I.'AFRIQÜE ÊQUAT0R1 ALP
trouvai tout à coup devant un gros serpent de l’espèce la plus venimeuse de cette partie de l'Afrique. YEchidna nasiconti.i. C'est avec le mija celle qui cause le plus d’effroi aux nègres. .T’aperçus le reptile par bonheur quand je n’en étais plus qu’à quelques pas, et comme c’est une bête paresseuse et lente dans ses mouvements , j’eus le temps de lui tirer un coup de fusil et de la tuer, avant qu'elle détendit ses ressorts engourdis. Heureusement la tête n’était pas endommagée; j’eus ainsi le moyen d’examiner l’énorme crochet venimeux qui est emboîté dans une gaine, de chaque cêté de la gueule.
Les habitudes de ce serpent le rendent très-dangereux pour les voyageurs qui ne s’en méfient pas. Il ne grimpe pas sur les arbres, comme la plupart des serpents d’Afrique, mais il se couche dans les herbes ou dans les petites clairières des forêts et reste là, absorbé par une demi-torpeur. Si quelque chose l’excite, il s'élance alors avec vivacité. 11 ne se laisse guère effrayer par le bruit de ceux qui l’approchent. Il est court, car peu d’individus de cette espèce, je puis le dire, atteignent quatre pieds de longueur ; mais il est très-gros ; j’en ai tué qui avaient six et huit pouces de diamètre dans leur plus grande épaisseur. Sa peau est magnifiquement tachetée; de chaque côté de son museau large et aplati surgissent trois excroissances en forme de cornes; celle de dessous, la plus grande, est placée sur les narines. La tête est triangulaire, les narines larges, la queue courte et pointue. Les indigènes disent que sa morsure est toujours suivie d’une mort prompte et douloureuse.
Dans l’après-midi du 10, comme nous traversions un fourré trèsépais, nous entendîmes parler assez près de nous, et tout aussitôt nous nous trouvâmes en présence de Remandji, le roi de la tribu des Apingis. C’était un vieux nègre de bonne mine. A ma vue, lui et scs compagnons demeurèrent pendant quelques minutes ébahis et silencieux. Puis le roi se mit tout à coup à danser d’une manière assez peu royale et passablement extravagante, criant à plusieurs reprises ; « l’Esprit est venu me voir! l’esprit est venu voir mon pays! »
Lorsqu’il fut un peu calmé, il nous apprit qu’il s’était rendu lit pour une partie de pèche; il nous dit d’aller trouver ses femmes qu'il avait envoyées en avant, et qui avaient des vivres. On nous indiqua