‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 46 sur 247 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Dayoko. — Royauté africaine. — Relations étrangères et diplomatie intérieure. — Ce quo vaut une femme. — Négociations. — La saison sèche. — J.a tribu des Mboushas. — Uu Borner. — Procès et exécution. — Continuation du voyage. — Grande émotion des Shokiauis au sujet de mes richesses supposées.— La Ntambounay.— La sierra del Crystal. — Je m’égare de nouveau. — Les abords d‘uû village de l’intérieur. — Travaux d'agriculture. — Famine.

Mon premier soin, le lendemain, fut de parler à Dayoko de mon excursion projetée dans l’intérieur, ou plutôt de demander son autorisation, et d'obtenir de lui une escorte.

Un étranger qui arrive dans un village d'Afrique, et qui voit le chef ou le roi vivre d'une manière aussi simple et aussi chétive que le moindre de ses sujets, ne se distinguer d’ailleurs en aucune façon de la foule des noirs, et ne recevoir que peu ou point de ces hommages respectueux, tribut payé d'ordinaire à des ombres mémo de monarques, cet étranger ne s’attendra guère ii trouver un roi de ce genre en possession d’une grande autorité dans sa tribu, ni en état d’exercer une grande influence sur ses voisins.

Dayoko, par exemple, était le plus vieux des habitants de son village. C’était un trafiquant comme les autres, un vrai mendiant comme les autres, qui fut enchanté de recevoir, à titre d’hommage, un vieil habit émérite dont je m’étais servi tout un hiver à New-York, et que j’avais mis de côté, avec d’autres hardes de rebut, pour l’employer à celte destination. Voilà où en était Dayoko au point de vue de la civilisation.

Mais Dayoko est le chef le plus ancien et le plus influent de la tribu des Mboushas. Son âge lui donne une grande autorité chez les siens, et sa pratique bien entendue des alliances matrimoniales a procuré au vieux et subtil renard un nombre infini de beaux-pères dans chaque tribu, à cent milles à la ronde. Avoir un beau-père, en

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