus étrange que son aspect. C’était un vieillard de l’àge le plus avancé; ses cheveux laineux étaient blancs comme la neige, sa figure n’était qu'un paquet de rides; son corps amaigri et chétif était courbé en deux par la décrépitude. Il avait peint sa vieille face farouche, en rouge d’un côté, en blanc de l’autre. Ainsi bariolé, il me causait autant de surprise qu’il pouvait lui-mème en éprouver A ma vue.

Quand nous eûmes passé quelques minutes à nous examiner mutuellement, il m’adressa en langage ashira un compliment de bienvenue, dont Okendjo me donna aussitôt la traduction. En voici les curieuses paroles : « .le n'ai pas d’entrailles; je suis comme le fleuve Ovenga; je ne puis pas être coupé en deux. Mais aussi je suis pareil au Niembai et à l'Ovenga qui se confondent ensemble, et que rien ne peut désunir. »

Ce galimatias, qui a pu avoir je ne sais quel sens mystique k une époque déterminée, est, à ce que l'on m’a dit, la formule de salut consacrée, adoptée de temps immémorial par les rois ashiras, prédécesseurs d’OIcnda. Chaque chef ou personnage important a du même sa phrase de compliment toute faite, que l'on appelle kombo.

Le roi ajouta: « Vous, esprit, vous ôtes venu voir Olenda; vous, esprit, vous avez posé le pied où aucun être, pareil k vous, n’avait encore marché. Vous êtes le bienvenu. »

Ici le fils du vieux roi, un nègre très-vieux lui-même, dont la chevelure était blanche, présenta k son père deux esclaves que le roi m'offrit solennellement, en même temps que trois chèvres, vingt régimes de bananes, vingt poules, cinq paniers de pistaches, et des cannes k sucre.

« Ceci, dit-il, est pour fêter votre bienvenue. Si vous avez besoin de quelque autre chose, dites-lc-moi. Je suis le roi de ce pays. Quoi que vous désiriez, vous n’avez qu’à me le faire savoir. »

Je répondis que je n’avais pas besoin d’esclaves, mais que si quelqu’un de scs sujets voulait venir sur le littoral, je serais heureux

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