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MISSION DE BARAKA

secondés par des sœurs dont la charité continue l’œuvre de prosélytisme commencée par la prédication des Pères.

Baraka est la station principale de I'Americax Bovrd des missions étrangères sur le fleuve du Gabon; c’est môme la seule mission que la société ait encore sur la côte occidentale. Elle fut établie en 1842 par le révérend J. L. Wilson.

Baraka est un mot mpongwé dérivé de baracon, comptoir ou parc d’esclaves. N’est-il pas étrange que le lieu môme du haut duquel l’Évangile est maintenant prêché 4 ces Africains encore plongés dans les ténèbres, le lieu où leurs enfants sont élevés dans la connaissance et la pratique des devoirs du christianisme et de la civilisation, ait été autrefois, et il n’y a pas de cela bien longtemps, l’emplacement d’un marché d’esclaves, où le cruel trafic de la traite s’exercait avec tant d’ardeur et de succès?

Baraka est situé sur le sommet d’une belle colline, à quelques cents mètres de la côte, à huit milles 4 peu près au-dessus de l’embouchure du fleuve. Des villages d’indigènes entourent la base de la colline et sont disséminés le long de la rive, offrant ainsi un accès facile aux missionnaires qui les visitent en tous temps, et qui vont plusieurs fois par semaine prêcher l’Evangile aux naturels.

ï.e terrain réservé 4 la mission est spacieux et entouré d’une belle rangée de tilleuls odorants; les bâtiments sont faits pour la plupart avec une espèce de bambou , le meilleur des matériaux de construction de celte partie de la côte. Ils consistent en deux maisons habitées par les missionnaires et leurs familles, une église dont la façade est ombragée de beaux arbres, un magasin, une école, un corps de logis contenant la bibliothèque de la mission, des maisons où sont logés les enfants attachés à l’établissement, enfin les cuisines — sous les tropiques les cuisines doivent toujours être séparées des habitations — et les communs, parmi lesquels les basses-cours , etc. Derrière les bâtiments s’étend un beau verger contenant diverses espèces d’arbres fruitiers, tous plantés par les missionnaires, tels que le cocotier, le mango et bien d'autres encore qui entremêlent leur feuillage en ombrageant les bâtiments.

Dans l’établissement des missionnaires, la journée commence par des prières, traduites pour les enfants en langue mpongwée.

Après la prière, les filles et les garçons nettoient les dortoirs et les classes, et préparent tout pour le travail du jour. Ces soins ont lieu sous la haute direction des dames de la mission.

Vient ensuite le déjeuner, où les enfants, rangés autour des tables proprement servies, apprennent A manger A la façon des pays civilisés.

Un peu avant neuf heures, la cloche appelle A l’école les enfants qui demeurent dans les villages , et tout de suite on se met au travail de renseignement; la séance s’ouvre par des prières, accompagnées d’hymnes chantés dans la langue natale. Les missionnaires et leurs femmes sont aidés dans leurs leçons par de jeunes noirs assez avancés pour se charger des classes inférieures. On enseigne les premiers principes aux enfants dans leur langue naturelle, et quand ils sont parvenus A surmonter les difficultés de I' A, B, C, on leur apprend A lire les saintes Écritures en mpongwé. Plusieurs élèves se font remarquer par une instruction assez avancée : ils possèdent de bonnes notions d’histoire et de géographie, savent lire l’anglais et même l’écrire. En général, ils prêtent beaucoup d’attention A l’enseignement religieux , et c’est en ieur lisant , en leur expliquant, en leur inculquant les préceptes de la Bible qu’on s’efforce d’établir solidement dans leurs esprits les principes essentiels de la religion du Christ.

C’est seulement sur la génération qui s’élève que les travaux des missionnaires peuvent avoir quelque influence sérieuse. Plus âgés, les indigènes sont inintelligents, paresseux et méfiants, ils tiennent A leurs ignobles superstitions, et se laissent difficilement persuader. S’ils viennent A l’église, ce n’est trop souvent que par curiosité, ou pour plaire au prédicateur, ou parce qu’ils s’imaginent retirer de IA quelque avantage personnel, par exemple, un peu de tabac. Les enfants, au contraire, ont en général l’esprit lucide, docile, aisé A façonner, et c’est sur eux que repose le seul espoir du christianisme en Afrique.

Deux ou trois fois par semaine, dans l’après-midi, les filles sont réunies dans un ouvroir, où les dames de la mission leur apprennent les ouvrages A l’aiguille ; on les habitue A faire elles-mêmes leurs vêtements et ceux de leurs frères.

COIFFURE DES JIPONf.WÊES.

Le dimanche est le grand jour de la semaine; la cloche sonne et appelle tout le monde dans la modeste église de bambou. T.cs enfants et les employés de. la mission s’y rendent parés de leurs plus beaux habits. Les païens même du village se conforment à l’usage et se font voir à l’église, vêtus de ce qu’ils ont de mieux et peutêtre de tout ce qu’ils ont. Là, le prédicateur leur parle de la sagesse et de la bonté de Dieu, et tous, païens et chrétiens, s’unissent pour chanter les louanges de son saint nom. L’auditoire est généralement attentif; mais le succès de la mission ne va guère plus loin. Et comment en serait-il autrement? Porter la lumière dans de si épaisses ténèbres, écarter la superstition, l’ignorance, la paresse et l’immoralité, dans lesquelles croupissent ces malheureux idolâtres, c’est l’affaire d’un grand nombre d’années. Quelquefois sans doute le courage manque aux pauvres missionnaires, lorsqu’ils envisagent le mince résultat de leurs laborieux elTorts; mais ils font de leur mieux, et remettent sagement le reste à la grâce du .Seigneur, sachant bien qu'il travaille à son heure, et qu'il opère souvent de bien grandes choses avec de bien petits moyens.

Femme mpoogwéc. - Manière de vs coiffai

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